Le Journal

Ramon Carnicer, 235 ans

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Ramón Carnicer i Batlle est un compositeur et pédagogue espagnol, né à Tàrrega le 24 octobre 1789 et mort à Madrid le 17 mars 1855.

Il est le fils d'un modeste tailleur qui avait eu vingt-sept enfants de deux mariages. Il fut enfant de chœur à la cathédrale d'Urgel puis étudia la musique à Barcelone, sous la direction de Francisco Queralt et de l'organiste et compositeur barcelonais Carlos Baguer. Il séjourna longtemps à Barcelone et, après avoir passé - pour des raisons politiques -quelques années en exil à Londres, où il acquit une certaine notoriété comme compositeur, il fut directeur de la musique de la compagnie d'opéra italien du théâtre Santa Cruz et y fit représenter ses premières œuvres lyriques. En 1828, il fut nommé directeur de la musique de l'Opéra Royal de Madrid et, en 1830, professeur de composition au Conservatoire de Madrid.

Il écrivit des symphonies, des chansons, de la musique religieuse (2 messes solennelles, 2 Requiem, etc) et 9 opéras de style italien, pour la plupart sur des livrets en langue italienne. Parmi ces ouvrages lyriques qui connurent un très grand succès, citons Adela di Lusignano (1819), Elena e Constantino (1821), Elena e Malvia (1829), Don Giovanni Tenorio (1822), Cristoforo Colombo (1831), Eufemia di Messina (1832), Ismalia ossia morte ed amore (1838), tous sur des livrets de Felice Romani précédemment mis en musique par d'autres compositeurs.
En 1833, il dirigea la première exécution du Stabat Mater de Rossini dans l'église madrilène de San Felipe el Real, à la demande du compositeur italien.

Carnicer est également l'auteur de la musique de l'hymne national chilien.

Anne-Amélie de Brunswick-Wolfenbüttel, 285 ans

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Anne-Amélie de Brunswick-Wolfenbüttel (Anna Amalia von Braunschweig-Wolfenbüttel en allemand), duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach, née le  à Wolfenbüttel et morte le  à Weimar, exerça la régence pour son fils mineur de 1758 à 1775. Femme politique avisée, elle est également connue pour ses talents de pianiste et de compositrice.

Anne-Amélie est le cinquième enfant et la deuxième fille de Charles Ier, duc de Brunswick-Wolfenbüttel et de Philippine-Charlotte de Prusse. Cousine de l'impératrice Marie-Thérèse, elle est aussi une nièce du roi Frédéric II de Prusse. Son frère épousera une fille du roi d'Angleterre et sera l'auteur du fameux Manifeste de Brunswick qui, contre toute attente, provoquera le chute de la monarchie française en 1792.

La princesse étudie le clavecin et la composition auprès de Friedrich Gottlob Fleischer (1722-1806), compositeur et musicien de la cour, ainsi qu’avec le Kapellmeister Ernst Wilhelm Wolf. Apparentée aux plus puissants souverains d'Europe, elle est un parti intéressant pour les cours protestantes allemandes et épouse à 17 ans, en 1756, Ernest-Auguste II Constantin, duc de Saxe-Weimar et de Saxe-Eisenach, 19 ans, fils du duc Ernest-Auguste Ier, qui avait en son temps employé Jean-Sébastien Bach. Dès l'année suivante, elle lui donne un fils, Charles-Auguste ; elle est bientôt de nouveau enceinte mais son mari meurt avant la naissance de leur second enfant, Constantin, laissant le trône à leur fil aîné âgé de 9 mois.

Enceinte et bien qu'encore légalement mineure, elle se voit confier non seulement la tutelle de ses enfants, mais également la régence des duchés.

Elle confie l'éducation de ses fils à de grands penseurs tels que Wieland, Goethe ou Knebel qui élèvent les deux garçons dans une atmosphère libérale et humaniste.

À Weimar, elle fait encore venir les musiciens et les écrivains les plus en vue de son temps : Herder, Lichtenberg et le plus grand des écrivains Allemands, Goethe, dont elle met en musique le poème Erwin et Elmire. La première a lieu le  à Weimar. Friedländer en a écrit une réduction pour piano-chant en 1921. En 1761, elle crée la bibliothèque qui plus tard prendra son nom, et demande à Goethe d'en être le directeur. Pour retenir ces sommités à sa cour, elle leur donne des fonctions officielles : précepteur de ses enfants, intendant, etc.

