Le Journal

Décès de Marcel Marnat

par

Le musicologue et animateur français Marcel Marnat est décédé à l'âge de 91 ans.

Il était l'auteur de l'impressionnante biographie de Maurice Ravel parue chez Fayard en 1985, et il a dirigé France Musique de 1978 à 1992.

Ses amis parlent avec chaleur de sa discrétion et de son humilité. Il était un grand collectionneur d'art tribal.

Bertrand de Billy nommé membre d'honneur de l'Opéra d'État de Vienne

par

Le chef d'orchestre français est étroitement lié à la maison sur le Ring depuis près de 30 ans.
Après la représentation acclamée des contes d'Hoffmann le dimanche 22 décembre 2024, le chef d'orchestre Bertrand de Billy a été nommé membre d'honneur de l'Opéra d'État de Vienne en scène ouverte devant le public, en présence des solistes de la soirée, notamment John Osborn, Serena Sáenz, Nicole Car, Alex Esposito, ainsi que de collègues de différents groupes de la maison. Le chef d'orchestre français est étroitement lié à la maison sur le Ring depuis près de 30 ans. L'éloge a été prononcé par le directeur de l'Opéra d'État, Bogdan Roščić, le certificat a été remis par Christian Kircher, directeur du Bundestheater-Holding, et Bertrand de Billy a également reçu l'anneau d'honneur de l'Opéra d'État de Vienne de la maison de joaillerie Wagner.

Stéphan Elmas, 160 ans

par

Elmas naît dans une famille cultivée de riches entrepreneurs de Smyrne (aujourd'hui Izmir), une ville de l'Empire ottoman. Sa mère meurt des suites de l'accouchement. On découvre vite que le petit garçon est un enfant prodige : il commence des leçons de piano et compose de courtes pièces pour piano sous la tutelle d'un professeur de musique d'origine allemande, M. Mooser. À l'âge de treize ans, le jeune virtuose interprète tout un récital au piano d'œuvres de Liszt.

En , avec les encouragements de son professeur -mais contre la volonté de sa famille- Stéphan Elmas est à Weimar, espérant passer une audition auprès de Franz Liszt. Lors de leur rencontre et après avoir écouté le jeune Elmas, Liszt lui conseille d'aller en Autriche pour travailler avec le professeur Anton Door à l'Académie de musique et des arts et avec Franz Krenn, un éminent compositeur autrichien et maître de chapelle.

À Vienne, à dix-sept ans, Stéphan partage son temps entre l'étude du piano et la composition. Il découvre Wagner2 et se produit pour la première fois à Vienne, en 1885. Cet événement reçoit de nombreux éloges dans la presse. Puis Elmas continue à composer de nombreuses pièces de caractère, des valses, des mazurkas, des nocturnes et des impromptus. Publiées à Vienne en 1883, il dédie ses 6 Études (1881) à Franz Liszt et une série de poèmes musicaux à Victor Hugo, qu'il lisait déjà à Smyrne.

Elmas est resté en contact avec Liszt pour souvent lui demander conseil. En 1886, il revient brièvement à sa Smyrne natale pour assister aux funérailles de son père, mais retourne à Vienne, convaincu que l'Europe a beaucoup plus à lui offrir. Le , il donne un récital très réussi à Vienne dans la salle Bösendorfer. Suit une tournée européenne en Autriche, en France, en Angleterre, en Allemagne et Italie, partout salué par des triomphes. Ses programmes sont principalement constitués de ses propres œuvres, mais aussi d'œuvres de Beethoven, Chopin et Schumann. Après un concert salle Érard en 1901 (déjà en 1896 et 1900), la presse lui donne deux surnoms Poète du piano ou le Chopin Arménien.

Au cours de ses voyages, Elmas devient un ami proche du compositeur et pianiste russe Anton Rubinstein (à qui il dédie son premier concerto), mais aussi de trois personnalité françaises : le compositeur Jules Massenet, le pianiste Édouard Risler et un lexicographe, le prince Guy de Lusignan. En 1912, il se fixe à Genève, où il poursuit ses travaux de composition, l'enseignement et les concerts. À la suite d'une fièvre typhoïde contractée en 1897, Elmas est atteint d'une surdité qui s'accentue, le rendant de plus en plus reclus et coupé du monde. Heureusement, il se lie d'amitié et s'éprend d'une artiste peintre suisse, Adeline Aimée Rapin (1868–1956), privée de ses bras. Elle peut le consoler en ces temps difficiles. En 1913, il projette de rentrer à Smyrne, mais y renonce. Elmas est hanté par le sort de ses compatriotes et les événements tragiques du génocide arménien de 1915 par les turcs ottomans. Sa famille a pu s'échapper à Athènes juste après le grand incendie de Smyrne en 1922 qui a suivi l'occupation turque de la ville. Il fera venir les membres de sa famille en Suisse.

