Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Flagey On Air : une expérience de déconfinement culturel avec l'enchanteur Denis Kozhukhin

par

C’est presque timidement, l’air un peu gêné et le cœur balbutiant d’émotion après une trop longue séparation que Flagey rouvre ses portes à son public ce 5 juillet 2020. Et comme pour en attester l’authentique fébrilité, l’entrée ne se fait pas par la place Sainte-Croix, trop envahie de rénovations, mais par le petit hall de la place Flagey.

J’arrive une demi-heure à l’avance. Toutes les portes sont closes. Sauf une. C’est par cette embrasure qu’un petit rituel insolite va s’installer durant les dix concerts que compte cette saison d’été inédite concoctée par Flagey, Musiq3 et Klara. 

Carré blanc sur le visage, élastiques noirs autour de mes oreilles qui les tirent vers l’avant comme dans une mauvaise caricature de Gainsbourg, je fais la file sur le trottoir en attendant qu’une demoiselle à blouse noire avec le logo blanc de la maison m’autorise l’entrée en m’indiquant la marche à suivre, son doigt pointé vers un bidon désuet rempli du sésame le plus célèbre et le plus alcoolique de notre temps. 

Que ce soit dans le hall ou dans les escaliers, le lieu est tatoué par la situation : les marques au sol tous les mètre cinquante, des cordelières et des flèches qui séparent les espaces, et le personnel bienveillant, mais vigilant, chargé de ne pas laisser dévier les distraits qui trouveraient amusant de se perdre dans les bâtiments en tâtant de leur mains potentiellement covidées tout le mobilier du Paquebot. 

https://ennypar.com/site-de-rencontre-strasbourg-gratuit/

par Read Full Article

Le chef d’orchestre Kirill Karabits que l’on apprécie beaucoup dans les pays francophones, est une baguette qui sort de l'ordinaire. Alors qu’il fait paraître une nouvelle interprétation de la Symphonie n°13 de Chostakovitch (Pentatone), il revient sur son parcours discographique, un itinéraire musical loin des facilités et conçu avec réflexion et sens de l’Histoire. 

Vous avez enregistré la Cantate pour le XXe anniversaire de la Révolution d’Octobre de Serge Prokofiev pour Audite (album primé d’un International Classical Music Award). Qu’est-ce qui vous a orienté vers cette oeuvre si particulière ? 

L’année 2017 était marquée par le Centenaire de la Révolution, c’était la meilleure occasion pour programmer et enregistrer cette partition. Elle requiert un effectif instrumental et choral démesuré et j’ai dû mobiliser toutes les formes musicales disponibles : deux choeurs, un ensemble d’accordéons et même un orchestre militaire qui viennent en complément de l’orchestre symphonique. Par ailleurs, cette interprétation marquait également mes premiers concerts comme directeur musical de la Staatskapelle de Weimar. 

Vous publiez un nouvel enregistrement de la Symphonie n°13 de Chostakovitch. C’est une oeuvre à la dimension musicale et historique particulièrement forte. Qu’est-ce qui vous attire dans cette partition ?  

L’histoire tragique narrée par cette oeuvre a une résonance personnelle car je suis né à Kiev, ville où s’est déroulé le massacre de Babi Yar. Dans le cadre de ma collaboration avec l’Orchestre National de Russie, la direction de la phalange m’a demandé de prendre part à leur cycle des symphonies de Chostakovitch pour le label Pentatone. Ils m’ont demandé quelle oeuvre je voulais enregistrer et j’ai naturellement proposé la Symphonie n°13. Ce fut une expérience très forte et très émouvante de la travailler et de l’enregistrer avec cet orchestre. 

Edouardo Fernández révèle l’oeuvre pour piano de Zimmermann 

par Read Full Article

Dans le contexte éditorial actuel, certains enregistrements nous séduisent d’emblée par la pertinence de leur proposition. Dès lors, comment ne pas être attiré par cette intégrale pour Bis de l’oeuvre pour piano de Bernd Alois Zimmermann que propose  le pianiste. Devant l’immense qualité musicale de cette parution qui fera date, Crescendo Magazine a eu envie de l’interviewer. 

