Echos de Bohème : musique tchèque pour vents

par

Echoes of Bohemia Czech Music for Wind. Pavel Haas (1899-1944): Quintette, Op.10 ; Antoine Reicha (1770-1836) : Quintette, Op.88 n°2 ; Leoš Janáček (1854-1928) :  Mládí JW VII/10 ; Bohuslav Martinů (1890-1959) : Sextet, H 174. Orsino Ensemble, Peter Sparks, clarinette basse ; Llinos Owen, basson ; James Baillieu, piano. 2022. Livret en : anglais, allemand et français. 74’55’’ Chandos. CHSA 5348.

Le Quatuor Emerson : la fin d’un parcours de près de cinq décennies

par

Infinite Voyage. Paul Hindemith (1895-1963) : Melancholie op. 13 ; Alban Berg (1885-1935) : Quatuor à cordes op. 3 ; Ernest Chausson (1855-1899) : Chanson perpétuelle op. 37 ; Arnold Schoenberg (1874-1951) : Quatuor à cordes n° 2 en fa dièse mineur op. 10. Quatuor Emerson ; Barbara Hannigan, soprano ; Bertrand Chamayou, piano. 2022. Notice en anglais, en français et en allemand. Textes des mélodies en langue originale, avec traductions en deux langues. 72’55’’. Un CD Alpha 1000. 

A l’OSR, un chef magnifique : Hannu Lintu  

par


Pour le deuxième concert de sa saison 2023-2024, l’Orchestre de la Suisse Romande invite le chef finlandais Hannu Lintu et la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaja.

De l’actuel directeur musical de l’Opéra National Finlandais, les publics genevois et lausannois ont gardé en mémoire son programme de 2021 où il avait présenté Tapiola de Jean Sibelius, le Concerto pour violon ‘A la mémoire d’un ange’ d’Alban Berg et la Quatrième Symphonie dite Inextinguible de Carl Nielsen. 

Avec cette énergie indomptable qui le caractérise, Hannu Lintu propose, le 11 octobre, la plus célèbre page symphonique de Jean Sibelius, Finlandia, ce cri de révolte de sa patrie étouffant sous l’oppression russe. Il en dégage la grandeur par la solennité des cuivres striée par les traits de cordes à l’arraché, alors que l’Allegro moderato répondant à cette introduction arbore la véhémence cinglante d’oriflammes emportés par la bourrasque. En une accalmie rassérénée, les bois chantent un choral hymnique que développent généreusement les cordes avant la reprise du fougueux allegro concluant en apothéose triomphante. 

Intervient ensuite Patricia Kopatchinskaja avec ce ‘look’ qui ne laisse pas indifférent, ses pieds nus sous sa longue robe rouge, sa gaieté presque enfantine qui lui permet de s’investir dans les expériences les plus improbables. C’est pourquoi elle s’attaque au redoutable Concerto pour violon et orchestre que György Ligeti élabora en 1990 et remania deux ans plus tard en tenant compte des recherches électro-acoustiques du compositeur mexicano-américain Conlon Nancarrow. Par de presque imperceptibles glissandi, elle dessine le Vivace luminoso initial qu’elle lacère de brusques accents avec l’aide du xylophone et de l’effectif de cordes réduit à dix instrumentistes afin de produire un tourbillon que les cuivres transformeront en choral. L’Andante prend un caractère recueilli grâce au discours du soliste s’animant progressivement par un dialogue avec l’alto et devenant même sautillant en réponse à la flûte à bec ou à l’ocarina. L’Intermezzo brille par les traits en cascade des bois que pimente le violon dans l’extrême aigu de sa tessiture, tandis que, par contraste, la Passacaglia se pare d’étrangeté par  le pianissimo des bois et la sonorité fibreuse du solo passant du tremolo blafard à de déchirantes stridences. Le Final est un Agitato molto où le violon exhibe une virtuosité à toute épreuve débouchant sur une cadenza échevelée que Patricia Kopatchinskaja achève en chantant même quelques mesures. Mais comme révoltés, les instrumentistes se  lèvent en provoquant un charivari que sanctionnera vertement la timbale, ce qui laisse le public pantois. Quatre ou cinq spectateurs s’empressent de quitter la salle, alors que la plupart se laissent griser par les deux bis qu’offre la soliste en dialoguant avec le violoncelle solo puis avec le violon. Ô combien aurait-il été judicieux de comprendre ce qu’elle a voulu expliquer sans l’aide d’un micro….

Concours de cantates pour le prestigieux Thomaskantorat de Leipzig en 1723 

par

598 X

Leipzig 1723. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Jesu nahm zu sich die Zwölfe BWV 22 ; Du wahrer Gottund Davids Sohn BWV 23. Christoph Graupner (1683-1760) : Lobet den Herrn alle Heiden GWV 113/23b ; Aus der Tiefen rufen wir GWV 1113/23a. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Ich muss auf den Bergen weinen und heulen TWV 1:851. Ælbgut. Isabel Schicketanz, soprano. Stefan Kunath, alto. Florian Sievers, ténor. Martin Schicketanz, basse. Yves Ytier, violon & Konzertmeister. Capella Jenensis. Livret en anglais, allemand (paroles des cantates en allemand sans traduction). Juillet 2022. TT 76’54. Accentus Music ACC30598

Au Covent Garden, une contestable Theodora de Handel

par

George Frideric Handel (1685-1759) : Theodora, oratorio en trois actes. Julia Bullock (Theodora), Joyce DiDonato (Irene), Jakub Józef Orliński (Didymus), Ed Lyon (Septimius), Gyula Orendt (Valens), Thando Mjandana (Marcus) ; Chœurs et Orchestre du Royal Opera House, direction Harry Bicket. 2022. Pas de notice ; bref synopsis en anglais. Sous-titres en anglais, en français, en allemand, en japonais et en coréen. 189’00’’. Un DVD Opus Arte OA1368D. Aussi disponible en Blu Ray.

