La réouverture du Grand-Théâtre de Genève

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Après trois ans de travaux, le Grand-Théâtre de Genève rouvre ses portes, en arborant fièrement une allure rajeunie ! Que de vicissitudes a connu cet édifice, conçu par Jacques-Elisée Goss, depuis son inauguration le 2 octobre 1879 avec le Guillaume Tell de Rossini, l’incendie du bâtiment, le 1er mai 1951, durant une répétition de La Walkyrie, une reconstruction qui dura quatre ans et une réouverture, le 12 décembre 1962, avec un Don Carlos en français (fait insolite pour l’époque !). Durant les saisons 1997-98 et 2002-03, d’importants travaux ont été entrepris pour restaurer la cage de scène et les espaces publics puis les dessous-de-scène. Et comble de tout, le 19 décembre 2015, la façade a été vandalisée par des manifestants qui ont jeté un acide contre les statues ornant les portiques d’entrée.

En 2016, la titanesque entreprise de rénovation et d’agrandissement des espaces de travail (d’environ 1000 mètres carrés) a commencé sous la direction du Département des constructions et de l’aménagement de la Ville de Genève qui a fait appel à deux architectes, François Dulon (du bureau March) et Danilo Ceccarini (du bureau Linea). Pour trois saisons, les spectacles ont été déplacés à l’Opéra des Nations, théâtre éphémère qui avait été racheté à la Comédie-Française et qui, maintenant, va être démonté pour être livré à un acquéreur chinois. Durant ce temps-là, le bâtiment de la Place de Neuve a vu intervenir menuisiers, plâtriers, stucateurs, doreurs, tapissiers, brodeurs, peintres et sculpteurs qui ont œuvré d’arrache-pied pour effectuer la cure de rajeunissement ; sous les plâtrages rajoutés à la va-vite au début des années soixante, quelle n’a pas été leur surprise de découvrir des plafonds à caisson, des fresques et même un parquet d’origine que l’on avait recouvert d’une moquette. Dans les deux escaliers d’apparat, l’on retrouve les faux marbres, les parois en vert perlé, les pilastres dorés et les fresques de Léon Gaud qui ont été restaurées.  Le grand foyer a récupéré ses boiseries d’origine aux teintes beige et rose pâle ; et les peintures de plafond de Paul Milliet ont été nettoyées. Et les deux autres (le Foyer Rath et le Foyer lyrique) bénéficient de leurs couleurs et de leurs tapisseries d’origine.

L’intérieur de la salle contenant près de 1500 places n’a pas été remanié ; mais la voûte céleste voit son éclairage repensé et informatisé afin de redonner éclat à La Voie lactée imaginée par Jacek Stryjensky dans les années soixante, en recourant à des ampoules LED programmées en alternance pour faire tourner la galaxie sur elle-même. Dans les sous-sols, l’on a élaboré 800 mètres carrés de nouveaux espaces artistiques pour les studios de répétition, une salle des chœurs, une autre pour le ballet et des vestiaires. Mais les excavations ont révélé une nappe phréatique due à des infiltrations d’eau, ce qui a retardé de six mois l’inauguration du bâtiment.  En outre, ont été créés divers bars, dont un en sous-sol présentant un comptoir en laiton doré d’une longueur de 27 mètres, ainsi qu’une salle de réunion derrière la cage de scène, constituant un étage supplémentaire sous les toits. En conclusion, le coût des travaux se monte à environ 70 millions de francs suisses, émanant de fonds publics. Mais le Grand-Théâtre a retrouvé une seconde existence !

Paul-André Demierre

Crédits photographiques :  Fabien Bergerat

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