Nouveautés

Les nouveautés audios, vidéos, les iivres et les partitions

L’art du bel canto en immersion : Cesare in Egitto de Geminiano Giacomelli

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Geminiano Giacomelli (1692-1740) : Cesare in Egitto. Premier enregistrement mondial en direct. Adrianna Vendittelli, soprano. Emöke Baràth, mezzo-soprano. Philippo Mineccia, contre-ténor. Margherita Maria Sala, contralto. Valerio Contaldo, ténor. Federico Fiorio, soprano. Accademia Bizantina. Ottavio Dantone, direction. 2024. Notice en français, anglais, allemand. 164’39. 3 CD Alpha 1141.

Charpentier et l’apparat des robes rouges : haute couture par Marguerite Louise

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Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Missa Assumpta Est Maria H. 11. Motet pour une longue offrande H. 434. Concert pour quatre parties de violes H. 545. O Salutaris hostia H. 249. Domine Salvum fac Regem H. 303. Louis Marchand (1669-1732) : Tierce en Taille [Premier Livre d'orgue]. Jean-Adam Guilain (c1680-1739) : Plein Jeu [Suite du Premier Ton]. Louise Champion, Nicolas de la Fortelle, dessus. David Tricou, haute-contre. Romain Champion, taille. Nicolas Brooymans, basse. Orchestre, Chœur et Maîtrise Marguerite Louise. Gaétan Jarry, orgue et direction. Livret en français, anglais, allemand. Mars 2024. 66’51’’. Château de Versailles Spectacles CVS150

Kullervo de Sibelius : une tragédie symphonique à découvrir chez Breitkopf & Härtel

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Jean Sibelius (1865-1957) : Kullervo op. 7, pour soprano, baryton, chœur d’hommes et orchestre, Breitkopf & Härtel, ISMN 979-0-004-21180-9

Entre tragédie, implacabilité et tourment, les éditions Breitkopf nous permettent aujourd’hui de revenir à cette titanesque page de Sibelius, Kullervo. On se souvient de Paavo Jarvi ouvrant sa première saison en tant que directeur musical de l’Orchestre de Paris, aux côtés du puissant Chœur national d’hommes d’Estonie. Un événement marquant, et pour beaucoup une première rencontre avec cette partition composée entre 1891 et 1892. L’œuvre mobilise un vaste effectif orchestral (bois par deux, piccolo, cor anglais, clarinette basse, quatre cors, quatre trompettes, trois trombones et tuba, percussions et cordes), deux solistes, Sisar (soprano) et Kullervo (baryton), ainsi qu’un chœur d’hommes. D’une durée approchant les 80 minutes, l’œuvre se divise en cinq mouvements, où des couleurs d’inspiration traditionnelle évoluent dans des harmonies tantôt lumineuses, tantôt profondément sombres, préférant des thèmes à la fois héroïques et poignants, et par moments, plus légers. La préface bien construite de Glenda Dawn Goss reprend quelques éléments clés de cette œuvre monumentale et physique, notamment le fait que Sibelius évoquait, dans ses premiers écrits, l’écriture d’une symphonie, dans l’esprit finnois. Le terme de symphonie reviendra très souvent sous sa plume, notamment lorsque la ville de Loviisa souhaita faire apposer une plaque pour honorer l’endroit où Sibelius écrivit la Kullervo suite. La réponse de l’intéressé fut rapide et claire : Kullervo symphonie (pas suite). Sibelius reprend volontiers des thèmes issus du folklore finnois qu’il transforme et fait évoluer à travers une richesse harmonique et une orchestration dense, mais d’une clarté saisissante. L’histoire de Kullervo, tirée du Kalevala, récit de la mythologie nordique, est sombre : un enfant marqué par l’assassinat de sa famille par son propre oncle, à la personnalité violente, qui finira par séduire une charmante jeune femme avant de comprendre qu’il s’agit de sa propre sœur… Sisar se suicide après cet inceste involontaire, Kullervo détruit la famille de son oncle avant de se jeter sur son épée. Chaque étape dramatique est traduite avec une intensité saisissante, notamment en privilégiant les cordes graves, sonores, mais aussi dans des volutes qui semblent nous emporter au passage. Par moments, notamment dans le troisième mouvement et la scène finale, l’écriture frôle le vertige et installe un malaise presque physique, appuyé par l’implacable Kullervo, martelé et sec, puis le chœur martial. Et les moments de joie trouvent résonance dans les jeux aigus des cordes, avec des usages rythmiques plus enlevés, comme le révèle le troisième mouvement. C’est rythmiquement énergique et agile, sans aucune lourdeur. Sibelius intensifie le matériau orchestral avec génie, ne donnant aucun moment de répit à l’auditeur. La première intervention chorale est aussi magistrale par son énergie patriotique : une ode à la nature. 