Graines de romantisme dans l’orgue italien, entre déclin napoléonien et Risorgimento

par

1815, seeds of Romanticism in Italy. Pietro Ceracchini (fl. XVIIIe s.) : Offertorio, Elevazione, Post Communio, Toccata. Gaetano Valeri (1760-1822) : Sonata Sesta. Antonio Botti (1766-1799) : Overtura. Giovanni Morandi (1777-1856) : Sonata Sesta ; Rondo con imitazione dei campanelli ; Offertorio en fa mineur. Gaetano Donizetti (1797-1848) : Pastorale. Gasparo Sborgi (1737-1819) : Offertorio, Elevazione, Post Communio. Padre Davide Da Bergamo (1791-1863) : Concertino en ut ; Suonata per l’Elevazione con tromba obbligata. Eugenio Maria Fagiani, orgue Serassi de l’église Santa Maria Assunta de Calcinate (Italie). Juillet 2020. Livret en anglais. TT 71’29. Da Vinci Classics C00561

Au Festival d’Ambronay, grande émotion avec le Requiem de Mozart

par

Le vendredi 6 octobre, nous avons vécu un moment particulier dans la soirée avec Le Concert de la Loge et Julien Chauvin. Quinze jours auparavant, le décès du baryton Alejandro Meerapfel lors d’un concert dans cette même abbatiale a marqué l’esprit. S’il chantait souvent avec La Cappella Mediterranea comme ce fut le cas le 22 septembre, il était également membre du Chœur de chambre de Namur, qui interprétait le Requiem de Mozart ce soir-là. En ce sens, le chœur a été plus que jamais au centre de ce concert. Les expressions des choristes, déterminées (Dies Iræ), lumineuses (Sanctus), ou apaisées (Lux æterna), sont empreintes d’une certaine pudeur, notamment chez les sopranos. La douceur des voix qui toujours prédomine, y compris aux moments affirmatifs (Rex tremendae majestatis) ou poignants (Confutatis), frappe à chaque fois. L’absence de toute brutalité n’empêche pas de transmettre une douleur profonde comme dans le célèbre Lacrimosa. L’équilibre entre les quatre pupitres est parfait dans une homogénéité sublime, notamment dans la fugue finale dans Lux æterna où tous les chanteurs sont acteurs de cette interprétation avec une dramaturgie extraordinaire.  

Les solistes forment un beau quatuor vocal dans l’esprit de musique de chambre. La retenue chez la soprano Julia Lezhneva nous émeut, tant sa virtuosité dans d’autres répertoires éblouit souvent l’auditoire. La richesse de timbre d’Eva Zaïcik enrichit la partition avec bonheur, alors que la projection droite du ténor Mauro Peter apporte une couleur lumineuse. Quant à la basse Andreas Wolf, il nous amène dans la force intérieure inhérente à cette musique. L’orchestre du Concert de la Loge aux instruments de la période classique brille de mille éclats, à commencer par les harmonies aux sons bien corsés, comme le début de Tuba mirum très remarqué. La présence de l’orgue portatif se démarque dès le début, avec un solo de l’orgue avant le Requiem aeternam, en guise d’introït. Ainsi, Julien Chauvin donne le caractère à chaque pupitre, que ce soit les instruments ou les voix, pour en tirer une richesse insoupçonnée qui recèle encore cette partition que l’on croit connaître par cœur.

On purge bébé ! : le malicieux clin d’œil final de Philippe Boesmans

par

Philippe Boesmans (1936-2022) : On purge bébé !, opéra en un acte. Jean-Sébastien Bou (Bastien Follavoine), Jodie Devos (Julie Follavoine), Denzil Delaere (Aristide Chouilloux), Sophie Pondjiclis (Clémence Chouilloux), Jérôme Varnier (Horace Truchet), Tibor Ockenfels (Bébé-Toto), Martin da Silva Magalhães (l’enfant Toto) ; Orchestre symphonique de la Monnaie, direction Bassem Akiki. 2022. Notice et synopsis en français et en anglais. 80’00’’. Un CD Fuga Libera FUG 818.

Rapprochement des sonates pour viole de deux frères Bach

par

Virtuosity and Grace. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates pour viole de gambe et basse continue en ut majeur Wq 136, en ré majeur Wq 137 ; Sonate pour viole de gambe et clavier en sol mineur Wq 88. Johann Christian Bach (1735-1782) : Sonates pour viole de gambe et clavier en sol majeur Warb B 4b, en fa majeur Warb B 6b, en si bémol majeur Warb B 2b, en fa majeur Warb B 15b. L’Amoroso. Guido Balestracci, viole de gambe. Paolo Corsi, pianoforte, clavecin. Stéphanie Houillon, viole de gambe. Juillet 2022. Livret en anglais, français, italien. TT 76’29. Arcana A543