Le Journal

Opéra de Vienne : le "rideau de fer" de la saison

par

L'Opéra d'État de Vienne a présenté mardi son 27e « rideau de fer ». Pour la saison 2024/25, le jury a choisi l'œuvre « Bauchhöhle überliegen Staumauer » de l'artiste suisse Pipilotti Rist (née en 1962).

Avec son « rideau de fer » temporaire, l'association artistique « museum in progress » transforme depuis 1998 le mur coupe-feu de l'Opéra national de Vienne en espace d'exposition. Jusqu'à présent, des œuvres d'artistes tels que Kara Walker, Giulio Paolini, Cy Twombly, Tauba Auerbach, John Baldessari, Cao Fei et plus récemment Anselm Kiefer ont été exposées pendant une saison.

Les tableaux de 176 mètres carrés sont fixés au moyen d'aimants sur le mur coupe-feu de la scène de l'opéra et peuvent être admirés par les spectateurs pendant toute la saison.

"Die Gespenstersonate" d'Aribert Reimann, 40 ans

par

Die Gespenstersonate est un opéra en langue allemande de 1984 d'Aribert Reimann sur un livret du compositeur et d'Uwe Schendel d'après la pièce d'August Strindberg "La Sonate des fantômes". La pièce de Strindberg a également inspiré un autre opéra, Die Gespenstersonate de Julius Weismann (1930).

Première mondiale le 25 septembre 1984 par le Deutsche Oper Berlin au Hebbel Theater à Berlin avec la Junge Deutsche Philharmonie et l'Ensemble Modern.

Une vidéo de la première a été publiée sur DVD par Arthaus.

"Messe en mi mineur" d’Anton Bruckner, 155 ans

par

La Messe no 2 en mi mineur, WAB 27, d'Anton Bruckner est une messe pour chœur mixte à huit voix et instruments à vent.

L'évêque de Linz, Franz-Josef Rudigier, qui avait précédemment commandé à Bruckner une cantate festive en 1862 pour célébrer la pose de la première pierre de la nouvelle cathédrale, le Mariä-Empfängnis-Dom, lui demanda en 1866 de composer une messe pour célébrer l'achèvement de la construction de sa Chapelle votive. En raison du retard dans l'achèvement de la construction, la célébration de la dédicace n'eut finalement lieu que trois ans plus tard, le 25 septembre 1869 sur la Neuer Domplatz. Y participèrent la Liedertafel Frohsinn, les Sängerbund et Musikverein de Linz, et l'harmonie du régiment d'infanterie impérial Ernst Ludwig, Großherzog von Hessen und bei Rhein Nr. 141.
Le manuscrit et la partition dédicacée sont archivés à l'épiscopat de Linz.

Bruckner soumit l'œuvre à une profonde révision en 1869, 1876 et 1882. La deuxième version de 1882 a été exécutée le 4 octobre 1885, à l'ancienne cathédrale de Linz par la Liedertafel Frohsinn, les Sängerbund et Musikverein de Linz sous la baguette d'Adalbert Schreyer.

La deuxième version est légèrement -26 mesures- plus longue (753 au lieu de 727 mesures). Les différences entre les deux versions concernent tant le phrasé que l'accompagnement, surtout au cours du Credo et du Benedictus.
Comme pour les symphonies, la première version constitue le matériau brut et apparaît moins polissée que la version ultérieure, principalement au cours des transitions orchestrales. Les quelque 150 différences entre les deux versions sont décrites en détail à la fin de la partition de la version 1882.

 

Paul Badura-Skoda, 5 ans

par

Paul Badura-Skoda, né le  à Vienne et mort le  dans la même ville, est un pianiste autrichien.

Paul Badura-Skoda fut l'élève d'Edwin Fischer aussi bien dans le jeu que dans la réflexion sur les œuvres. Cherchant à interroger le morceau musical et à en retrouver l'esprit, il a mis en place un travail musicologique considérable. Ce représentant de l'école viennoise étudie avec brio le classicisme de Haydn, Mozart, Beethoven ou Schubert, qu'il essaie de restituer aussi fidèlement que possible. Ce travail se double d'une interprétation sur instruments d'époque, tout particulièrement sur un pianoforte Schantz, datant des dernières années de la vie de Mozart. Ainsi, lui doit-on des intégrales des sonates de Mozart, de Beethoven et de Schubert. Paul Badura-Skoda joue aussi sur instrument moderne, tout particulièrement sur un Bösendorfer, piano viennois s'il en est.

