Le Journal

"Inori" de Karlheinz Stockhausen, 50 ans

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Inori est une composition pour un ou deux solistes et grand orchestre du compositeur allemand Karlheinz Stockhausen, écrite en 1973-1974.

Elle porte le numéro 38 dans le catalogue des œuvres du compositeur.

L’œuvre est créée le 18 octobre 1974 à Donaueschingen, en Allemagne, par Alain Louafi et l'Orchestre de la radio SWF sous la direction du compositeur.

 

"5e Symphonie" de Gustav Mahler, 120 ans

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La Symphonie no 5 en do dièse mineur de Gustav Mahler a été composée entre 1901 et 1902. Elle est contemporaine notamment des Kindertotenlieder et partage le même caractère funèbre, peut-être en rapport avec les graves problèmes de santé du musicien. La partition fut ensuite révisée à plusieurs reprises, la dernière étant de 1911. La première eut lieu cependant à Cologne le 18 octobre 1904 avec un succès très mitigé.

La partition a été éditée en 1904 par les Edition Peters à Leipzig. Une seconde "Nouvelle édition", incorporant les révisions que Mahler a faites en 1904, est apparue en 1905. Les révisions finales faites par Mahler en 1911 ne semblent pas avoir été publiées jusqu'en 1964 (éd. Ratz), lorsque la partition a été re-publiée dans l'édition complète des œuvres de Mahler. En 2001, les Edition Peters ont publié une nouvelle version révisée (éd. Kubik) dans le cadre de la nouvelle série Édition complète critique. Cette édition est l'édition la plus précise à ce jour. Les éditions précédentes ne sont plus disponibles.

Histoire

Une hémorragie intestinale presque fatale en février 1901 confronte Mahler à sa propre mort. Plus rien n'est comme avant, un changement radical dans son style, dans sa narration musicale s'impose, mettant fin à sa période « Wunderhorn » et commençant sa période « Rückert , du nom du cycle de lieder qu'il met en musique cette même année. La marche funèbre (Trauermarsch) qui ouvre l'œuvre est donc sa propre marche, résignée, vers la mort. Toutefois, la structure générale de la symphonie, du sombre rythme de marche jusqu'au climax victorieux du choral dans le Rondo-Finale, montre une victoire face à la mort, un renouveau face à la fatalité.
La rencontre puis le mariage avec Alma Schindler pendant la composition de la Symphonie n'y est peut-être pas étrangère : l'Adagietto serait en effet, selon une source de l'entourage du compositeur, une lettre d'amour en musique destinée à Alma (le compositeur n'a cependant laissé aucune note ou lettre permettant de confirmer cette hypothèse).

Le film « Mort à Venise » (1971) de Luchino Visconti a contribué à faire connaitre l'Adagietto de cette symphonie au grand public.

 

"Maria Stuarda" de Gaetano Donizetti, 190 ans

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Maria Stuarda est un drame lyrique en deux actes sur un livret de Giuseppe Bardari, créé dans une version remaniée au Teatro San Carlo de Naples le 18 octobre 1834 sous le titre Buondelmonte, et dans la version originale, sous son titre original, à la Scala de Milan, le 30 décembre 1835 (avec la Malibran dans le rôle-titre). C'est le deuxième des opéras de Donizetti où apparaît la reine Élisabeth Ire d'Angleterre -le premier étant Elisabetta al Castello di Kenilworth (1829) et le troisième Roberto Devereux (1837).

La composition de Maria Stuarda se situe en 1834, c'est-à-dire après Anna Bolena (1830) et Lucrezia Borgia (1833) et avant Lucia di Lammermoor (1835). Au printemps de 1834, Donizetti, alors âgé de 37 ans, fut approché par le Teatro San Carlo de Naples pour composer un nouvel opéra et songea à prendre pour point de départ le drame de Schiller « Maria Stuart » (1800), qu'il avait vu représenter en italien à Milan.

Donizetti proposa le sujet à Felice Romani, mais en l'absence de réponse de celui-ci, il dut se rabattre sur un très jeune poète de 17 ans, Giuseppe Bardari, dont ce fut au demeurant le seul ouvrage lyrique. Bardari suivit assez étroitement la pièce de Schiller. En particulier, dans les deux ouvrages, la reine Marie Stuart n'apparaît qu'à l'acte II et la scène de la rencontre entre les deux reines -aussi célèbre que tout à fait imaginaire sur le plan historique- se retrouve dans l'un et l'autre. Donizetti passa l'été à composer et à orchestrer son opéra et les répétitions commencèrent en septembre.

