Isabelle Faust et ses amis enchantent dans Schubert

par

Franz Schubert (1797-1828) : Octuor D. 803. Isabelle Faust, Anne Katharina Schreiber (violons), Danusha Waskiewicz (alto), Kristin von der Goetz (violoncelle), James Munro (contrebasse), Lorenzo Coppola (clarinette), Teunis van der Zwart (cor), Javier Zafra (basson). 2018 - DDD- 70’14- Textes de présentation en français , anglais et allemand- Harmonia Mundi HMM 902263

Même si tout nouvel enregistrement d’Isabelle Faust est attendu avec impatience, on s’étonne un peu dans un premier temps de voir son nom figurer sur la très jolie pochette en caractères trois fois plus épais que ceux de ses excellents collègues, mais l’écoute suffit à rassurer pleinement : si l’excellente violoniste allemande conduit en effet un ensemble de grande classe réuni pour l’occasion, elle ne tire jamais indûment la couverture à elle dans les passages les plus exigeants réservés à son instrument. Et, bien au contraire, ce qui frappe tout au long de cette vaste oeuvre, c’est l’esprit de musicalité et de partenariat qui règne entre musiciens subtils et talentueux, alors que le recours aux instruments anciens donne des sonorités plus douces et transparentes -les cordes se contentant d’un minimum de vibrato- que ce qu’on obtient sur leurs équivalents modernes.

Mais le miracle de cette version est cette infaillible intuition des interprètes qui, sans jamais forcer, réussissent immanquablement à débusquer la profondeur réelle qui se cache si souvent sous la bonhomie apparente de la musique. On ne s’arrêtera pas à louer la maîtrise instrumentale des artistes tant elle semble couler de source, mais on ne cesse d’admirer la finesse de l’interprétation, comme dans cet Adagio qui devient un nocturne serein où le violon infiniment subtil et touchant de Faust mène des dialogues enchanteurs avec la clarinette (magnifique Lorenzo Coppola) et le cor, également superbes tout au long de l’oeuvre.  

Dans l’Andante, le violon d’Isabelle Faust sait se faire galant sans jamais être superficiel, alors que les accents plus populaires du Menuet sont rendus avec une belle franchise quoique sans la moindre brutalité.

Après que l’introduction dramatique du Finale semble annoncer l’univers du Quintette pour deux violoncelles, les interprètes goûtent ensuite la joie débridée de l’esprit du divertimento avant que ne repassent parfois de plus sombres nuages. Une fois de plus, on ne peut qu’admirer la profondeur sans lourdeur ni prétention de cette interprétation toute d’intelligence et de miraculeuse sensibilité où le bonheur de véritables artistes à faire de la musique se perçoit à chaque mesure.

Pour terminer en beauté, les musiciens nous offrent encore un délicieux arrangement pour Octuor de deux menuets (écrits à l’origine pour quatuor à cordes) dûs au compositeur franco-argentin Oscar Strasnoy.

Patrice Lieberman

Son 10 - Livret 10  - Répertoire 10 - Interprétation 10

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