Le Journal

Natalie Dessay quitte l'opéra

par

Dessay_2159756b

Dans une interview préfaçant l'ouverture du documentaire de Philippe Béziat, «Becoming Traviata» à San Francisco, Natalie Dessay qui en est la Violetta, a déclaré à Sean Martinfiled qui l'interviewait qu'elle allait quitter l'opéra : « Je veux changer ma vie  (...) je veux me tourner vers le théâtre ». En septembre, elle retournera sur les lieux de ses débuts à Toulouse où elle chantait dans les choeurs. Cette fois, elle sera la Manon de Massenet. Et ce sera sa dernière apparition sur les scènes d'opéras.

J'ai étudié le théâtre. C'était ma véritable passion. C'est ma réelle passion. J'ai simplement fait un détour de 33 ans pour finalement revenir à mon but initial. J'ai fait le plus de rôles que je pouvais faire. Je ne veux pas jouer Juliette. A mon âge? S'il vous plait! Ni Lucia, ni Adina, ou qui que ce soit de semblable. C'est pourquoi je quitte l'opéra. Pendant un temps, j'ai pensé que c'était amusant. Mais non. Je veux autre chose. »
Elle évoque aussi la relative petite taille de sa voix, disant que cela l'obligeai à « travailler comme un chien. Mais pour moi, c'était le seul moyen d'être en scène rapidement et d'être capable de jouer. On a toujours dit que j'avais la voix d'un ange mais, en réalité, je suis une sorcière. C'est un réel problème. Et plus je vieillis, plus fort est ce problème. Rappelez-vous, je suis une actrice. Je ne veux pas me jouer moi-même. Je veux jouer d'autres personnes ».

L'Orchestre Philharmonique de Madrid n'est pas content !

par

L’Orchestre Philharmonique de Madrid a joué mardi devant le Palais Royal pour manifester contre l’austérité qui prévoit que les musiciens seront employés à temps partiels et devront pointer au chômage 4 mois par ans. Plus de 8000 personnes sont venues soutenir et écouter les musiciens.

Lena De Meerleer nommée directeur général de l'Opéra de Flandre et du Ballet Royal de Flandre

par

DeMeerleerLe Conseil d'Administration a décidé de nommer madame Lena De Meerleer Directeur général de l'Opéra de Flandre et du Ballet royal de Flandre. Elle entrera en fonction le 1er septembre 2013. À la même date, monsieur Pol Bamelis prendra ses fonctions de président du Conseil d'Administration de l'institution unifiée. En effet, à partir du 1er janvier 2014, l'Opéra de Flandre et le Ballet royal de Flandre ne formeront plus qu'une seule et même grande institution.

Lena De Meerleer a travaillé ces 36 dernières années à la VRT, Vlaamse Radio en Televisie, la radio-télévision publique belge de langue néerlandaise. Elle y a rempli diverses fonctions et occupe actuellement le poste de Directeur général de la Production.

La direction artistique reste inchangée. Le nouveau comité de direction se composera de Lena de Meerleer et des directeurs artistiques de l'Opéra de Flandre et du Ballet royal de Flandre, respectivement Aviel Cahn et Assis Carreiro ; il concrétisera la fusion des deux institutions pour le 1er janvier 2014.

Le Conseil d'Administration a désigné Lena De Meerleer après une procédure de sélection minutieuse. Il est convaincu que sa forte personnalité, ses longues années d'expérience à la VRT et son excellent état de service font d'elle la personne indiquée pour inspirer cette passionnante initiative de fusion et pour prendre ainsi la direction de la plus grande institution culturelle de Flandre.

Lena De Meerleer affirme : « Je veux mettre mes années d'expérience à la VRT au service de l'Opéra de Flandre et du Ballet royal de Flandreet accomplir avec grand enthousiasme la mission dont j'ai été chargée, en collaboration avec les directeurs artistiques, l'ensemble des collaborateurs et le Conseil d'Administration. »

Les directeurs artistiques de l'Opéra de Flandre et du Ballet royal de Flandre réagissent favorablement à la nomination de Lena De Meerleer à la Direction générale.

