Haydn par le Bennewitz Quartet 

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Joseph Haydn (1732-1809) : Quatuor à cordes en sol majeur, Op.17 n°5 (Hob III:29) ;  Quatuor à cordes en mi bémol majeur, Op.33 n°2 (Hob.III:38) ;  Quatuor à cordes en do Majeur, Op.54 n°2 (Hob.III:57). Bennewitz Quartet. 2020 & 2021. Livret en : anglais, allemand, anglais et tchèque. 51’27”. Supraphon. SU 4326-2.  

Liszt à Weimar, chef d'oeuvre et découverte  

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Franz Liszt (1811-1886) : Faust symphonie, S.108 ; Mephisto Waltz n°3, S.216 (arrangement de Alfred Reisenauer et Kirill Karabits). Airam Hernández, ténor ; Herren des Opernchores des Deutschen Nationaltheaters Weimar, Staatskapelle Weimar, Kirill Karabits. 2022. Livret en anglais et allemand. 77’51’’. Audite. 97.761. 

Le bonheur d’une tragédie :  Wozzeck  d’Alban Berg 

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Il y a des soirées d’immense bonheur, ainsi cette création aixoise du Wozzeck d’Alban Berg tel que le transcendent Simon Rattle avec le London Symphony Orchestra et la mise en scène de Simon McBurney.

Le bonheur d’une tragédie ! En effet, elle est terrible, elle est pathétique, l’histoire de Wozzeck, ce petit soldat de rien du tout, objet d’expériences médicales qui lui rapportent un peu d’argent, humilié par son Capitaine, trompé par cette Marie qu’il aime passionnément, avec qui il a eu un enfant, mais qui tombe dans les bras du Tambour-Major. Hallucinations, folie, colère vengeresse, meurtre, suicide. 

On connaît Simon Mc Burney pour la pertinence et la qualité de ses mises en scène au théâtre et à l’opéra. Chez lui, il n’est jamais question d’imposer un concept préalable à l’œuvre, il en décèle les lignes de force, il perçoit ses sous-jacences, il se met à son service, en toute modestie créative… avec quel talent. 

Il l’installe dans un climat général : ici, un univers de soudards, d’ordres et de contraintes, d’ivresse, de fêtes imbibées, de violence. Et cela nous vaut de superbes tableaux. De taverne par exemple. Avec une maîtrise parfaite dans les déplacements et les mises en place du chœur. A cet univers du grouillement, il oppose la solitude du pauvre Wozzeck ; il met à profit l’immensité du plateau et un simple projecteur de poursuite pour l’isoler, là-bas, tout au fond ou ici tout devant. Quel art aussi de l’enchaînement des séquences, en incroyable fluidité : on passe d’une séquence à l’autre sans s’en rendre compte. Simon McBurney est à la fois un artisan du théâtre à l’ancienne (un jeu avec des chaises ou un simple encadrement de porte par exemple) et un maître dans l’art d’utiliser les ressources des images vidéo et des effets lumineux les plus complexes. Confrontés à son univers, nous nous retrouvons petit enfant subjugué, nous revivons l’émerveillement de la magie du théâtre.

Britten, trois raretés orchestrales et vocales, interprétées avec raffinement

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Benjamin Britten (1913-1976) : Our Hunting Fathers, Op. 8, pour ténor et orchestre. Quatre Chansons françaises, pour soprano et orchestre. Gloriana, Suite symphonique pour ténor et orchestre, Op. 53a. Christina Landshamer, soprano. Mark Padmore, ténor. Alasdair Kent, ténor. Ivor Bolton, Orchestre symphonique de Bâle. Août 2020. Livret en allemand, anglais ; paroles en anglais et français, traduction en allemand et anglais. TT 69’37. Prospero PROSP 0031 

Perplexité : Cosi fan tutte  de Mozart à Aix

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Soudain Despina s’empare du fusil et tue Don Alfonso ! Rideau. Oui, c’est bien ainsi que Dmitri Tcherniakov a voulu conclure son (un adjectif possessif qui convient) appropriation (une qualification qui convient tout autant) du chef-d’œuvre de Mozart.

