Le Journal

"Guillaume Tell" de Gioachino Rossini, 95 ans

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Guillaume Tell est un opéra en quatre actes sur un livret d'Étienne de Jouy et Hippolyte Bis, aidés d'Armand Marrast et d'Adolphe Crémieux, d'après la pièce de Friedrich von Schiller, elle-même inspirée de la légende suisse. L'oeuvre fut jouée pour la première fois le 3 août 1829 dans la salle Le Peletier à l'Opéra de Paris, en langue française.
Traduit en italien sous le titre de Guglielmo Tell, la première est donnée à Lucques en 1831, les quatre actes réduits à trois. La première londonienne, en langue anglaise, a lieu au Drury Lane en 1830.

C'est le dernier opéra de Rossini. Il s'éloigne de la tradition du bel canto proprement rossinienne pour se tourner vers une grande fresque historique inspirée de Schiller plutôt que de s'inscrire, comme on aurait pu s'y attendre, dans la veine du grand opéra à la française qu'illustrent alors Meyerbeer, Halévy ou Auber. Si l'ouverture est sans nul doute la pièce la plus célèbre de cet opéra et, pour cette raison, souvent donnée seule dans le cadre de concerts, l'ensemble de l'oeuvre a connu de nombreuses représentations un peu partout dans le monde, et encore aujourd'hui, notamment dans sa version originale en français.

Diverses raisons, dont notamment la longueur de l'opéra -plus de 4 heures sans coupure-  ont conduit à un inégal succès de cette oeuvre au fil des ans et des lieux. Et l'opéra a souvent subi d'importantes coupures pour être monté.

Dans certains pays, ce sont les préoccupations politiques qui ont ralenti le succès de l'opéra. Ainsi, en Italie, l'œuvre, qui valorisait une figure révolutionnaire contre l'autorité, rencontra des difficultés auprès de la censure italienne. Le Teatro San Carlo eut l'opéra à son affiche en 1833, ensuite l'opéra fut ignoré pendant 50 ans. La première série de représentations à Venise, au Teatro La Fenice, ne débute qu'en 1856.

Guillaume Tell a eu davantage de succès à l'opéra de la Cour de Vienne qui en donna jusqu'à 422 représentations entre les années 1830 et 1907.

Sous le nom de Hofer, ou le Tell du Tyrol, l'opéra fut joué pour la première fois au Drury Lane de Londres le 1er mai 1830, en langue anglaise, puis en 1839 chez Her Majesty's en italien et enfin à Covent Garden, en français, en 1845.

À New York, Guillaume Tell fut présenté pour la première fois le 19 septembre 1831. Il fut repris au Metropolitan Opera en 1923 avec Rosa Ponselle et Giovanni Martinelli, pour n'y revenir qu'en 2016. Dans les années 1930, Guillaume Tell fut également repris à Milan, Rome, Paris, Berlin et Florence.

Si le public parisien eut l'occasion d'applaudir 911 fois l'oeuvre représentée sur scène jusqu'en 1932, elle connut ensuite une longue éclipse jusqu'en 2003, où l'Opéra de Paris la donne à nouveau.

Le festival Rossini de Pesaro le donne pour la première fois en août 1995.

 

August Enna, 85 ans

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Enna, August (Emil), éminent compositeur danois, est né à Nakskov, le 13 mai 1859  et mort à Copenhague, le 3 août 1939.
Son grand-père, un soldat italien de l'armée napoléonienne, épousa une Allemande et s'installa au Danemark.
Enfant, Enna est emmené à Copenhague où il apprend à jouer du piano et du violon. Il reçoit un enseignement théorique sporadique et devient plus tard membre d'un orchestre itinérant avec lequel il joue en Finlande (1880).
À son retour à Copenhague, il enseigne le piano et joue pour des danseurs. En 1883, il devient directeur musical de la Werner's Theatrical Soc. et écrit sa première œuvre scénique, A Village Tale, qu'il produit la même année.
Après ces expériences pratiques, il commence à étudier sérieusement. Il prend des cours avec Schjorring (violon), Matthesson (orgue) et Rasmussen (composition) et publie bientôt un certain nombre de pièces pour piano, qui attirent l'attention de Niels Gade, qui use de son influence pour obtenir une bourse de voyage pour Enna.
Enna peut ainsi étudier en Allemagne (1888-89) et acquérir une maîtrise complète de l'écriture instrumentale et vocale. Il suit l'école romantique allemande, influencé principalement par le type d'opéra de Weber, et par Grieg et Gade dans l'utilisation de la couleur locale.
Le premier produit de cette période est son œuvre la plus réussie, l'opéra Heksen (La Sorcière), produit à Copenhague (24 janvier 1892), puis en Allemagne.

Giovanni Battista Martini, 240 ans

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Giovanni Battista Martini nommé aussi Padre Martini (né le 24 avril 1706 à Bologne en Émilie-Romagne et mort 3 août 1784 dans la même ville) est un compositeur et théoricien de la musique italien.

