Marek Janowski dirige une dernière fois à Monte-Carlo

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Marek Janowski a dirigé, pour la dernière fois de sa carrière, l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dont il fut le directeur musical de 2000 à 2005. Un moment chargé d'émotion. À 87 ans, en pleine possession de ses moyens, le chef entreprend une tournée d'adieu.

Au programme, la Cinquième Symphonie de Bruckner, qu'il dirige sans partition. Cette œuvre exigeante fut composée durant une période de crise. Elle témoigne de la maîtrise technique du compositeur. Surnommée la « Symphonie catholique », c'est un ouvrage contrapuntique d'une réelle richesse et d'une grande subtilité. Bruckner a toujours cherché à suivre les traces de Bach, et cette symphonie est construite comme une cathédrale. Dès le début du premier mouvement, le chant du hautbois semble évoquer l'éternité.

L'orchestre se déploie pleinement. Les cordes évoluent dans un registre inhabituellement grave, passant sans cesse d'une note empreinte de nostalgie à une autre, porteuse d'espoir. Les solos du cor et de la flûte structurent la musique. Les fanfares et les passages choraux des trompettes et des trombones, soutenus par le tuba, encadrent ce mouvement solennel, qui atteint ensuite son point culminant dans un finale ponctué par l'intervention des timbales.

Les deux mouvements centraux présentent certaines faiblesses d'écriture, mais, sous la baguette de Janowski, l'orchestre maintient la tension et déploie une sonorité lumineuse, comme un coucher de soleil par une douce soirée d'automne.

Dans le mouvement final, Bruckner reprend le même début que dans le premier mouvement avant d'introduire deux nouveaux thèmes, d'abord à la clarinette, puis dans un choral aux vents. Ces thèmes constituent également la base de la double fugue qui caractérise cette symphonie. Ce mouvement est l'un des plus rigoureux et des plus cohérents du répertoire symphonique. L'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo est en parfaite osmose avec son chef.

Le public retient son souffle pendant près d'une heure et demie. Puis, après le roulement des timbales du finale, la salle explose en applaudissements.

Auditorium Rainier III — Monte-Carlo, 4 octobre 2026

Crédits photographiques : Felix Broede

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