L’âme des cordes

par https://iphonenow.org/

Leos JANACEK (1854-1928)
Quatuors à cordes n° 1 et n° 2
Bohuslav MARTINU (1890-1959)
Quatuor à cordes n° 3
Doric String Quartet
DDD–2015–59’ 29’’– Textes de présentation en anglais, allemand et français–Chandos  CHAN 10848

Chez Chandos, le Quatuor Doric, fondé en 1998, a déjà enregistré avec succès des quatuors de Joseph Haydn, de Robert Schumann et d’Erich Wolfgang Korngold. Il donne à présent les deux quatuors de Leos Janacek et le troisième de Boshuslav Martinu (son vaste catalogue en contient sept), un programme équilibré, non seulement en raison de la nationalité des deux compositeurs, mais aussi parce que ces œuvres ont été écrites respectivement en 1923, 1928 et 1929. Comme le dit la formule consacrée, on ne présente plus les deux quatuors du génial créateur de Katia Kabanova. Ce sont des chefs-d’œuvre du genre – des purs joyaux qui ne cherchent pas du tout à plaire ni davantage à offrir à leurs interprètes l’occasion de briller. Ils expriment, tout au contraire, la vie la plus profonde, c’est-à-dire au premier chef d’insondables états d’âme, et même, qui plus est, l’âme de ces instruments qu’on appelle les cordes, peut-être les plus mystérieux de tous dans la longue et formidable histoire de la musique occidentale.
On comprend dès lors pourquoi il est difficile de faire vivre à la perfection les deux quatuors de Leos Janacek et, précisément, de faire entendre leur immense, leur vertigineuse richesse dramatique, accentuée par le fait que chacun des quatre mouvements qu’ils contiennent sont tous des plus complexes. Le premier mouvement du Quatuor n° 1 se déploie ainsi sur dix sections fort brèves, alors qu’il ne dure que quatre minutes et demie. Dans l’ordre : adagio, con moto, vivo, meno mosso, adagio, con moto, adagio, un poco piu mosso, vivo et adagio ! Cette complexité, le Quatuor Doric la restitue plutôt bien, même si son exécution manque par moment d’éclat. La formation britannique propose en revanche une magnifique version du Quatuor à cordes n° 3 de Bohuslav Martinu, une œuvre, il est vrai, beaucoup moins dense, Graham Melville Mason, auteur du texte de présentation du CD, parlant même à ce propos de partition « relativement joyeuse et légère ».
Jean-Baptiste Baronian

Son  8  –  Livret  8  –  Répertoire  10 et  7  –  Interprétation  8

Les commentaires sont clos.