Soliste talentueux, Paul Badura-Skoda a joué avec Jörg Demus3 (son complice de piano à quatre mains), David Oïstrakh, Herbert von Karajan, Wilhelm Furtwängler, Karl Böhm, Charles Mackerras, John Eliot Gardiner et bien d'autres artistes de grande renommée. Il a été professeur des pianistes Anne Queffélec, Jean-Marc Luisada, Joël Rigal, Géry Moutier, Marie-Catherine Girod entre autres. Il a été membre du jury du Concours international de piano Paloma O'Shea en 1987.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence :

  • Les Sonates pour piano de Ludwig van Beethoven, Paris, Lattès, 1981
  • L'Art de jouer Mozart au piano, Eva et Paul Badura-Skoda, texte français de Christiane et Melchior de Lisle, Paris, Buchet/Chastel, 1995
  • L’Art de jouer Bach au clavier, texte français de Marc Vignal, Paris, Buchet/Chastel, 1999
  • Être musicien, Hermann, 2007

Au total, sa discographie compte plus de 200 enregistrements, dans un répertoire étendu comportant des compositeurs tels que Bach, Berg, Brahms, Chopin, Haydn, Liszt, Martin, Mozart, Ravel, Scarlatti, Schubert, Villa-Lobos.

Après des premiers enregistrements pour Westminster, dans les années 1950, il revint à l’enregistrement à la fin des années 1970 pour la société française Astrée, gravant des intégrales pionnières de Mozart, Beethoven et Schubert sur pianoforte d'époque. Il a aussi enregistré ces intégrales sur piano moderne.

Alicia de Larrocha, 15 ans

par

Alicia de Larrocha de la Calle est une pianiste espagnole, née le  à Barcelone où elle est morte le  à l'âge de 86 ans.

Sa mère et sa tante avaient été les élèves de Granados. Alicia commence l'étude du piano à l'âge de trois ans et prend ses premiers cours à quatre avec Franck Marshall à l'Académie Marshall. Elle étudie en parallèle la théorie musicale avec Riccardo Lamote de Grignon. Le répertoire espagnol la fascine bien vite, mais son professeur l'oblige à passer d’abord par les « classiques » - Bach, Mozart, Chopin, Schumann, et Liszt.
Elle se produit pour la première fois en solo à six ans, et, à onze, elle joue le Concerto dit du « Couronnement » K 537 de Mozart avec l'Orchestre Symphonique de Madrid.
En 1940, elle commence à effectuer des tournées, d’abord dans son pays natal, puis en Amérique latine. Mais sa carrière ne commence vraiment qu’en 1947, date à laquelle elle entame une tournée internationale, qui la mène en Europe, notamment en Angleterre (débuts londoniens en 1953), puis aux États-Unis et en Afrique du Sud : en 1955, elle joue avec l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles. Dès lors, elle assied vite sa notoriété dans le milieu musical international, et fréquente assidûment les studios d’enregistrements, et avec succès, puisqu’elle obtient durant sa carrière onze Grammies récompensant ses meilleurs disques.

Sa carrière est émaillée de rencontres artistiques de la plus haute importance, notamment avec Francis Poulenc, dont elle joue le Concerto pour deux pianos en duo avec le compositeur. Sa longue amitié avec le compositeur Federico Mompou, qui lui dédie plusieurs pièces, est aussi très significative.

Alicia de Larrocha était de petite taille, de même que l'étaient ses mains. Malgré cette particularité elle vient à bout des pièces les plus difficiles techniquement, grâce à une assise très haute au piano, et à des exercices spécifiques qui lui ont permis d’adapter son jeu à sa morphologie. Rares sont en effet les pianistes de haut niveau qui, comme Alicia de Larrocha, ne parviennent qu'avec difficulté à plaquer sur le clavier un accord de dixième, c'est-à-dire du do au mi de l'octave suivante. Ceci n'a pas empêché la pianiste de se spécialiser dans la musique espagnole qui contient des pièces ardues, à l'exemple de El Pelele de Granados, qu'elle exécute avec brio. Elle a dû toutefois se résigner à ne plus jouer Rachmaninov qui exige des mains plus grandes que les siennes.

Le répertoire d’Alicia de Larrocha compte beaucoup de compositeurs espagnols, dont Albéniz, Granados, Mompou, et Soler. Cependant, elle a aussi enregistré d'autres compositeurs comme Bach, Haendel, Haydn, Khatchatourian, Mozart et Scarlatti.