En 1775, elle remet le pouvoir à son fils Charles-Auguste qui vient d'avoir 18 ans, après lui avoir donné en mariage la princesse Louise de Hesse-Darmstadt dont les sœurs aînées Frédérique-Louise et Wilhelmine-Louise ont respectivement épousé le prince héritier de Prusse (deuxième mariage) et le Tsarévitch, fils et successeur de Catherine II sous le nom de Paul 1er

En 1788, elle séjourne en Italie. Elle y rencontre Angelica Kauffmann qui fait son portrait en 1789 (Weimar, Klassik Stiftung)1, ainsi que Paisiello dont l'œuvre vocale a sur elle une certaine influence. Elle compose, aussi, une symphonie, de la musique de chambre, vocale, sacrée, un opéra et une opérette.

En 1792, la France révolutionnaire déclare à l'Europe monarchique une guerre qui durera plus de vingt ans. Son fils cadet, officier dans l'armée saxonne, meurt de dysenterie en 1793. Le duc Charles Auguste est officier dans l'armée prussienne. Soutenu par sa mère, il marie son fils à une grande-duchesse de Russie et trouve dans le tsar un protecteur puissant. En juillet 1806, La France instaure une "Confédération du Rhin" dont l'empereur Napoléon est le "Protecteur" et à laquelle les princes Allemands qui ont conservé leur souveraineté doivent adhèrer. En août, le Saint-Empire Romain Germanique est dissout par l'empereur François II. En octobre, l'armée prussienne est anéantie à la Bataille d'Iéna, ville du duché de Saxe-Weimar. Après avoir vaillamment combattu en tant qu'officier prussien, le duc Charles-Auguste ne peut que se soumettre à la volonté du vainqueur et ses états rejoignent la Confédération du Rhin le 15 décembre 1806.

La duchesse douairière s'éteint le 10 avril 1807, dans une Allemagne occupée par l'armée napoléonienne, mais qui prend conscience d'elle-même. Son fils a pu conserver ses États et elle a marié son petit-fils Charles-Frédéric à Marie Pavlovna de Russie (fille de Paul Ier et de sa seconde épouse Sophie-Dorothée de Wurtemberg). Son arrière-petite-fille Augusta, par son mariage avec Guillaume Ier de Prusse, sera la première impératrice de l'Allemagne unifiée.

C'est à partir de 1775, année de la majorité de son fils Charles-Auguste, que la duchesse Anne-Amélie de Brunswick réunit un salon littéraire, le Musenhof ; « on y discutait des livres qu'on venait de lire, des pièces de théâtre jouées, des événements musicaux de la saison, ou encore on collaborait à des journaux ou des revues de Weimar, Tiefurt ou Iéna2. » L'assemblée se réunissait au palais Wittum, qu'Anne-Amélie avait fait aménager en 1774, à la résidence d'été d'Ettersburg ou au château de Tiefurt. Le salon rassemblait aussi bien des aristocrates que des bourgeois, des courtisans, des hauts fonctionnaires, des écrivains, des artistes ou des savants. Parmi cet aréopage de beaux esprits empressés, la duchesse distinguait le poète et philosophe Christoph Martin Wieland, dont elle avait fait depuis 1772 le précepteur de ses deux fils. Au nombre des hôtes célèbres de cette coterie, on doit porter Goethe, le philosophe et théologien Johann Gottfried von Herder, directeur général de Weimar, les femmes de cour Luise von Göchhausen et la baronne Henriette von Fritsch (née baronne Wolfskeel von Reichenberg), les magistrats Friedrich Hildebrand von Einsiedel et Karl Siegmund von Seckendorff, l'écrivain et premier page de la cour Johann Karl August Musäus, le maître de danse princier Johann Adam Aulhorn, etc.

L’expression « Jardin des Muses de Weimar » (Weimarer Musenhof) a été popularisée par l’ouvrage homonyme de Wilhelm Bode. À cause de ses connotations idéalistes et élogieuses, les historiens de la littérature s'en défient aujourd'hui.

Lucas Macías succède à Marc Soustrot

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Le conseil d'administration du Real Orquesta Sinfónica de Sevilla (ROSS) a rendu effective la nomination de Lucas Macías (Huelva, 1978) en tant que nouveau chef principal de l'orchestre.

Macías, choisi sur proposition du directeur général du ROSS, Jordi Tort, signera prochainement le contrat qui le liera à l'orchestre symphonique pour les trois prochaines saisons, prolongeables pour deux autres, et son incorporation aura lieu en septembre de l'année prochaine.

