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Hans Winterberg, le musicien oublié

Hans Winterberg (1901 – 1991) : Trio pour clarinette, violoncelle et piano ; Suite pour violon et piano ; Suite pour trompette et piano n° 2 ; Dort und Hier, pour soprano et trio avec piano ; Suite pour clarinette en si bémol et piano ; Sudeten-Suite, pour violon, violoncelle et piano. Adele Bitter, violoncelle ; Holger Groschopp, piano ; Clemens Linder, violon ; Stephan Mörth, clarinette ; André Schoch, trompette ; Ania Vegry, soprano. 2023-2024. Livret en allemand et en anglais. 70'10. EDA Records EDA 053.

Écouter la musique du compositeur Hans (Hanuš) Winterberg renvoie l'auditeur dans ce vingtième siècle, à la fois si riche en expériences artistiques novatrices, et en même temps si chaotique et violent. Ce siècle aura été marqué par deux guerres mondiales particulièrement destructrices dont la seconde, pour des raisons raciales, décimera en Europe centrale toute une génération d'artistes et laissera aux survivants de profondes cicatrices. Le compositeur tchécoslovaque Hans Winterberg fait partie de ceux-là puisque ce musicien germanophone de confession juive, né à Prague en 1901, sera victime de ces grands bouleversements.

Compositeur prolifique, Hans Winterberg aura une longue carrière et ne décédera que quelques jours avant son 90e anniversaire, en 1991. Il s'en est fallu de peu qu'il ne disparaisse beaucoup plus tôt, puisqu'il appartenait à cette génération d'artistes sacrifiée sur l'autel de l'idéologie nazie. En tant qu'« artiste juif », il fut emprisonné au camp de concentration de Theresienstadt mais, contrairement à nombre de ses confrères, il en réchappera du fait de son internement tardif (de janvier à mai 1945). Néanmoins, il gardera de ces quelques mois de captivité des séquelles irréversibles pour le reste de sa vie, et les horreurs vécues dans le camp marqueront profondément sa musique — comme en témoigne par exemple sa suite pour piano intitulée Theresienstadt 1945.

Le camp de concentration de Theresienstadt (Terezín, en tchèque) où Winterberg fut interné est situé à une soixantaine de kilomètres de Prague ; une grande partie de l'intelligentsia tchécoslovaque de confession juive y sera envoyée. Ce camp recevra majoritairement des prisonniers venant de Tchécoslovaquie, mais aussi des déportés provenant de l'Europe entière. Beaucoup d'intellectuels et d'artistes y seront internés : de nombreux musiciens passeront dans ses murs (Gideon Klein, Hans Krása, Viktor Ullmann ou le chef d'orchestre Karel Ančerl), mais aussi des poètes, des philosophes, des savants, des mathématiciens, des hommes politiques, et même des personnages en vue comme la sœur de Franz Kafka. Le regroupement de l'élite intellectuelle à Theresienstadt s'explique par le statut particulier du camp, qui était la « vitrine » de la propagande nazie. Lors des rares visites opérées par certaines associations humanitaires internationales, on y exhibait des personnalités de renom, tout en montrant qu'elles étaient décemment traitées. Durant le temps de la visite, les prisonniers bénéficiaient d'aménagements et de certaines tolérances sur le plan du logement, de l'alimentation et des soins, ainsi que d'une certaine liberté à l'intérieur du camp pour composer ou organiser des spectacles — comme cette représentation en 1944 de Brundibár, l'opéra pour enfants d'Hans Krása, donné lors d'une visite du camp par la Croix-Rouge. Lorsque les enquêteurs repartaient convaincus que les détenus étaient traités humainement, les prisonniers étaient ensuite exécutés sur place ou transférés dans des camps d'extermination comme Auschwitz.