Alicia de Larrocha a remporté de nombreux prix tout au long de sa carrière, dont la Médaille d'or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l'Éducation, de la Culture et des Sports en 1982 et le Prix Prince des Asturies en 1994.
En 1995, Alicia de Larrocha est la première artiste espagnole à obtenir le Prix de la Musique de l'UNESCO. La Fondation Jacinto Guerrero de Madrid lui a décerné son Prix en 1999.

Alicia de Larrocha est décédée le  dans un hôpital de Barcelone. Sa santé n'avait cessé de décliner depuis 2007, à la suite d'une fracture de la hanche.

Luiz Costa, 145 ans

par

Luiz Costa, né à São Pedro de Farelães le 25 septembre 1879, mort le 7 janvier 1960 à Porto, est un pianiste et compositeur portugais.

Il a été formé au Portugal avec Bernardo Valentim Moreira de Sá et plus tard en Allemagne, de 1905 à 1907, avec Viana da Mota, Ferruccio Busoni, Bernhard Stavenhagen et Conrad Ansorge.
De retour dans sa ville natale de Porto, il s’est fait un nom en jouant les grandes sonates classiques de Beethoven et Schubert et a également joué de la musique de chambre aux côtés de musiciens tels que Pablo Casals, Alfred Cortot et Guilhermina Suggia.

Luiz Costa a également été professeur et directeur du Conservatoire de musique de Porto, où ses principes esthétiques et son éthique de travail assidue ont profondément marqué des générations d’étudiants. Homme très cultivé, il était proche des artistes portugais de son temps tels que les poètes Corrêa de Oliveira et Teixeira de Pascoaes, ainsi que le sculpteur Teixeira Lopes. En tant que président de l’Orpheon Portuense, il introduit au Portugal certains des plus grands noms musicaux du XXe siècle, dont Maurice Ravel en 1928.

Il a toujours trouvé dans la nature une source d'inspiration inépuisable que l'on retrouve dans les titres et les atmosphères de nombre de ses compositions pour piano.  Son amitié avec son maître Moreira de Sá, célèbre encyclopédiste et violoniste passionné de musique de chambre, lui laisse un goût pour la musique d'ensemble qui se traduira plus tard dans sa vie professionnelle de pianiste et de compositeur.  Ses œuvres de musique de chambre en sont la preuve.  C'était un musicien cultivé, intéressé par tous les arts et ami des sculpteurs, peintres, poètes et écrivains.  Il était captivé par la magie de la poésie.  Ainsi naissent des œuvres pour piano et chant qui ne sont pas étrangères au contexte de son œuvre.  Son dialecte musical est fluide et sans virages trop brusques.  Le lyrisme intime et la poésie sereine qui se dégagent de ses compositions ne sont pas à l’abri de l’élan, de la splendeur et du drame à de nombreuses reprises.

En fait, c’est l’influence du mouvement impressionniste lancé par les compositeurs français qui prévaut le plus dans la musique de Luiz Costa. Cependant, son œuvre de musique de chambre a mûri dans le néo-classicisme, comme on peut le voir dans son Trio Op. 15, composé en 1937.

Johann Strauss I, 175 ans

par

Johann Strauss, dit Johann Strauss père, est né à Vienne le 14 mars 1804 et mort en cette ville le 25 septembre 1849. Il est le père de Johann Strauss II.

Il est universellement connu pour ses valses, qu'il contribue à populariser avec Joseph Lanner, établissant ainsi les bases qui permettront à ses fils Johann II, Josef et Eduard I de poursuivre la dynastie musicale. Sa plus fameuse valse est probablement le Loreley-Rhein-Klänge. Son œuvre la plus célèbre est cependant la Marche de Radetzky (nommée en référence à Joseph Radetzky), jouée invariablement chaque année par l'Orchestre Philharmonique de Vienne lors du traditionnel Concert du Nouvel An.

