Le Journal

Anne-Sophie Mutter, un film-portrait

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La violoniste Anne-Sophie Mutter, qui fêtera son 60e anniversaire le  offre un film-portrait réalisé  par Sigrid Faltin.
Anne-Sophie Mutter y rencontre des collègues musiciens. La violoniste est connue pour ne pas aimer être interrogée, c'est pourquoi la documentariste Sigrid Faltin a imaginé un artifice pour la faire parler : elle a pu choisir elle-même les interlocuteurs qu'elle rencontrera dans le film. Ce sont exclusivement des hommes, pour la plupart des musiciens.

Daniel Barenboim en fait partie, ainsi que les compositeurs John Williams et Jörg Widmann et le pianiste Lambert Orkis, son partenaire au piano et son "meilleur ami".
Mais Steve Cohen est également de la partie, sans oublier Roger Federer dont elle est fan : elle a souvent essayé, raconte-t-elle, de planifier ses tournées de concerts en fonction des tournois internationaux du Grand Chelem.

Anne-Sophie Mutter est également très sportive (elle descend les pistes des Alpes de Kitzbühel devant l'équipe de tournage), et toujours de bonne humeur. Elle explique que la forme physique est extrêmement importante dans son travail et que c'est sur les conseils de son frère qu'elle a commencé un programme sportif ciblé.

LE FILM
"Anne-Sophie Mutter - Vivace". Réalisation : Sigrid Faltin. Allemagne 2023, 91 min. Au cinéma à partir du 28.3.

Sigrid Faltin complète les entretiens avec des images d'archives judicieusement découpées, de sorte qu'il en résulte une sorte de récit de vie commenté.

Der Vampyr, 195 ans

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Der Vampyr est un grand opéra romantique en deux actes (quatre tableaux) de Heinrich Marschner.
Marschner en a achevé la composition lors de son séjour à Leipzig en 1827-28, où eut lieu la première représentation le 29 mars 1828 au théâtre municipal.
Le livret de l'opéra de Wilhelm August Wohlbrück est basé sur la pièce Der Vampyr oder die Todten-Braut de Heinrich Ludwig Ritter (1822), qui est elle-même une dramatisation du récit Der Vampyr de John Polidori. La même année, Peter Joseph von Lindpaintner a également mis cette histoire en musique.

Lord Ruthwen est devenu un vampire et doit sacrifier au diable, en l'espace de 24 heures, trois épouses vierges pour lesquelles il lui sera accordé à chaque fois une année de vie supplémentaire. Il a la partie facile avec ses deux premières victimes, Janthe et Emmy, Aubry étant aux côtés du Lord par gratitude car celui-ci lui a sauvé la vie il y a longtemps. Lorsque Ruthwen choisit Malwina comme troisième victime, Aubry décide, malgré son serment de discrétion, de révéler la vérité sur Ruthwen. Au moment où le mariage de Malwina est célébré et où elle doit devenir la proie de Ruthwen, le délai de ce dernier expire et le vampire, foudroyé, se dirige vers l'enfer.

La pièce de Heinrich August Marschner est considérée comme le point culminant d'un mouvement de mode de l'époque Biedermeier au cours de laquelle de nombreux récits sur les vampires ont été écrits. Le langage musical se situe entre le lied populaire allemand et - par allusions encore prudentes - le style italien belcantiste. Der Vampyr est considéré comme un lien important entre les œuvres de Carl Maria von Weber et de Richard Wagner. L'opéra comporte des dialogues parlés.

