La Esmeralda… de Louise Bertin, vraiment ?

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De ce spectacle prétendument présenté comme étant « opéra de Louise Bertin », on sort déboussolé.

L’œuvre est devenue un spectacle pêle-mêle dans lequel tout se mélange sans que l’on comprenne pourquoi ni comment.

L’œuvre est composée en 1836 sur un livret de Victor Hugo, par la fille du directeur du puissant Journal des débats, Louis-François Bertin dit Bertin aîné (dont Ingres a fait un magistral portrait en 1832 qui se trouve aujourd’hui au Louvre). Dans sa demeure à Bièvres, à proximité de Paris, il tenait un salon littéraire qui réunissait de nombreux jeunes artistes prometteurs, parmi lesquels Gounod, Liszt, Berlioz (qui écrivait pour ce journal d’importantes critiques musicales), Chateaubriand, et bien sûr, Hugo. L’enregistrement réalisé à l’occasion de la représentation en version de concert donnée sous la direction de Lawrence Foster, au Festival de Montpellier en 2008, montre son écriture originale qui tmoigne avec éloquence de son talent particulièrement florissant.

Mais hélas ! La metteuse en scène Jeanne Desoubeaux a tellement transformé l’œuvre qu’on la reconnaît à peine. Déjà, à l’ouverture, avec une interminable « fête infâme » en rave party avec un défilé grimaçant (imitation de gargouilles ?) sur une musique électronique enregistrée (Gabriel Legeleux) dans une sonorisation à casser l’oreille (François Lanièce) et sous des lumières agressives (Thomas Coux), on se demande à quel spectacle on va assister. Et on vérifie si on a bien lu sur le programme « opéra de Louise Bertin »… Le mélange d’époques dans les costumes (Alex Costantino) et dans la scénographie (Cécile Trémolières) aurait pu refléter une lecture transversale intéressante, mais l’absence de cohérence et la vulgarité de certaines scènes ne font qu’accentuer le sentiment de confusion totale. Si la rosace et une colonne avec chapiteau (qui sont beaux en soi) et l’échafaudage des chantiers qui symbolisent la Cathédrale d’hier et d’aujourd’hui, la généralisation de la lecture est telle qu’on peut à la limite se passer de Notre-Dame, ce qui est fort dommage.

A.D. 1575, la peste frappe encore Venise : Concerto Palatino conjecture les cérémonies pénitentielles

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Ex Tenebris ad Lucem. Musique vénitienne de pénitence au temps de la peste. Andrea Gabrieli (c1532-1585) : O Crux splendidor ; Nativitas tua, Dei genetrix Virgo ; Beati quorum remissae sunt ; Usquequo Domine ; Eructavit cor meum ; Deus, Deus, respice in me ; Domine ne in furore tuo. Giovanni Gabrieli (1557-1612) : Deus, Deus meus ad te luce vigilo ; Jubilate Deo. Giovanni Croce (1557-1609) : Miserere mei. Giovanni Battista Grillo (-1622) : Exaltabo te Domine. Robert Kyr (*1952) : Vigil, From Darkness into Light. Hana Blažíková, Barbora Kabátková, soprano. Alex Potter, contre-ténor. Benedict Hymas, Adriaan De Koster, ténor. Jaromir Nosek, basse. Concerto Palatino. Bruce Dickey, cornet, direction. Veronika Skuplik, violon. Simen Van Mechelen, Claire McIntyre, Charles Toet, Joost Swinkels, trombone. Miriam Shalinsky, violone. Kris Verhelst, orgue. Livret en anglais, français, allemand ; paroles en langue originale et traduction en anglais. Novembre 2022. TT 65’24. Passacaille PAS 1135

Paysages orchestraux étasuniens 

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Aaron Copland (1900-1990) : The Tender Land Suite ; Paul Creston (1906-1985) : Saxophone Concerto, Op.26 ; Ulysses Kay (1917-1995) : Pietà ; Walter Piston (1894-1976) : The Incredible Flutist Suite. Anna Mattix, cor anglais ; Timothy McAllister, saxophone alto ; National Orchestra Institute Philharmonic, JoAnn Falletta. 2022. LIvret en anglais. Naxos. 8559911.

Emouvant hommage à Aleksandr Khramouchin

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Robert Schumann (1810-1856) : Fantasiestücke, Op. 73 ; Eugène Ysaye (1858-1931) : Sonate Op. 27 N° 3 ;  Sergei Rachmaninov (1873-1943) : Vocalise, Op. 3 N° 14  ; Serge Prokofiev (1891-1953) : Sonate, Op. 119 ;  Michel Lysight (1958) : Trois Croquis ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Après un rêve  ; Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violoncelle et piano Jean-Sébastien  Bach (1685-1750) : Troisième Suite BWV 1009 : Sarabande ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Le Cygne.   Aleksandr Khramouchin, violoncelle ; Eliane Reyes, piano. 2023. Livret en anglais et français. 81’15”. Et’cetera KTC 1802

« Les Contes d’Hoffmann » de Jacques Offenbach à Liège

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Les Contes d’Hoffmann est révélateur d’un phénomène typique : on ne connaît d’une œuvre au long cours qu’un de ses airs ou un de ses moments qui ont occulté tout le reste de la partition : ainsi l’ « Hallelujah »  du Messie de Haendel, les premières mesures de Also sprach Zarathoustra de Strauss, l’air de la Reine de la nuit de La Flûte enchantée de Mozart ou encore le « Frère Jacques » de la 1ère Symphonie de Mahler. 