Lucas Macías occupe ainsi le poste laissé vacant par le maestro français Marc Soustrot à la fin de la saison dernière.

Depuis 2018, le maestro originaire de Huelva est chef principal de l'Oviedo Filarmonía, poste qu'il cumule avec la direction artistique de l'Orquesta Ciudad de Granada.

Roberto Rizzi Brignoli reste à Mannheim

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Le directeur musical du Théâtre national de Mannheim, Roberto Rizzi Brignoli, reste en poste jusqu'en 2028. Mardi, l'Italien d'origine a prolongé de deux saisons supplémentaires son contrat de trois ans en cours, comme l'a annoncé le théâtre. Le directeur de l'opéra, Albrecht Puhlmann, a déclaré qu'il avait ainsi pu continuer à engager un chef d'orchestre de renommée internationale et assurer la continuité artistique.

Brignoli a déclaré qu'il était très heureux de poursuivre et d'approfondir la collaboration avec l'orchestre du Théâtre national, la troupe d'opéra et le chœur. « Je suis également très impatient de découvrir la nouvelle salle de spectacle provisoire 'Oper am Luisenplatz' depuis le pupitre et de la remplir de musique », a-t-il ajouté. Le 9 novembre, Brignoli dirigera la première de l'opéra La traviata de Giuseppe Verdi à l'« OPAL ».
Le théâtre des quatre sections, inauguré en 1957, fait l'objet d'une rénovation générale depuis août 2022. La salle de spectacle de remplacement pour le théâtre musical n'a pu entrer en service qu'il y a dix jours, le 12 octobre 2024. L'entreprise de construction responsable avait déposé le bilan fin 2022. Entre-temps, le théâtre s'est contenté de l'Alte Schildkrötfabrik à Mannheim-Neckerau, qui n'offrait toutefois de la place que pour du théâtre musical en petite formation. Les travaux de rénovation de la maison mère doivent durer jusqu'à la saison 2028/29.

Robert Neumann remporte le Concours de piano NTD

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Le pianiste allemand Robert Neumann, 23 ans, a remporté la Médaille d'Or au 7e Concours international de piano NTD au Kaufman Music Center de New York. Le concours international de piano fait partie d'une série d'événements culturels et artistiques internationaux parrainés par le réseau de télévision NTD.

Neumann a reçu le prix de la découverte de l'ICMA en 2017. En 2018, le jury du SWR a choisi Robert comme nouveau talent du SWR.

Shih-Yeh Lu, Taïwan, a remporté la Médaille d'Argent, Tang Hsing Lien, Taïwan, la Médaille de Bronze. Robert Neumann a également reçu le prix de la meilleure interprétation de la composition commandée.

David Chan, directeur artistique de la Taipei Music Academy & Festival

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Le violon solo du Metropolitan Opera de New York, David Chan, a été nommé directeur artistique de la Taipei Music Academy & Festival jusqu'en 2028.
Les parents de David Chan sont originaires de Taïwan. Il déclare : « Contribuer à l'éducation musicale et aux échanges culturels internationaux à Taïwan est une chose à laquelle j'ai toujours aspiré ».
Le festival a également annoncé la nomination de Fabio Luisi à la tête de son orchestre. Il déclare : « Je suis ravi que David ait été nommé directeur artistique du TMAF. David est un musicien fantastique et une personne formidable, et je soutiens et salue pleinement cette décision.
David Chan en est à sa 24e saison en tant que premier violon du Met.

 

Robert Merrill, 20 ans

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Robert Merrill (Brooklyn,  - New Rochelle, ) est un baryton américain, qui jouit d'une longue et brillante carrière au Metropolitan Opera de New York.

Il étudie d'abord avec sa mère, Lillian Miller, une chanteuse qui abandonna sa carrière après son mariage, puis avec Samuel Margolis. Il débute en 1943 à Trenton, en Amonasro, et au Metropolitan Opera, en 1945, en Germont, où il défendra avec brio pendant près de trente ans les grands rôles du répertoire italien et français.

À la fin des années 1950 et au début des années 1960, il apparaissait régulièrement sous la direction d'Alfredo Antonini au Lewisohn Stadium à New York. Merrill a chanté des airs du répertoire d'opéra italien pour la populaire série de concerts "Italian Night" pour le public de plus de 13,000 invités1,2,3,4.