Vous avez enregistré l'intégrale des œuvres pour piano de B.A. Zimmermann. C'est un choix inhabituel. Qu'est-ce qui vous a attiré vers l'œuvre de ce compositeur ? 

À l'occasion de la première de son opéra Die Soldaten en Espagne, le Teatro Real de Madrid m'a demandé de jouer de la musique liée à Die Soldaten. J'ai commencé à chercher dans ses pièces pour piano et j’ai été absolument fasciné par la découverte de ces joyaux. La question était : "Pourquoi ces merveilles sont-elles inhabituelles dans le répertoire des pianistes ?" Zimmermann est l'un des plus grands compositeurs du milieu du XXe siècle, mais il est aussi quelque peu négligé. J'ai joué certaines de ces pièces pour piano, puis j'ai assisté à la première de Die Soldaten. J'ai été impressionné par la figure de Zimmermann, sa qualité, son énergie, son message, son évolution brutale. Une progression stylistique qui nous mène du style néoclassique vers l'avant-garde darmstadtienne, jusqu'à ce qu'il mette en scène son pluralisme musical et le Kugelgestalt der Zeit (forme sphérique du temps). Il y a quelques recoupements entre ces concepts et les théories scriabiniennes. Je jouais -et joue encore- l'œuvre complète de Scriabine, et ces coïncidences m'ont sans doute incité aussi à travailler sur cette réflexion particulière.

La Philharmonie de Luxembourg se déconfine Alina Baeva et Vadym Kholodenko 

par

Atmosphère, atmosphère…

Ils entrent sur le plateau, ils saluent, ils se concentrent, et les premières notes s’élèvent de la Fantaisie pour violon et piano en ut majeur de Schubert. Un concert comme un autre ? Pas vraiment…
C’est qu’il y a eu, en mars, l’annulation brutale de tous les rendez-vous programmés, des dizaines et des dizaines dans cette grande maison qu’est la Philharmonie de Luxembourg. Et depuis, le silence… Un silence obligatoire, mal vécu, aussi bien par les artistes et les organisateurs que par les spectateurs. Moi-même, j’ai parlé d’«amputation». C’était le temps du confinement.

Voici venu celui du déconfinement, étrange pour nous tous qui fréquentons les salles de concert.
Impatience, appréhension.

L’horaire déjà est inhabituel, 19 heures, et pour une heure seulement de concert : deux œuvres sans entracte, mais deux belles œuvres ! Je reviendrai dans un autre article sur cette formule, qui me semble fort intéressante pour l’avenir de cette musique qui a notre prédilection.

Bram Van Sambeek, virtuose du basson

par

Photo: Marco Borggreve

À l’occasion de la sortie de son dernier album chez le label BIS, incluant un captivant Concerto d’Édouard Du Puy (c.1770-1822) tiré des oubliettes, nous avons contacté le bassoniste Bram Van Sambeek afin d’expliciter les circonstances de sa découverte. Et la façon dont il conçoit cette œuvre.

Votre enregistrement en juin 2009 pour Brilliant comprenait une œuvre d'Édouard Du Puy, un concerto arrangé d’après son Quintette. Était-ce votre premier contact avec ce compositeur ?

En effet, c'est grâce à une parution antérieure chez BIS (un merveilleux enregistrement de Cristian Davidsson avec le Sundsvall Chamber Orchestra/Willen) que ce quintette avait déjà été ajouté au répertoire standard des bassonistes. 

Dans le livret du SACD, vous expliquez qu'en demandant une copie de ce Quintette à la Bibliothèque nationale de Suède, vous avez reçu par erreur un exemplaire d'un Concerto en ut mineur. Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette découverte ? En quelle année était-ce ? Dans quel état et sous quelle forme se présente la partition autographe ? Comment peut-on expliquer qu'un chef-d’œuvre aussi exaltant ait pu rester caché pendant si longtemps ? Peut-on imaginer qu'il n'ait été joué au XXe siècle ?