Toute une génération d'artistes a ainsi été décimée par les nazis, qui qualifiaient leurs œuvres de « dégénérées » : non contente de programmer leur élimination physique, l'idéologie nazie prévoyait aussi d'annihiler leurs ouvrages. Fort heureusement, certains d'entre eux, composés dans les camps, seront miraculeusement sauvés et préservés. Nombreux sont ces compositeurs originaires de Bohême à avoir été ainsi exterminés, et parmi les plus notables, on peut citer Pavel Haas, Gideon Klein, Viktor Ullmann, Hans Krása ou Erwin Schulhoff. Hans Winterberg ayant survécu à son passage au camp de Theresienstadt, sa musique n'a pas été immédiatement assimilée à cette période tragique. Son œuvre a pourtant été profondément marquée par ce vécu douloureux et, en 2026, trente-cinq ans après sa disparition, on ne redécouvre que progressivement son œuvre. Après la guerre, Winterberg quitte la Tchécoslovaquie suite à la mainmise du bloc soviétique sur le pays, et s'installe en Bavière en tant que citoyen allemand. Il y mènera une vie relativement modeste dédiée à la musique, partagée entre ses multiples activités de pédagogue, de chef d'orchestre et de compositeur, travaillant occasionnellement pour la Radiodiffusion bavaroise. Si ses œuvres sont jouées et appréciées dans l'immédiate après-guerre — et notamment par l'Orchestre Philharmonique de Munich —, sa popularité connaîtra ensuite un long et progressif déclin : les concerts dédiés à sa musique seront de plus en plus rares, et il ne bénéficiera pas, de son vivant, d'enregistrements notables.

Partagé entre sa double culture allemande et tchécoslovaque, Winterberg laisse cependant une œuvre consistante et variée, nourrie par les multiples influences artistiques émergeant de cette Europe centrale extrêmement riche et cultivée. Ayant été élève d'Alexandre von Zemlinsky et d'Aloïs Hába, la musique de Winterberg est à la fois empreinte d'influences viennoises (Seconde École de Vienne et bien sûr Zemlinsky) et tchécoslovaques (avec surtout Janáček, mais aussi Dvořák, Suk et Smetana). Ce musicien qui a traversé tout le vingtième siècle ne cède pas, comme certains, à la vision expérimentale voire avant-gardiste de la musique. Tout en assumant l'héritage de ses maîtres, il ne devient pas pour autant un adepte intransigeant et exclusif du dodécaphonisme : son œuvre, empreinte d'expressionnisme, dresse un pont entre les influences orientales et occidentales de la musique européenne. Pour cela, il s'inspire de ses propres racines : celles de son pays natal (la Bohême), de sa culture juive, et bien sûr, comme beaucoup de musiciens tchécoslovaques, il exprime son profond attachement à la nature. Ces multiples inspirations permettront à Winterberg de se forger un langage très personnel et novateur, dégageant une forte énergie et fondé sur des harmonies mouvantes et des polyrythmies. Son langage concis et intense s'inspire aussi du romantisme allemand dominé par Wagner, et des nouveaux courants musicaux parcourant l'Europe au début du vingtième siècle (Debussy, Stravinsky, Bartók, etc.). Par sa proximité avec Zemlinsky — le beau-frère d'Arnold Schönberg —, son style sera également influencé par le dodécaphonisme alors en plein essor : son œuvre pour piano intitulée Sept pièces néo-impressionnistes en douze tons en est un témoignage éloquent.

L'œuvre d'Hans Winterberg a bien entendu éveillé l'intérêt tout particulier du producteur allemand EDA Records, qui s'attache depuis 1990 à faire redécouvrir au public des œuvres de compositeurs oubliés ou négligés. Après un premier volume déjà consacré aux œuvres de musique de chambre et une intégrale des cinq sonates pour piano par Jonathan Powell (chroniquée dans Crescendo Magazine par Patrice Liberman), EDA propose un nouveau volume consacré aux œuvres de musique de chambre. Comme dans le premier volume, on retrouve la même cellule d'excellents interprètes berlinois constituée autour du pianiste Holger Groschopp, du violoniste Clemens Linder et de la violoncelliste Adele Bitter. Ces interprètes mettent tout leur talent au service de ces musiciens persécutés, ostracisés et exilés, et Hans Winterberg entre parfaitement dans ce cadre. S'il vécut sous différents régimes, il fut brimé par chacun d'eux à divers degrés : tout d'abord en tant que juif, puis en tant que Tchèque, puis comme compositeur, suivant péniblement sa voie avec rigueur et probité dans cette immédiate après-guerre.

