Un duo de choc

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James HORNER (° 1953)
Pas de deux
Arvo PÄRT (° 1936)
Fratres
Giovanni SOLLIMA (° 1962)
Violoncelles, vibrez !
Ludovico EINAUDI (° 1955)
Divenire
Mari SAMUELSEN (violon), Hakon SAMUELSEN (violoncelle), Alisa WEILERSTEIN (violoncelle), Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, dir. : Vasily PETRENKO et Clark RUNDELL
DDD–2015–56’ 28’’– texte de présentation en anglais, allemand et français–Mercury 481 1487

On doit à l’Américain James Horner un très grand nombre de musiques de films telles que Gorki Park de Michael Apted (1983), Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud (1986), L’Homme sans visage de Mel Gibson (1993), Apollo 13 de Ron Howard (1995), Titanic et Avatar de James Cameron (1997 et 2009) ou Le Nouveau Monde de Terrence Malick (2005) – des musiques en général très suggestives dans la lignée d’Ennio Morricone et de Jerry Goldsmith, qu’il considère comme ses maîtres en ce domaine, mais aussi dans celle de Serge Prokofiev et de Dimitri Chostakovitch. Comme beaucoup de ses pairs, James Horner a également écrit des œuvres de concert, ainsi que l’atteste son Pas de deux, qui date de 2014 et qui n’est autre qu’un double concerto pour violon, violoncelle et orchestre spécialement composé à la demande de la violoniste norvégienne Mari Samuelsen et de son frère, le violoncelliste Hakon Samuelsen. On a pu dire à leur propos qu’ils constituaient un « duo de choc », tant leur complicité est intense, tant leurs prestations sont à la fois réjouissantes et dynamiques. « C’est pour cela que j’ai choisi comme titre Pas de deux, a déclaré James Horner. Je les vois comme deux personnes distinctes entrelacées, chacun ayant da propre personnalité, son propre mouvement. » Et de se référer à Johannes Brahms et à son magnifique Double Concerto op. 102 en la mineur : « Ce ne sont pas des solistes opposés à l’orchestre, comme chez Brahms, mais mêlés à lui. »
Divisé en trois mouvements d’inégale longueur, Pas de deux n’a rien d’une œuvre hardie ni originale, mais par son romantisme même et par le raffinement de son écriture, il ne manque pas d’attrait et, surtout, il est fort bien exécuté, grâce en grande partie, il est vrai, au fait que Mari et Hakon Samuelsen ont eu la chance de l’interpréter sur deux Stradivarius prêtés par la maison londonienne Florian Leonhard Fines Violins. Du reste, le « duo de choc » est tout aussi excellent dans Divenire (2002) pour violon, violoncelle, cordes et deux harpes de Ludovico Einaudi. On notera que Mari Samuelsen joue Fatres (1977) d’Arvo Pärt sans son frère (cette pièce est une sorte de bref concerto pour violon, cordes et percussions) et qu’en ce qui le concerne, Hakon Samuelsen joue Violoncelles, vibrez ! (1993) de Giovanni Sollima sans sa sœur (laquelle est remplacée ici par la violoncelliste Alisa Weilerstein). Un disque des plus toniques.
Jean-Baptiste Baronian

Son 9 – Livret 7 – Répertoire 8 – Interprétation 9

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