Bernd Alois Zimmermann, un parcours inattendu

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Bernd Alois Zimmermann (1918-1970) : Concerto pour violon, Photoptosis, Die Soldaten symphonie vocale. Leila Josefowicz, violon ; Anu Komsi, soprano ; Jeni Packalen, alto ; Hilary Summers, contralto ; Peter Tantsits, ténor ; Ville Rusanen, baryton ; Juha Uusitalo, basse. Orchestre symphonique de la Radio finlandaise, Hannu Lintu. Enregistré en 2016 et 2018. Notice de présentation en : anglais et finlandais. Durée : 73’45.  

Le Centenaire de la naissance du compositeur Bernd Alois Zimmermann passa largement inaperçu dans les pays francophones. C’est donc tout l’intérêt de cet album qui nous propose un beau panorama de son art par une nouvelle génération d’interprètes qui prend le relais des illustres aînés comme Michael Gielen, créateur des redoutables Soldaten.

Composé au crépuscule des années 1940, le Concerto pour violon est une partition redoutable d’une virtuosité ébouriffante alors que la puissante masse orchestrale se cherche encore entre Berg, Schoenberg ou Bartók. La violoncelliste Leila Josefowicz, rompue aux créations contemporaines, emporte au charisme cette partition phénoménale ! L’Orchestre de la radio finlandaise galvanisé par cette interprète qui fait de cette oeuvre un classique de la modernité, est au diapason.

Commande de la banque Stadtsparkasse de Gelsenkirchen pour son Centenaire, Photoptosis tire son nom du mot "photoptose" qui en grec signifie "incidence de la lumière". La partition est inspirée par les fresques du peintre Yves Klein pour l’opéra de Gelsenkirchen. En trois parties enchaînées, elle explore une masse orchestrale magmatique et colossale renforcée par un orgue. La partie centrale de cette pièce cite littéralement d’autres partitions comme la Symphonie n°9 de Beethoven, le Poème de l’extase de Scriabine, Parsifal de Wagner et même le Casse-Noisette de Tchaïkovski. Hannu Lintu dirige cette oeuvre avec un tempo plutôt modéré, mettant en avant la force herculéenne de ce colosse symphonique qui n’a rien à envier dans son impact à la puissance de Jonchaies de Xenakis.

En apothéose de cet album, Hannu Lintu propose la symphonie vocale tirée de l’opéra les Soldaten. Composée en 1963 d’après le matériau de la partition lyrique dont la première fut annulée (1960), cette symphonie vocale fut retravaillée en 1965 pour déboucher sur cette réduction de six parties de l’opéra. Si, instrumentalement, le défi est colossal pour le chef qui doit trouver une direction dans une masse orchestrale particulièrement touffue, les parties vocales sont également redoutables de difficultés. La distribution réunie ici est magistrale sous la direction précise et inspirée d’Hannu Lintu.

Magnifiquement enregistré dans l’acoustique idéale de l’Helsinki Music Center, ce disque fera date !

Son : 10 – Livret : 10 – Répertoire : 10 – Interprétation 10

 

       

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