L’âme du clavier

par
Claude DEBUSSY  (1862-1918) Children’s Corner–Images (2e série)–Préludes (2e livre) Michel DALBERTO (piano) DDD–2015–71’ 19’’–Textes de présentation en français, anglais, japonais et italien–Aparté AP 111L’originalité, la complexité et la richesse des œuvres pour piano seul de Claude Debussy sont telles qu’on ne sait jamais trop comment il convient au juste de les interpréter. Est-ce à dire pour autant que chaque pianiste les joue comme il l’entend, selon ses propres critères d’appréciation ? C’est probablement le cas, même si pour la plupart des commentateurs, certains interprètes sont beaucoup plus en phase avec le génial auteur de Pelléas et Mélisande et ont beaucoup mieux assimilé sa pensée musicale, par exemple Walter Gieseking, Samson François ou Jean-Yves Thibaudet. Connu pour sa précocité (il a donné son premier concert à l’âge de cinq ans et demi), lauréat de plusieurs prix (dont le prix Clara Haskil à l’unanimité en 1975), Michel Dalberto a enregistré depuis 1981 une vingtaine de disques et a attiré l’attention des discophiles en donnant l’œuvre intégrale pour piano de Franz Schubert (quatorze Cds publiés par Denon et repris en coffret par Brilliant Classics) et en enregistrant plusieurs Cd de Robert Schumann (en particulier l’intégrale des œuvres pour piano et orchestre, avec le Wiener Symphoniker dirigé par Eliahu Inbal, également chez Denon). A priori, on est loin de Claude Debussy et de son univers éthéré et presque séraphique explorant en profondeur l’âme du clavier. Or la bonne surprise est de découvrir ici un Michel Dalberto authentiquement debussyste (à supposer que ce soit possible), aussi à l’aise dans Children’s Corner que dans la deuxième série d’Images et le deuxième livre des Préludes (lequel comprend onze morceaux) – fruit d’un concert qui a eu lieu au petit théâtre Bibiena de Mantoue, en mai 2015. Son jeu est fluide, sans recherche d’effets superflus ni de contrastes par trop appuyés, et on imagine que c’est précisément ce que Claude Debussy avait voulu en concevant ces trois célèbres ensembles pour piano seul, lui qui était si soucieux d’écrire une musique raffinée, aux confins de l’impalpable. Jean-Baptiste Baronian Son 9 – Livret 8 – Répertoire 10 – Interprétation 9

Les commentaires sont clos.