Volume 4 des Cantates profanes de Bach

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Zerreißet, zersprenget, zertrümmert die Gruft BWV 205 - Vereinigte Zwietracht der wechselnden Saiten BWV 207
Bach Collegium Japan, Masaaki Suzuki, direction – Joanne Lunn, soprano – Robin Blaze, contre-ténor – Wolfram Lattke, tenor – Roderick Williams, basse
2014-73’06-SACD-Textes de presentation en anglais, allemande et français-BIS 2001

Le Bach Collegium Japan poursuit son travail sur Bach et se consacre avec ce disque aux Cantates profanes. Cantates de circonstances écrites pour divers événements (fêtes à la cour, hommage, événements académiques…), les formes littéraires rattachées au genre sont nombreuses. Suzuki choisit pour cet enregistrement deux drames en musique, pas si éloignés de l’opéra, où les drames mythologiques de l’Antiquité dominent. Composée pour l’anniversaire du professeur August Friedrich Müller de Leipzig, la Cantate BWV 205 nous fait voyager en Sicile, dans la Méditerranée et près des Iles Eoliennes. Sur un livret de Picander (Christian Friedrich Henrici), Bach opte pour une orchestre relativement large et puissant (rajout de trois trompettes, timbales, deux cors, viole d’amour, viole de gambe et hautbois d’amour en plus de l’effectif traditionnel). Quinze mouvements, quatre solistes et un chœur à quatre voix sont réunis. La seconde Cantate BWV 207 est composée à Leipzig en 1726 en l’honneur du professeur de droit Gottlieb Kortte. L’effectif est toujours aussi somptueux tandis que l’œuvre se divise en onze mouvements. Le texte proviendrait d’Heinrich Gottlieb Schelhafer, un élève de Kortte. Quatre figures allégoriques se partagent les soli : la Fortune (soprano), la Reconnaissance (alto), le Zèle (ténor) et l’Honneur (basse). Musique joyeuse et festive, il s’agit ici de traiter ce «qu’est la récompense de la vertu». Pour ces deux œuvres, Bach met le texte sur une musique énergique et un panache qu’il adopte dans son catalogue général. Le Bach Collegium Japan répond à cela avec beaucoup de sincérité et une approche fidèle du texte. Les quatre solistes apportent chacun leur style et des touches de couleurs variées. Les quelques intermèdes instrumentaux (ritournelle, Marche) sont conduits avec une main de fer et un timbre remarquable. Excellente diction générale permettant un texte compréhensible. Suzuki, en restant fidèle à l’interprétation baroque, apporte quelques dynamiques et nuances rendant le tout meilleur qu’une simple lecture. Les œuvres sont travaillées et les recherches d’ordre scientifique permettent une reconstitution très proche de la réalité pour des partitions dont les manuscrits ne sont pas toujours à notre disposition. Suzuki a su s’entourer pour ce quatrième volume des Cantates profanes d’une équipe homogène et de haut vol, notamment avec Robin Blaze (contre-ténor) avec une technique redoutable au service de la musique.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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