Leroy Anderson, champagne pour fêtes de fin d’année !

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Leroy Anderson - Intégrale de l’Œuvre Orchestrale. Piano Concerto in C major ; Alma Mater ; Arietta ; Balladette ; Belle of the Ball ; Blue Tango ; Bugler's Holiday ; The Captains and the Kings ; Chicken Reel ; China Doll ; Clarinet Candy ; The Classical Jukebox ; A Christmas Festival ; Fiddle-Faddle ; The First Day of Spring ; Forgotten Dreams ; The Girl in Satin ; The Golden Years ; Goldilocks (extraits) ; Governor Bradford March ; Harvard Festival ; Harvard Sketches ; Home Stretch ; Horse and Buggy ; Irish Suite ; Jazz Legato ; Jazz Pizzicato ; Lullaby of the Drums ; March of the two Left Feet ; Melody on Two Notes ; Mother's Whistler ; The Music Man ; Of thee I sing: Wintergreen for President ; Old MacDonald had a Farm ; The Penny Whistle Song ; The Phantom Regiment ; Plink, Plank, Plunk! ; Promenade ; Sandpaper Ballet ; Saraband ; Scottish Suite ; Serenata ; Seventy-Six Trombones  (Meredith Willson / arr. Anderson) ; Sleigh Ride ; Song of Jupiter (arr. of Handel : Semele, HWV58 'Where'er you walk') ; Song of the Bells ; Suite of Carols (trois versions distinctes) ; Summer Skies ; The Syncopated Clock ; To a Wild Rose (Edward MacDowell, orch. Anderson) ; A Trumpeter's Lullaby ; The Typewriter ; Waltz around the scale ; The Waltzing Cat ; Whistling Kettle ; Wintergreen for President (George Gershwin / arr. Anderson) ; Woodbury Fanfare. Kim Criswell, soprano ; William Dazeley, baryton. Jenny McLaren, Neville Graham, Derek Hannigan, Michael Pearce, clarinette. Catherine Moore, John Blackshaw, David McCallum, trompette. Jeffrey Biegel, Alistair Young, piano. Alasdair Malloy, machine à écrire. BBC Concert Orchestra, Leonard Slatkin. 1 coffret 5 CD Naxos 8505259. Enregistré entre le 24 avril 2006 et le 5 septembre 2007 au Watford Colosseum de Watford, Hertfordshire en Angleterre. Livret en anglais. 291’16

Un peu comme celle de la famille Strauss viennoise, la musique du compositeur américain Leroy Anderson (1908-1975) est définitivement indissociable des fêtes de fin d’année, et c’est probablement la raison pour laquelle Naxos propose tels quels en coffret les cinq CDs de l’intégrale orchestrale, initialement publiés séparément en 2008 à l’occasion du centenaire de la naissance du compositeur.

Il n’y a pas si longtemps, il était courant par facilité et un rien de condescendance de classer d’emblée la musique orchestrale dite « légère » dans la musique de variété. Dans les années 40-60, les orchestres de ce genre musical étaient à leur apogée, la plupart sous le nom de leur chef (Robert Farnon, Morton Gould, André Kostelanetz, George Melachrino, Roger Roger, Charles Williams, parmi tant d’autres) ; ils furent injustement relégués aux oubliettes avec l’évolution de la musique de variété, notamment « pop » et autre. De nos jours, ils sont à juste titre l’objet d’un regain d’intérêt : le spécialiste de cette musique David Ades (1938-2015) suggère qu’il est généralement admis qu’elle occupe une position entre la musique classique et populaire, pourtant ses frontières sont souvent floues.

Quoi qu’il en soit, une écoute approfondie révèle à l’évidence que la musique orchestrale légère est l’œuvre de compositeurs dont la technique musicale est nettement et autrement plus approfondie que celle de la multitude actuelle des « célébrités » qui s’auto-proclament artistes ou musiciens… Par ailleurs, bien des compositeurs « classiques » anglo-saxons se sont adonnés à un moment ou l’autre à la musique légère qu’ils peaufinaient avec autant de soins que la musique « sérieuse » (Leonard Bernstein, Edward Elgar, Morton Gould…), et effectivement, les frontières sont floues. Quant à Leroy Anderson, il étudie la musique dès 1919 au New England Conservatory of Music de Boston, pour ensuite les poursuivre à l’Université Harvard de Cambridge, près de Boston, où il parachève ses études de théorie musicale jusqu’à la fugue, puis la composition auprès de Georges Enesco (1881-1955) et Walter Piston (1894-1976) - ce n’est donc pas rien ! Linguiste remarquable, Anderson ne maîtrise pas moins de neuf langues, et se destine d’abord à une carrière de professeur, mais les muses l’emporteront…

