A L’Opéra

Sur les scènes d’opéra un peu partout en Europe.

Joyce DiDonato à Liège: le “best-of” d’une diva incontournable

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C’est un accueil digne de celui d’une rock-star qu’a réservé le public de l’Opéra Royal de Liège à Joyce DiDonato hier soir. On ne présente plus la “diva yankee” à la voix souple et au charisme unique. Originaire du Kansas, la mezzo-soprano s’est forgé une carrière internationale dans les salles les plus prestigieuses depuis ses débuts à l’Opéra Bastille dans le rôle de Rosina du Barbier de Séville de Rossini en 2002.

A la Scala, une création mal comprise du public

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Une vieille femme est à la fenêtre et marmonne quelques bribes d’une poésie en anglais ; puis, rapidement,  le décor change pour nous faire voir une masure grisâtre, flanquée de deux autres maisons, contre laquelle sont appuyées deux citernes ; à l’avant-scène, un fauteuil roulant recouvert d’un drap. Telle est la première image que nous livre la production de Pierre Audi pour Fin de partie, l’unique opéra de György Kurtag, dont la Scala de Milan vient d’assurer la création mondiale en date du 15 novembre 2018.

Durant plusieurs décennies, le musicien a songé à composer un opéra ; mais tout aussi régulièrement, il a laissé  de côté son projet, en essayant de traiter des structures plus restreintes comme le cycle de mélodies, d’où Kafka-Fragmente pour soprano et violon (1985-87) et Hölderlin-Gesänge pour baryton et instruments (1993-97) ; et c’est pour grand orchestre qu’il a élaboré Stele en 1994 et Üzenetek (Messages) entre 1991 et 1996.

Simon Boccanegra à Paris : Ordalie ou Tragédie antique ?

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La mise en scène de Calixte Bieito a fait l’objet d’un éreintement quasi général à coup de jeux de mots faciles, d’anathèmes, de détails glauques et d’accusation de retour au Regietheater. Si cela en dit long sur la paresse intellectuelle de certains commentateurs, rien ou presque n’a été formulé de l’impact du travail scénique sur le plus verdien et le plus énigmatique des opéras de Verdi : ce Simon Boccanegra que le composteur a écrit pour cinq voix masculines et remanié à vingt quatre ans de distance. Indéniablement, en provoquant sans cesse le dégoût ou l’effroi, les images et jeux de scène irritent. C’est le but recherché !

Wexford Festival Opera : toujours à la découverte

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Le programme du 67e Festival de Wexford (19 octobre-4 novembre) était à nouveau bien rempli : trois grandes productions d’opéra, trois opéras en version réduite, une série de récitals vocaux et plusieurs concerts. Ce n’est plus un secret, il faut se rendre dans cette petite ville de la côte irlandaise pour découvrir ou redécouvrir un répertoire oublié, peu connu ou… nouveau. Car Wexford ne se contente pas de fouiller dans les archives.
Cette année, le festival proposait la première européenne de Dinner at Eight, le dernier opéra du compositeur américain William Bolcom créé en mars 2017 au Minnesota Opera. Dinner at Eight est le quatrième opéra de William Bolcom (°1938, Seattle) et le troisième présenté en Europe. Le livret de Mark Campbell est basé sur une pièce de théâtre de Georges S. Kaufman et Edna Ferber présentée à Broadway en 1932 et adapté pour un film avec Jean Harlow. Ce Diner à vingt heures est essentiellement une comédie autour d’un diner désastreux, envahi par la cupidité, les infidélités et les addictions des nombreux protagonistes qui ne pensent qu’à leurs petits problèmes pendant que Manhattan étouffe sous la Dépression.

De la Maison des Morts à La Monnaie

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La saison se poursuit à La Monnaie avec l’escale très attendue de la production du dernier chef d’oeuvre de Leoš Janáček Z mrtvého domu (De la Maison des Morts) dans la mise en scène de la star de la scénographie Krzysztof Warlikowski. Production créée au Royal Opera House de Londres au printemps dernier et qui sera à l’opéra de Lyon dans les prochains mois.

A Lausanne, un COSÌ FAN TUTTE désopilant  

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Au milieu de la scène trône un écran de cinéma où défile le générique d’un film, La Scuola degli Amanti, réalisé par Alfonso Produzione, coût de l’opération : 100.000 euros. Voilà ce que découvre, durant l’Ouverture, le spectateur ébahi par cette relecture de Così fan tutte qui est due à Jean Liermier, l’actuel directeur du Théâtre de Carouge, concepteur d’une époustouflante My Fair Lady en décembre 2015. D’emblée, il avoue avoir trouvé son inspiration dans la téléréalité de Mon incroyable fiancé et surtout dans celle de L’île de la tentation.

Un jeune pianiste d’exception, Rafal Blechacz  

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Dans le cadre de sa série ‘Les Grands Interprètes’, l’Agence de concerts Caecilia avait réinvité Murray Perahia ; mais pour des raisons de santé, l’artiste a dû annuler sa tournée. En lieu et place a été sollicité un jeune pianiste polonais de trente-trois ans, Rafal Blechacz, qui s’est fait remarquer en octobre 2005 en s’adjugeant tous les prix et la médaille d’or du Concours Chopin de Varsovie avant de remporter le prestigieux Gilmore Artist Award en 2014.

A Genève, un tsar égaré chez les soviets

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Depuis le printemps 2004, donc depuis quatorze ans, Boris Godounov n’a pas reparu à l’affiche du Grand-Théâtre de Genève qui, depuis les années soixante, perpétue une pratique intéressante, celle de donner la version originale de 1869 comportant sept tableaux, version qui est dépourvue de l’acte polonais rajouté trois ans plus tard.

Simon Boccanegra à Marseille : un baryton à découvrir

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Un grand chanteur à la carrière internationale devient-il automatiquement un grand metteur en scène ? Pas nécessairemennt mais on peut au moins supposer qu’il respectera la musique et les besoins des chanteurs. Ce qui n’est déjà pas trop mal de nos jours !
Pour Leo Nucci, le metteur en scène de Simon Boccanegra à Marseille (avec la collaboration artistique de Salvo Piro), c’est Verdi qui a conçu la mise en scène, qui a pensé à tout, par ses choix musicaux, ses pauses, ses notes, ses accents, son texte. Les décors assez simples mais évocateurs (présence de la mer) de Carlo Centolavigna et les costumes chatoyants d’Artemio Clabassi évoquent la Gênes du 16e siècle et l’histoire est fidèlement racontée au fil un spectacle classique mais assez académique. C’est aux interprètes de donner vie à ce drame intime et à son contexte politique.

Il Matrimonio Segreto, une œuvre remise à l’honneur qu’elle mérite

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Ce vendredi 19 octobre 2018, l’Opéra de Liège a rejoué pour la première fois depuis 10 ans “Il Matrimonio Segreto” de Domenico Cimarosa (1749-1801). À sa direction : le jeune et talentueux Ayrton Desimpelaere, 28 ans, assistant à la direction musicale de Liège depuis 2016 et également membre de l’équipe de Crescendo Magazine. Celui-ci honore l’une des plus grandes œuvres d’un compositeur italien encore trop méconnu aujourd’hui.