« Je suis heureuse que Lena De Meerleer ait été nommée au poste de Directeur général et que je pourrai préparer avec elle et avec Aviel la fusion et l'avenir de notre institution culturelle », a déclaré Assis Carreiro, directrice artistique du Ballet royal de Flandre. « Elle apporte un trésor d'expérience du monde des médias, qui pourra nous être utile à plusieurs égards. Je me réjouis de la nouvelle collaboration. »

Aviel Cahn, intendant de l'Opéra de Flandre, se réjouit également « de relever en tant que comité de direction le grand défi qui consiste à bâtir une institution culturelle forte sur des bases financières sûres. Nous espérons que nous pourrons disposer des moyens nécessaires de la part des parties prenantes politiques. »

À propos de Lena De Meerleer :

Née en 1951. Après des études de régendat en français, histoire et anglais, et après divers emplois à durée limitée, entre autres dans les domaines de la musique et des médias, Lena De Meerleer a entamé sa carrière à la VRT en tant qu'assistante ; elle est ensuite devenue productrice. En 1997, elle est devenue responsable des moyens internes à la télévision. En 2000, elle a été nommée directrice des programmes de la chaîne één, puis consécutivement directrice de la chaîne Sporza et directrice de la rédaction « Nieuws en Sport » (JT et Sports). En 2008, elle a pris la direction des Services opérationnels de la VRT. Depuis lors, elle fait partie du Comité de Direction. Depuis 2010, elle est Directeur général de la Production, responsable de toutes les structures de production internes de la VRT, dont « Nieuws » (JT), Radio, Het Televisiehuis et le département opérationnel.

L'humour de la Diva !

par

DiDonatoJoyce DiDonato n'avait plus chanté à La Scala depuis La Donna del Lago, il y a quelques années. Aussi son récital fut-il accueilli par de véritables ovations. Elle commençait la seconde partie de la soirée par une scène de l'Otello de Rossini. Elle atteignait la fin si touchante et pianissimo de la prière de Desdémone lorsqu'une sonnerie de téléphone retentit soudain bruyamment. La Diva ne s'émut pas car elle était au bout de son air. Elle quitte la scène, tandis que le public l'ovationne, une ovation mêlée de "Vergogna!" (Honte!); un auditeur dans la salle a même crié : "si vous alliez téléphoner à la maison, ce serait mieux!", suscitant des bravos et des applaudissements encore plus nourris. La Diva américaine revint sur scène pour calmer les esprit en demandant simplement si c'était Rossini qui avait appelé pour savoir comment s'était passé l'aria. En italien, elle ajouta : "On dit que ce théâtre est plein de fantômes : grazie Gioachino !
Plus sympathique que Christian Zimmermann qui amputa son récital, également pour raison de sonnerie de téléphone !
DiDonato donna ensuite son premier rappel à la mémoire du chef d'orchestre italien Bruno Bartoletti, décédé le 8 Juin.

Le Bolshoï, suite... le danseur-étoile Nikolaï Tsiskaridze licencié

par

TsiskaridzeNikolaï Tsiskaridze, l'un des artistes les plus connus du ballet russe, en conflit avec l'administration du théâtre dont il critiquait haut et fort la gestion et briguait lui-même le poste de direction, s'est vu refuser la prolongation de son contrat à la fin de ce mois, quelques mois après l'agression au vitriol de son directeur artistique, Sergeï Filine (voir notre Journal). Il fait partie de la compagnie depuis 1992 et y est également professeur, contrat qui n'est pas renouvelé non plus. "Persécution" a seulement commenté Nikolai Tsiskaridze.
Depuis le 17 janvier 2013, jour de l'agression au vitriol de l'ancien directeur artistique du Bolchoï, Sergeï Filine, une épée de Damoclès était suspendue au-dessus de la tête de Tsiskaridze: le directeur du théâtre, Anatoli Iksanov, l'avait alors ouvertement accusé d'être l'instigateur de l' agression qui, après dix-huit opérations, laisse la victime aveugle selon une déclaration ce lundi de son avocate, Me Stoukalina, au quotidien russe.

Celui que l'on surnomme "l'Ange noir du Bolchoï" a été à plusieurs reprises en conflit avec la direction et il critiquait les travaux de restauration herculéens entrepris dans le théâtre avec l'aide du gouvernement. A l'égard de la victime, Sergeï Filine, il tenait des propos très violents. En novembre dernier, au moment du renouvellement du contrat du directeur artistique, Tsiskaridze avait fait parvenir à Poutine une pétition proposant sa candidature à la tête de la compagnie.

Si les accusations à l'encontre de Tsiskaridze ont été levées avec l'arrestation d'un autre membre de la troupe, Pavel Dmitrichenko, le danseur-étoile avait néanmoins reçu deux blâmes de la part du Bolchoï. La raison ? Des interviews jugées diffamatoires à la BBC et à Izvestiya  où il témoignait de la vie prétendument dissolue du Bolchoï (notamment de ses danseuses) et des rivalités politiques qui règnent dans les coulisses. Le 12 avril, l'accusé se défendait et portait plainte contre le Théâtre au Tribunal de la région de Tver, pour atteinte à la liberté d'opinion et d'expression. Une nouvelle audience doit avoir lieu le 2 juillet prochain.