Et en cela, une célébrité musicale va l’aider à lancer sa carrière : Arthur Fiedler (1894-1979), chef attitré du Boston Pops Orchestra, émanation du Boston Symphony Orchestra présentant au plus vaste public des classiques « légers » ou adaptations orchestrales de mélodies de variétés. En 1938, Fiedler, désireux de trouver un « bis » clôturant un concert de musique classique, obtint d’Anderson une fantaisie pour cordes pizzicato appelée Jazz Pizzicato : la carrière du compositeur fut lancée pour ne plus s’interrompre. Jazz Pizzicato est devenu un tube du Boston Pops, et Fiedler voulut l’enregistrer l’année suivante, mais l’œuvre trop courte ne pouvant remplir que la moitié d’une face de 78 tours 25 cm, Fiedler a demandé à Anderson une pièce d’accompagnement pour la compléter. Il en est résulté Jazz Legato pour cordes dorénavant indissociable de Jazz Pizzicato. Cet enregistrement fit définitivement connaître mondialement Leroy Anderson, et à partir de là, ce fut une corne d’abondance de petites pages tout aussi adorables et séduisantes les unes que les autres, sortes de petits poèmes symphoniques miniatures tournant autour d’à peine 3 minutes.

En effet, qui ne connaît -souvent en ignorant le nom de l’auteur- ces bijoux comme Sleigh Ride (Promenade en traîneau, 1948) agrémentant nos fêtes de fin d’année et dont la popularité n’est en rien inférieure à Stille Nacht (Douce Nuit) ? Ou The Syncopated Clock (L’Horloge Syncopée, 1945) ; The Waltzing Cat (La Valse du Chat, 1950) ; Belle of the Ball (1951) ; Blue Tango (1951) ? Ou l’irrésistible The Typewriter (La Machine à écrire, 1950) immortalisé par l’incomparable Jerry Lewis (1926-2017) dans le film de Frank Tashlin Who's Minding the Store? (Un chef de rayon explosif, 1963) ? Leroy Anderson a continué de composer multitude de ce genre de pièces scintillantes sans discontinuer jusqu’en 1973, deux ans avant sa mort d’un cancer le 18 mai 1975.

Depuis sa disparition, de nombreux chefs d’orchestre ont continué à populariser ses compositions, parmi lesquels le fidèle Arthur Fiedler et ses Boston Pops (RCA-Sony et DG-Universal), Erich Kunzel (1935-2009) et ses Cincinnati Pops (Telarc), et Frederick Fennell (1914-2004) avec les Eastman-Rochester Pops (Mercury). Par rapport aux versions de Leroy Anderson et son orchestre (Decca-MCA), les interprétations très colorées et contrastées de Frederick Fennell révèlent parfois des différences d’orchestration, comme l’adjonction de cuivres interrompant les pizzicati ça et là dans Plink, Plank, Plunk! (1951), ou le remplacement du piano solo par la flûte dans Forgotten Dreams (Jamais trop tard, 1954).

Ce n’est évidemment pas le cas de l’excellent Leonard Slatkin et le superbe BBC Concert Orchestra qui prennent un plaisir absolu dans les interprétations de l’intégrale de ces pièces en les faisant jaillir telles des improvisations spontanées, tout en respectant les conceptions, nuances et tempos mêmes du compositeur. S’il s’agit bien ici d’une intégrale de toutes les œuvres approuvées par Leroy Anderson, la famille Anderson a mis à disposition pour l’édition sous rubrique plusieurs pièces que le compositeur n’a pas publiées. En effet, ce coffret Naxos contient la plupart des œuvres retirées peu connues de la dernière décennie d’Anderson, mais pas toutes : il y manque au moins la Second Regiment Connecticut National Guard March de 1973. Plus curieux toutefois, il ne s’y trouve que des extraits de la comédie musicale Goldilocks (Boucles d’Or, 1958) : 13 numéros sur les 25 existants ; il manque également la pièce instrumentale et les deux chants composés pour une version musicale de Gone With The Wind (Autant en emporte le vent, 1961).

Son : 9 - Livret : 9 - Répertoire : 9 - Interprétation : 9

Michel Tibbaut

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