Son œuvre est édité à Leipzig en 1924. Les bâtiments de l'éditeur sont détruits pendant la Seconde Guerre mondiale et il ne reste que deux exemplaires. En 1925 il est fait citoyen d'honneur de Genève.

En 1929, il compose sa dernière œuvre, après une vingtaine d'années de silence, les 12 poèmes arméniens pour piano, qu'il dédie au peuple arménien. Stephan Elmas correspond (1922–36) avec un jeune journaliste, Hagop Krikor.

En 1988 à Genève, est créée la fondation Stephan Elmas, ayant pour but de sauvegarder et diffuser l'œuvre du musicien. Son directeur artistique est Alexandre Siranossian, chef d'orchestre et directeur de l'école de musique et de danse de Romans.

Stephan Elmas laisse environ 130 œuvres essentiellement avec piano. Trois concertos pour piano, un trio et un quatuor avec piano.

 

Roman Statkowski, 165 ans

par

Roman Statkowski (24 décembre 1859 - 12 novembre 1925) était un compositeur polonais, surtout connu pour ses opéras et sa musique de chambre.

Statkowski est né à Szczypiorno, près de Kalisz, et a d'abord suivi une formation d'avocat. Lorsqu'il abandonne le droit pour une carrière musicale, il étudie avec Władysław Żeleński à Varsovie, puis au Conservatoire de Saint-Pétersbourg avec Nikolai Soloviev et Anton Rubinstein, obtenant son diplôme à l'âge de 31 ans, en 1890.

Ses influences musicales étaient principalement russes, notamment Moussorgski et Tchaïkovski, mais il était également attiré par la musique allemande, notamment les poèmes sonores de Richard Strauss et les opéras de Hans Pfitzner. Son œuvre a été décrite comme un lien entre les compositeurs post-Moniuszko et la génération de Szymanowski.

Les deux opéras de Statkowski sont Philaenis (ou Filenis) (1897, créé en 1904) et Maria (1903-4, créé en 1906). Ce dernier est basé sur un roman du même nom d'Antoni Malczewski. Elle a connu une certaine popularité dans son pays d'origine et a été jouée dans plusieurs villes polonaises entre 1919 et 1965. Elle a été mise en scène par le Wexford Festival Opera à la fin de l'année 2011.

L'œuvre de Statkowski comprend un ensemble de Préludes pour piano (op. 37) et un Krakowiak pour violon et piano, ainsi que six quatuors à cordes et un certain nombre de chansons.

En 1909, Statkowski a été nommé professeur de composition au Conservatoire de Varsovie, succédant à Zygmunt Noskowski, où il a notamment enseigné à Jan Maklakiewicz, Piotr Perkowski, Apolinary Szeluto, Boleslaw Szabelski et Victor Youn.

Il meurt à Varsovie en 1925.

Peter Cornelius, 200 ans

par

Peter Cornelius, né le 24 décembre 1824 à Mayence, était le fils du couple d'acteurs Karl et Friederike. Après avoir terminé ses études secondaires, il entama également une carrière d'acteur au théâtre de Mayence et fut nommé acteur de la cour en 1843, à l'âge de 19 ans. En 1844, il se rendit à Berlin chez son oncle, le peintre Peter von Cornelius. Mais là, il n'a pas le succès escompté, si bien qu'il abandonne le métier d'acteur et étudie la composition de 1845 à 1849. C'est à cette époque qu'il écrit ses premières œuvres de musique de chambre et de musique religieuse, mais aussi des chansons profanes. Son œuvre la plus importante de cette période est le Stabat Mater pour solistes, chœur et orchestre (1849). En 1851, Cornelius travaille à Berlin comme critique musical pour les revues « Echo und Modespiegel ». En 1853, il fit la connaissance de Franz Liszt, sous l'influence duquel il s'engagea avec véhémence en faveur de l'école néo-allemande dans la Neue Zeitschrift für Musik. Le 15 décembre 1858, son opéra Der Barbier von Bagdad est créé, mais il est violemment contesté par les opposants de Liszt. Il se tourne alors vers Vienne, où il fait la connaissance de Friedrich Hebbel et de Richard Wagner. Il accompagna finalement Wagner à Munich en 1865. Le 21 mai 1865, son deuxième opéra, El Cid, fut créé, cette fois avec succès. En 1867, Cornelius fut nommé professeur de rhétorique et d'harmonie à l'école supérieure de musique nouvellement créée à Munich. Il mourut à l'âge de 50 ans à peine, le 26 octobre 1874 à Mayence.