Homme très cultivé, il était chanteur, claveciniste, violoniste, théologien, prêtre, mathématicien et philosophe. Doté d'un très bon caractère, il se lia d'amitié avec le Pape Clément XIV, Frédéric-Guillaume II de Prusse... mais aussi avec Mozart jeune, qui l'estimera toute sa vie. Il a également fait la connaissance du compositeur bohémien Václav Pichl, maître de chapelle auprès de l'Archiduc Ferdinand d'Este, gouverneur autrichien de la Lombardie.

Parmi ses disciples : le violoniste italien Giovanni Battista Cirri, Stanislao Mattei.

Ses relations lui firent parvenir de nombreux documents, à tel point que sa bibliothèque comptait 17 000 ouvrages.

Il constitue à Bologne une galerie de portraits de musiciens célèbres. Le compositeur et organiste Johann Christian Bach, alors à Londres, demande un portrait de lui à Thomas Gainsborough pour son maître. Une deuxième version vers 1776 a probablement été peinte pour Bach lui-même.

Il ne composa que 3 oratorios, des sonates (dans un style contrapuntique proche de JS Bach), quelques opéras bouffe, une messe, un Requiem, ainsi que diverses œuvres religieuses, notamment des répons des ténèbres de la semaine sainte.

Ses contributions les plus notoires à la musique se trouvent dans ses écrits : le traité du contrepoint « L'esemplare o sia saggio fondamentale pratico di contrapunto sopra il canto fermo » (Bologne 1774, 2 tomes) ; l'ouvrage historiographique « Storia della musica » (Bologne 1757-1781, 3 tomes), bien qu'inachevé et manquant d'un plan d'ensemble, fut plus tard une source importante pour de nombreux historiens de la musique.

Marguerite Béclard d'Harcourt, 60 ans

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Marguerite Béclard d'Harcourt, née Marguerite Béclard le  à Paris et morte le  à Paris aussi, est une compositrice et musicologue française.

Son père, Jules Béclard, est doyen de la Faculté de Médecine et officier de la Légion d'honneur. En 1908, elle épouse Raoul d'Harcourt.

Elle fait ses études à la Schola Cantorum de Paris auprès d'Abel Decaux, Vincent d'Indy et Maurice Emmanuel. À l'exemple d'Emmanuel, elle utilise les ressources du langage modal et orchestre le Poème du Rhône, œuvre posthume d'Emmanuel, ainsi que le Mariage de Moussorgski.

Ses travaux en musicologie concernent la musique péruvienne des Incas et le folklore franco-canadien.

Philipp Ahmann, de la MDR à la WDR

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Le chef principal du chœur de la radio MDR, Philipp Ahmann, va occuper la même fonction au sein du chœur de la radio WDR. L'artiste, né en 1974 à Rheine, prendra ses fonctions à Cologne au début de la saison 2025/26, a annoncé mercredi la Westdeutsche Rundfunk. Son contrat est d'abord de trois ans. Il succède à Nicolas Fink, qui occupe le poste depuis 2020.

Ahmann dirige le MDR Rundfunkchor depuis 2020, après avoir été pendant dix ans, entre autres, chef principal du chœur de la NDR. Il entretient une collaboration de longue date avec le WDR Rundfunkchor grâce à ses nombreuses interventions en tant que chef d'orchestre invité.

 

René Jacobs reçoit le prix Musikfest Bremen 2024

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Avec ce prix non doté, le festival distingue chaque année depuis 1998 des solistes, ensembles, orchestres et chefs d'orchestre importants qui, par leur activité artistique, ont posé des jalons indépendants dans le monde musical international et ont contribué à façonner le profil du Musikfest.
Avec sa participation à plus de 250 enregistrements et ses activités de chanteur, de chef d'orchestre, de chercheur en musique et de pédagogue, René Jacobs compte parmi les personnalités artistiques les plus remarquables du répertoire vocal de la musique baroque et classique.
En 2015, Jacobs a fait ses débuts au Festival de musique de Brême avec l'orchestre belge B'Rock ainsi que le chœur du Collegium Vocale Gent et des solistes vocaux dans l'oratorio La Création de Joseph Haydn. Cette année, René Jacobs interprète la Missa solemnis de Ludwig van Beethoven avec le B'Rock Orchestra, la Sing-Akademie de Zurich et des solistes vocaux.

 

La Nippon Music Foundation annonce les résultats du 30e comité de prêt d'instruments

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Lancé en 1994, le projet de prêt d'instruments de la Nippon Music Foundation, basée à Tokyo, permet de prêter de beaux violons Stradivarius et Guarneri à des solistes à cordes de renom âgés de moins de 35 ans.

La fondation a récemment annoncé une nouvelle série de prêts de catégorie A. Ces prêts sont destinés aux instrumentistes de moins de 35 ans et accessibles aux instrumentistes de toutes nationalités. Ils sont généralement accordés pour une durée de 2 à 7 ans.

Les bénéficiaires de 2024 sont Maria Dueñas (violon Stradivarius 1710 « Camposelice ») et Minami Yoshida (violon Stradivarius 1716 « Booth ») ; Zlatomir Fung et Michiaki Ueno (violoncelles) ; et le Goldmund Quartet (Stradivarius « Paganini Quartet »).