Discographie
- Jonas Kaufmann, Franz Hawlata, Regina Klepper, Markus Marquardt, Orchestre de la Radio de Cologne, WDR Rundfunkchor Köln, Helmuth Froschauer. 1999. Capriccio 60083
- Siegmund Nimsgern, Carol Farley, Anastasia Tomaszewska-Schepis, Josef Protschka, Armando Caforio, Galina Pisarenko, Martin Engel, Chœur et Orchestre Sinfonica de Radio Italiana, chef d'orchestre Günter Neuhold. Enregistrement live à Rome, 1980. HOMMAGE 7001834-HOM (version révisée par Hans Pfitzner).
- Nikolaus Hillebrand, Arleen Augér, Donald Grobe, Roland Hermann, Victor von Halem, Jane Marsch et autres ; chœur et orchestre symphonique de la radio bavaroise, dirigé par Fritz Rieger. Live, Munich 1974. Opera D'Oro OPD-1186. (Version originale de Marschner.)
- Gisela Rathauscher, Traute Skladal, Liane Synek, Maria Nussbaumer, Kurt Equiluz, Erich Kuchar, Fritz Sperlbauer, Grand orchestre de la radio de Vienne, chef d'orchestre Kurt Tenner. Enregistrement studio Vienne, 1951. Line Music/Cantus Classics CACD 5.00269 F (pas la version Pfitzner ?)

Charles Valentin Alkan, 135 ans

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Le pianiste et compositeur français Charles-Valentin Morhange, dit Alkan, est né dans le quatrième arrondissement de Paris le 30 novembre 1813 et mort à Paris 8e le 29 mars 1888.
Se rattachant à la tradition de la grande virtuosité de l'époque romantique, initiée par Paganini au violon, puis au piano par Frédéric Chopin et Franz Liszt, il est considéré comme un représentant français majeur de l'école de piano romantique4.

Issu d'une famille de religion juive originaire de Metz, il est le fils d'Alkan Morhange, qui tient une école élémentaire réputée pour son enseignement musical, située rue des Blancs-Manteaux, et de Julie Abraham ; comme lui, ses quatre frères et sa sœur ont par la suite adopté le prénom paternel comme nom de scène.

Charles-Valentin est un enfant prodige qui entre au Conservatoire de Paris à 6 ans. Il étudie l'harmonie, l'orgue et le piano avec des professeurs tels que Pierre Zimmermann, qui fut aussi le professeur de Georges Bizet, César Franck, Charles Gounod et Ambroise Thomas. Il obtient le premier prix de piano en 1824. À 17 ans, il est un virtuose réputé.

Il a cependant été peu présent en concert : dès l'âge de vingt ans, il se retire de la vie publique, manifestant une forte misanthropie, et se consacre à la composition. Pour gagner sa vie, il donne des leçons : il devient un pédagogue réputé vers lequel les élèves de Chopin se tourneront à la mort de celui-ci. Tous les ans, il donne Six petits concerts à la  salle Érard où il présente en intermède quelques-unes de ses œuvres, au milieu d'un répertoire très classique. À l'exception d'une tournée en Angleterre en 18335 à la demande de ses amis, notamment Pierre Zimmermann, il reste attaché à Paris et ne voyage pas.

En 1834, Alkan a commencé à se lier avec le musicien espagnol Santiago de Masarnau, ce qui a donné lieu à une correspondance étendue et souvent intime, qui a duré plus de 40 ans. Ces 41 lettres n‘ont été révélées qu'en 2009.

Il reprend les concerts en 1844. Il espère un moment succéder à Pierre Zimmermann au Conservatoire de Paris, mais c'est Marmontel qui obtient le poste. En 1848, après cet amer échec, Alkan mène une vie de plus en plus solitaire, même s'il revient parfois à la vie publique, comme en 1855 avec la publication de ses Douze Études dans tous les tons mineursop. 39.

Il ne s’est jamais marié, et malgré l'absence de document officiel, il semble que Eraïm Miriam Delaborde soit son fils naturel. Delaborde, comme lui, ira au Conservatoire.

Il meurt le 29 mars 1888, à 74 ans, dans un oubli presque total. Ses œuvres vont être également négligées, mais des musiciens comme Ferrucio Busoni7, Egon Petri, Hüseyin Sermet essaieront de promouvoir sa musique.