Les parents de Strauss étaient taverniers. Son grand-père paternel est un Juif hongrois. Son père, Franz Strauss, meurt un an après sa naissance : son corps est retrouvé dans le Danube (la thèse du suicide est privilégiée). La même année, sa mère, née Barbara Dolemann, se remarie avec un certain Golder. Elle meurt d'une mauvaise fièvre lorsqu'il a 7 ans. Son beau-père cherche à le placer comme apprenti chez le relieur Johann Lichtscheidl. Tout en faisant son apprentissage, il prend des leçons de violon et de viole. Contrairement à ce qui a parfois été affirmé, il a terminé sa formation de relieur en 1822. Il étudie également la musique avec Johann Polischansky durant son apprentissage. Il obtient une place dans l'orchestre local de Michael Pamer qu'il quitte par la suite afin de rejoindre un quatuor à cordes populaire connu sous le nom de Quatuor Lanner formé par un potentiel rival Joseph Lanner et les frères Drahanek, Karl et Johann. Ce quatuor à cordes, qui jouait des valses viennoises et des danses rustiques allemandes, se transforme en un petit orchestre à cordes en 1832.

Il devient par la suite le chef de l'orchestre dans lequel il jouait. Grâce au succès populaire qu'il obtient lors du carnaval de 1824, Strauss est bientôt placé aux commandes d'un second orchestre, plus petit, formé en raison du succès du premier. S'inspirant du succès de Lanner, et réalisant qu'il pouvait ainsi mettre fin à ses problèmes financiers, il décide en 1825 de former son propre ensemble et commence à écrire de la musique pour celui-ci. Ce faisant, il se place en rival de Lanner mais sans conséquences sérieuses, la compétition en musique étant alors très productive pour le développement de la valse et autres danses à Vienne. Il devient bientôt l'un des compositeurs de danses les plus célèbres et les plus appréciés à Vienne et part en tournée avec son ensemble en Allemagne, aux Pays-Bas, Belgique, Angleterre, et Écosse.

Lors d'un voyage en France en 1837, il entend un quadrille et commence à en composer lui-même. Il lui revient d'avoir introduit cette danse en Autriche lors du carnaval de 1840 à partir duquel elle devient célèbre. Ce fut particulièrement ce voyage qui créa la popularité de Strauss auprès de différents milieux sociaux, popularité qui lui permit de mener à bien son projet ambitieux de jouer sa musique en Angleterre à l'occasion du couronnement de la reine Victoria en 1838.

Il se marie avec Maria Anna Streim en 1825 dans l'église de la paroisse de Liechtenthal à Vienne. Son mariage est relativement instable en raison de ses absences prolongées loin de sa famille lors des fréquentes tournées à l'étranger.

En 1834, il prend une maîtresse, Émilie Trambusch, avec laquelle il aura huit enfants. La décision de son père d'interdire formellement à ses enfants de prendre des cours de musique a probablement marqué les premières compositions de Johann fils. Avec la déclaration de paternité de Johann père d'une fille qu'il a eue avec Émilie, Maria Anna demande le divorce en 1844 et permet à Johann fils de poursuivre activement une carrière musicale.

En dépit de ses problèmes familiaux, il effectue de nombreuses tournées dans les îles britanniques et est toujours prêt à écrire de nouvelles pièces pour de nombreuses organisations de charité. Ses valses sont inspirées des danses rurales en trois temps avec une courte introduction sans véritable rapport avec la structure précédente puis généralement avec une coda courte et une fin agitato. Son fils Johann, en développant la structure de la valse, utilisa plus d'instruments que son père. Bien que ne possédant pas un talent musical aussi riche que celui de son fils aîné, il fut parmi les premiers compositeurs avec Joseph Lanner à écrire des pièces avec des titres individuels. En rendant ainsi ces dernières immédiatement reconnaissables, il encourageait l'enthousiasme musical et aidait à la diffusion des partitions. Pendant ses représentations à la salle de bal Sperl à Vienne où il se fit un nom, il défendit activement le principe de collecter une somme fixe comme droit d'entrée.

Johann Strauss II a souvent joué les œuvres de son père et déclaré ouvertement son admiration. Leur rivalité n'était cependant pas un secret à Vienne, propos qu'alimentait la presse d'alors. Johann Strauss I refusa de jouer au Casino Dommayer qui avait vu les débuts de son fils, gênant ainsi sa carrière. Malgré tout, Strauss II relégua son père à la seconde place en termes de popularité du répertoire classique.

Strauss meurt à Vienne en 1849 de la scarlatine.

Gabriel Venzago à Mayence

par

Gabriel Venzago sera le prochain chef d'orchestre de la Philharmonie de Mayence et le prochain directeur général du Théâtre de Mayence.

Actuellement à la Südwestdeutsche Philharmonie Konstanz, Gabriel Venzago, 34 ans, est le fils de Mario Venzago, ancien directeur musical à Indiannapolis, Berne et Göteborg.