Lorsque je préparais mon propre enregistrement du Quintette de Du Puy en 2008, j'ai demandé à la Bibliothèque royale de Stockholm de m'envoyer le manuscrit original. J'ai réalisé que le travail sur l'enregistrement précédent de Davidsson était un arrangement du quintette. Mais dans ma demande à la bibliothèque, j'ai utilisé le nom "Concerto" parce que l'éditeur (Orlando Musikverlag) a utilisé ce nom au lieu de "Quintette". C'est là que cet heureux malentendu a commencé ! J'ai été très surpris de trouver cette musique substantielle et spectaculaire, ainsi que toute une série de musique de chambre supplémentaire (probablement aussi inédite) de la main de Du Puy.  Nous pouvons être reconnaissants envers ces bibliothécaires zélés. Cependant, le quintette que j'avais demandé manquait, et n'a été envoyé que plus tard dans l'année.

L'état autographe est très clair et préparé avec soin. Compte tenu de la faible quantité de notre répertoire soliste datant du début du romantisme, il est certes presque inimaginable qu'une pièce aussi importante et belle soit restée impratiquée mais, à ma connaissance, on ne trouve aucune mention de représentations après 1830.

L'œuvre a très probablement été écrite pour deux des trois frères Preumayr, bassonistes, nommés Franz et Johann Conrad. La raison pour laquelle elle n'a pas été jouée pendant si longtemps ne peut s’expliquer que dans l'utilisation absolument extraordinaire de notes aussi aiguës, et par une virtuosité qui était jusqu'alors quasiment inégalée. On peut imaginer que d'autres bassonistes la considéraient comme trop attachée aux spécialités virtuoses de ces frères Preumayr et n'osaient pas y toucher. Franz Preumayr, qui des trois était le plus actif en tant que soliste, a peut-être même été l'un des tout premiers et des rares, sinon le seul bassoniste, à faire une tournée européenne en tant que tel.

Preumayr nous a laissé un journal dans lequel il a consigné ses expériences de cette tournée ; ses observations plutôt négatives sur les célèbres bassonistes parisiens de l'époque sont amusantes à lire. Considérant les comptes rendus de ses concerts et les éloges qu'il a reçus de ses collègues français (et qu'il a décrits dans son journal), ses qualités sur l'instrument étaient inconnues auparavant.

François-Frédéric Guy : Mon rêve est que Beethoven soit toujours dans nos cœurs !

par

Le pianiste français François-Frédéric Guy est incontestablement l’un des plus grands beethovéniens actuels. Le projet de l’intégrale des sonates avec des jeunes pianistes, initialement prévu en mars dernier, voit enfin le jour ce week-end à Paris. Le musicien nous a parlé de sa passion pour le maître de Bonn.

Vous avez donné l’intégrale des sonates de Beethoven en novembre dernier au Japon et les cinq concertos de Beethoven en janvier de cette année à Paris avec l’Orchestre de Chambre de Paris. Pourriez-vous parler de ces deux séries ?

L’intégrale des 32 sonates au Japon était pour moi un événement très important. D’abord, c’était la dixième fois que je jouais ce cycle. C’était donc une sorte d’anniversaire d’un projet fou que j’ai fêté à Tokyo – Vous savez, j’ai un amour inconditionnel pour le Japon ! J’ai eu une chance inouïe d’avoir pu réaliser cette série de neuf concerts dans la magnifique salle de Musashino Civic Cultural Hall, d’autant que le public était enthousiaste. Tous les concerts étaient complets. Et après chaque concert, dédicace de disques pendant des heures, un rituel typiquement japonais… Il y a eu une standing ovation tout à la fin, au dernier concert, les auditeurs étaient emportés, déchaînés, ils poussaient des cris, comme dans un concert de rock ! Pour ma part, je n’ai jamais vu ça au Japon ! Les Japonais sont d’habitude très calmes et très disciplinés, même quand ils aiment, ils gardent une distance, ils sont réservés, par politesse aussi, peut-être. Mais là, c’était… merveilleux. Vraiment merveilleux.

