La flûte d’André Jolivet et de Frank Martin

par

André JOLIVET (1905-1974) : Concerto pour flute et orchestre à cordesSuite en concert pour flûte et percussions (Concerto pour flûte n° 2) / Frank MARTIN  (1890-1974) : Ballade pour flûte, orchestre à cordes et piano–Sonata da chiesa pour flute solo et orchestre à cordes. José-Daniel CASTELLON (flûte), Jean-Jacques BALET (piano), Orchestre de chambre de Lausanne, dir. : Nicolas CHALVIN, Les Percussions Claviers de Lyon. DDD–2019–55’ 29’’–Textes de présentation en français et en anglais–Claves 50-1818

Le principal intérêt du présent CD, c’est qu’il réunit des œuvres de deux compositeurs importants du XXe, mais qu’on a, hélas, un peu trop tendance à délaisser de nos jours : le Parisien André Jolivet et le Genevois Frank Martin, décédés tous les deux en 1974, l’année qui a aussi vu la disparition de Darius Milhaud et de Jean Absil. Il y a, c’est sûr et certain, un style André Jolivet et, pareillement, un style Frank Martin, qu’on ne saurait confondre avec ceux d’autres musiciens de leur époque et qui, en outre, tournent le dos aux recherches abstraites des zélotes de Darmstadt. 

Chez le premier, tout, ou presque, passe par l’énergie -une énergie incantatoire, même perceptible dans les mouvements lents de sa musique, aux rythmes audacieux et toujours déroutants, ainsi qu’en témoignent ses divers concertos, à commencer par son fameux Concerto pour piano et orchestre dont la création au Festival de Strasbourg, avec Lucette Descaves, a provoqué un tollé dans le public, en 1951 (a-t-il jamais été exécuté au Concours international Reine Élisabeth ?). 

Ce sont les deux pour flûte (sans doute l’instrument préféré d’André Jolivet) que José-Daniel Castellon interprète ici. Ramassés, nerveux, résolus, ils ont quelque chose de magique, et il n’en faut pas davantage pour qu’ils emportent l’adhésion comme on dit, formule en l’occurrence des plus heureuses et des plus justes. Par contraste, ou presque, la flûte de Frank Martin, dans les deux pièces jouées par José-Daniel Castellon, sont plus intimistes, presque recueillies, mais comprennent aussi des mouvements virtuoses fort bien conçus, sans la moindre emphase. Et les écouter, l’esprit libre, procure beaucoup de plaisir.

Oui, décidément, André Jolivet et Frank Martin sont de grands compositeurs !

Jean-Baptiste Baronian

Son  8 – Livret 7  – Répertoire 9  – Interprétation 9  

 

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