Ses compositions ont été longtemps méconnues et restent encore peu enregistrées. Elles sont pourtant particulièrement originales et personnelles et d'une extrême difficulté d'exécution. La musique d'Alkan est à l'image de son caractère étrange : elle est toute de contrastes. Capable de tous les extrêmes, passant de l'un à l'autre sans transition, il aime les antithèses jusque dans ses titres, et l'on comprendra son goût des contrastes en écoutant le calme Zorcico après la véhémente Sonatine, et la Barcarolle entre la puissante Marche et la Saltarelle comme le souligne le critique Georges Beck.

Il est inhumé au carré israélite du cimetière Montmartre (3e division)16, avec sa sœur Céleste (1811-1897), artiste musicienne, épouse de Mayer Marix, facteur d’orgues, co-inventeur de l'harmoniflûte.

Comme Frédéric Chopin, Alkan a écrit presque exclusivement pour le piano. Ses œuvres les plus importantes sont la Grande Sonate pour piano « Les Quatre Âges de la vie », op. 33, et ses Études, comparables en difficulté et en complexité aux Études d'exécution transcendante de Liszt. Si les Études dans tous les tons majeurs, op. 35, ressemblent encore aux publications de son temps. les Études dans tous les tons mineurs, op. 39, constituent une somme pianistique de 300 pages, sans équivalent à l'époque. Le recueil est dominé par une Symphonie et un Concerto : le concerto pour piano solo, œuvre cataclysmique écrite d'après ses Études dans les tons mineurs, cette œuvre pour piano seul dure près de 50 minutes. Le fait de donner de tels titres à des œuvres pour piano solo traduit bien l'ambition d'Alkan qui est de conférer une dimension orchestrale au piano.

Multipliant les difficultés techniques, Alkan y affectionne, en particulier, les groupes d'octaves et d'accords obligeant l'interprète à des extensions et des déplacements très rapides, les gammes et les arpèges qui fusent, les notes répétées et les batteries donnant parfois l'impression d'un mouvement perpétuel, comme dans Le Chemin de fer, op. 27, évocation virtuose de la fuite en avant d'un train ; enfin, une riche texture polyphonique et polyrythmique. En dehors des grandes pièces de concert, longues et éprouvantes, Alkan sait faire preuve d'un talent de miniaturiste, comme dans ses 48 Esquisses op. 63 de 1861 ou l'abrupt Scherzo diabolico (de l'op. 39) qui fait résonner le rire de Méphistophélès.

Les énormes difficultés techniques ont considérablement réduit la diffusion de ses œuvres. Néanmoins il y a une lignée de pianiste qui n'a pas eu peur d'affronter de telles difficultés et qui ont fait revivre ses œuvres. D'abord dans la fin des années 1960 avec Raymond Lewenthal, John Ogdon, et plus récemment avec des pianistes comme Ronald Smith, Jack Gibbons, Marc-André Hamelin, Vincenzo Maltempo (en) et Stéphanie Elbaz.

Il a également eu une affection particulière pour le piano-pédalier, instrument qui lui fut prêté par la maison Érard et qu'il conserva jusqu'à sa mort. Il compose quelques œuvres pour cet instrument comme le Benedictus op. 54 et les Douze études pour piano à pédalier.

Le Polar Music Prize 2023 va à Arvo Pärt

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Cette année, le Polar Music Prize a été décerné au compositeur estonien Arvo Pärt, à la chanteuse et compositrice béninoise Angélique Kidjo et au producteur Chris Blackwell.
Les prix sont dotés chacun d'un million de couronnes suédoises.