La censure napolitaine prit ombrage de la scène de l'acte II dans laquelle Marie Stuart traite Élisabeth Ire de bâtarde et s'inquiéta probablement aussi, en cette époque où la fièvre révolutionnaire agitait l'Europe, de voir monter sur l'échafaud, à la fin de l'opéra, la reine d'Écosse dont la souveraine de Naples, Marie-Christine de Savoie, était la descendante. L'ouvrage fut interdit au lendemain de la générale, qui fut houleuse puisque les deux prime donne rivales, Giuseppina Ronzi de Begnis et Anna del Serre, en vinrent aux mains dans la fameuse scène de l'acte II et l'on dut emmener del Serre évanouie.

Pour sauver l'ouvrage, il fallut l'adapter à un autre livret, dû à Pietro Saladino, sous le titre Buondelmonte, dont l'action se situe à Florence au XVe siècle. Donizetti réemploya l'essentiel de la musique de Maria Stuarda mais dut procéder à des adaptations qui le rendirent fort mécontent : en marge de la partition, il écrit : « mais c'est laid ! ». C'est sous cette forme qu'eut lieu la première napolitaine le 18 octobre 1834. Refusant tout changement ultérieur il s'exclame : « Faites-le vous-même et puissiez-vous vivre cent ans ! ».

L'année suivante, la célèbre mezzo-soprano Maria Malibran impose la création de l'œuvre originale à la Scala de Milan en ignorant les prescriptions de la censure. La première a lieu le 30 décembre 1835. Donizetti tente alors sa dernière chance de mener son opéra sur le chemin du succès. Le compositeur a eu beau adapter le rôle principal pour la Malibran, améliorer les récitatifs, enrichir certaines scènes et remplacer le court prélude par une ouverture plus développée, ce soir-là, la flamme de la célèbre cantatrice est vacillante. Elle n'est pas en forme et s'obstine à chanter malgré une sévère indisposition pour ne pas abandonner son cachet considérable. Elle ruine la représentation. Après six représentations, le public montre un certain enthousiasme pour l'œuvre mais cette dernière, interdite par les autorités municipales, doit être retirée. Réalisant l'impossibilité d'interpréter l'œuvre en Italie, une première à Londres est planifiée mais la mort prématurée de la Malibran en 1836, à l'âge de 28 ans, fait avorter le projet.

Pendant tout le XIXe siècle, il y eut quelques productions de Buondelmonte et une de Maria Stuarda à Naples en 1865. L'ouvrage tomba alors dans l'oubli avant d'être ressuscité par le chef d'orchestre Oliviero De Fabritiis, dans sa version originale, en 1958 au Teatro Donizetti de Bergame, ville natale du compositeur. Il fut représenté pour la première fois à Londres le 1er mars 1966 mais c'est l'exécution de Giogio de Lullo au Maggio Musicale en 1967 qui marque le début du succès (les costumes et les décors sont de Pier Luigi Pizzi qui a également signé la mise en scène ainsi que les décors et costumes de la représentation de 2008 à la Scala). Leyla Gencer et Shirley Verrett se partagent les parties des deux souveraines. À partir de ce moment, l'opéra connaît un succès triomphal. Les meilleures cantatrices ont relevé les défis vocaux et dramatiques que représentent les deux rôles principaux de l'œuvre.

Le manuscrit de Maria Stuarda qu'on croyait perdu a été retrouvé. Une étude critique a été entreprise et a été utilisée pour la production en deux actes de Bergame en 1989. Outre la partition orchestrale complète, Donizetti avait réalisé une réduction pour voix et piano. Les deux versions existaient encore en 1865, année où l'opéra disparut du répertoire au XIXe siècle. Il existe au moins quatre partitions manuscrites non autographes ainsi que plusieurs versions de la partition napolitaine. Ces différentes versions comportent d'importantes et nombreuses variantes.

 

Nelson Freire, 80 ans

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Nelson Freire est un pianiste classique brésilien, né le  à Boa Esperança et mort le  à Rio de Janeiro.