Ensuite, à Paris, nous avons également eu un grand succès avec l’Orchestre de Chambre de Paris, au théâtre des Champs-Élysées, pour les cinq concertos en une soirée que nous avons joués à guichets fermés. Nous avons d’abord donné un premier concert, suivi d’une pause longue pendant laquelle les gens pouvaient dîner, moi aussi d’ailleurs ! Puis, un autre concert et après 20 minutes de pause, enfin le Cinquième Concerto. C’était un grand voyage exceptionnel. Je suis depuis trois ans un artiste associé à l’Orchestre de Chambre de Paris et nous avons construit beaucoup de projets originaux ensemble. Nous avons joué plusieurs concerts à Paris, dont beaucoup en jouer-diriger. J’ai fait mes débuts en tant que chef d’orchestre avec eux à Paris avec la Cinquième Symphonie de Beethoven, en 2018, en première partie le Triple Concerto dirigé du piano. Un moment inoubliable pour moi !

« Je ne conçois pas une intégrale comme un marathon,
mais comme un grand voyage »

L’idée de donner l’intégrale des concertos ou des sonates en un temps court n’est pas de faire un marathon, mais plutôt celle d’un voyage. Offrir au public une occasion d’entendre ces œuvres dans la continuité et de suivre son évolution, depuis des compositions de jeunesse qui imitent encore Mozart pour arriver, en ce qui concerne les sonates, à la maturité, à ces dynamites beethovéniennes, à l’explosion du style classique.
Pour les sonates qui sont échelonnées sur toute sa vie, je les considère comme une autobiographie.

Ralph van Raat, pianiste sans frontières 

par Read Full Article

Le pianiste Ralph van Raat construit une discographie essentielle dans son exploration des répertoires de notre temps. Pour Naxos, il publie un nouvel album centré sur des oeuvres rares de Boulez, Debussy, Messiaen et Ravel. Cet album est important car il propose en première mondiale une oeuvre de jeunesse de Pierre Boulez : Prélude, Toccata et Scherzo. Ralph van Raat nous entretient de la place de cette oeuvre dans l’univers de Pierre Boulez tout en nous présentant sa vision de la musique. 

Votre nouvel album s'intitule “raretés française pour piano”. Pourquoi avez-vous décidé de réunir Boulez, Debussy, Messiaen et Ravel sur un même enregistrement ?

La musique française en général m'a toujours séduit -Debussy et Ravel que j'ai connus vers l'âge de dix ans, et Messiaen et Boulez quelques années plus tard. C'est la musique que j'ai écoutée tout au long de mon adolescence -au lycée, Boulez me fascinait par son énergie et, parfois, par sa crudité ; Messiaen par son monde harmonique de couleurs, et Debussy et Ravel que je considérais à l'époque comme une étape parfaite entre la musique classique que je jouais, et le jazz, de Bill Evans par exemple, que j'écoutais aussi beaucoup. Certaines des pièces de l'album que j'ai toujours eu en tête d'enregistrer, mais pour lesquelles je n'ai pas trouvé de contexte approprié car elles sont "hors du répertoire principal" du compositeur. Comme j'ai fait des recherches sur le Prélude, Toccata et Scherzo de Boulez et qu'il semblait y avoir un intérêt pour un enregistrement, j'ai eu une bonne occasion de faire un album d'une collection de ces pièces. 

Pierre Boulez....moine et missionnaire

par

En contrepoint à notre interview du pianiste Ralph van Raat qui propose une première mondiale au disque d'une oeuvre de Pierre Boulez, nous vous proposons de relire intégralement l'entretien que le compositeur/chef d'orchestre avait accordé, en 2000, à Crescendo Magazine. Alors qu'il préparait la tournée de ses 75 ans avec le London Symphony Orchestra, il avait reçu Bernadette Beyne, co-fondatrice de Crescendo Magazine dans son bureau de l'IRCAM.

Vous venez d'enregistrer la 8e Symphonie de Bruckner, un compositeur auquel vous ne sembliez pas attaché… Pourquoi Bruckner… peut-être Sibélius? 

