Le Journal

Mihoslav Kabelac, 45 ans

par

Miloslav Kabeláč est un compositeur et chef d'orchestre tchécoslovaque, né le 1er août 1908 à Prague et mort le 17 septembre 1979 à Prague.

Miloslav Kabeláč fait ses études au conservatoire de Prague à partir de 1928 avec Karel Boleslav Jirák (composition) et Pavel Dědeček (direction d'orchestre). Parmi ses autres professeurs, on trouve Alois Hába et Erwin Schulhoff.
Il devient chef de l'orchestre de la radio de la capitale tchèque de 1932 à 1954 (sauf pendant la guerre).
En 1939, il compose la cantate Neustupujte ! pour protester contre l'occupation allemande.
Tout en participant activement au renouveau de la musique tchèque contemporaine, il enseigne au conservatoire à partir de 1958 à des élèves comme Zdeněk Lukáš, Jan Málek, Jaroslav Krček, Jan Slimáček ou Ivana Loudová. Kabeláč a été un membre actif d'organisations telles que Umělecká beseda et la Fédération des compositeurs tchécoslovaques.

Ses recherches musicales le portent vers la musique électronique, dont il devient un porte-drapeau en Europe. Ses compositions comportent également de larges parties consacrées aux percussions.

Charles Tomlinson Griffes, 140 ans

par

Charles Tomlinson Griffes (Elmira,  – New York, ) est un compositeur américain de musique pour piano, de musique de chambre et de musique vocale.

Après des études de piano et d'orgue dans sa ville natale, dans l'État de New York, il part pour Berlin pour un séjour de quatre années pour étudier avec Engelbert Humperdinck au Conservatoire Stern. À son retour aux États-Unis, il commence à enseigner dans une école de garçons à Tarrytown, près de New York, poste qu'il conserve jusqu'à sa mort 13 ans plus tard.

Son génie musical et son homosexualité déclarée ne peuvent s'exprimer à Tarrytown. La Première Guerre mondiale le coupe de ses amis européens. Cet isolement le pousse à travailler dur pour être reconnu comme musicien. Il meurt de la grippe à 35 ans et est enterré à Bloomfield, dans le New Jersey.

Griffes est le plus connu des compositeurs américains impressionnistes. Il était fasciné par le son exotique et mystérieux des impressionnistes français et il fut très influencé par eux lors de son séjour en Europe. Il étudia aussi les compositions des auteurs russes de son temps comme Scriabine dont l'influence est visible dans on œuvre.

Ses œuvres les plus connues sont son fameux White Peacock, pour piano (1915, orchestré en 1919) ; sa Sonate pour piano (1917-18, révisée en 1919) ; un poème symphonique The Pleasure Dome of Kubla Khan, d'après le fragment de Coleridge (1912, révisé en 1916), et le Poème pour flûte et orchestre (1918). il écrivit aussi de nombreuses pièces pour piano, ensembles de chambre, et pour voix. La quantité et la qualité de sa musique sont impressionnants en regard de la brièveté de sa vie et de son emploi à temps plein d'enseignant ; nombre de ses œuvres sont encore jouées. Son Sho-jo (1917), non publié, une pantomime en un acte basée sur des thèmes japonais, est une des premières œuvres américaines inspirées par la musique du Japon.

Lukas Osiander, 420 ans

par

Lucas Osiander (l’Ancien) ( à Nuremberg -  à Stuttgart) est un pasteur allemand de l’Église protestante luthérienne en Wurtemberg et un compositeur de musique d’église luthérienne. Fils du réformateur Andreas Osiander il est le père de Lucas Osiander le Jeune.

Encouragé à l’étude à partir de son plus jeune âge par ses parents, le jeune Osiander fréquente l’école à Nuremberg avant de poursuivre ses études à l’Université de Königsberg en Prusse orientale. En 1555 il devient diacre à Göppingen, en 1558 il devient pasteur et surintendant à Blaubeuren, et en 1563 pasteur de la Leonhardskirche à Stuttgart.

En 1569, il est nommé aumônier de la Cour royale du Duché de Wurtemberg et devient membre du Consistoire de l’Église. La même année, il est crédité comme co-éditeur du Psautier de Sigmund Hemmel. Il participe à la préparation de la formule luthérienne de Concorde et, avec Jakob Heerbrand, publie la première traduction latine. En 1583, il passe son doctorat en théologie à l’Université de Tübingen. Il devient abbé (surintendant) et prélat du couvent d’Adelberg en 1596. Démis de ce poste en 1598, il exerce un court moment comme prédicateur à Esslingen am Neckar, mais retourne à Adelberg après un an.