Nelson Freire est un enfant prodige dont le talent contraint ses parents à déménager pour Rio de Janeiro. Il y étudie le piano dès l'âge de cinq ans avec Nise Obino et avec Lucia Branco, une élève d’Arthur de Greef, l’élève de Franz Liszt, dans ce qui est alors la capitale de l'État fédéral du Brésil. Il joue en public dès la petite enfance, mais fort peu, ses parents et ses professeurs le protégeant de toute exploitation.

En 19577e place au Concours international de Rio et plus jeune lauréat, il se distingue grâce à la radiodiffusion du Concerto l'Empereur de Beethoven qu’il interprète à douze ans lors des épreuves du concours. Il enregistre un disque Chopin comportant la Quatrième Ballade et obtient une bourse du président du Brésil pour aller étudier à Vienne avec Bruno Seidlhofer, qui fut aussi le professeur de Friedrich Gulda. Dans la capitale autrichienne, il fait la connaissance de Martha Argerich, qui deviendra par la suite sa grande amie et avec laquelle il forma un duo qui exista jusqu'à la fin de sa vie.

En 1962, Nelson Freire rentre au Brésil, sans avoir gagné de concours. Déprimé, il ne peut plus jouer que quatre ou cinq mesures d’un morceau avant de s’arrêter. C’est d’un ami, avec qui il parvient à faire du quatre-mains, qu'arrive le déclic : il lui offre la partition des deux Rhapsodies de Brahms. Freire les joue toutes les deux, du début à la fin : il est guéri. Freire vouait depuis sa prime adolescence un culte au compositeur allemand.

À vingt ans, Nelson Freire reçoit la médaille Dinu Lipatti à Londres de la part de la pianiste britannique Harriet Cohen, qui était membre du jury du Concours Reine Elisabeth l’année précédente, où il n'avait pas dépassé le premier tour des éliminatoires. Sur les conseils des pianistes Anna Stella-Schic et Arnaldo Estrella, il se présente au Concours Vianna-da-Motta à Lisbonne dont il remporte le premier prix (ex-aequo avec le Soviétique Vladimir Krainev). En 1972, c’est la première récompense discographique : le Prix Edison pour l’enregistrement des Préludes de Chopin.

Pendant deux décennies, Nelson Freire se produit dans le monde entier, fait de nombreuses tournées avec orchestre, mais prend ses distances avec l’enregistrement de disques, mais laisse publier quelques CD captés en public. Il partage sa vie entre le Brésil et Paris et joue dans le monde entier. Il a enregistré pour diverses maisons de disques dont Philips et Deutsche Grammophon, et en exclusivité pour CBS, Teldec et Decca.

Nelson Freire a toujours dit avoir été influencé par les géants du passé tels Sergueï Rachmaninov et Walter Gieseking, tout en citant son amie Martha Argerich comme la meilleure pianiste de sa génération.

Nelson Freire meurt à 77 ans, le , à Rio de Janeiro.

Doté d’une aisance technique qui lui permet de surmonter les difficultés des partitions, ses interprétations allient poésie, raffinement, grâce, sensibilité, tout en respectant scrupuleusement les indications des compositeurs. Son répertoire va de Bach à la musique brésilienne de son temps, avec une prédilection pour Chopin, Schumann, Beethoven...

Viktor Ullmann, 80 ans

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Viktor Ullmann est né le 1er janvier 1898 à Teschen. À partir de 1909, il fréquente un lycée à Vienne. Là, il eut rapidement accès à Arnold Schönberg et à son cercle d'élèves.
Début octobre 1918, il fut admis au séminaire de composition de Schönberg. Avec Schönberg lui-même, il étudia la théorie des formes, le contrepoint et l'orchestration. Ullmann était un excellent pianiste, mais n'avait pas d'ambition pour une carrière de soliste. En mai 1919, il quitta Vienne pour devenir chef d'orchestre au Nouveau Théâtre Allemand de Prague sous la direction d'Alexander von Zemlinsky jusqu'en 1927. En 1923, les 7 Lieder avec piano marquent le début d'une série de créations réussies de ses compositions, qui se poursuivront jusqu'au début des années 1930 (« Sept sérénades »). Avec les Variations Schönberg, un cycle pour piano basé sur un thème de Schönberg, il se fait remarquer en 1929 lors de la Fête de la musique de Genève organisée par la Société internationale de musique nouvelle. Cinq ans plus tard, il reçut le prix Emil Hertzka pour la version orchestrale de cette œuvre. De 1929 à 31, Ullmann est chef d'orchestre et compositeur de musique de scène au Schauspielhaus de Zurich. Au cours des deux années suivantes, inspiré par Rudolf Steiner, il dirige une librairie anthroposophique à Stuttgart, mais à partir du milieu de l'année 1933, il vit à nouveau à Prague en tant que professeur de musique et journaliste. En 1942, Ullmann est déporté par les nazis dans le ghetto de Theresienstadt, où il compose comme jamais auparavant, malgré les conditions inhumaines de détention. Le 16 octobre 1944, Ullmann a été déporté avec Pavel Haas et Hans Krása à Auschwitz-Birkenau et assassiné peu après son arrivée. La plus grande partie de son œuvre après la déportation est cependant malheureusement considérée comme perdue.

