Véronique Gens et la mélodie française

par writing a university application essay

Mélodies de Reynaldo Hahn (1874-1947)
Henri Duparc (1848-1933)
Ernest Chausson (1855-1933)
Véronique Gens, soprano – Susan Manoff, piano
2015-DDD-66’25-Textes de présentation en français, anglais et allemand-Alpha215

C’est au disque et dans un répertoire qu’elle connaît bien que Véronique Gens nous revient : la mélodie française. Accompagnée par le piano de Susan Manoff, Véronique Gens propose ici une sélection importante de mélodies de Duparc, Chausson et Hahn, aux couleurs tantôt sombres, tantôt éclairées. Mais plus encore, il ne s’agit pas ici de sortir du tiroir tous les grands tubes, mais au contraire d’offrir une vision plus large par le choix de partitions moins connues, avec notamment les Etudes latine de Reynaldo Hahn. C’est aussi l’occasion de retrouver quelques textes qui ont marqué les esprits, ceux de Daudet, Gautier, Bourget, Leconte De Lisle, Baudelaire, De Banville, Verlaine… En pleine âge d’or et héritée de la romance, la mélodie se voit subir une évolution artistique majeure fin 19ème siècle. Ainsi, le style de Chausson appelle Faure, l’écriture intense de Duparc apporte une intensification sans précédent et un développement complexe par des notions de statismes, de sensations orchestrales mais surtout par un parcours harmonique déstabilisant, tandis que Hahn, en restant « classique » amène fraicheur, charme et sensualité dans sa musique.
Quoi de mieux que le timbre chaleureux et doux de Véronique Gens pour sublimer ces petites pièces parfois si calmes ou agitées ? Dans une atmosphère intime, elle ne se cantonne pas à une simple récitation, tentant au contraire d’aller au plus profond du texte par la recherches de couleurs adéquates. Mature et sensible, Véronique Gens évite la facilite et l’exagération avec aisance, que ce soit dans la dramaturgie du texte ou dans les envolées lyriques. Son vibrato, maîtrisé, ne sert qu’à magnifier la ligne musicale, expressive et délicate. Une très large palette de dynamiques se dessine, toujours dans le respect du texte : du caractère virevoltant des « Papillons » (Chausson), à la sensation d’un voyage dans « Sérénade Italienne (Chausson), en passant par un discours plus rebondi, presque noble dans « Quand je fus pris au pavillon ». Cette sensibilité se retrouve également dans le très beau piano de Susan Manoff dont le jeu feutré et réfléchi tout en discrétion offre un accompagnement délicat et sensible. La finesse de l’accompagnement couplée au timbre vivant et captivant de la voix offrent un duo exquis et idéal.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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