Nouvelles parutions chez Bärenreiter : une charmante découverte posthume de Martinů, une édition de référence de Couperin et un album Händel surprenant

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Bohuslav Martinů (1890-1959) : Romance pour violon et piano, H. 186bis. Bärenreiter, BA 11581. ISMN 979-0-2601-0991-9 (papier), 979-0-2601-1007-6 (numérique).

Il est toujours émouvant de se trouver face à un inédit d’un compositeur de la stature de Martinů, même s’il ne s’agit pas d’une œuvre majeure. Comme elle l’explique dans la préface à cette parution, c’est l’éditrice de cette partition, la musicologue tchèque Natálie Krátká qui a eu la chance de retrouver le manuscrit de cette brève Romance (43 mesures), composée à Paris en 1930 et dédiée au photographe et musicien français d’origine juive ukrainienne Boris Lipnitzki, à la Bibliothèque nationale d’Israël à Jérusalem en 2022. En effet, à la mort du dédicataire en 1971, ses héritiers confièrent bon nombre de partitions pour violon et piano à cette institution. Curieusement, Martinů ne mentionne nulle part l’existence de la présente partition à laquelle la musicologue a attribué en prenant pour critère la date de composition le numéro d’opus H. 186bis en tant qu’ajout au catalogue du regretté Harry Halbreich, grand spécialiste du compositeur et fidèle collaborateur de Crescendo-Magazine en son temps. Entendue pour la première fois en public en 2023 à Londres sous les doigts du violoniste Frank Peter Zimmermann et du pianiste Martin Helmchen, cette Romance présente à la fois une riche écriture harmonique dans la partie de piano entièrement en accords et une belle liberté de ton dans la charmante partie de violon, avec ses syncopes, ses passages expressifs en triolet et ses épisodes chromatiques. Jolie pièce de genre, cette Romance fera certainement un très beau bis.

Hommage à Pēteris Vasks pour ses 80 ans : réédition de trois albums

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Pēteris Vasks (°1946) : Symphonies n° 2 et n° 3 ; Concerto pour violon et orchestre ‘Tālā gaisma’ (Distant Light) ; Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1 ; Pater Noster ; Dona nobis pacem ; Missa. John Storgårds, violon ; Marko Ylönen, violoncelle ; Orchestre Philharmonique de Tampere, direction John Storgårds ; Orchestre de chambre d’Ostrobothnie, direction Juha Kangas ; Chœurs de la Radio de Lettonie et Sinfonietta Riga, direction Sigvards Klava. 2002, 2006 et 2007. Notice en anglais. 207’ 35’’. Un album de trois CD Ondine ODE 1482-2T.

Une semaine en musique, 4 albums à embarquer et 1 à encore éviter

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Gustav Mahler: Symphonies 1-9. Czech Philharmonic, Semyon Bychkov Label : Pentatone. Référence catalogue : 8720929574902

L'intégrale des symphonies de Gustav Mahler, entreprise colossale, trouve une nouvelle incarnation magistrale sous la baguette inspirée de Semyon Bychkov à la tête du Philharmonique Tchèque.  Nous avions aimé les parutions en albums séparés et la mise en coffret nous permet d’apprécier le travail du chef. Critique du coffret à paraître très bientôt sur notre site !  