Arvo Pärt est né en 1935 à Paide, en Estonie. En 1954, il commence des études de musique et travaille d'abord comme ingénieur du son à la radio estonienne. Entre 1958 et 1963, il a étudié la composition avec Veljo Tormis et Heino Eller. En raison de son style de composition moderne, considéré comme non conforme au système, et de son contenu religieux, la musique de Pärt suscita le mécontentement des fonctionnaires culturels soviétiques. En 1960, Nekrolog fut officiellement désapprouvée.
Au début des années 70, le compositeur rejoint l'Église orthodoxe russe et développe quelques années plus tard le style "Tintinnabuli", qui porte son nom.
En 1980, Pärt et sa famille ont émigré à l'étranger sous la pression du gouvernement.
Le compositeur a reçu de nombreuses distinctions, dont le Prix de la musique sacrée européenne, le Prix international Brücke, le Praemium Imperiale et la Médaille Gloria Artis. Il est également docteur Honoris causa de l'Université Albert-Ludwig de Fribourg et de l'Université d'Oxford.
Depuis 2011, Pärt est membre du Conseil pontifical de la culture.

Le Polar Music Prize a été créé en 1989 par l'ancien manager d'Abba, Stig Andersson, et est depuis décerné chaque année à un artiste classique et à un musicien pop. L'objectif est d'honorer des personnes, des groupes ou des institutions pour leurs "réalisations exceptionnelles en faveur de la création et du développement de la musique".
Parmi les précédents lauréats du prix figurent Paul McCartney, Elton John, Ray Charles, Renée Fleming, Yo-Yo Ma, Anne-Sophie Mutter, Cecilia Bartoli, Karlheinz Stockhausen, Kaija Saariaho, Steve Reich, Anna Netrebko et Nikolaus Harnoncourt, la percussionniste Evelyn Glennie et l'Institut national de musique d'Afghanistan.

Décès de James Bowman

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Le contre-ténor anglais James Thomas Bowman CBE est décédé aujourd'hui à l'âge de 81 ans.
Sa carrière s'étend de l'opéra à l'oratorio, en passant par la musique contemporaine et les récitals en solo.
En 2010, il a annoncé qu'il donnerait son dernier concert à Londres en 2011 au Wigmore Hall, bien qu'il continue à donner des récitals en dehors de la capitale.
Quelques années auparavant, il avait pris sa retraite de la Chapel Royal, au St. James's Palace de Londres, après une décennie de service.

James Bowman était issu du monde de la musique religieuse anglicane. Il a fait ses études à la King's School, à Ely, où il a commencé à chanter comme choriste à la Cathédrale d'Ely, jusqu'à devenir chef de chœur.
Après la mue, il est revenu comme basse mais, vers 1959, il a donné sa première représentation publique en tant que contre-ténor devant une petite assemblée d'écoliers dans la Lady Chapel. Plus tard, il est allé au New College à Oxford, en tant qu'organ scholar et a été membre des chœurs du New College et de Christ Church.

En 1967, alors qu'il est encore étudiant, il auditionne pour l'English Opera Group de Benjamin Britten. Il est choisi pour le rôle d'Oberon dans le Songe d'une nuit d'été, un rôle qui avait été composé en fonction de la voix d'Alfred Deller. Il se produit à Glyndebourne en 1970 dans La Calisto de Francesco Cavalli (le premier contre-ténor à y chanter), à l'English National Opera en 1971 dans Semele, et au Royal Opera House, Covent Garden en 1972 dans Taverner. En 1973, il crée le rôle de la "Voix d'Apollon" dans Mort à Venise de Britten.

Bowman s'était d'abord retiré de la scène lyrique pour se concentrer sur les concerts après s'être produit dans la plupart des grandes maisons d'opéra du monde dont La Scala de Milan, Amsterdam, Paris, Aix-en-Provence, Sydney, Vérone, Vienne, Strasbourg, Santa Fe, Dallas et San Francisco.

Le clavicorde est son maître : András Schiff

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Pour le quotidien allemand Die Welt, András Schiff explique pourquoi "Jamais cet instrument n'a été aussi précieux qu'aujourd'hui."

András Schiff est l'un des meilleurs pianistes actuels. Il commence ses journées avec Bach. Il a enregistré les oeuvres de Bach sur l'instrument qui les a vues naître.