Bien que la majeure partie de sa carrière se déroula au Met, il chanta aussi aux Opéras de San Francisco et Chicago. À l'étranger il parut au Palais Garnier (Figaro) et au Royal Opera House de Londres (Germont) en 1967.

Voix de bronze, solide et infatigable, Merrill était surtout réputé pour les rôles de baryton-Verdi. Il enregistra La traviata et Un ballo in maschera, sous la direction d'Arturo Toscanini.

Merrill fut brièvement marié à la soprano Roberta Peters en 1952.

Décès de Janusz Olejniczak

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Le musicien et professeur polonais Janusz Olejniczak, qui a joué les parties de piano dans le film oscarisé Le Pianiste en 2002, est mort à l’âge de 72 ans.

L'annonce souligne que « sa sensibilité musicale extraordinaire, en particulier dans les interprétations de la musique de Frédéric Chopin, lui a valu une renommée et une reconnaissance internationales ».

Aleksander Laskowski, porte-parole de l’Institut national Frédéric Chopin, a affirmé que le personnel était « profondément attristé » par la mort d’Olejniczak.

Laskowski le décrit comme « l’un des interprètes contemporains les plus remarquables de la musique de Chopin », et un excellent professeur.

La carrière internationale d’Olejniczak a été lancée en 1970 lorsqu’à seulement 18 ans, il a été lauréat du 8e Concours international de piano Frédéric-Chopin à Varsovie. Les commentateurs ont dit qu’il présentait une ressemblance physique avec le compositeur de l’époque romantique, un trait qui a même conduit Olejniczak à jouer le rôle de Chopin dans le film La Note bleue de 1991 du réalisateur Andrzej Zulawski.

En 2002, Olejniczak a enregistré les parties de piano du film Le Pianiste de Roman Polanski. On peut voir ses mains jouer du piano dans le film, pour lequel Polanski a remporté l’Oscar du meilleur réalisateur et Adrien Brody celui du meilleur acteur.

Olejniczak a également interprété de la musique contemporaine, notamment du célèbre compositeur polonais Wojciech Kilar.

Né le 2 octobre 1952 à Wroclaw, Olejniczak a commencé ses études de piano à l’âge de 6 ans. Il a étudié à Varsovie, Paris et Essen.

Pendant de nombreuses années, il a fait partie du jury des Concours de piano de Chopin.

Le Prix Curt-Taucher 2024

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La mezzo-soprano ukrainienne Nicole Chirka reçoit cette année le Prix Curt-Taucher pour les jeunes talents de la Fondation pour la promotion de l'opéra Semper de Dresde. La remise de ce prix doté de 10.000 euros aura lieu mi-novembre dans le cadre du concert annuel des lauréats à l'Opéra Semper. Lors du concert des lauréats, Chirka sera rejointe par d'autres jeunes artistes d'opéra et de ballet, dont Menna Cazel, Tuuli Takala et Jelena Kordic.

Nicole Chirka a étudié à l'Académie nationale de musique d'Ukraine Pierre Tchaïkovski à Kyiv. Depuis la saison 2023-24, elle est membre permanent de l'ensemble du Semperoper, où elle a récemment fait ses débuts dans Elektra et Otello et où on peut encore la voir cette saison dans les reprises de La traviata, La flûte enchantée, Hansel et Gretel, Eugène Onéguin.

La fondation Semperoper s'est engagée à promouvoir l'opéra Semper de Dresde. Créée en 1992 par le sénateur h. c. Rudi Häussler, les donateurs ont déjà pu rassembler près de 20 millions d'euros qui ont été utilisés pour des projets de l'opéra de Dresde. Le prix d'encouragement de la fondation Semperoper pour les chanteurs de grand talent est dédié à la mémoire du ténor wagnérien Curt Taucher, qui a connu une renommée internationale dans les années 1920 et 1930. Ce prix est décerné tous les deux ans à de jeunes talents artistiques exceptionnels.

Nadia Boulanger, 45 ans

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Juliette Nadia Boulanger, née le 16 septembre 1887 à Paris et morte le 22 octobre 1979 dans la même ville est une pédagogue, pianiste, organiste, cheffe de chœur, cheffe d'orchestre et compositrice française. Elle est la sœur aînée de la compositrice Lili Boulanger.

