La violoniste Steinbacher amoureuse de Richard Strauss

par

Richard Strauss (1864-1949) : concerto pour violon et orchestre en ré mineur, op. 7 ; Romanze ; Little Scherzino, op. 3 n°4 ; Zueignung, op. 10 n°1 ; Traum durch die Dämmerung, op. 29 n°1 ; Cäcilie, op. 27 n°2 ; Wiegenlied, op. 41 n°1 ; From "Arabella" : "Aber der Richtige...". Arabella Steinbacher, violon, WDR Symphony Orchestra, Lawrence Foster, direction. SACD-2018-Notice en anglais et allemand. 60'35". Pentatone PTC 5186 653.

Peu à peu, une nouvelle tradition impose de donner un titre générique aux enregistrements d'artistes reconnus, comme Dolce Duello (Bartoli & Gabetta), Memory ou Perspectives (Grimaud), Intuition (Gautier Capuçon), Es war einmal (Wildman et comparses)... Pour ce CD, on se trouve quelque peu perdu sur la signification du Aber der Richtige en grands caractères sur la couverture, masquant presque le contenu consacré exclusivement à Richard Strauss. Mentalement, on balbutie maladroitement Mais ce qui est bon pour moi ... ou Mais ce qui est juste pour moi ... On pourrait ainsi penser à une distance que la violoniste allemande, Arabella Steinbacher, prend avec l'oeuvre qu'elle nous révèle. Comme les commentaires ne sont que bilingues allemand - anglais, ces trois mots allemands détachés de leur contexte nous laissent perplexes et la traduction anglaise reprise dans le livret But the right one for me ne nous aide guère. L'énigme ne sera résolue qu'à la dernière plage du récital. Nous y reviendrons.

Quelle que soit l'interprétation que l'on donne au titre, on se trouve face à un concerto (extrêmement) rarement joué et enregistré. Oeuvre d'un adolescent de quinze ans, les influences ne manquent pas ; on y devine du Mendelssohn, du Brahms, du Bruch mais aussi le Spohr de son 8e Concerto très en vogue à l'époque. Dès 1882, le jeune Strauss a "créé" son concerto en accompagnant lui-même au piano un cousin de son père, Benno Walter (premier violon de l'orchestre de Bavière de Louis II, rien à voir avec Bruno) qui tenait la partie soliste. La version orchestrale fut créée à Cologne en mars 1890. Très virtuose par moments, lyrique et charmeur à d'autres, le concerto retient l'intérêt de l'auditeur. C'est un concerto d'une demi-heure en trois mouvements, un allegro de structure bithématique traditionnelle, un lento avec un superbe duo entre le violon et le cor et un rondo prestissimo vertigineux. Peu d'artistes l'ont enregistré ; une version de référence reste celle de Ulf Hoelscher avec la Staatskapelle de Dresde et Rudolf Kempe en 1975. Si les deux violonistes rivalisent de virtuosité, la prise de son plus lointaine du violon de Steinbacher déforce quelque peu cette dernière.

L'autre demi-heure est consacrée à des adaptations d'oeuvres composées entre 1881 et 1899 pour d'autres instruments (le violoncelle ou la voix) ou orchestrées par le pianiste et compositeur allemand Peter von Wienhardt comme le scherzino des Pièces pour piano op. 3. On y trouve aussi la célèbre Berceuse op. 41.

L'anthologie se conclut par une réorchestration pour violon et orchestre du duo entre Arabella et sa soeur Zdenka tirée de l'opéra éponyme qui énonce le fameux Aber der Richtige... du titre de l'album. Le livret de l'opéra précise ainsi aber der Richtige - wenn's einen gibt für mich auf dieser Welt... que l'on peut traduire par Celui qui est le bon pour moi... Est-ce ainsi la déclaration d'amour d'Arabella Steinbacher ainsi prénommée par l'admiration de ses parents pour Richard Strauss et une invitation à l'écoute de cette belle heure de découvertes ?

Son 9 – Livret 8 – Répertoire 8 – Interprétation 9

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