Tout aussi versé en théologie et en musique, Lucas Osiander commence le premier hymnaire du Wurtemberg de 1583 et met en musique le corps principal des hymnes religieux pour en faire en 1586 un recueil de chants qui donne à la communauté laïque la possibilité de se joindre à la musique figurative (un type de chant polyphonique). Le texte de l’hymne luthérien, Gott Vater, Herr, wir danken dir (Evangelisches Gesangbuch, Édition régionale du Würtemberg, Nr. 557) provient probablement de lui.

Le commentaire biblique de Lucas Osiander est incorporé à la Bible dite d’Osiander qui reproduit sans changements la traduction de Martin Luther ; elle est publiée par la maison Stern à Lünebourg à partir de 1650.

Concours international de musique de l'ARD, le palmarès

par

Le 73e Concours international de musique de l'ARD à Munich a dévoilé ses lauréats. Cette année, la compétition s'est déroulée dans les catégories quintette à vent, chant, hautbois et violoncelle.

Lors de la finale dans la catégorie violoncelle, c'est la Russe Maria Zaitseva qui a remporté le Premier Prix. Le 2e Prix a été remporté par Krzysztof Michalski de Pologne et le 3e par Alexander Warenberg des Pays-Bas.
Dans la catégorie des quintettes à vent, c'est le quintette Alinde de République tchèque qui a remporté le 1er Prix, devant le quintette Pacific, qui a également reçu le Prix du Public. Le Nevsky Wind Quintet de Russie et le SenArts Wind Quintet d'Espagne ont tous deux remporté un 3e Prix.
Dans le domaine du chant, le Sud-Coréen Samueol Park (baryton) a remporté le 1er Prix. Le 2e Prix a été attribué à Aurora Marthens (soprano) de Finlande, qui a également reçu le Prix du Public. Le 3e Prix a été décerné à Mira Alkhovik (soprano) de Russie.
Dans la catégorie hautbois, le Russe Leonid Surkov a remporté le 1er Prix devant le Français Ilyes Boufadden Adloff. Le 3e Prix est partagé entre Omer-Itzhak Posti d'Israël et João Miguel Moreira da Silva du Portugal, qui a également reçu le Prix du Public.

Avec 726 participants de 58 pays, le concours a battu un nouveau record. Après la présélection, 312 musiciens ont été admis.

Le concours de musique ARD est organisé chaque année depuis 1952 et est l'un des plus grands concours de musique internationaux. Chaque année, le concours met l'accent sur différentes disciplines instrumentales ou sur le chant. La liste des anciens lauréats est longue ; ont été récompensés, entre autres, Mitsuko Uchida, Francisco Araiza, Thomas Quasthoff, Yuri Bashmet, Christian Tetzlaff, Heinz Holliger, Maurice André, Sharon Kam et Peter Sadlo.

 

Première mondiale à Malaga

par

Ópera Estudio de Málaga tire de l'oubli l'opéra El gitano por amor, composé en 1829 par le compositeur et chanteur sévillan Manuel García, et jamais joué auparavant.

Manuel García, l'interprète préféré de Rossini, combine dans El gitano por amor les tendances compositionnelles les plus en vogue de son époque, telles que le bel canto et le grand opéra français, sans oublier ses racines andalouses en incluant dans ses pages des tonadillas, des airs et des seguidillas. Le manuscrit du livret, basé sur "La gitanilla" de Miguel de Cervantes, se trouve à la Bibliothèque nationale de Paris et présente la particularité d'être entièrement écrit en espagnol.

Karl Dönch, 30 ans

par

Karl Dönch (né le 8 janvier 1915 à Hagen ; † 16 septembre 1994 à Vienne) est un chanteur d'opéra (baryton-basse) et acteur austro-allemand. Il a chanté à partir de 1947 à l'Opéra national de Vienne ainsi qu'au Festival de Salzbourg à partir de 1951. De 1973 à 1987, il a été directeur du Volksoper de Vienne.