En outre, Dmytro Udovychenko s'est récemment vu prêter le Stradivarius 1708 « Huggins », qui fait partie du prix qu'il a remporté au Concours Reine Elisabeth.

Créée en 1974, la Nippon Music Foundation a pour objectif de contribuer à la culture musicale dans la société japonaise. Le projet de prêt d'instruments est son offre phare et, ce faisant, la Fondation est devenue un gardien mondial de ces instruments de qualité.

La Fondation est aujourd'hui en possession de 21 instruments à cordes (15 violons Stradivarius, 1 alto, 3 violoncelles et 2 violons Guarneri del Gesu).

 

Paul Le Flem, 40 ans

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Le compositeur français Marie Paul Achille Auguste Le Flem, dit Paul Le Flem, est né à Radon (Orne) le 18 mars 1881 et mort à Tréguier le 31 juillet 1984 à l'âge de 103 ans. Ses compositions vont du genre symphonique (quatre symphonies) à la sonate en passant par la musique de chambre et les œuvres lyriques. Attaché à la Bretagne, il s'inspire de la langue, des paysages, des légendes et du folklore.

De 1921 à 1937, il assure la critique musicale au quotidien Comœdia et reconnaît le talent d'Igor Stravinsky et de Darius Milhaud. D'une intelligence vive et d'une grande ouverture d'esprit, il défend toute œuvre ayant retenu son attention, fût-elle éloignée de ses goûts, évitant les querelles d'écoles, de nationalité ou de génération. Il sait cependant toujours payer sans ostentation un tribut à ses origines bretonnes, par exemple en s'inscrivant au mouvement artistique breton des années 1930, les Seiz Breur.
Parallèlement, il exerce comme chef de chœur et pédagogue. Chef de chœur puis directeur des Chanteurs de Saint-Gervais jusqu'en 1939, Paul Le Flem cherche à décloisonner la musique et aide les nouveaux talents. En 1928, le compositeur Adrien Rougier lui rend hommage, aux côtés d'André Caplet et de Jacques Ibert, avec En marge de trois maîtres français, créé le 9 novembre de cette année par l'orchestre de la Société Philharmonique de Lyon.

Après la Première Guerre mondiale, il attend 1936 pour se remettre à composer. Son œuvre est marquée par une évidente violence interne, souvent contenue, avec une grande émotion, mais parfois « éruptive », comme dans ses dernières symphonies. Cette qualité particulière de la musique de Paul Le Flem est liée aux tragédies familiales qui n'ont cessé de le frapper, dont les plus importantes sont la mort de ses parents quand il a douze ans et celle de ses deux premiers enfants morts en bas âge (il compose pour eux la belle pièce Pour les morts en 1913).

Il ne s'arrête de composer qu'en 1976, à l'âge de 95 ans, du fait de sa cécité. Il meurt en 1984.

Les œuvres de Le Flem révèlent l'influence de la musique du XVIe siècle, du folklore breton savamment organisé par une rigueur d'écriture enseignée à la Schola Cantorum et aussi, pour leur beauté harmonique, des œuvres de Debussy. Co-créateur de l'Association des compositeurs bretons (ACB), il harmonise plusieurs chants populaires bretons et compose sur des poèmes de Max Jacob. Son œuvre la plus emblématique dans ce domaine demeure La Magicienne de la mer, légende lyrique en trois tableaux.

L'Idiot à Salzbourg

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En 1987, le roman de Dostoïevski "L'Idiot" (1869) est à l'origine du septième et dernier opéra du compositeur polonais Mieczysław Weinberg. Il faudra attendre 17 ans après la mort du compositeur pour que l'œuvre soit jouée intégralement sur scène : en 2013, le Théâtre national de Mannheim a accueilli la première mondiale de L'Idiot, dans une production signée par Regula Gerber, et sous la baguette de Thomas Sanderling, grand ami du compositeur.

« La beauté sauvera le monde » sont les mots que le Festival de Salzbourg extrait du roman de Dostoïevski, à travers lequel il propose une nouvelle production de L'Idiot, sous la direction musicale de Mirga Gražinytė-Tyla.

Malgré sa production prolifique, Mieczysław Weinberg est resté dans l'ombre de son vivant, en partie à cause de la censure artistique qui régnait en Union soviétique après la Seconde Guerre mondiale. L'engagement pour la récupération et la création de ses œuvres -plus de 150 d'entre elles ont été cataloguées- a conduit à la création espagnole de La pasajera - dont la première mondiale a eu lieu à Bregenz en 2010 - par le Teatro Real en mars dernier.

 

Thomas Allen se retire de la scène

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Le baryton britannique Thomas Allen (79 ans) a annoncé qu'il se retirait de la scène. Il a fait ses débuts au Welsh Opera en 1969 et à Covent Garden en 1971. Une brillante carrière internationale s'en est suivie et, depuis 1981, Allen a également chanté régulièrement au Metropolitan Opera de New York et au Houston Grand Opera.

Outre Londres et New York, il a été particulièrement actif au Théâtre national bavarois de Munich. Il s'est également produit régulièrement au Festival de Salzbourg, au Festival de Glyndebourne et au Festival d'opéra de Munich.