L'extrême lenteur de la redécouverte des œuvres d'Hans Winterberg — malgré leur grande qualité — s'explique par d'importants problèmes juridiques liés à sa succession. Marié quatre fois au cours de sa vie, la transmission de son legs musical a été chaotique : le catalogue de ses œuvres a été cédé en 2002 à l'Institut de musique de l'Allemagne des Sudètes par l'un de ses héritiers. Pour des raisons politiques, le contrat de cession prévoyait que ses œuvres ne seraient pas accessibles — et donc ni jouées ni diffusées — avant 2031. Ce contrat a été attaqué et cette clause invalidée par la justice en 2015, grâce à l'action conjointe de certains de ses petits-enfants et de l'avocat Randol Schönberg, qui a mené à bien la procédure (lui-même petit-fils d'Arnold Schönberg et spécialiste des procédures en vue de la restitution de biens spoliés aux juifs par les nazis durant l'Holocauste). Depuis cette décision, la musique d'Hans Winterberg retrouve peu à peu une certaine diffusion, même si elle n'a pas encore la place qu'elle mérite. Ce répertoire, conservé dans les archives de l'Association des Allemands des Sudètes à Ratisbonne, refait progressivement surface et plusieurs enregistrements récents lui sont consacrés. Sur ce CD qui regroupe six pièces d'Hans Winterberg, quatre sont des premières mondiales au disque. Rappelons qu'avant 2015, le nom même de Winterberg était totalement inconnu du grand public et ne figurait ni dans les ouvrages des spécialistes dédiés à la musique tchèque (comme ceux de Guy Erismann, décédé en 2007), ni dans les dictionnaires musicaux.

Ce deuxième volume propose des œuvres composées entre 1936 et 1964, sans pour autant respecter un ordre chronologique rigoureux. Winterberg a commencé à composer au début des années 1930 et achevé sa production au tout début des années 1980. Si cet enregistrement ne dévoile qu'une part relativement restreinte de son œuvre, il a cependant l'avantage de présenter des pièces écrites avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. On peut découvrir ici des œuvres extrêmement variées qui associent souvent des instruments peu usités en musique de chambre (comme la trompette ou la voix), et en même temps très originales au niveau des formations. Cette approche de la musique de chambre n'est pas sans rappeler celle de Paul Hindemith — de cinq ans son aîné —, qui n'hésitait pas à associer dans ses sonates le piano à des instruments plus insolites comme le trombone, l'althorn ou la trompette.

