Le Schubert dépoussiéré par l’amoureux de la voix

par

Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°1 en ré majeur D82 – Symphonie n°6 en do majeur D589.  B’Rock Orchestra, René Jacobs, direction. 2018-DDD-57’39-Textes de présentation en anglais, allemand et français-Pentatone-PTC 5186 707

Quoi de mieux que de découvrir le génie d’un compositeur par le biais de la musique vocale et plus encore, la chanter soi-même ? C’est ce que nous apprend René Jacobs en guise de préambule dans le texte de présentation. Il ne sera pourtant pas question de matière vocale ici mais du médium symphonique, tout aussi passionnant et réjouissant. En choisissant les Symphonies n°1 et 6, le chef explore deux monuments sans doute moins souvent joués que les autres symphonies. Et comme la voix n’est jamais très loin, quel plaisir de lire dans les réflexions du chef : « que la symphonie, en particulier grâce à l’élan que lui ont donné Haydn et Mozart, est devenue l’apogée de la musique instrumentale - une sorte d’opéra pour instruments, comme tout ami de l’art le sait. Unir tous les instruments de l’orchestre avec leurs spécificités caractéristiques dans l’interprétation d’un tel drame, de sorte que le particulier résonne en un tout : voilà la tâche difficile que les héros de l’art musical ont su accomplir avec brio dans la symphonie… » (Allgemeine musikalische Zeitung de Leipzig).

En réalité, lire ce texte tout en écoutant cette musique si délicieuse relève d’un moment d’élévation que peu d’artistes parviennent à nous offrir. Tout est clair, du squelette de la partition à la quête du juste que René Jacobs met ici en lumière. Force est de constater que le travail ne se cantonne pas uniquement à la justesse de l’interprétation. Ainsi, un travail de disposition orchestrale « historique » a permis d’enregistrer ces deux ouvrages tel qu’elles étaient jouées à l’époque : cordes aigues à gauche en face des bois à droite, permettant un meilleur dialogue qui fait ressortir de la partition toutes ces petites merveilles de détails. Beaucoup d’enthousiasme ressort de cet enregistrement. On y découvre un Schubert très frais, vif, dépoussiéré, léger et tout en subtilité. Le regard de Jacobs ne s’égare jamais, le B’Rock Orchestra lui rendant la pareille avec une force interne audacieuse d’une énergie bouillante et d’une précision sans failles. Voilà du Schubert qu’on aime entendre !

Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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