Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Quel chef et quel orchestre !

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Philippe Jordan © Johannes Ifkovits

Pour achever sa brillante saison de concerts, le Service Culturel Migros invite pour la deuxième fois les Wiener Symphoniker qui n’avaient pas reparu à cette enseigne depuis octobre 2009 ; mais y débute leur chef titulaire depuis quatre ans, Philippe Jordan qui, au vu de sa phénoménale carrière, ne vient que rarement à Genève.

Festival Musical de Dresde (3/3) : Tous dans la rue ! Dresde, Bruxelles, Aix-en-Provence et ailleurs

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Un des problèmes qui se posent à ceux qui agissent pour « défendre et illustrer » la musique classique et l’opéra est de trouver un moyen pour quitter « l’entre soi ». Comment faire pour que quelqu’un qui n’est pas du « sérail » socio-économico-éducatif ose franchir les portes pour lui redoutables des salles de concert et des maisons d’opéra ? L’entreprise est malaisée quelles que soient les « journées portes ouvertes », « visite des coulisses », « ateliers maquillage ».

Festival Musical de Dresde (2/3). Les Prix Européens Taurus. L’Orchestre des Jeunes de l’Union Européenne : une jeunesse perpétuée

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EUYO DRESDE

EUYO - © Peter Adamik

L’European Union Youth Orchestra (EUYO) – l’Orchestre des Jeunes de l’Union Européenne : une belle rencontre.
Une rencontre un peu étrange dans ses modalités : elle avait commencé à l’occasion du vol vers Dresde. A l’escale de Munich, j’avais remarqué deux violoncellistes évidemment accompagnées de leurs instruments (le voyage à deux billets est onéreux pour ces musiciens-là), manifestement réjouies de se retrouver pour un voyage commun, et vite rejointes par d’autres jeunes gens aux sacs à dos spécialement conçus pour des instruments de musique. Ils étaient de nationalités différentes, pratiquaient tous l’espéranto-anglais, et avaient la même destination, Dresde.

Le Festival de Dresde (1/3) : ajouter de l’agréable à l’agréable

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Un Miroir. Des Violoncelles. Radu Lupu. Un Alto dans un vignoble. Arvo Pärt. Gidon Kremer. Mieczyslaw Weinberg. Paavo Järvi
Dresde est une ville magnifique, une ville-phénix : terrassée, laissée pour anéantie par les bombardements incendiaires de février 1945, elle a ressuscité. Elle ne cesse de ressusciter d’ailleurs, comme le prouve l’énorme chantier qu’elle est toujours. De l’autre côté de l’Augustusbrücke, de l’autre rive de l’Elbe, quel merveilleux point de vue sur ses splendeurs architecturales.

Un duo en déséquilibre

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Au cours de chaque saison, le Grand-Théâtre de Genève organise trois ou quatre récitals de chant ; plutôt que de nous ennuyer avec les sempiternelles soirées de lieder, il a cette fois-ci la judicieuse idée d’inviter deux artistes russes provenant de Saint-Pétersbourg pour un programme Tchaikovsky – Rachmaninov.

Le sauvetage de ‘Boccanegra’ par le chef de chœur  

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© Alan Humerose

Vous êtes le directeur d’un théâtre, à onze heures du soir précédant la première, l’on vous appelle pour vous dire que le chef d’orchestre doit être amené d’urgence à l’hôpital pour subir une opération. Que faites-vous ? Allez-vous annuler la représentation ? Ce sont les sueurs froides qu’a endurées Eric Vigié, le directeur de l’Opéra de Lausanne, à quelques heures du lever de rideau sur Simone Boccanegra.

Au hasard du répertoire : un « Rigoletto » bienvenu

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Rigoletto

© Matthias Creutziger

La plupart du temps, les Belges et Français que nous sommes découvrons des opéras inscrits dans des « saisons » : c’est-à-dire des productions originales, même si c’est un énième « Don Giovanni ». Avec aussi l’une ou l’autre « reprises ». Nous allons donc de « nouveauté » en « nouveauté ». Il n’en va pas de même dans tous les pays : certains pratiquent une politique de « répertoire ». Leurs productions ont certes d’abord été des « nouveautés », mais elles seront ensuite reprises non pas en une seule série de représentations, mais disséminées au cours des saisons qui suivent. C’est le cas notamment en Allemagne.

A Genève, un ‘Don Giovanni’ aidé par les chanteurs 

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Un théâtre à l’abandon où les roseaux ont pris racine, deux ou trois rangées de sièges brinquebalants, une scène vide avec un écran en arrière-plan, tel est le décor unique imaginé par Falko Herold pour un Don Giovanni mis en scène par David Bösch ; la trame est transposée à notre époque, ce qui permet à Bettina Walter de vêtir les protagonistes et les villageois avec le n’importe quoi qui gomme les différences de classe sociale.

Baroque d’aujourd’hui

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Amour et Psyché © Gilles Abegg - Opéra de Dijon

« Pygmalion » de Jean-Philippe Rameau et « L’Amour et Psyché » de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville
Robyn Orlin, surtout connue pour ses créations chorégraphiques toujours surprenantes, est la metteure en scène d’un diptyque composé de « Pygmalion » de Jean-Philippe Rameau et de « L’Amour et Psyché » de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville. C’est-à-dire que la contemporanéité la plus interpellante se conjugue avec des œuvres absolument typiques de la moitié du XVIIIe siècle. Le résultat : un baroque d’aujourd’hui ! Dont l’effervescence se manifeste surtout après l’entracte, avec le Mondonville.

Un chef mahlérien, Jonathan Nott ! 

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Quel mahlérien d’envergure est Jonathan Nott ! Après une tournée d’une quinzaine de jours qui a emmené en Amérique du Sud l’Orchestre de la Suisse Romande et qui a remporté de délirants succès tant au Théâtre Municipal de Rio de Janeiro qu’au Colon de Buenos Aires, il clôture la saison à Genève et à Lausanne en présentant la Troisième Symphonie en ré mineur de Gustav Mahler, l’une des plus redoutables quant à l’exécution, puisqu’elle inclut les bois et cuivres par quatre (avec même cinq clarinettes et huit cors), timbales, percussion, cloches et glockenspiel, harpes et cordes, auxquels s’ajoutent une voix d’alto solo, le chœur de femmes et le chœur d’enfants. Et le chef dirige le tout par cœur !