Wagnermania francilienne 

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Wagnermania. Richard Wagner (1813-1883) : extraits de Parsifal, Tristan et Isolde et Die Walküre. Michelle DeYoung, mezzo-soprano ; Simon O’Neill, ténor ; Pierre-Yves Pruvot, baryton. Orchestre national d’Île-de-France, Case Scaglione. 2019. Livret en : français et anglais. 40’48’’ et 47’45’’. 2 CD NoMadMusic. NMM085

Ce Wagnermania est une bien étrange parution ! Ce double album reflète la prise de fonction du chef Case Scaglione au pupitre de l’Orchestre National d’Île-de-France qui n’est certes pas la phalange française la plus médiatique mais cette vaillante formation porte la musique à travers la grande banlieue parisienne, dans des endroits à la fois proches géographiquement mais symboliquement si éloignés des grandes salles de concerts de la Capitale. 

La première interrogation porte sur le programme qui se compose d’extraits des trois chefs d’oeuvre de Wagner : la scène 3 de l’acte II de Parsifal, le Prélude et la mort d’Isolde de Tristan et Isolde et la scène III de l’acte I de la Walkyrie ! Si cela fait sans doute un beau concert, au disque c’est un concept surprenant. Dans la notice de présentation, Case Scaglione nous précise qu’il a choisi Wagner pour ses premiers pas de directeur musical car le compositeur lui tient particulièrement à coeur et qu’il est un choix “audacieux” et “fort”. En effet, la barre est placée très haut tant la concurrence est redoutable. Le résultat n’est en rien déshonorant mais risque hélas de passer inaperçu. Case Scaglione dirige avec efficacité et énergie, mais si cela est assez réussi dans les extraits de Tristan et Isolde, le Parsifal manque de profondeur et de spiritualité et la Walkyrie menée au tonus brut manque de dramatisme. L’orchestre est concentré et fait preuve d’une belle homogénéité, mais les couleurs sont trop neutres. 

Du côté des chanteurs, Case Scaglione avait convoqué des grands noms qui chantent des rôles sur les grandes scènes du monde, mais l’exercice du disque dessert un peu ces artistes. Les voix sont généreuses et amples, mais Michelle DeYoung et Simon O’Neill sont un peu trop en pure puissance, entraînés par la direction assez unilatérale du chef américain. 

Dès lors, que retenir de cet album : un chef de tempérament et un orchestre solide qui secondent de grandes voix que l’on pourrait apprécier dans un autre contexte musical. Cet examen d’entrée d’une première collaboration au disque d’un nouveau tandem artistique n’est pas raté, mais on souhaite entendre le chef et l’orchestre dans un autre répertoire plus abouti pour apprécier le plein potentiel de ces protagonistes. 

Son 8 - Livret 8 - Répertoire 7 (pour le concept éditorial) - Interprétation 6

Pierre-Jean Tribot 

 

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