La musique de chambre avec piano de Serge Taneïev

par

Serge TANEÏEV  (1856-1915) : Sonate pour violon et piano en la mineur–Trio pour piano, violon et violoncelle en ré–Quatuor avec piano en mi–Quintette avec piano en sol mineur. Alessandro DELJAVAN (piano), Daniela CAMMARANO (violon), Paolo CASTELLITTO (alto), Andrea AGOSTINELLI (violoncelle), Daniele ORLANDO (violon). DDD–2019–65’ 08’’, 45’ 27’’ et 47’ 04’’–Texte de présentation en anglais–Brilliant 95766

Grand pédagogue, professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, où il a succédé à Piotr Tchaïkovski et où Alexandre Scriabine et Serge Rachmaninov ont compté parmi ses élèves les plus illustres, Serge Taneïev appartient pour ainsi dire, tout comme son exact contemporain Alexandre Liadov, à la génération sacrifiée de la musique russe, celle opérant la transition entre le Groupe des Cinq et des compositeurs majeurs (et novateurs) tels qu’Igor Stravinski et Serge Prokofiev. Il est notamment l’auteur de quatre symphonies et de neuf quatuors à cordes qu’on a pu entendre au disque ces dernières décennies et qui montrent qu’il a un réel don de mélodiste, dans le sillage de Piotr Tchaïkovski, et qu’il est soucieux de la rigueur formelle, héritage de son admiration pour les maîtres allemands et autrichiens du XIXe siècle. Mais son œuvre la plus importante, et à coup sûr la plus remarquable, reste son unique opéra Oresteïa, achevé en 1894. Elle constitue une authentique tragédie grecque mise en musique, sans commune mesure (c’est le cas de le dire) avec les opéras féeriques et légendaires de Nicolas Rimski-Korsakov, et loin de tout nationalisme panslave si prisé à l’époque à Saint-Pétersbourg et à Moscou.

Le présent coffret réunit la musique de chambre avec piano de Serge Taneïev, soit quatre opus écrits entre 1902 et 1911, des dates qui correspondent à une période de sa vie durant laquelle il a peu composé et où, en revanche, son addiction à l’alcool a pris chez lui des proportions inquiétantes. On sent du reste dans divers passages de ces quatre opus une tension confinant au tourment, au désarroi, et c’est ce qui les rend attachants, quoiqu’on ne soit pas non plus en présence de joyaux de la musique de chambre. Serge Taneïev n’est pas Johannes Brahms, non, mais on aurait bien tort de le bouder.

Jean-Baptiste Baronian

Son 9 – Livret 6 – Répertoire 8 – Interprétation 8

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