Karl Dönch a étudié au conservatoire de Dresde (musique, chant, théâtre).
En 1936, il obtient son premier engagement à Görlitz, où il fait ses débuts dans le rôle du Dr Bartolo dans Le Barbier de Séville. En 1937, il chante pour la première fois à Görlitz le rôle de Beckmesser dans l'opéra de Richard Wagner Die Meistersinger von Nürnberg, qui deviendra plus tard l'un de ses rôles phares, avec lequel il connaîtra également un grand succès international. Après des engagements à Reichenberg (1939-1941) et à Bonn (1942-1944), on le retrouve au Salzburger Landestheater, où il fut chanteur et chef de plateau de l'opéra de 1945 à 1947. Parallèlement, il a dirigé une classe d'opéra au Mozarteum de 1945 à 1947.

En 1946, il participe pour la première fois au Festival de Salzbourg, dans le rôle du Cousin mince dans Jedermann de Hugo von Hofmannsthal. En 1947, il commence à travailler pour l'Opéra d'État de Vienne. Pendant plus de 20 ans, il participe en alternance aux festivals de Salzbourg et de Bregenz.

De 1981 à sa mort, Dönch a été marié à la chanteuse d'opéra et d'opérette Sonja Mottl. Dönch est enterré au cimetière central de Vienne.

 

Sven-Erik Bäck, 105 ans

par

Sven-Erik Bäck (Stockholm, 16 septembre 1919 - 10 janvier 1994) était un compositeur, professeur de musique, chef d'orchestre et violoniste suédois.

Il étudie le violon à la Kungliga Musikhögskolan de Stockholm avec Charles Barkel de 1938 à 1943, et la composition avec Hilding Rosenberg de 1940 à 1945. Il poursuit ses études à l'Académie de Musique de Bâle, en 1948 avec Ina Lohr et, en 1950, avec August Wenzinger, ainsi qu'à Rome avec Goffredo Petrassi de 1951 à 1952.

De 1940 à 1944, il joue dans le quatuor Kyndel et de 1944 à 1953 dans le quatuor Barkel en tant que violoniste.
À partir de 1953, il fut chef d'orchestre de chambre de la radio suédoise et également directeur des études de la Fondation Edsberg Music Institute.
De plus, il était membre de l'Académie royale de musique suédoise depuis 1961.

Il a écrit une œuvre considérable, comprenant des opéras, de la musique de ballet, des oratorios, des cantates, des chansons et des œuvres pour orchestre, orchestre d'harmonie, ainsi que des œuvres pour la scène, la télévision, la radio et le cinéma.

Louis Mayeur, 130 ans

par

Louis Adolphe Mayeur (1837 - 1894), était un clarinettiste, saxophoniste, compositeur et chef d'orchestre d'origine belge qui a passé la plupart de sa carrière musicale en France.

Il entre dans l'Armée Franïçaise en 1855 comme clarinettiste pour les 2e Régiment des Cuirassiers de la Garde Impériale.
Elevé de Klosé au Conservatoire de Paris, il gagne son Premier Prix en clarinette en 1860. Membre du cercle intime d'Adolphe Sax (avec son ami Jules Demersseman et le violoniste et compositeur, Jean-Baptiste Singelée, dont le Quatuor pour Saxophones est crée avec Mayeur sous la direction de Demersseman), Mayeur apprend le saxophone et devient rapidement le saxophone soliste avec l'Opéra de La Monnaie à Bruxelles. Sax lui commanda une certaine nombre d'ouvres, toutes éditées par la Maison Sax et utilisées dans la classe de saxophone au Conservatoire de Paris.

Vers 1871, Mayeur est également, nommé saxophone solo de l'Opéra de Paris, interprétant les parties pour saxophone dans les opéras et ballets d'Halévy, Meyerbeer, Thomas, Saint-Saens, Massenet, Délibes et Paladlihe. Il semble également que pendant cette période que la relation entre Mayeur et Sax devient difficile, car Mayeur fait édité ses ouvres par la maison Buffet-Crampon, un des ennemis de Sax et un des protagonistes de nombreux proces qui mènent Sax à la faillite.

La santé déclinante de Mayeur devient une problème, et il meurt subitement en 1894.

Claude Paul Taffanel, 180 ans

par

Claude Paul Taffanel, né le  à Bordeaux et mort le  à Paris, est considéré comme le fondateur de l'école française de flûte traversière qui domina la discipline de cet instrument tant au plan de la composition que de l'interprétation pendant la majeure partie du XXe siècle. Il était également chef d'orchestre.

