Wranitzky et Meyerbeer, rare musique de scène avec l’Orchestre de Chambre de Pardubice

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Paul Wranitzky (1756-1808) : Das Waldmädchen. Pastorale et Allemande. Orchestre philharmonique de chambre de Pardubice, Marek Štilec. Juillet 2020. Livret en anglais. TT 72’53. Naxos 8.574290

Giacomo Meyerbeer (1791-1864) : Der Fisher und das Milchmädchen, oder Viel Lärm um einen Kuss. Der Admiral, oder Der verlorene Prozess –Ouverture [coll. avec Abbé Georg Joseph Vogler]. Das Brandenburger Tor –introduction. Wirt und Gast, oder Aus Scherz Ernst (extraits). Romilda e Costanza –Ouverture. Orchestre philharmonique de chambre de Pardubice, Dario Salvi. Août 2021. Livret en anglais. TT 75’33. Naxos 8.574316

Beethoven, Dvořák et Telemann chez Bärenreiter 

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Les éditions Bärenreiter proposent quelques belles nouveautés, de la musique baroque au répertoire romantique. Nous les passons en revue de manière alphabétique.

Ludwig van Beethoven (1870-1827) : Quatuor à cordes en fa majeur, Op.135. 

Partition d’étude : TP 935. ISMN : 9790006203147.

Parties séparées :  BA09035. ISMN : 9790006569908

Commentaire critique :  BA09035-40. ISMN : 9790006569915

Partitions de poche chez Henle de Bach à Schönberg

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Les éditions Henle continuent d’alimenter leur vaste catalogue d’Urtext avec 4 nouvelles parutions dans leur collection au format de poche. Notons la qualité et la solidité de la couverture et celles du papier qui laissent à penser que ces parutions supporteront usages et annotations. Ces partitions d’étude comportent toujours une introduction trilingue (Allemand, anglais et français) et l’appareil critique bilingue (allemand et anglais). 

Jean-Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto pour clavecin n°3 en Ré majeur, BWV 1054. HN 7382. ISMN : 979-0-2018-7382-4

Vents saxons à la française 

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La Valse. Hector Berlioz (1803-1869) : Le Carnaval Romain (arrangement de Tohru Takashi) ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Les Sylphides (arrangement de Thomas Scheibe) ; Maurice Ravel (1875-1837) : La Valse (arrangement de Siegmund Goldhammer)  : Gabriel Fauré (1846-1924) : Pavane (arrangement de Thomas Schreibe) ; César Franck (1822-1890) : Le Chasseur Maudit (arrangement de Stephan Hodel). Sächsische Bläserphilharmonie, Direction : Peter Sommerer.  2022. Livret en allemand et anglais. 52’55’’. Hänssler Classics. HC22068. 

Pionnière et enivrante intégrale pour orgue du Padre Martini

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Giovanni Battista Martini (1706-1784) : œuvre d’orgue intégral. Manuel Tomadin, orgues des églises San Floriano (Val di Zoldo), Santa Giustina (Auronzo di Cadore), San Giacomo (Polcenigo), San Andrea (Venzone), SS. Simone e Taddeo (Borca di Cadore), San Sebastiano (Dignano), du sanctuaire della Madonna della Ghiara (Reggio Emilia), de l’église luthérienne de Trieste, de la cocathédrale de Feltre (Italie). Livret en anglais. Juin 2020 à octobre 2021. TT 11h37'46. Brilliant 96182

A Genève, le magnifique Roméo de Benjamin Bernheim  

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En cette saison 2022-2023, l’Orchestre de Chambre de Genève fête ses trente ans d’existence. Dans sa programmation extrêmement variée, figure un opéra en version de concert, Roméo et Juliette de Charles Gounod, donné pour deux soirées à l’Auditorium Stravinski de Montreux le 7 janvier et au Bâtiment des Forces Motrices à Genève le 10 janvier.

Ingénieuse idée que celle de présenter sous cette forme ce grand ouvrage du répertoire français à un public qui n’y est guère accoutumé ! Sous la direction du jeune Marc Leroy-Calatayud, chef associé de l’OCG pour cette saison, l’œuvre vous empoigne dès sa saisissante Ouverture-Prologue, innervée d’une énergique dynamique théâtrale que ponctue le declamato mesuré de l’Ensemble Vocal de Lausanne, à la diction parfaitement intelligible. A Genève, le texte est du reste projeté sur un écran en fond de scène, ce qui permet de suivre aisément la trame. Loïc Richard élabore une mise en espace circonscrite de chaque côté par une estrade où une partie de l’action peut être mimée par les solistes qui apparaissent devant les feux de la rampe.

Lors du Bal des Capulets, l’attention se porte sur le Tybalt péremptoire de Thomas Atkins imposant ses vues devant le Pâris en demi-teintes de Clemente Hernandez. Paraît le Comte Capulet campé par Jean-Sébastien Bou, investi de l’autorité paternelle pour exprimer sa joie de présenter sa fille, Juliette, incarnée par la soprano franco-américaine Sandra Hamaoui. Chaperonnée par la Gertrude bienveillante de Marie-Thérèse Keller, elle produit d’abord un coloris légèrement guttural qui laisse affleurer le déséquilibre entre les registres avec un medium trop sourd sous un aigu brillant où le texte n’a pas de prise. Mais une fois passée la nervosité affectant le premier acte, son chant acquiert meilleure assise. Le Mercutio de Philippe-Nicolas Martin instille une note divertissante par son baryton clair évoquant avec une précision de touche Mab, la reine des mensonges. Par quelques phrases de récitatif, lui répond le Roméo de Benjamin Bernheim, subjugué immédiatement par l’apparition de Juliette. Abordant le rôle pour la première fois, il développe d’emblée un phrasé magistral qui sous-tend le legato du madrigal à deux voix « Ange adorable », avant de laisser se répandre sa passion dévorante dans la cavatine « Ah ! Lève-toi, soleil », irradiée par l’insolence de l’aigu. Alors que sa partenaire se montre plus sûre dans ses interventions, il se laisse gagner par l’expansion généreuse du duo « Ô nuit divine ! je t’implore » puis achève le deuxième acte par un « Va ! repose en paix » en un pianissimo étiré sur la longueur du souffle. L’acte III le confronte au Frère Laurent de Jean Teitgen, basse impressionnante qui fait autorité par l’ampleur de ses moyens dans le quatuor « Dieu, qui fis l’homme à ton image » où les deux amants jouent les tourtereaux pris en faute et feignant d’être sérieux. La place publique devant le palais des Capulets braque les feux sur le Stéphano pimpant d’Adèle Charvet qui s’arme d’effronterie pour provoquer la faction des Capulets menée par le Grégorio hardi d’Alban Legos et l’arrogant Tybalt de Thomas Atkins. Et la baguette de Marc Leroy-Calatayud exploite les ressources de l’Orchestre de Chambre de Genève et de l’Ensemble Vocal de Lausanne pour brosser un Final épique où le Benvolio d’Etienne Anker seconde Roméo voulant venger la mort de Mercutio. Et tous ploient le genou devant le Duc de Vérone statuaire de José Bertili.