Dort und Hier (Là et ici) est l'œuvre la plus ancienne figurant au programme de ce disque. Il s'agit d'un quatuor pour soprano et trio avec piano qui a été composé en 1936/37, un an avant l'invasion de la Tchécoslovaquie par les armées du Troisième Reich. Dans cette musique, les influences de la Seconde École de Vienne (Schönberg et Berg) sont particulièrement présentes. Winterberg choisit quatre poèmes de Franz Werfel, qui fut le troisième et dernier mari d'Alma Mahler et qui appartenait lui-même à cette bourgeoisie intellectuelle juive de Prague. Cependant, bien qu'ils soient tous deux issus de la même communauté germanophone de Prague, on ignore si Winterberg connaissait personnellement Franz Werfel, malgré son admiration inconditionnelle pour ses poèmes. Winterberg fait de ce cycle une œuvre très originale écrite pour une formation inusitée, composée d'une soprano accompagnée d'un violon, d'un violoncelle et d'un piano. Le choix des textes collectés par Winterberg peut surprendre, car ceux-ci n'ont pas a priori de liens entre eux puisqu'ils proviennent d'époques et d'ouvrages différents, chacun possédant son propre caractère. Le premier poème, « Madonna mit den Krähen » (La Vierge aux corbeaux), évoque une scène mariale paraphrasant la fuite en Égypte mais transposée dans un paysage hivernal, symbole pour Werfel d'une certaine impuissance existentialiste. Les deux Lieder suivants, « Nach dem Tode » (Après la mort) et « Dort und Hier » (Là et ici), abordent la mort et l'au-delà d'une façon très différente, le premier teinté de religion, le second plus érotique. Winterberg passe ainsi d'une naïveté touchante à une ironie grinçante, teintée d'une pointe d'hérésie. Le quatrième et dernier Lied évoque quant à lui la neige qui tombe, image qui évoque pour Franz Werfel le chaos du monde. Si Winterberg utilise ces poèmes disparates de Werfel, il parvient tout de même à donner une certaine unité thématique à l'ouvrage. Comme le précise Franck Harders-Wuthenow dans le passionnant livret (malheureusement pas traduit en français) : « la neige que l'on trouve dans un vers du premier Lied ("il vaudrait probablement mieux qu'il neige") crée une parenthèse critique jusqu'au dernier. Le langage expressionniste ironique de Werfel, riche en néologismes puissamment imagés, l'a inspiré pour créer une musique captivante, nuancée et colorée, pleine de subtiles réalisations d'images musicales ».

En 1950, plus d'un demi-siècle après son professeur Alexandre von Zemlinsky, Hans Winterberg compose à son tour un Trio pour clarinette, violoncelle et piano. À cette époque, il est installé en Bavière depuis trois ans et compose ici une œuvre sombre où les cicatrices laissées par la guerre sont encore vivement ressenties. Avec l'emploi de la clarinette, instrument fétiche de la musique juive d'Europe centrale, Winterberg n'hésite pas à affirmer ses origines : dès le premier mouvement, il utilise un thème populaire juif très caractéristique, que l'on retrouve aussi dans le quatrième mouvement du second Trio op. 67 de Chostakovitch (composé six ans plus tôt), ainsi que dans son huitième Quatuor à cordes op. 110 (composé en 1960, postérieurement au trio de Winterberg). Chostakovitch, en employant ce thème, voulait donner à ses compositions une dimension élégiaque évoquant les horreurs commises par les nazis à l'encontre des juifs. Winterberg s'inscrit totalement dans cette démarche, ayant lui-même vécu ces persécutions dans sa chair.

Si l'internement de Winterberg dans l'enfer de Theresienstadt a été tardif, la pression qu'il subit est bien antérieure et a duré plusieurs années. Winterberg subit des brimades depuis l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1938, et le climat dans lequel baigne sa Suite pour violon et piano, composée en 1942, décrit déjà cette ambiance délétère. Rappelons qu'avant même son incarcération, Winterberg subit pendant sept ans les mauvais traitements de l'occupant nazi. Étant marié à une non-juive, il se voit obligé de divorcer de Maria Maschat juste avant son internement à Theresienstadt. Sa famille est décimée par les déportations : sa mère Olga sera envoyée au camp de Maly Trostenets, en Biélorussie, où elle sera abattue en 1942. Son cercle d'amis et de relations disparaît progressivement, la plupart d'entre eux étant envoyés dans les camps et exterminés. Winterberg se réfugie dans la musique — c'est à cette époque qu'il prend des cours de composition avec Aloïs Hába. Sur un plan matériel, il vit d'expédients, restant actif à Prague mais aussi à Brno.

C'est dans ce climat de persécution et de tension perpétuelle que Winterberg compose en 1942 sa brève suite pour violon et piano, dans laquelle on décèle une angoisse palpable et une expressivité à fleur de peau. Le langage est très sombre et particulièrement concis, révélant tout le dramatisme de sa musique. On retrouve bien entendu les mêmes caractéristiques dans les œuvres écrites à la même période, comme son Deuxième Quatuor à cordes, sa Suite pour clarinette et piano (1944) ou sa Deuxième Symphonie (1943).