La notoriété des Contes d’Hoffmann se résume le plus souvent en sa Barcarolle (« Belle nuit, ô nuit d’amour »), « Les Oiseaux dans la charmille » ou encore « La Ballade de Kleinzack ». C’est beau, c’est envoûtant ou drôle, c’est virtuose, c’est prégnant. 

Quant à l’opéra lui-même, c’est autre chose. Certains se souviennent que le cheminement du héros va croiser trois figures féminines au destin plus que particulier : Olympia, l’automate, qui va tragiquement se briser ; Antonia, la cantatrice qui mourra tragiquement de son chant ; et Giulietta, la redoutable voleuse du reflet d’un homme tragiquement piégé dans son miroir magique.

Si d’autres opéras ont des intrigues plus que compliquées (ils sont un sacré défi à l’art de résumer en quelques mots), le problème de celui-ci est qu’il est à « partition flottante » ! Offenbach est mort bien avant de lui avoir donné une version finale ; un autre l’a complété ; d’autres l’ont raccourci, l’ont restructuré, l’ont restauré. Les directions d’opéras et les metteurs en scène ont leurs points de vue, liés à la durée de la représentation (celle de Liège fait quasi quatre heures, les deux entractes inclus -ce qui est très long en soirée) ou à des conceptions dramaturgiques.

Portrait inabouti d’un orgue croate nouvellement restauré

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Vox Humana. Œuvres de Juan Bautista Cabanilles (1644-1712), Olivier Messiaen (1908-1992), Antonio de Cabezón (1510-1566), Johann Sebastian Bach (1685-1750), Vincenzo Bellini (1801-1835), Bernardo Storace (c1637-c1707), Théodore Dubois (1837-1924) & anonymes croates du XVIIIe siècle. Improvisations de Bruno Vlahek (*1986). Bruno Vlahek, orgue de l’église Sainte Marie de la Miséricorde de l’île de Vis. Livret en croate, anglais. Août 2022. TT 46’41. Croatian Records CD6171842

Les Millésimes 2025 de Crescendo Magazine 

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Cette édition 2025 des Millésimes de Crescendo Magazine est très particulière car, en janvier dernier, notre cofondatrice Michelle Debra (1950-2025), nous a quittés. Crescendo-Magazine avait été fondé, en 1993, par Bernadette Beyne (1949-2018) et Michelle Debra, initiative novatrice et visionnaire, à partir de la Belgique francophone. Au fil des années, Crescendo-Magazine s’est établi une notoriété internationale fondée sur la découverte et le partage, fédérant de nombreuses plumes et un lectorat fidèle, autour de la musique classique. 

Ainsi, de manière à faire perdurer, tant l’esprit pionnier que la passion de la découverte qui animaient Bernadette Beyne et Michelle Debra, la rédaction de Crescendo-Magazine, a souhaité, dans le cadre des Millésimes annuels, décerner un “Prix Bernadette Beyne et Michelle Debra” qui récompense une initiative pionnière et exemplative du  dynamisme de la scène musicale tout en y associant les plus hautes exigences de qualité et de renouveau. 

Ce premier “Prix Bernadette Beyne et Michelle Debra” est décerné à l’enregistrement consacré aux Symphonies n°1 et n°2 de la compositrice Elsa Barraine par  WDR Sinfonieorchester sous la direction de la cheffe d’orchestre Elena Schwarz (CPO).  Cet enregistrement consacre une artiste magistrale, dans le mouvement de redécouverte des compositrices, sous la direction d’une cheffe d'orchestre qui compte parmi les grands talents de notre temps et que Crescendo Magazine suit depuis plusieurs années au fil d’une carrière de haut rang.    

A une époque où la modernité est remise en cause, la sélection des Millésimes met en avant des compositeurs qui ont marqué leur époque par la rupture et l’incarnation de l'avant-garde. Ainsi l’enregistrement de l’année consacre un album qui met en relief le magistral Coro de Luciano Berio avec une partition du génial compositeur slovène Vito Žuraj : Automatones qui s’impose comme l’un des grands chefs d'œuvres des années 2020. 

Modernité de rupture également avec 2 merveilleuses parutions consacrées à Arnold Schoenberg par les Berliner Philharmoniker sous la direction de Kirill Petrenko et l’Orchestre symphonique de Montréal sous la baguette de Rafael Payare. 

Les millésimes 2025 de Crescendo Magazine, c’est une attention portée au matrimoine musical avec un album Amy Beach avec le chef d’orchestre Joseph Bastian, à la découverte de pans de répertoires encore méconnus comme les oeuvres pour piano de Miklós Rózsa par Krisztina Fejes, les mélodies de Donizetti, projet éditorial structurant du label Opera Rara ou bien une plongée dans la Paris musical du Premier empire.  

De Belgique, on salue les parutions Ricercar (Colonna/Haendel) et Musiques en Wallonie (Ysaÿe) avec les ensembles belges Chœur de Chambre de Namur et Orchestre philharmonique royal de Liège. 

Les critiques musicaux de notre média, apprécient toujours, entendre les classiques revisités par des interprètes de notre temps à l’image d’Alexandre Kantorow (Brahms - Schubert), François Dumont (Debussy), Beatrice Rana (Bach),  ou Evangelina Mascardi (Weiss). 

Nous vous invitons à découvrir cette cinquième édition des Millésimes de Crescendo-Magazine  dans cette brochure numérique, mais surtout, nous vous invitons à les écouter. 

Découvrir le palmarès 2025 des Millésimes de Crescendo Magazine