Selon la loi, un troisième blâme aurait suffi à licencier ce danseur-étoile qui est dans son pays une star médiatique. Dans les faits, il n'a même pas fallu attendre que le danseur à la langue trop bien pendue fasse une nouvelle saillie publique, ni même la sentence du juge, pour le congédier.

Le caractère bien trempé de Nicolaï Tsiskaridze ne lui enlève pas son mérite aux yeux de ses admirateurs. Son licenciement trois jours après une interprétation très remarquée de Giselle suscite l'indignation de la blogosphère russe et des autres membres de la troupe. Anastasia Volochkova, danseuse experte en scandales congédiée du Bolchoï il y a quelques années, s'est exprimée à l'antenne de l' Echo de Moscou: «C'est une véritable chasse à l'homme. Personne ne pourra le remplacer dans la compagnie. Nikolaï est quelqu'un de courageux et d'honnête.» Une manifestation de soutien à «l'ange noir» est prévue à Moscou le 15 juin, les organisateurs demandant la réhabilitation immédiate du danseur au sein de la troupe.

Le mystère sur ce que l'on appelle désormais l'affaire du Bolchoï n'est pas totalement éclairci. Le bien-fondé de l'arrestation du danseur Pavel Dmitrichenko, accusé d'être le véritable commanditaire de l'agression de Filine, est aujourd'hui remis en question par certains membres de la troupe. Solidaire de ces derniers, le Bolchoï a en effet adressé au gouvernement une demande de poursuite de l'enquête. Dans une pétition, 300 membres du théâtre dénoncent une atteinte aux droits de l'Homme: les aveux auraient été arrachés à Dmitrichenko après 18 heures d'interrogatoire. «Nous tous qui connaissons Pavel personnellement depuis des années (...), nous sommes absolument sûrs que ses divergences avec Filine quant à la direction et la politique artistique du théâtre n'ont pas pu le conduire à des agissements criminels», lit-on dans la pétition qui circule aujourd'hui dans le théâtre. Même Tsiskaridze en personne a soutenu le suspect, s'avouant choqué et soutenant qu'«aucun danseur ne croit à son implication». Tous veulent croire à ce proverbe russe: «La loi est comme un guidon: elle va là où tu le tournes.»

Pourquoi les chinois aiment la musique classique occidentale?

par

Le Philadelphia Inquirer rapporte les propos de l'ancien ambassadeur Nicholas Platt: "Une des choses qui me frappe chez les Chinois, c'est que la plus grande part de la littérature, de la musique et de la philosophie, etc... est orientée vers la pratique et la solution des problèmes, la description des événements, ou la musique à programme avec des photos de la lune sur l'eau. C'est beau. Mais ce n'est pas très abstrait. Je pense que la musique classique a un certain attrait pour les Chinois en raison de son abstraction. Elle peut combler un trou dans leurs besoins. Il y a des explications plus simples. ils aiment les grandes choses -de grands immeubles, de grands ponts...- et la musique classique occidentale est grandiose ".

Découverte d'un manuscrit de JS Bach

par

La presse allemande a relaté la découverte d'un manuscrit de Jean-Sébastien Bach vieux de 273 ans. Il s'agit d'une transcription de 1740 d’après Francesco Gasparini. Selon les musicologues, cette pièce au contrepoint complexe nous apprend beaucoup sur la dernière période de Bach. La pièce est pour 4 voix et quelques instruments et le manuscrit se trouve maintenant aux archives Bach de Leipzig.

Un pianiste ukrainien lauréat du Concours Van Cliburn

par

KholodenkiC'est un pianiste ukrainien, Vadym Kholodenko, qui a remporté le 14e Cliburn International Piano Competition à Fort Worth (Texas), quatre mois seulement après la mort du pianiste fondateur du concours. Le 2e prix est revenu à l'Italienne Beatrice Rana, 20 ans, et Sean Chen (USA, 24 ans) a terminé troisième.
Harmonia Mundi fête ses cinq années de collaboration avec le concours Van Cliburn en enregistrant les trois premiers lauréats de la session.
Les trois autres finalistes sont Fei-Fei Dong (Chine, 22 ans), Nikita Mndoyants (Russie, 24 ans) et Tomoki Sakata (Japon,  19 ans).
Le lauréat reçoit 50.000 dollars, un enregistrement live de ses performances au concours et un enregistrement en studio; les tenants des deuxième et troisième prix reçoivent 20.000 dollars et un enregistrement live de leurs performances au concours. Les trois autres reçoivent chacun 10.000 dollars, et les six finalistes reçoivent trois ans de gestion de concert.
Kholodenko, qui avait séduit le public dimanche avec le Concerto pour piano no 21 de Mozart a également remporté des prix pour la meilleure exécution de la partition contemporaine imposée et pour sa prestation en musique de chambre. Il a déjà remporté le concours international Schubert à Dortmund en 2012 et le Concours Musical International de Sendai en 2010. Il est assistant au Conservatoire de Moscou.
Beatrice Rana, qui a commencé à jouer du piano à l'âge de 4 ans, est diplômée du Conservatoire de Musique Nino Rota et étudie actuellement à la Hochschule für Musik, Theater und Medien de Hanovre. L'année dernière, elle a enregistré son premier CD d'œuvres de Scriabine et Chopin. Elle a remporté le Concours Musical International de Montréal en 2011 ainsi que les concours Muzio Clementi et Bang & Olufsen.
Chen, premier finaliste américain depuis le concours de 1997 a obtenu deux diplômes à la  Juilliard School après avoir refusé des offres d'assistant à Harvard et au MIT. Il a remporté la deuxième place au Concours de Séoul en 2011 ainsi que d'autres prix. Chen étudie maintenant à la Yale School of Music.