Mais revenons-en au livret initial. Deux jeunes gens, Ferrando et Guglielmo, se proclament absolument convaincus de la fidélité à toute épreuve de leurs bien-aimées, Fiordiligi et Dorabella. Don Alfonso, un homme qui a beaucoup vécu, les met au défi. Il va leur prouver que, quoi qu’ils pensent, « cosi fan tutte – ainsi font elles toutes ». Sa fidèle soubrette Despina sera son efficace collaboratrice dans cette entreprise de désillusion. Je vous passe les détails, mais Don Alfonso aura évidemment raison : ainsi feront-elles. A la fin de la représentation, chacun retrouve sa chacune… Mais on l’aura compris, on peut s’interroger sur l’avenir de ces deux couples-là. Tel est le superbe livret de Da Ponte qui fait évidemment penser aux pièces de Marivaux. Les subtilités de la musique de Mozart se substituant à la subtilité des mots du dramaturge français.

L’opéra de Mozart, qui est merveilleux, a évidemment suscité l’intérêt de cohortes de metteurs en scène. Il a été « mis à toutes les sauces » scéniques. Des plus respectueuses, en costumes d’époque, aux plus interpellantes.

Certains se souviendront de la très belle « remise en question » de l’œuvre à La Monnaie dans la plus que convaincante mise en scène de Michael Haneke. Délicate, subtile, incisive, belle, nous confrontant à nos façons d’être à la mode, à nos façons d’aimer, à nos façons d’exister, à notre humanité.

Violon sur basse obstinée dans l’Autriche baroque, agrémenté d’un frétillant continuo

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Ostinato. Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704) : Passacaglia [Sonate 6, -Sonatae violino solo] ; Sonata 75 [Minoritenkonvent Wien]. Georg Arnold (1621-1676) : Capriccio [Canzoni, Ariae e Sonatae Op. 3]. Antonio Bertali (1605-1669) : Ciaccona [Partiturbuch Ludwig]. Heinrich Döbel (1651-1693) : Sonate en la majeur. Johann Josef Vilsmayr (1663-1722) : Sonate. Johann Heinrich Schmelzer (c1623-1680) : Ciaccona. Ars Antiqua Austria. Salzburg Lute Consort. Gunar Letzbor, violon. Jan Krigovski, violone. Hubert Hoffmann, théorbe, luth. Daniel Oman, colascione. Jakub Mitrik, chitarra attiorbata. Erich Traxler, orgue, clavecin. Décembre 2021. Livret en allemand, anglais. TT 73’16. Pan Classics PC 10444

Au-delà des apparences, et si émouvant : « Picture A Day Like This » de George Benjamin et Martin Crimp

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Au Festival d’Aix-en-Provence, dans l’écrin bienvenu du Théâtre du Jeu de Paume, les spectateurs ont été invités à passer au-delà des apparences d’une réalité si souvent trompeuse. Un voyage plus qu’émouvant grâce à la conjugaison réussie d’un texte et d’une partition, de leur mise en scène et de leur interprétation.

L’auteur et le compositeur : Martin Crimp et George Benjamin. C’est la quatrième fois qu’ils collaborent dans l’écriture d’un opéra. Une collaboration qui nous a valu il y a quelques années le magnifique Written On Skin. Ces deux-là, qui sont amis, ont donc l’habitude de travailler ensemble. Quelle belle complicité. Ce qu’ils nous proposent, ce n’est pas la juxtaposition, mais bien la conjugaison d’un texte et d’une partition. Superbe tissage de mots et de notes. La musique éclaire les mots, les mots s’accomplissent dans la musique. 

Une musique qui jamais n’est pléonasme ni simple illustration-amplification de ce qui se dit. Non, elle est, dans ses nuances subtiles -quelle orchestration- langage significatif. L’entendre, l’écouter, c’est en savoir davantage, c’est vivre et comprendre mieux ce qui est en jeu. Quelle délicatesse, quelle retenue, quels élans, quels éclats aussi. Qui d’autre que George Benjamin pouvait la mieux exprimer en dirigeant lui-même un Mahler Chamber Orchestra à l’unisson de ses intentions.

Motets de la famille Bach : le Tölzer Knabenchor, solennel gardien du temple

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Motets of the Bach family. Johann Bach (1604-1673) : Unser Leben ist ein Schatten. Sei nun wieder zufrieden, meine Seele. Johann Michael Bach (1648-1694) : Halt, was Du Hast. Nun hab ich überwunden. Johann Christoph Bach (1642-1703) : Herr, nun lässest Du Deiner Diener. Johann Ludwig Bach (1677-1731) : Unsere Trübsal. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Lobet den Herrn alle Heiden BWV 230. Tölzer Knabenchor. Sören Leupold, théorbe. Michael Schönfelder, violone. Thomas Leininger, orgue, clavecin. Rober Schröter, orgue. Michael Hofstetter, direction. Août 2022. Livret en allemand, anglais ; paroles en allemand et traduction en anglais. TT 54’10. Christophorus CHR 77467