Peter Cornelius est aujourd'hui surtout connu comme « compositeur de poésie », qui a également écrit lui-même les paroles de nombre de ses chansons.

Domenico Natale Sarri, 345 ans

par

Domenico Natale Sarro (ou Sarri) (né le  à Trani, dans l'actuelle province de Barletta-Andria-Trani, dans la région des Pouilles et mort le  à Naples) est un compositeur italien de la période baroque.

Les seules indications relatives à sa jeunesse et à sa formation musicale proviennent de son contrat de mariage en date du . Après s'être rendu à Naples, il fut admis au Conservatoire de Sant'Onofrio a Porta Capuana, où il fut élève d'Angelo Durante (oncle du célèbre Francesco Durante).

Il écrit sa première composition en 1702, L'Opera d'Amore, opera sacré représenté pour la Confraternità della Santissima Trinità dei Pellegrini. L'année suivante, il participe au concours pour devenir maître de chapelle de la cour napolitaine, poste laissé vacant par Alessandro Scarlatti ; il est en compétition avec entre autres Gaetano Veneziano, Cristofaro Caresana et Francesco Mancini. Il n'obtient pas le poste de maître titulaire, dévolu à Veneziano, et prend en 1704 celui de second maître de chapelle.

Au cours des années 1706-1717, il compose pour les théâtres napolitains. À l'été 1706, il collabore avec le compositeur vénitien Tomaso Albinoni à la composition du dramma per musica La Griselda, et son premier opéra, Candaule, re di Lidia, est représenté pour la première fois en octobre de la même année au Teatro dei Fiorentini. En 1707, du fait de l'occupation de Naples par les Autrichiens, Veneziano et Sarro perdent leurs postes, remplacés par Alessandro Scarlatti de retour et Mancini comme second maître. Il se consacre alors jusqu'en 1709 à la composition d'oratorios et de sérénades. De 1709 à 1717, sa production musicale connaît une forte baisse. De ces années ressortent principalement l'intermezzo Barilotto, représenté à Venise à l'automne 1712, deux opéras mis en scène à Naples en 1713, et un grand nombre de cantates pour l'église San Paolo Maggiore (dont il fut maître de chapelle) et d'autres églises napolitaines. De 1718 à 1741, il se consacre principalement à la composition de 'drammi per musica'. Parmi ceux-ci, l'Armida al campo donnée au Teatro San Bartolomeo pour le Carnaval de 1718, et la Didone abbandonata représenté dans le même théâtre avec les stars qu'étaient le ténor Annibale Pio Fabri dit Balino, la Bulgarelli dite La Romanina, soprano, et le castrat alto Nicolò Grimaldi dit Nicolino -ce fut la première mise en scène d'un livret de Métastase.

En 1720, après avoir été réintégré dans le poste de second maître de chapelle de la cour, il fut également nommé second maître de chapelle de la ville de Naples. En 1728, il en devient premier maître en succession de Gaetano Greco. En , il devient maître de la chapelle royale, succédant à Mancini. Le Teatro San Carlo est inauguré le  avec son opéra Achille in Sciro, en présence du roi Charles VII, avec Vittoria Tesi et Angelo Amorevoli. Suivront les représentations d' Ezio ( avec les célébrissimes soprano féminin Giovanna Astrua et castrat soprano Gaetano Majorano dit Caffarelli) et d'Alessandro nell'Indie (Carnaval 1743).

Sarro fut un compositeur de transition entre deux générations de musiciens napolitains : l'une représentée par Alessandro Scarlatti et Mancini, l'autre par Nicola Porpora, Leonardo Vinci, Leonardo Leo et d'autres plus jeunes.