Hans Krása, 80 ans

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Hans Krása, né le  à Prague et mort le  à Auschwitz, est un compositeur tchéco-allemand.

Son père est avocat, et est issu d’une famille tchèque. Sa mère est issue d'une famille allemande.

Hans Krása étudie la composition à l'Académie allemande de musique et d'arts décoratifs à Prague avec Alexander von Zemlinsky. À la fin de ses études, il suit son professeur à Berlin. Après des séjours d'étude en France comme élève d'Albert Roussel, il travaille comme chef de chœur au Nouveau théâtre allemand à Prague.

En 1921, il obtient son premier succès comme compositeur avec les Lieder avec orchestre opus 1 sur des textes de Christian Morgenstern. En 1938, Hans Krása écrit l'opéra pour enfant Brundibár à l'occasion d'un concours du Ministère de l'enseignement et de l'éducation populaire, sur un livret d'Adolf Hoffmeister.

En 1939, suite à l'invasion de la Pologne par le Troisième Reich, les activités musicales deviennent interdites aux Juifs. Ainsi, l'opéra Brundibár ne peut être joué. Malgré tout, à l'hiver 1942, la première est donnée clandestinement dans un orphelinat juif. Quelques mois plus tard, les enfants de l'orphelinat sont déportés, avec le directeur de l’institution, au camp de concentration de Theresienstadt. C'est lui qui apporte la partition dans le camp.

Le , Hans Krása est déporté au camp de concentration de Theresienstadt. Il récupère la partition de Brundibár et l'adapte pour les instruments à sa disposition dans le camp. L'opéra pour enfants y sera donné 55 fois pour le public tchèque.

Dans le camp, il sera marié quelques mois avec Eliška Kleinová, sœur de Gideon Klein, pour empêcher sa déportation en tant que femme seule.

Dans la nuit du , Hans Krása est déporté vers Auschwitz. Il meurt dans la chambre à gaz dès son arrivée.

Egil Hovland, 100 ans

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Egil Hovland est un compositeur norvégien, né à Råde le  – mort à Fredrikstad le .

Après avoir été l'élève d'Arild Sandvold et de Bjarne Brustad au Conservatoire d'Oslo, il étudie auprès de Vagn Holmboe à Copenhague, d'Aaron Copland à Tanglewood, et de Luigi Dallapiccola à Florence. Il est organiste et chef de chœur à Fredrikstad à compter de 1949.

Il a composé un grand nombre d'œuvres de musique pour chœur, orchestre (deux symphonies, un concerto pour trompette et cordes), formation de chambre, et a également écrit pour l'orgue et le piano (Variations pour deux pianos). Hovland est l'un des compositeurs de musique sacrée les plus réputés de Norvège ; il a notamment composé un Te Deum, un Gloria et un Magnificat. Il a écrit dans différentes styles : romantique norvégien, grégorien, néo-classique, dodécaphonique, aléatoire et sériel. Son œuvre lui a valu d'être fait chevalier dans l'ordre de Saint-Olaf.

Grzegorz Fitelberg, 145 ans

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Grzegorz Fitelberg est né dans une famille juive (le père Hozjasz Fitelberg, la mère Matylda Pintzof, la sœur Leja Wacholder, (1881-1941), ont tous été assassinés pendant l'Holocauste) à Daugavpils, dans l'Empire russe (actuelle Lettonie). Entre 1906-07, il se produit plusieurs fois à la Philharmonie de Berlin.

Après ses études de violon et de composition, il est engagé comme violoniste à l'Orchestre Philharmonique de Varsovie jusqu'en 1904. Puis il se consacre à la direction d'orchestre à Berlin, puis d'opéras à Vienne, au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg et au Théâtre Bolchoï de Moscou.