Ayant su mobiliser des méthodes et des techniques modernes, Nadia Boulanger a été durant plus de 70 ans l'un des professeurs de composition les plus influents du XXe siècle, comptant parmi ses quelque 1 200 élèves plusieurs générations de compositeurs, tels Aaron Copland, George Gershwin, Michel Legrand, Lalo Schifrin, Astor Piazzolla, Quincy Jones et Philip Glass (pour ne citer que ses élèves américains ou influencés par l'Amérique). Son activité musicale est étroitement liée à celle du Conservatoire américain de Fontainebleau, qu'elle dirige de 1949 jusqu'à la fin de sa vie.

Nadia Boulanger est née dans une famille comptant quatre générations de musiciens. Elle est la fille du compositeur et pianiste français Ernest Boulanger (1815-1900) et de son épouse, la princesse russe Raïssa Ivanovna Mychetsky (1856-1935), une jeune cantatrice. Il rencontre Raïssa Ivanovna Mychetsky en Russie en 1873, elle le suit à Paris et rejoint sa classe de chant au Conservatoire en 1876. Ils se marient en Russie en 1877, Ernest a alors 62 ans et Raïssa 21. Après une première fille, décédée en bas âge, naissent Nadia, en 1887, puis Lili, en 1893. Le couple Boulanger a 4 enfants, dont deux sont morts en bas âge.

Nadia Boulanger naît le jour du 72e anniversaire de son père. Encouragée par celui-ci, elle commence à étudier l’orgue et la composition à l'âge de neuf ans. Élevée dans une famille mêlant aristocratie et élite intellectuelle parisienne, elle côtoie en grandissant le milieu du Paris musical et mondain de l’époque ; le salon familial est fréquenté par Gabriel Fauré, proche ami des Boulanger, Charles Gounod, Camille Saint-Saëns, ou encore Raoul Pugno, dont elle tombe éperdument amoureuse.

En 1903, elle devient organiste suppléante de Gabriel Fauré, puis d’Henri Dallier à l'orgue de l'église de la Madeleine. Au Conservatoire de Paris, elle est élève de Louis Vierne et fait une scolarité brillante. Elle suit parallèlement les cours de Georges Enesco et de Maurice Ravel.

À seize ans, elle obtient les premiers prix d’orgue, d’accompagnement et de composition. En 1908, elle remporte un deuxième second grand prix de Rome de composition musicale.

En décembre 1915, grâce au soutien du Comité franco-américain du Conservatoire national de musique et de déclamation, elle fonde avec sa sœur Lili la Gazette des Classes de Composition du Conservatoire, qui permet aux musiciens engagés dans la guerre d'échanger des nouvelles réciproques. Dix numéros sont publiés, jusqu'en juin 1918.

En 1918, sa sœur Lili Boulanger meurt prématurément à l’âge de vingt-quatre ans3. Compositrice comme Nadia, elle laisse une œuvre importante. Nadia Boulanger déclare qu’elle ne composera plus et se consacrera à la direction musicale, la diffusion de l’œuvre de sa sœur et, surtout, à la pédagogie. Elle mène son impressionnante carrière de professeur jusqu’à sa mort en 1979, à l'âge de 92 ans.

Elle vivait 36 rue Ballu (9e arrondissement de Paris) où elle donnait ses cours. En 1970, la voie située devant le bâtiment est renommée place Lili-Boulanger puis, en 2021, place Lili-et-Nadia-Boulanger.

Nadia Boulanger est professeure du Conservatoire américain de Fontainebleau dès la création de celui-ci en 1921, et directrice de 1948 jusqu'à sa mort en 1979. Dès la première session, elle établit sa réputation de remarquable professeur tant elle semble tout connaître de l’harmonie et de la tonalité occidentales. Au cours de sa longue carrière, les milliers d’étudiants qui viennent de l’étranger pour assister à ses cours sont captivés par son talent, ses connaissances et sa philosophie : « Je suis votre degré de tension le plus élevé, disait-elle. Écoutez-le en vous-même ».

Restée toute sa vie célibataire, « Mademoiselle » (c'est ainsi qu'on l'appelait) était très croyante et catholique pratiquante tout en étant le pilier du salon musical et mondain des époux Dujarric.

En 1907, Nadia Boulanger est nommée professeure de piano et d'accompagnement au Conservatoire Femina-Musica nouvellement créé. L'année suivante, elle forme avec Raoul Pugno un duo de pianos qui se produit à de nombreuses reprises.

En 1924, lors d'un séjour à New York, elle interprète des œuvres pour orgue solo de sa sœur Lili, et elle crée une nouvelle symphonie d'Aaron Copland pour orgue et orchestre, qui lui est dédiée.