L'expérience tragique vécue par Winterberg entre 1938 et 1945 laissera des traces indélébiles dans sa musique, et la Suite pour trompette et piano n° 2, pourtant composée sept ans après la fin de la guerre alors qu'il s'est installé en Bavière, en porte encore les stigmates. Cette suite évolue dans une atmosphère angoissée et n'est pas sans rappeler la sombre ambiance de la Sonate pour trompette et piano de Paul Hindemith composée en 1939, dont le dernier mouvement intitulé « Trauermusik » (musique funèbre) reprend un choral de Bach, « Alle Menschen müssen sterben » (Tous les hommes sont mortels). Winterberg exprime cette affliction avec une intensité dramatique soutenue qui lui est toute personnelle.

La Sudeten-Suite (Suite des Sudètes) tient une place particulière dans la production d'Hans Winterberg : elle symbolise à la fois l'ironie et la cruauté de son destin. Après l'annexion des Sudètes, ratifiée par les accords de Munich de 1938, Winterberg voit sa propre identité remise en cause. Du fait de cette annexion, il devient allemand et, en même temps, est persécuté en tant que juif. Après la fin de la guerre, la région des Sudètes reviendra à la Tchécoslovaquie, mais le pays tombera rapidement sous le joug des forces soviétiques. Winterberg, comme de nombreux Tchèques germanophones, émigrera en Allemagne de l'Ouest et s'installe en Bavière dès 1947. Il y poursuit ses activités musicales de compositeur, de professeur au Richard-Strauss-Konservatorium de Munich, et aussi de producteur à la Radiodiffusion bavaroise. Avant de sombrer progressivement dans un certain oubli, ses compositions recevront au sortir de la guerre plusieurs récompenses, dont le second prix « sudète-allemand », remis alors par des représentants officiels de la RFA — dignitaires qui avaient participé pendant la guerre à l'aryanisation des Sudètes. Comme le précise fort justement Franck Harders-Wuthenow dans le livret : « Winterberg fut ainsi honoré par ceux-là mêmes qui furent en grande partie responsables de la chute de la République tchécoslovaque et de l'expulsion et de l'extermination de la population juive ».

La Sudeten-Suite pour violon, violoncelle et piano, composée fin 1963, début 1964, est une œuvre où Winterberg abandonne son langage habituel, souvent complexe tant sur le plan harmonique que sur le plan rythmique. Il compose ici une partition en trois mouvements, à la fois très inspirée et d'une grande fraîcheur. Écrite dans un style postimpressionniste, Winterberg y emploie un langage tonal, reliant son œuvre à la nature et magnifiant ses souvenirs — il ne peut plus se rendre sur les lieux de sa jeunesse, la Tchécoslovaquie faisant désormais partie du bloc de l'Est. Il crée ainsi une œuvre chargée d'émotions où il sublime les réminiscences de son pays natal par-delà les frontières et les idéologies. La Sudeten-Suite est très descriptive : elle évoque certains lieux précis de la région des Sudètes comme les Monts des Géants (Schneekoppe), les sources de l'Elbe (Elbe-Quellen) ou la montagne qui domine la Bohême à la frontière autrichienne (Plöckenstein). La Sudeten-Suite peut se rapprocher, par son inspiration agreste, d'œuvres composées un siècle plus tôt par Smetana ou Dvořák (Par les prés et le bois de Bohême de Smetana ou De la Forêt de Bohême de Dvořák).

Cet enregistrement est un nouveau et important jalon dans la légitime redécouverte de l'œuvre d'un compositeur attachant qui a joué de malchance à de nombreux niveaux, et qui a été la victime de circonstances géopolitiques qu'il ne pouvait malheureusement maîtriser, bien éloignées de ses activités et de son talent.

Son : 9,5 — Livret : 8,5 — Répertoire : 9 — Interprétation : 9,5

Jean-Noël Régnier


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