"Daniil Trifonov et tous les autres plus grands pianistes du monde doivent probablement être très forts maintenant s'ils ne le savent pas encore, ce qui est probable. En effet, quiconque a visité la maison de Bach à Leipzig s'en doute, il n'y avait pas de place pour un Steinway D-274, un grand Bösendorfer Imperial ou un Fazioli F 308 ou tout autre piano à queue de trois bons mètres de long, sur lequel ils jouent le Clavier bien tempéré ou l'Art de la fugue, le Concerto italien et les Suites dans les salles de concert du monde entier.

Il est probable que les plafonds de la maison de Bach auraient également capitulé devant un Steinway/BösendorferMFazioli : un tel Grand Piano pèse en effet bien 500 kilos. Et les nerfs des voisins aussi, lors des crises de composition nocturnes.

Le Clavier bien tempéré a été créé sur une boîte probablement rectangulaire et insignifiante. Pas grand, pas cher, facile à accorder, facile à transporter, silencieux, l'instrument idéal pour la maison et l'enseignement. Un truc qui claque délicieusement, qui chante délicieusement, basé sur le système de jeu de l'un des plus anciens instruments de musique qui soit, le monocorde. Et cela sonne comme si, à l'intérieur -poussés par la pression des touches- quelques minuscules frappeurs s'agitaient entre les cordes. Elles tapotent, caressent et réagissent de manière très fine à ce que le pianiste fait avec ses doigts.

Le clavicorde est le nom de cette chose. Jusqu'au milieu du 18e siècle et un peu plus tard, il était assez populaire. Pour tous ceux qui jouaient au clavier, c'était la "première grammatica", comme l'écrivait le célèbre lexicographe musical Johann Gottlieb Walther en 1732. Selon Walther, celui qui peut le faire sur le clavicorde peut aussi le faire "sur les épinettes, les clavicymbales, les régales, les positifs et les orgues".

 

Alistair Coleman en résidence

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Young Concert Artists (YCA) a nommé le compositeur Alistair Coleman compositeur en résidence pour 2023.
Il a été sélectionné parmi 150 candidats, dont quatre autres finalistes : Bobby Ge, Luke Haaksma, Hannah Ishizaki et Max Vinetz.

Au cours de son mandat, il recevra une allocation de 18 000 $ pour écrire trois commandes qui seront créées lors des prochains concerts. Il recevra également un contrat de gestion globale de trois ans.

Alistair Coleman étudie actuellement pour une maîtrise avec Richard Danielpour, Nick DiBerardino, Jonathan Bailey Holland, Amy Beth Kirsten et Steven Mackey au Curtis Institute, où il a également obtenu son diplôme de premier cycle.

Parmi ses commandes récentes, mentionnons un concerto pour le violoniste Soovin Kim, un concerto pour le violoncelliste Zuill Bailey, lauréat d’un prix Grammy, et une sonate pour Joseph Alessi, tromboniste solo de l’Orchestre Philharmonique de New York.
Il a également récemment collaboré avec Midori et Ida Kavafian pour écrire une pièce solo pour les violonistes auditionnant à Curtis.

Concours de musique de chambre Plowman 2023, le palmarès

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Le Concours de musique de chambre Plowman 2023 a eu lieu ce week-end à Columbia, Missouri.
L’événement biennal est organisé en l’honneur de Janice Plowman, membre de la communauté de Columbia, qui a consacré sa vie à l’éducation et aux arts.
Il comporte deux catégories de musique de chambre : "Piano & Strings et Brass" et "Woodwinds & Percussion". 

Le grand prix de 5 000 $ US a été attribué au Trio Menil qui a  reçu aussi le prix Odyssey Chamber Music Series, d’une valeur de 2000 $, et l’occasion de se produire dans la série de musique de chambre Odyssey 2024, à Columbia, Missouri.

