A L’Opéra

Flocon de neige à l'Opéra de Paris

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Snegourotchka, la pesanteur et la grâce
Les aventures d'un « Flocon de neige »  au printemps - titre que l'on préférera à « Fille de neige » -  : est-ce là un sujet d'opéra ? Il faut être né en terre russe pour ressentir l'extase lyrique que peut procurer la sublime et fragile beauté d'un flocon de neige ! Et utiliser ensuite les réactions du poète-berger, de la rivale, du tsar - allant de l' émerveillement à l' indifférence - comme ressorts dramatiques... C'est tout le mérite de la mise en scène du troisième opéra de Rimski-Korsakov (1844-1908) par Dmitiri  Tcherniakov.

A la Scala, une Anna Bolena mi-figue mi-raisin

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Le 14 avril 1957, Anna Bolena était affichée à la Scala de Milan dans une mise en scène de Luchino Visconti, des décors et costumes de Nicolas Benois ; sur scène triomphaient Maria Callas et Giulietta Simionato sous la direction de Gianandrea Gavazzeni. Ce spectacle aujourd’hui mythique a marqué le début de la ‘Donizetti Renaissance’ ; et il a fallu attendre février 1982 pour voir la reprise de cette production par Sandro Sequi et une Caballé mal préparée invoquant un état de santé précaire mais qui, lourdement contestée par un public en furie, ne chanta qu’un seul soir et fut remplacée par une débutante, Cecilia Gasdia.

 A la Scala, une Gazza ladra de référence 

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La Gazza Ladra

© Marco Brescia and Rudy Amisano

Pour la plupart des mélomanes, La Gazza ladra se limite à une ouverture, l’une des plus célèbres de Rossini avec son double roulement de tambour amenant le ‘tutti’. Quelques-uns, plus avisés, citeront la ’cavatina’ d’entrée de Ninetta, « Di piacer mi balza il cor » que chantaient une Lina Pagliughi ou une Mady Mesplé. Mais l’ensemble de cette longue partition, comportant un premier acte de 100 minutes, un second de 90 minutes, demeure méconnu.

Pappano domine

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La production de Madame Butterfly de Puccini du Royal Opera House Covent Garden date de 2003 mais la mise en scène de Moshe Leiser et Patrice Caurier dans des décors de Christian Fenouillat, costumes de Agostino Cavalca et des lumières de Christophe Forey se porte encore toujours très bien. Le décor est simple : une grande chambre aux parois coulissantes, très sobrement meublée, avec vue sur le port de Nagasaki ou le jardin fleuri, des lumières aux couleurs tamisées et des costumes japonais et européens d’époque.

Mises en scène de légende à Lyon

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Le Festival annuel de l’Opéra de Lyon s’appelle cette fois cette Mémoires car Serge Dorny, le Directeur Général, a voulu faire revivre pour les spectateurs de 2017 « trois spectacles qui ont marqué les dernières décennies, trois spectacles de créateurs aujourd’hui disparus et pourtant vivants : Elektra mis en scène par Ruth Berghaus en 1986, Tristan und Isolde par Heiner Müller en 1983 et L’Incoronazione di Poppea par Klaus Michael Grüber en 1999. 

Le premier Grand Opéra Français de Verdi se voit bien honoré

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Jerusalem Verdi

© Lorraine Wauters

Passionnante résurrection à l'Opéra Royal de Wallonie ! Qui aurait cru à la fortune de Jérusalem, gentiment citée dans les monographies comme "version française" du quatrième opéra de Verdi "Il Lombardi alla Prima Crociata", et sitôt oublié ? C'est tout à la gloire de Stefano Mazzonis di Pralafera d'avoir cru depuis longtemps à cet opéra, et d'avoir osé le monter.

Triste Carmen !

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Carmen

© Vincent Pontet

Pour célébrer l'une des plus populaires des œuvres française -à l'heure où les Français eux-mêmes semblent ne plus savoir très bien de quoi est faite leur culture- la reprise de la mise en scène de Calixto Bieito s'imposait-elle ? Que le metteur en scène soit hanté par la violence de ses origines -né à Miranda de Ebro, haut lieu de la répression franquiste et formé dans la Catalogne opprimée par ce même pouvoir- ne justifie pas pour autant le traitement dégradant infligé à cette malheureuse « Carmen ».

Dans La Bohème de Lausanne, un ténor à suivre !

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La Bohème

© M. Vanappelghem

Pour la troisième fois en l’espace de quatorze ans, l’Opéra de Lausanne reprend la production de La Bohème que Claude Stratz avait conçue en juin 2003. Pour les décors, Ezio Toffolutti jouait la carte de la sobriété en constituant, pour les premier et dernier actes, une mansarde sous baie vitrée totalement dépouillée à laquelle donne accès une trappe. Puis quelques panneaux de guingois suffisent à suggérer un quartier populeux où, côté cour, se profile la terrasse illuminée du Café Momus ; et, sous le silence de la neige, ces mêmes éléments amovibles se retourneront pour évoquer la lisière d’un bois jouxtant la gargote et la barrière d’Enfer qui fait office de douane.

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