Montserrat Caballé a reçu l'Ordre d'Honneur d'Arménie

par

CaballeAprès avoir été déclarée "Persona non grata" en Azerbaïdjan (précédemment dans notre journal), la célèbre cantatrice espagnole a reçu, des mains du président arménien, Serge Sargsian, l'Ordre d'Honneur. Cet Ordre d'Honneur est décerné pour la défense des intérêts de l’État et de la République d'Arménie, pour les réalisations exceptionnelles dans la déclaration de l'indépendance, de la démocratie, ainsi que pour une contribution significative au renforcement de la paix entre les nations. Il y a quelques jours, Montserrat Caballé avait été déclarée persona non grata en Azerbaïdjan en raison du fait qu'elle avait visité le Haut-Karabakh, considéré par Bakou comme le territoire azerbaïdjanais occupé par l'Arménie.

Tikhon Khrennikov et... encore Gergiev

par

Tikhon KhrennikovLes Russes d'aujourd'hui semblent avoir oublié le rôle redoutable de Khrennikov à l'égard des Chostakovitch, Prokofiev ou encore Alfred Schnittke. A sa mort en 2007, Vladimir Poutine en fit l'éloge et le remercia pour ses bons et loyaux services, lui qui dès 1948, l'année même où les oeuvres de Chostakovitch et Prokofiev étaient accusées de "formalisme allant à l'encontre du réalisme socialiste", fut nommé par son compère Andrei Jdanov "Secrétaire Général de l'Union des Compositeurs Soviétiques", poste qu'il garda jusqu'à la fin de l'Union en 1991.
A l’occasion du 100e anniversaire de Tikhon Khrennikov, Valery Gerguiev donnera des concerts dans différentes villes de Russie dont Moscou, Saint-Pétersbourg et la patrie du compositeur, l’ancienne ville de Elets. Participent à ce mini-festival : les solistes et l'orchestre du théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, l'orchestre « la Nouvelle Russie » et Vadim Repin. Par ailleurs, l'ensemble des symphonies et concertos de Khrennikov viennent de sortir en coffret chez Melodyia.
En consacrant une série de concerts à Tikhon Khrennikov, Valery Gerguiev rend hommage à la mémoire de l’homme à l'égard de qui il est reconnaissant pour son amitié et son soutien. Ils ont fait connaissance en 1977 à Berlin. Gergiev, alors âgé de 23 ans, avait  gagné le Concours International des chefs d'orchestre Herbert Von Karajan. Aujourd'hui, Gergiev se souvient de la première rencontre avec Khrennikov : « J'étais jeune, sans titres, même sans ambitions, mais le pays m'a envoyé au concours à Berlin Ouest. Tikhon Nikolaévitch était membre du jury, il représentait l’immense tradition musicale, soviétique et multinationale. Il savait que quelques enfants de l’URSS y participaient. Le concours a commencé mais nous avons fait connaissance d'abord et nous nous sommes très vite  liés d'amitié, bien qu’il soit un grand maître et moi un étudiant terminant ses études au conservatoire de Leningrad. Son amitié était pénétrée de chaleur (...). Le programme des concerts commémoratifs présente toutes les facettes de l'œuvre de Tikhon Khrennikov : la symphonie, le concerto de violon, les airs d'opéra, les suites de ballet, beaucoup de musiques de films grâce auxquelles Khrennikov était aimé par des millions de gens. Sa Chanson sur Moscou pour le film La Porchère et le berger, ses Adieux pour le film À dix heures du soir après la guerre, étaient chantés dans toute l'Union Soviétique. Le célèbre compositeur italien Nino Rota a dit un jour: « Il est dommage que Tikhon Khrennikov ne puisse pas travailler à l'ouest : Hollywood en ferait un millionnaire ».