L’histoire d’un Allemand aventureux

par

Karl Amadeus HARTMANN (1905-1963)
Simplicius Simplicissimus
Juliane BANSE (soprano), Peter MARSCH (ténor), Will HARTMANN (ténor), Harry PEETERS (récitant), Netherlands Radio Philharmonic Orchetra, dir. : Markus STENZ, Netherlands Radio Choir, dir. : James WOOD
DDD-2015-59’ 20’’ et 25’ 41’’-Livret en anglais, allemand et néerlandais-Challenge CC72637

En Allemagne, l’opéra de chambre Simplicius Simplicissimus de Karl Amadeus Hartmann est une des œuvres lyriques les plus populaires du XXe siècle. Son succès tient en bonne partie au fait qu’il est basé sur un grand classique de la littérature germanique, L’Aventureux Allemand Simplicissimus, publié en 1669 et écrit par Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen (1622-1676), lequel dénonce ici les affres et les carnages de la terrible Guerre de Trente Ans (1618-1648) – un roman à la fois historique, politique et picaresque dont s’est souvenu Charles De Coster pour rédiger sa Légende d’Ulenspiegel. Mais si cet opéra de chambre est entré Outre-Rhin dans le répertoire, c’est essentiellement grâce à Karl Amadeus Hartmann et à son sens aigu de la dramaturgie musicale. Composée entre 1934 et 1936 sur un livret de l’auteur lui-même, de Hermann Scherchen et de Wolfgang Petzet, puis revue en 1957, l’œuvre offre la particularité de mettre en scène un héros masculin chanté par une soprano. Pleine de contrastes saisissants, elle se déploie sans aucun temps mort dans une alternance presque ininterrompue de scènes intimistes et de séquences violentes, avec de fréquents accents burlesques, qui évoquent parfois L’Histoire du soldat d’Igor Stravinski et L’Opéra de quat’sous de Kurt Weill. C’est notamment le cas dans le troisième acte, où l’orchestre joue un rôle important, pour ne pas dire le tout premier rôle. Il est vrai que Karl Amadeus Hartmann est, d’abord avant tout, un symphoniste (on lui doit huit remarquables symphonies) et qu’il lui a été sans doute difficile, lorsqu’il a écrit Simplicius Simplicissimus, d’échapper à ses dilections (l’ouverture de l’opéra dure d’ailleurs dix minutes). Un diamant noir.
Jean-Baptiste Baronian

Son  9  -  Livret  7  -  Répertoire  9  -  Interprétation  9

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