Franz Schubert: Symphonies No. 5 & No. 6. The Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, Paavo Järvi,. Label : RCA. Référence catalogue : 4547366810592 

Paavo Järvi et la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen nous offrent une immersion vibrante dans l'univers symphonique de Schubert, explorant avec une finesse exquise les contours lumineux des Symphonies n°5 et n°6. Cette interprétation, empreinte d'une énergie contagieuse et d'une clarté orchestrale remarquable, révèle toute la fraîcheur et l'inventivité mélodique du jeune compositeur. Un enregistrement qui promet de renouveler notre écoute de ces joyaux du répertoire ! Une nouvelle pierre dans une intégrale qui compte 

Trios et Quatuors à cordes d’Europe de l’Est, deux nouvelles parutions

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Echoes of Budapest. Pа́l Hermann (1902-1944) : Trio à cordes. Géza Frid (1904-1989) : Trio à cordes Op. 1. Kan-Ti, -duo pour violon et violoncelle. Zoltа́n Székely (1903-2001) : Trio à cordes. The Hague String Trio. Justyna Briefjes, violon. Julia Dinerstein, alto. Miriam Kirby, violoncelle. Avril 2025. Livret en anglais, néerlandais. 66’32’’. Cobra Records 00096

Origins. Antonín Dvořák (1841-1904) : Quatuor à cordes no 13 en sol majeur, Op. 106. Jelena Dabić (1982*) : Anzhamanak. Akhtamar Quartet. Coline Alecian, Jennifer Pio, violon. Cléo Dahan, alto. Cyril Simon, violoncelle. Livret en français, anglais. Janvier 2025. 54’31’’. Cyprès CYP1691

Le  Lille Piano(s) Festival 2026

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Le Lille Piano(s) Festival revient pour sa 23e édition les 12, 13 et 14 juin 2026, proposant une quarantaine de projets musicaux dans une dizaine de lieux de la métropole lilloise.

Organisé par l'Orchestre National de Lille, ce festival maintient son ADN d'ouverture, allant bien au-delà du répertoire classique du piano pour explorer le jazz, les musiques du monde, l'électronique et les formes traditionnelles.

Quelques moments forts de la programmation :

  • Les exploits pianistiques : Vadym Kholodenko, lauréat du Concours Van Cliburn, relèvera le défi d’interpréter l'intégrale de la transcription par Liszt de la Symphonie fantastique de Berlioz pour piano seul.
  • Hommage à l'ONL et à l'orgue : L'édition 2026 résonne avec le 50e anniversaire de l'Orchestre National de Lille, mettant en lumière Thierry Escaich, compositeur en résidence historique. Dans ce cadre, Vincent Dubois, organiste titulaire de Notre-Dame de Paris, donnera un programme intitulé Éternelle Notre-Dame à la Cathédrale Notre-Dame de la Treille (Vendredi 12 juin à 19h30).
  • Musiques et images : La Salle Descamps de la CCI se transformera en salle de cinéma pour des ciné-concerts, notamment le trio jazz Temps calme accompagnant Trafic de Jacques Tati, et le marimba d'Illya Amar pour La Foule.
  • Concert de clôture : Le festival se terminera avec l'une des partitions les plus mythiques du répertoire, le Concerto n°3 de Rachmaninov, interprété par Marie-Ange Nguci, avec Jean-Claude Casadesus, chef fondateur de l'ONL, à la direction (Dimanche 14 juin à 19h30).
  • Le festival propose également des concerts gratuits aux Archives Départementales du Nord et à la Gare Saint-Sauveur, ainsi que de nombreux projets pour le jeune public.

On note aussi des proogrammes attrayants avec Roger Muraro ou Guillaume Coppola.

Le site du festival : https://www.lillepianosfestival.fr/2026/

Effets de miroirs baltes et anglais : espace et transparence

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Arvo Pärt (°1935) : Spiegel im Spiegel, version pour violoncelle et piano ; version pour violon et piano. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : Fantaisie sur un thème de Thomas Tallis. Veljo Tormis (1930-2017) : Curse upon iron. Pēteris Vasks (°1946) : Plainscapes. Lepo Sumera (1950-2000) : Concerto per voci e strumenti. Tim Posner, violoncelle ; Hülya Keser, piano ; Netherlands Chamber Choir, direction Martina Batič ; Amsterdam Sinfonietta, violon et direction Candida Thompson ; 2020 et 2023. Notice en anglais et en néerlandais. 76’07’’. Channel Classics CSS 46426.