Un prestigieux Corsaire au Palais Garnier 

par https://lavalpizzabbq.com/helen-aveyard-doing-a-literature-review-in-health-and-social-care-a-practical-guide/

Pour six représentations du Corsaire, le Palais Garnier a invité l’English National Ballet qui est la première troupe britannique à paraître sur cette scène depuis 70 ans. Itinérante sans être attachée à un lieu fixe, cette mouture de l’ex- London Festival Ballet bénéficie, grâce à Tamara Rojo, sa directrice artistique, d’une réputation en constante progression ; car son répertoire inclut des ouvrages rares comme ce Corsaire, ballet en un prologue et trois actes du chorégraphe Joseph Mazilier, mis en musique par Adolphe Adam et créé à l’Opéra le 23 janvier 1836. Inspirée d’un poème de Lord Byron, la trame, extrêmement enchevêtrée, relate les amours de Conrad, le corsaire, et de la belle Medora, vendue au pacha ottoman par le marchand Lankedem ; avec l’aide de son serviteur Ali et la complicité de Gulnara, l’une des favorites du harem, Conrad vaincra son ennemi, le machiavélique Birbanto, survivra à un naufrage et finira par s’unir à Medora.
Alors que l’œuvre disparaît en France, elle est reprise en Russie par Jules Perrot puis par Marius Petipa qui en proposera quatre versions successives en y ajoutant des musiques de Riccardo Drigo, Léo Delibes, Cesare Pugni, Ludwig Minkus et de cinq autres musiciens. Et le chef d’orchestre Gavin Sutherland qui, du reste, dirige ici l’Orchestre Colonne, a reconstruit une partition en mettant de l’ordre dans toutes les adjonctions et en réorchestrant du matériel perdu conservé sous forme de feuillets de répétition. La chorégraphie d’Anna-Marie Holmes, conçue pour le Boston Ballet en 1997 et reprise à Londres le 17 octobre 2013, se déroule comme un somptueux conte oriental, magnifié par la luxuriance des décors et costumes de Bob Ringwood et par l’indéniable qualité du corps de ballet.
Etoile du Royal Ballet jusqu’à 2001, Alina Cojocaru est une Medora éblouissante tant par la maîtrise technique que par l’exquise féminité de la composition. Le Conrad d’Osiel Gouneo impressionne par la puissance de la stature ; mais sous les traits de son serviteur Ali, le jeune Cubain Yonah Acosta lui vole la vedette par l’enchaînement de bonds et de sauts à laisser pantois le spectateur. Laurretta Summerscales dessine une séduisante Gulnara face à l’intrigant Lankedem de Jinhao Zhang et au redoutable Birbanto de Cesar Corrales, quand Michael Coleman glisse une note ironique avec son Pacha débonnaire. Et le public parisien accueille avec transport ce spectacle de haute qualité.
Paul-André Demierre
Paris Opéra, le 22 juin 2016

Les commentaires sont clos.