L’œuvre concertante pour piano de Mendelssohn

par

Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847) : Rondo brillant en mib majeur, Op. 29 – Capriccio brillant en si mineur, Op. 22 – Sérénade et Allegro giojoso, Op. 43 – Concerto pour piano n°1 en sol mineur, Op. 25 – Concerto pour piano n°2 en ré mineur, Op. 40. Ronald Brautigam, piano – Die kölner Akademie, Michael Alexander Willens, direction. 2018-SACD-74’08-Textes de présentation en anglais, français et allemand-Bis-2264.

L’œuvre pour piano et orchestre de Mendelssohn, injustement oubliée, trouve ici des artistes habitués du genre qui dévoilent à chaque instant une musique d’une richesse tristement négligée. Mendelssohn, ce sont des symphonies réputées, un répertoire pianistique large, de la musique de chambre aussi complexe que passionnante… Malheureusement, certains opus ne bénéficient pas du même regard et ne parviennent que très rarement à rejoindre les salles de concerts. Mendelssohn a toujours montré des difficultés pour le répertoire concertant pour piano, en témoigne sa correspondance avec le violoniste et compositeur Ferdinand David : « Es-tu en train d’écrire un nouveau concerto pour ton instrument ? Je suis dans les affres de la création pour le mien et je le maudis -il ne sort pas facilement de ma plume ».

Le Premier concerto est un joyeux mélange de virtuosité, de thèmes facilement reconnaissables et surtout doué d’une énergie qui ne s’essouffle jamais. Le Second concerto date de 1837 et se justifie par le soin du détail et de la richesse harmonique. Deux œuvres couvertes d’éloges et respectées d’autres grandes figures de la vie musicale : Berlioz, Reinecke… Mendelssohn est également l’auteur de trois pièces concertantes en un seul mouvement. Le Capriccio brillant, la Sérénade et Allegro giojoso et le Rondo brillant, trois ouvrages d’une finesse et d’une grande sensibilité.
Ronald Brautigam dévoile, sur un magnifique piano de Paul McNulty (2010) d’après un instrument de Pleyel (1830), un jeu très proche de l’idée que l’on se fait de ce répertoire : piquant et en verve dans les parties pétillantes et au contraire sentimental dans les longues litanies que rares sont les compositeurs à pouvoir coucher sur papier. Sous la direction de Michael Alexander Willens, Die Kölner Akademie met en exergue de très nombreuses couleurs et dynamiques tout en installant un dialogue efficace et constructif. Un chef qui sait écouter et accompagner un soliste pour offrir un tout homogène.

On se souviendra d’une intégrale Mozart à couper le souffle par les artistes réunis ici. Une alchimie évidente pour le meilleur de la musique.

Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

 

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