Un représentant de la Philharmonie de Vienne m'a dit un jour: "Vous n'avez jamais dirigé Bruckner. Pourquoi?". Bruckner ne faisait pas partie de mon éducation. Vous allez apprécier cet humour volontaire ou involontaire, mais les partitions de Bruckner, je les ai, complètes. Et savez-vous où je les ai achetées? A Darmstadt, pendant les cours d'été; c'est vous dire que cela remonte loin: je n'ai plus remis les pieds à Darmstadt depuis 1965! A la suite de quoi je les ai achetées? Probablement à la suite d'une conférence ou d'une conversation avec Adorno. En tout cas, j'en avais pris connaissance à cette époque mais je ne les ai jamais dirigées. Quand les musiciens de l'Orchestre de Vienne m'ont demandé pourquoi je ne les dirigeais pas, je me suis dit: "pourquoi pas"? Ca m'intéressait comme cela m'avait intéressé de diriger Parsifal quand Wieland Wagner me l'avait demandé en 1965. Il était encore plus incongru de diriger Wagner à cette époque que Bruckner aujourd'hui, des univers qui ne m'ont pas été familiers durant mon éducation. Je me souviens que Messiaen n'a jamais analysé une seule note de Bruckner; c'est le seul compositeur à propos duquel je l'ai vu sarcastique, lui qui, en général était d'une grande bonté. Un jour, il m'a dit: "ah! Bruckner, il n'y a que des ponts". Traduisez: "côté développements, il n'a pas beaucoup d'idées". C'était un espèce de préjugé français dont je me suis aujourd'hui débarrassé.

Sibélius, c'est autre chose. Il y a beaucoup de choses qui ne me passionnent pas chez Sibélius. J'ai parlé avec le manager du London Symphony et il a été question de la 7e Symphonie. Mais rien n'est encore sûr. J'ai entendu de superbes interprétations de Sibélius par George Szell avec l'Orchestre de Cleveland lorsque je partageais avec lui une tournée au Japon. C'était en 1967. Il y dirigeait la 4e. Si je m'aiguillais là-dessus, c'est quand même la 7e qui m'intéresserait davantage. 

A Genève,  Gli Angeli de retour !  

par

Après la longue période de confinement, l’Ensemble Gli Angeli et son chef, Stephan MacLeod, s’empressent de reprendre leur saison ; c’est pourquoi, lundi dernier, ils ont profité de la réouverture officielle des salles de spectacle à Genève pour donner un concert au Studio Ernest-Ansermet qui a accueilli un public nombreux mais qui, au vu de l’exiguïté des lieux, a obligé tout spectateur et une bonne partie des instrumentistes à porter un masque. 

Jean-Luc Tingaud, César Franck et les trésors de la musique française 

par Read Full Article

Le chef d'orchestre Jean-Luc Tingaud publie un enregistrement consacré à César Franck. Primé d'un Joker Absolu de Crescendo, cet album propose, entre autre, la merveilleuse Psyché, l'un des plus grands chefs d'oeuvre du compositeur franco-belge. À cette occasion, le chef d'orchestre revient sur la place de César Franck dans l'Histoire de la musique et sur son parcours discographique exemplaire au service de la musique française.

Vous avez enregistré pour Naxos différentes partitions de compositeurs français : Bizet, d’Indy, Poulenc, Dukas et Franck. Comment déterminez-vous ces compositeurs et ces programmes ? 

J’avais eu un premier contact avec Naxos quand j’étais assistant de Manuel Rosenthal. Yves Riesel, qui à l’époque dirigeait Naxos France, m'avait envoyé à Monte-Carlo aider Rosenthal pour le disque Gaîté Parisienne. Puis au cours de ma carrière de chef d'opéra, un enregistrement sur le vif de la radio allemande SWR du festival Rossini in Wildbad du Siège de Corinthe parut chez Naxos et remporta un grand succès. Alors Klaus Heymann, directeur de Naxos, me proposa de démarrer une série de musique symphonique française. Je remarquai que nombre de grandes symphonies manquaient à leur catalogue. C’est ainsi que nous avons commencé à explorer ce répertoire qui me passionne au plus haut point. J’étais chef invité régulier de l’orchestre national de la radio de Dublin RTE qui selon moi a des couleurs parfaites pour la musique française. Puis quelques années plus tard, nous avons transféré les micros à Glasgow avec le somptueux orchestre Royal d’Ecosse.