En 1936, Nadia Boulanger remplace Alfred Cortot dans certains de ses cours magistraux de piano et d'accompagnement dans des œuvres pour clavier de Mozart.

De retour d'Amérique, elle revient en France en janvier 1946. Elle accepte un poste de professeure d'accompagnement au piano au Conservatoire de Paris.

C'est en avril 1912 que Nadia Boulanger fait ses débuts comme chef d'orchestre, dirigeant l'orchestre de la Société des Matinées musicales qui interprète sa cantate La Sirène, deux de ses chants, et le Concertstück de Raoul Pugno pour piano et orchestre. Le compositeur joue en tant que soliste. En 1919, elle se produit dans plus d'une vingtaine de concerts, jouant souvent sa propre musique et celle de sa sœur.

En février 1934, au milieu de la grève générale, elle fait ses débuts à Paris avec l'orchestre de l'École normale dans un programme de Mozart, Bach et Jean Françaix. À la fin de l'année, elle dirige l'Orchestre Philharmonique de Paris au Théâtre des Champs-Élysées avec un programme Bach, Monteverdi et Schütz. En 1936, elle est la première femme à diriger l'Orchestre Philharmonique de Londres. En novembre 1937, elle est la première femme à diriger un concert complet de la Royal Philharmonic Society de Londres, qui joue alors le Requiem de Fauré et Amor (Lamento della ninfa) de Monteverdi. Puis c'est le tour de l'Orchestre Symphonique de Boston, en 1938. Durant trois mois, elle donne plus d'une centaine de récitals-causeries, des récitals et des concerts. Elle crée le Dumbarton Oaks Concerto de Stravinsky et le Concerto pour piano en ré de Jean Françaix. Elle dirige également l'Orchestre Philharmonique de New York, au Carnegie Hall, l'Orchestre de Philadelphie et l'Orchestre Symphonique national de Washington.

En 1956, elle organise la musique pour le mariage du Prince Rainier III de Monaco et de l'actrice américaine Grace Kelly. En 1962, elle se rend en Turquie où elle dirige des concerts avec sa jeune protégée Idil Biret.

Nadia Boulanger affirmait apprécier toute « bonne musique ». Selon Lennox Berkeley, Nadia considérait qu'une bonne valse a tout autant de valeur qu'une bonne fugue, et cela est parce qu'elle juge une œuvre uniquement sur son contenu esthétique. Elle avait des goûts très éclectiques. Admiratrice de Debussy et disciple de Ravel, elle n'appréciait pas Schoenberg et les dodécaphonistes viennois. En revanche, elle était une ardente défenseuse de Stravinsky.

Nadia Boulanger acceptait les élèves de tous les milieux. Son seul critère était qu'ils aient envie d'apprendre. Elle traitait les étudiants différemment selon leurs capacités. Ses étudiants les plus doués devaient répondre aux questions les plus rigoureuses et bien jouer en situation de stress. Les élèves moins doués, qui n'avaient pas l'intention de suivre une carrière musicale, étaient traités avec plus d'indulgence. Elle avait pour chaque élève une approche différente et essayait de comprendre le don naturel de chacun. Elle utilisait une variété de méthodes d'enseignement, y compris l'harmonie traditionnelle, la lecture de partitions au piano, le contrepoint, l'analyse musicale et le solfège.

Elle a toujours affirmé qu'elle ne pouvait pas donner la créativité à ses élèves. Elle estimait que le désir d'apprendre, de devenir meilleur, était tout ce qui était nécessaire pour atteindre l'excellence. Elle citait les exemples de Rameau (qui a écrit son premier opéra à cinquante ans), Wojtowicz (qui est devenu pianiste de concert à trente et un ans) et Roussel (qui a commencé son apprentissage de la musique à vingt-cinq ans), à contre-courant de l'idée selon laquelle les grands artistes doivent toujours être des enfants surdoués.

Sa mémoire était prodigieuse : à douze ans, elle jouait l'ensemble du Clavier bien tempéré de Bach par cœur. Elle connaissait la musique la plus ancienne et celle de son temps, avant Bach et après Stravinsky. Elle pratiquait la transposition harmonique, la réalisation de basse chiffrée, la lecture à vue de partitions, les registrations d'orgue, connaissait les différentes techniques instrumentales, pratiquait l'analyse structurelle, ainsi que la fugue d'école et la fugue libre, les modes grecs et le chant grégorien.

Son abondante correspondance est conservée à la Bibliothèque nationale de France.