Dans ses premières compositions apparaît un caractère quasi-contrapuntique dans la lignée d'Alessandro Scarlatti, mais à partir de 1718 dans ses opéras la structure se fait moins présente et la mélodie commence à acquérir une plus grande beauté. Il se rapproche tellement de la manière de Vinci que de nombreux historiens (dont Charles Burney) le considèrent plus comme un imitateur qu'un inventeur.

Après 1726, du fait de la prééminence de Vinci et Hasse sur la scène musicale napolitaine, ses succès disparaîtront et il occupera une place de second plan.

Décès de Sergio Balestracci

par

Sergio Balestracci, né à Turin en 1944, est décédé le 22 décembre.
Il avait étudié la flûte avec Edgar Hunt et était diplômé du Trinity College de Londres.
Son activité de flûtiste et de chef d'orchestre était intense, mais il était également compositeur, musicologue et éditeur de textes musicaux.
Il a fondé l'Accademia del Santo Spirito et l'Accademia del Flauto Dolce et a été l'un des fondateurs de l'Academia Montis Regalis.
Sa première traduction italienne du Trattato sul flauto traverso de J.J. Quantz a été fondamentale.

 

Giancarlo del Monaco prend la citoyenneté russe

par

Vladimir Poutine a promulgué un décret accordant la citoyenneté russe au metteur en scène italien Giancarlo del Monaco.

Fils du célèbre ténor Mario del Monaco, Giancarlo del Monaco a mis en scène Rigoletto au Théâtre Bolchoï de Moscou le mois dernier.

Giancarlo del Monaco, 81 ans cette semaine, a été directeur général de l'Opéra de Nice et directeur artistique du festival d'opéra de Tenerife. Il a mis en scène plus de 100 opéras dans de nombreuses grandes maisons.

 

Thomas Blunt à São Paulo

par

L'Orchestre symphonique de São Paulo (Osesp) a choisi le chef d'orchestre britannique Thomas Blunt comme chef principal de son chœur, à partir de la nouvelle année.

Le directeur musical est Thierry Fischer.

Claudio Scimone, 90 ans

par

Claudio Scimone, né le  à Padoue et mort le  dans la même ville1, est un chef d'orchestre italien.

Après avoir étudié la direction d'orchestre avec les chefs Carlo Zecchi, Dimitri Mitropoulos et Franco Ferrara, Claudio Scimone atteint une notoriété internationale en enregistrant pour la firme Erato l'intégrale des Concertos pour flûte de Vivaldi, à la demande de -et avec- le flûtiste Jean Pierre Rampal en 1966. Rapidement, il est invité à diriger quelques-uns parmi les plus grands orchestres symphoniques, dont l'Orchestre philharmonique royal de Londres et l'Orchestre symphonique Yomiuri du Japon à Tokyo.

Entre 1952 et 1957, il a écrit la rubrique musicale de la revue La gazzetta del Veneto.

En 1959, il fonde à Padoue l'orchestre I Solisti Veneti2, avec lequel il interprète principalement un répertoire de musique baroque italienne, et donne plus de 5 000 concerts sur tous les continents.

Dans les années 1970, il dirige notamment l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo et produit, avec le guitariste Turibio Santos, un disque contenant des œuvres de Joaquin Rodrigo, comme le Concerto d'Aranjuez et la Fantaisie pour un gentilhomme.

Il redécouvre également bon nombre d'opéras méconnus de Rossini, comme Mosè in EgittoErmioneMaometto IIL'Italienne à Alger (qu'il enregistre avec Marilyn Horne)..

De 1979 à 1986, il dirige l'Orchestre de la Fondation Gulbenkian de Lisbonne, dont il devient ensuite le directeur honoraire.

Pendant 27 ans, il dirige le conservatoire Pollini de Padoue et enseigne au conservatoire Benedetto Marcello de Venise.

Son activité discographique a été particulièrement importante et compte près de 200 enregistrements, la plupart pour la firme française Erato.

Son travail a aidé à redécouvrir la musique instrumentale italienne du XVIIIe siècle4.

Parmi les prix les plus prestigieux qu'il a reçus, figurent les trois « Grand prix du disque » de l'Académie Charles-Cros de Paris et un Grammy Award de Los Angeles.

Claudio Scimone a été fait chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne, et a reçu la médaille d'or du Mérite pour l'art et la culture du président de la République italienne en 2000. Enfin, en 2008, à Venise, il a reçu, avec les musiciens de I Solisti Veneti, le prix Arthur-Rubinstein.