Il dirige les Ballets russes de 1921 à 1924 à la demande de Serge de Diaghilev. De retour à Varsovie, il dirige l'Orchestre Philharmonique de Varsovie, puis l'Orchestre Symphonique national de la radio polonaise (qu'il a fondé).

Avec les compositeurs polonais Karol Szymanowski, Ludomir Różycki et Mieczysław Karłowicz, il a été membre de Młoda Polska (« Jeune Pologne »), un courant artistique qui avait pour but de valoriser « l’art pour l’art » et l’imaginaire.

Son fils, Jerzy Fitelberg est compositeur.

Il a défendu l'œuvre de Karol Szymanowski dont il a créé la Symphonie no 2 (1910), le ballet Harnasie (1923), le Stabat Mater (1926) et la Symphonie no 4 « Concertante » (1932).

 

Louis de Caix d'Hervelois, 265 ans

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Louis de Caix d'Hervelois ( vers 1670 en France - 18 octobre 1759 en France) est un compositeur de musique de chambre.

Caix d'Hervelois a écrit de la musique presque exclusivement pour la viole. La plupart de ses autres œuvres existent sous forme de transcriptions de sa musique pour viole. Originaire du nord de la France, on ne sait presque rien de sa vie. Cependant, ses adresses changeantes apparaissent dans sa musique publiée, ainsi qu'en passant dans des discussions contemporaines sur la viole et dans de brèves notes d'archives. Le texte d'archives le plus long (1697) documente la demande d'un chanoine de la Sainte-Chapelle, agacé par le bruit du jeune chapelain ordinaire Caix apprenant à jouer de la viole, que Caix s'exerce dans une pièce sous l'escalier. Louis de Caix d'Hervelois fut l'élève du grand Marin Marais.

La musique mélodieuse et gracieuse de Caix s'inscrit résolument dans la tradition française des pièces de caractère dans les suites de danses. C'est l'une des musiques les plus idiomatiques écrites pour la viole, dont l'apparente simplicité s'accentue lorsqu'on l'interprète à la lumière des traditions de l'interprétation française de la viole. Le musicologue français Philippe Beaussant a écrit à propos de la musique de Caix et de son anonymat :
« L'on pourrait considérer Caix d'Hervelois comme une sort de pseudonyme sous lequel se cacherait un personnage réel, dont le nom est: la Viole, en France, au moment où elle est en passe de disparaître. »

 

 

"Dardanus" de Jean-Philippe Rameau, 285 ans

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Dardanus est une tragédie lyrique créée à l'Académie royale de musique, théâtre du Palais-Royal à Paris le 19 novembre 1739. Sur un livret de Charles-Antoine Leclerc de La Bruère d'après « les Métamorphoses » d'Ovide, l'œuvre comporte un prologue et cinq actes.

Dardanus est la dernière tragédie lyrique (conservée) de Rameau comportant un prologue, selon la tradition de Lully. Il s'agit du troisième ouvrage du genre de la tragédie lyrique sur les six que compose Jean-Philippe Rameau.

L'ouvrage reçoit un accueil mitigé à sa création, en partie dû à la préférence du public pour la manière lullyste. Par ailleurs, dans la volonté des auteurs de restituer le mieux possible tous les éléments indispensables de la tragédie lyrique, l'ouvrage se perd dans ceux-ci, et en devient l'objet des critiques.

Comme souvent avec Rameau, il existe une deuxième version créée le 21 avril 1744, dont l'action est très profondément modifiée (les trois derniers actes furent entièrement remaniés), ainsi qu'une réécriture de la musique. Ces deux ouvrages de nature différentes se font désormais compétition sur scène, attirant chacun la préférence selon le goût des musiciens le jouant.

En 1784, Antonio Sacchini réutilisait le livret, remanié par Nicolas-François Guillard, pour composer son propre Dardanus.

Si le livret a souvent été critiqué pour sa niaiserie, Rameau a rarement été aussi inspiré que dans cette œuvre qui abonde en pages inoubliables. Le public ne fut guère enthousiasmé par l'opéra, et Jean-Baptiste Rousseau traitait la musique de « baroque », terme jugé insultant alors. Néanmoins, Dardanus est l'ouvrage lyrique le plus abouti du compositeur, favorisant les accents dramatiques et offrant une maîtrise variée de l'harmonie, ainsi que des musiques de ballets à la puissance chorégraphique très recherchée.