Javier Camarena retrouve la « Belle Époque » au Palau de la Mùsica

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Pour un chanteur d’opéra aussi réputé que Javier Camarena, affronter un récital monographique consacré uniquement à un artiste aussi singulier que Tosti, était un pari assez risqué. Connaissant l’engagement émotionnel et la recherche interprétative qu’il accorde habituellement à ses personnages opératiques, on pouvait cependant s’attendre à un résultat plus que satisfaisant. Sous le titre « Sogno », celui d’une des mélodies enregistrées, le ténor mexicain résidant en Espagne vient de consacrer son dernier CD à un compositeur qui a connu autant le succès populaire qu’il n’a été vilipendé par une certaine critique. Car, si pendant plus d’un siècle, la plupart de grands chanteurs ont servi sa musique et exhibé son indiscutable sens de la « vocalità » italienne, on peut néanmoins y constater un penchant marqué pour la sentimentalité. Et une interprétation vulgaire pourrait trop facilement la faire tomber dans un puits gluant d’eau de rose, sucre et miel… Reynaldo Hahn ou même Fauré (qui dédia à Tosti « Le parfum impérissable ») pourraient aussi subir ce sort fatal si l’interprète ne trouve pas la justesse de ton en étirant, d’un côté, la corde de la sentimentalité décadente « fin de siècle » tout en gardant, de l’autre, le sang-froid, le raffinement et l’élégance d’un grand interprète. Le parcours de ce compositeur est singulier : d’origine extrêmement modeste, il naquit à Ortona, dans les Abruzzes (il en recueillera le folklore en suivant la voie des Inzenga ou Pedrell en Espagne, Kodaly et Bartok en Hongrie ou Canteloube en France), étudia à Naples avec ce précurseur du mélodrame italien qui fut Saverio Mercadante, dont le jeune Rossini s’inspira largement, et devint professeur de chant de la princesse Marguerite de Savoie, laquelle, devenue reine, la recommanda à une pléiade de têtes couronnées de Russie, Espagne ou le Royaume Uni (Elisabeth I et Edouard VII) qui visitaient son atelier lyrique londonien pour y former leur voix. Verdi ou Puccini encourageaient aussi à suivre son enseignement du chant. Il devint enfin britannique et fut nommé sir par le roi.

A Genève, un Concert de l’An de l’OSR de bonne tenue

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Chaque année, au mois de janvier, les Amis de l’Orchestre de la Suisse Romande organisent un Concert de l’An qui se déroule sur la scène du Victoria Hall. Le programme du 10 janvier 2024 avait choisi pour thématique l’art lyrique de Mozart à Puccini en faisant appel au maestro Antonino Fogliani et à la soprano Julie Fuchs pour soliste. Une répétition d’ensemble a eu lieu mardi. Mais le lendemain à 11 heures, la chanteuse s’est trouvée aphone. Avec l’aide du chef et de son carnet d’adresses, Steve Roger, le directeur général de l’OSR, a réussi à contacter Rosa Feola qui s’est engouffrée dans un avion pour Genève et qui, à 16 heures, a pu prendre part à une répétition avec orchestre organisée en catastrophe. Elle a ainsi sauvé la soirée en respectant (à une exception près) les pages inscrites au programme. Et le résultat d’ensemble a été de très bon niveau en provoquant l’enthousiasme d’une salle comble jusqu’au dernier strapontin.

Beethoven, fin d’intégrale en trio 

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trio avec piano Op.81 b (arrangement de Nikolaus Simrock d’après le sextuor Op81b) ; Trio avec piano Op.38 (d’après le septuor Op.20). Trio Parnassus ; Madeleine Przybyl, alto 2022. Livret en anglais, allemand et français. 56’46’’. MDG 903 2298-6.

Le Tchèque Jan Novák honoré par l’authenticité familiale

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Jan Novák (1921-1984) : Concentus biiugis pour piano à quatre mains et orchestre à cordes ; Choreae vernales, pour flûte, orchestre à cordes, harpe et célesta ; Concerto pour deux pianos et orchestre. Dora Novak-Wilmington et Karel Košárek, pianos ; Clara Nováková, flûte ; Orchestre symphonique de la Radio de Prague, direction Tomáš Netopil. 2022. Notice en anglais, en allemand, en français et en russe. 71’ 46’’. Supraphon SU4331-2. 

Quasi-intégrale de l’œuvre d’orgue du compositeur romantique néerlandais J.A. van Eyken

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Jan Albert van Eyken (1823-1868) : Sonates no 1 en ut mineur Op. 13, no 2 en ré mineur Op. 15, no 3 en la mineur Op. 25. Toccata & Fuga über B.A.C.H. Op. 38. Préludes de choral Nun ruhen alle Wälder ; Rust mijn ziel! Uw God is Koning. Six Variations et Finale sur Wien Neêrlands bloed Op. 7. Robert Schumann (1810-1856) : Abendlied Op. 85 [arrgmt]. Ute Gremmel-Geuchen, orgue de l’église Sint Gertrudis de Bergen op Zoom. Livret en allemand, anglais. Mai 2022. TT 80’20. SACD Aeolus AE-11371

Les mondes tourmentés de Michael Jarrell 

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Michael Jarrell (né en 1958) : Paysages avec figures absentes - Nachlese IV ; Sechs Augenblicke ; …un long fracas somptueux de rapide céleste…Ilya Gringolts, violon ; Florent Jodelt, percussions. Orchestre national des Pays de la Loire, direction : Pascal Rophé. 2022. Livret en anglais, allemand et français. 54’16’’. BIS 2672. 

Retour de Václav Smetáček dans trois œuvres sacrées de  Dvořák : un témoignage historique

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Antonín Dvořák (1841-1904) : Messe en ré majeur pour solistes, chœur, orgue et orchestre Op. 86 ; Chants bibliques pour voix et orchestre Op. 99 ; Te Deum pour solistes, chœur et orchestre Op. 103. Marcela Machotková, soprano. Stanislava Škatulová, contralto. Oldřich Lindauer, ténor. Dalibor Jedlička, basse. Jindřich Jindrák, baryton. Maria Helenita Olivares, soprano. Gianni Maffeo, baryton. Chœur Philharmonique Tchèque, Josef Veselka. Orchestre symphonique de Prague, Václav Smetáček. Livret en anglais, allemand, tchèque (les paroles ne sont pas reproduites). Novembre 1969, mars-avril 1970, réédition 2023. 72’33''. Supraphon SU 4314-2