Il prendra ses fonctions à Mayence l'année prochaine.

"La Dona del lago" de Rossini, 205 ans

par

La donna del lago (français : La Dame du lac) est un opera seria en deux actes de Rossini, sur un livret d'Andrea Leone Tottola d'après le poème de Walter Scott « The Lady of the Lake » (1810). Il est créé le 24 septembre 1819 au Teatro San Carlo à Naples.

Première à Paris, au Théâtre Italien en 1824, première américaine en 1829, première reprise moderne au Mai musical florentin en 1958 sous la direction de Tullio Serafin avec Rosanna Carteri et Cesare Valletti.

C’est le premier livret d’opéra qui s’inspire de Walter Scott, et il sera suivi de bien d’autres, notamment Lucia di Lammermoor de Donizetti (1835). Rossini le reçoit en traduction française, car il est initialement destiné à Spontini, mais ce dernier quittant la France pour rejoindre la Cour du roi de Prusse, le livret échoit à Rossini. Sous l’influence de l’écrivain, mais aussi de son temps, Rossini aborde l’univers romantique, délaissant l’univers du XVIIIe siècle de ses partitions précédentes, et notamment d’Ermione, donné six mois auparavant, qui fut un échec cuisant, et qui reprenait le thème antique d’Andromaque dans une musique inspirée de Gluck et de Métastase. Il fallait donc tenter autre chose.

L’action se déroule en Écosse, dans les Highlands, à Stirling, en 1530, à l’époque de la révolte des montagnards des Highlands contre le jeune Roi Jacques V d'Écosse (James, Giacomo) (1512-1542), qui a donc ici 18 ans.

L’opéra exalte à la fois la nature, la virtuosité, les sentiments et la beauté, dans une atmosphère champêtre, avec de brillants claquements d’oriflammes, des chants religieux et guerriers, inhabituels chez Rossini, et un côté couleur locale, lui aussi nouveau. Autant dire que les mises en scène modernes sans poésie, qui répugnent à représenter la nature, sont assez éloignées de l’esprit de Walter Scott et de Rossini.

La musique est gracieuse, faisant parfois penser au Freischütz de Weber créé moins de deux ans plus tard (1821), fort expressive, et pourtant, après la période de sa création, elle ne fut reprise qu’en 1958, au Mai musical florentin, disparaissant comme tous les opera seria de Rossini de sa période napolitaine. Pour Kobbé, c’est pourtant « l’une des partitions lyriques les plus attrayantes qu’ait écrit Rossini », mais trois facteurs expliquent pour lui cet oubli de plus d’un siècle : le rôle d'Elena, écrit pour Isabella Colbran, comporte une aria finale diaboliquement difficile, que la plupart des sopranos et des mezzos ne peuvent assumer (à Florence, elle fut en partie omise). Les deux rôles de ténor sont hérissés de notes élevées, également hors de portée de l’immense majorité des chanteurs. Enfin, si la musique est belle, les héros ne peuvent rivaliser avec Norma, Lucia, et les héroïnes de la première période de Verdi.

Christopher Hogwood, 10 ans

par

Après plusieurs mois de maladie, le claveciniste, chef d'orchestre et musicologue anglais Christopher Hogwood est décédé le 24 septembre 2014, deux semaines après son 73e anniversaire, à son domicile de Cambridge.

Né en 1941 à Nottingham, Hogwood a étudié la philologie classique et la musicologie à Cambridge, ainsi que le clavecin avec Rafael Puyana et Gustav Leonhardt.

Il a commencé sa carrière musicale comme claveciniste de l'Academy of St. Martin-in-the-Fields, tout en étant cofondateur de l'Early Music Consort of London.

En 1973, Christopher Hogwood a fondé l'Academy of Ancient Music, le premier orchestre baroque britannique, avec lequel il a enregistré plus de 200 disques, dont la première intégrale des symphonies de W. A. Mozart selon les principes de la pratique d'exécution historiquement informée.
De 1986 à 2001, il a également dirigé la Boston Handel and Haydn Society, fondée en 1815, et a ramené cet ensemble riche en traditions à ses origines grâce à l'approche d'interprétation historiquement informée.

Après 33 ans, Christopher Hogwood s'est retiré en 2006 de la direction de l'Academy of Ancient Music pour se consacrer à la recherche musicologique et à une activité de chef d'orchestre dans le monde entier, couvrant la musique jusqu'au 20e siècle.