Claude Paul Taffanel est le fils de Simon Jules Taffanel et d'Anne Bessière.
Il reçoit dès l'âge de neuf ans, ses premières leçons de flûte de son père, professeur de musique à La Rochelle. L'année suivante, il donne son premier concert.
En 1858, il monte à Paris où il étudie au Conservatoire de Paris sous la direction de Louis Dorus Il remporte son diplôme de flûte en 1860 (l'un des premiers sur un modèle Boehm), puis d'harmonie deux ans plus tard (classe de Reber) et de fugue en 18654 (avec Massenet comme condisciple). À seize ans, il remporte son premier prix de concours d'interprétation, et de là mène trente ans durant une carrière de soliste d'abord à l'Opéra-Comique (1862-1864)4, puis à l'Orchestre des concerts du Conservatoire (1865-1892)5. Il se produit également dans toute l'Europe.
Appartenant à la même génération de musiciens que Dvorák, Bartók et Sibelius, il cherche, comme eux, à promouvoir un style national en musique et se fait un activiste du style musical français.

En 1879, il créa la Société de musique de chambre pour instruments à vent, active jusqu’à 1892, et remit ainsi à la mode les compositions pour instruments à vent de musiciens de la fin du XVIIIe siècle, tels que Mozart. La position jusque-là dominante du piano et des cordes dans la musique de chambre commença, de ce moment, à régresser.

En 1890, jusque 1903, il dirige l'orchestre du Conservatoire et la même année, troisième chef puis premier chef de l'Opéra en 1893. En 1893, il est nommé professeur de flûte au Conservatoire, à la succession d’Henri Altès et y modernise le répertoire -notamment en y réintroduisant les compositeurs étrangers ou anciens tels que Jean-Sébastien Bach et les méthodes pédagogiques.
Il enseigne à ses étudiants à jouer doucement, d'un jeu régulier, sobre et dépouillé, avec un bon contrôle des vibratos. En 1897, il obtient la direction des orchestres, tout en continuant à enseigner la flûte.

Il laisse inachevée une grande méthode de flûte, "17 Grands Exercices journaliers de mécanisme", complétée après sa mort par deux de ses élèves, Louis Fleury et Philippe Gaubert1 (il dédie à ce dernier son Andante pastoral et Scherzettino). Cette méthode fait encore autorité de nos jours et est une des plus connues de par le monde pour la découverte de l'instrument. Il est considéré comme le père de l'école française de flûte, initié par Dorus. Il est surnommé le « Paganini de la flûte » (L'Europe artistique, 1895). Citons également d'autres élèves, Gaston Blanchart, André Lespès, Marcel Moyse et Georges Barrère.

Victime d'une attaque en 1901, Taffanel meurt à Paris en 1908, écrasé par le surmenage. Ayant abandonné la plupart de ses fonctions officielles, il tint cependant à conserver sa classe de flûte au Conservatoire jusqu'à sa mort. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

 

Francisco Correa de Arrauxo, 440 ans

par

Francisco Correa de Arauxo de Acebedo (né vers le  à Séville et mort en octobre ou novembre 1654 à Ségovie) est un organiste compositeur espagnol à une période charnière entre la Renaissance et le Baroque.

Fils d'un ouvrier, il occupe son premier poste d'organiste à l'église San Salvador de Séville à partir de 1599. Il est ordonné prêtre en 1608. Des mesquineries et chicaneries durables dont il est victime de la part des ecclésiastiques de son entourage le poussent à tenter de trouver, de façon réitérée, un poste dans plusieurs cathédrales espagnoles. C'est seulement en 1636 qu'il obtient enfin un poste à la cathédrale de Jaén. Quelques années plus tard, en 1640, il réussit à améliorer sa situation comme organiste de la cathédrale de Ségovie, ville où il meurt en 1654.

L'importance de Correa de Arauxo en matière d'histoire de la musique, tient à la méthode d'orgue, "Facultad Organica", qu'il rédige et qui est imprimée en 1626 à Alcalá de Henares. Elle inclut non seulement 69 tientos dont certains pour registres partiels, une particularité des orgues espagnoles, des tablatures et des transcriptions de chants liturgiques mais également une introduction détaillée au toucher de l'orgue qui donne des indications tout à fait exclusives sur l'interprétation organistique de son époque. Hormis cette "Facultad Organica", il ne subsiste aucune autre œuvre de ce compositeur.

Sa musique est fortement marquée au sceau de la tradition contrapuntique et harmonique de la Renaissance, mais son animation rythmique et ses mélismes appelant la virtuosité sont également typiques de la musique hispanique de cette époque.