Composé du pianiste Jonathan Mak, étudiant à la Shepherd School of Music de l’Université Rice, du violoniste Jeongwon Claire An et du violoncelliste David Dietz, le trio a travaillé avec James Dunham, Paul Kantor, Jon Kimura Parker, Virginia Weckstrom et Kathleen Winkler.

Le Trio Menil fait partie du programme "Young Artist de DACAMERA", où ils tiennent des ateliers d’intégration musicale dans des écoles publiques et privées de Houston et présentent des concerts en collaboration avec des expositions d’art.
Le trio porte le nom de la Menil Collection -un musée et un quartier d’art au cœur de Houston dont il partage la mission d’attirer, d’éduquer et d’inspirer divers publics à travers l’art.

La première place dans la catégorie "piano/cordes" (2000 $ US- a été décernée au Quatuor à cordes Zelter.
La première place dans la catégorie "Vents/Cuivres" (2000 $ US) est allée à l’ensemble de saxophones Kodachrome Quartet.

Le Prix du public (500 $) va au Quatuor Kodachrome.

Le jury 2023 était composé de la pianiste Lucille Chung, du violoncelliste Amit Peled et du corniste Jeff Scott.

Jorge de León, Saioa Hernández et "El ángel de fuego" du Teatro Real, lauréats de la première édition des Prix Talía

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L'Académie des arts scéniques a présenté la première édition de ses prix Talía, dans lesquels elle a consacré un espace à plusieurs nominations lyriques.
Les lauréats sont :

- El ángel de fuego de Prokófiev (Calixto Bieito/Gustavo Gimeno) au Teatro Real, meilleur spectacle lyrique ;
- la soprano Saioa Hernández, meilleure interprète lyrique féminine pour son Abigaille dans Nabucco au Teatro Real ;
- le ténor Jorge de León, meilleur interprète lyrique masculin pour son Radamès dans Aida au Teatro Real.

Ont également été nominés à cette occasion le ténor Ismael Jordi, le ténor Xabier Anduaga, la soprano Yolanda Auyanet, la mezzo-soprano Nancy Fabiola Herrera et les spectacles Pelléas et Mélisande au Gran Teatro del Liceu et Juana de Arco / La doncella bienaventurada au Teatro Real.

Sergej Rachmaninow, 80 ans

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Sergei Rachmaninov est né le 1er avril 1873 à Oneg (Russie)  et décédé le 28 mars 1943 à Beverly Hills (USA)

Rachmaninov, le dernier romantique, a conquis le cœur des foules avec son Deuxième Concerto pour piano (1901). Pianiste remarquable, il reçoit une solide formation musicale au Conservatoire de Moscou auprès de Siloti (piano) et de Taneïev (composition). Passionné par le romantisme, encouragé par Tchaïkovski, les premières compositions de Rachmaninov sont principalement tournées vers la littérature pianistique, tel Chopin ou Schumann qu’il joue à la perfection.

Si ses débuts musicaux sont flamboyants, l’échec de la création de sa Première Symphonie en 1897 le plonge dans une grave dépression. Il lui faudra attendre le début du vingtième siècle pour que sa musique soit reconnue et saluée par les plus grands. Ses tournées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, où il joue -entres autres- sous la direction de Gustav Mahler, sont triomphales. En 1917, Rachmaninov quitte la Russie pour vivre alternativement entre la Suisse et les Etats-Unis.

Tempérament mélancolique, Rachmaninov laisse une œuvre poétique, brillamment écrite pour piano. Son lyrisme donne des œuvres au souffle épique tel le somptueux poème symphonique L’Ile des morts (1909) à l’incroyable expression morbide. A l’abri de l’agitation de son siècle, ce contemporain de Schoenberg ou Ravel ne semble pas avoir été touché par la modernité. L’œuvre de Rachmaninov plonge dans les racines de la Russie pour laisser des pages bouleversantes au romantisme flamboyant. Ses œuvres chorales, Liturgie de Saint Jean-Chrysostome ou les Vêpres, sont les plus beaux exemples de la profondeur de la culture slave de cet ultime romantique.