L'autre Gounod !

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Gounod

Charles GOUNOD
(1818 - 1893)
La Veneziana, barcarolle en sol mineur CG 593 - Impromptu en sol majeur CG 580 - Marche funèbre d'une marionnette en ré mineur CG 583 - Six romances sans paroles CG 585, 589, 441a, 2, 359a, 581- Méditation sur le 1er prélude de J.S. Bach, CG 89b - Six préludes et fugues CG 587 - Sonate pour piano à quatre mains en mi bémol majeur CG 617
Roberto Prosseda (et Enrico Pompili), piano
2018- DDD-73'48"-Textes de présentation en anglais, français et italien - DECCA 481 6956

Le pianiste italien Roberta Prosseda est un inlassable découvreur de partitions oubliées. On se rappelle sa version de la reconstitution d'un troisième concerto pour piano (contemporain de celui pour violon) de Mendelssohn avec Riccardo Chailly chez l'éditeur Decca en 2009. En 2013, c'était déjà à Charles Gounod qu'il s'attaquait en enregistrant avec Howard Shelley l'entièreté de ses oeuvres pour piano avec pédalier et orchestre pour Hyperion. Le voilà maintenant devant une partie de ses partitions pour piano solo. Pas de doute : les oeuvres non lyriques de Gounod sortent de leur longue traversée du désert. On entend de plus en plus sa première symphonie, plus rarement sa seconde. Des chefs comme Michel Plasson, Sir Neville Mariner ou, plus récemment, Patrick Gallois s'y sont appliqués. Mais Charles Gounod, homme d'opéra, était aussi assidu des salons parisiens pour lesquels il a livré un grand nombre de charmantes petites pièces très mélodiques dont on a un échantillon ici. Les deux plus connues de celles-ci sont probablement l'Ave Maria, méditation sur le 1er prélude du Clavecin bien tempéré de Bach et la marche funèbre d'une marionnette. Le CD s'ouvre sur La Veneziana. En exergue de la partition, Gounod a mis la citation de Dante : Nessum maggiore dolore che ricordarsi del tempo felice nella miseria, Il n'y a pas de plus grande douleur que de se rappeler une période heureuse lorsqu'on est dans la misère. On prêtera aussi intérêt aux six préludes et fugues qui sont, en fait, des exercices préparatoires au Clavecin bien tempéré de Bach ; les fugues se limitent, en effet, à des inventions à deux voix. A l'écoute des six romances aux sous-titres évocateurs : la pervenche, le ruisseau, le soir, le calme, chanson de printemps, le lierre, on ne peut nier que l'on soit en présence d'un compositeur d'opéra. Avec la sonate pour piano à quatre mains en trois mouvements, on observe une tentative vers la plus grande forme et un beau quart d'heure de piano plus symphonique. Reconnaissons à Roberto Prosseda, formé à la grande école de piano d'Imola, le mérite de défendre ce répertoire bien oublié. Il a renoncé ici à l'habituel Steinway pour lui préférer un Fazioli F 278, mieux adapté à ces miniatures. Une belle notice due à la plume de Gérard Condé complète cet enregistrement publié sous l'égide du centre de musique romantique française (installé à Venise !). Gounod n'est ni Chopin, ni Mendelssohn, ni Liszt, mais sa musique pour piano est plaisante et rafraîchissante !
Jean-Marie André

Son 10 – Livret 9 –  Répertoire 7 – Interprétation 10

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