Beethoven en ballet
Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Die Geschöpfe des Prometheus, Op.43 (Ballet complet). Cappella Aquileia, direction : Markus Bosch. 2020. Livret en allemand et anglais. 62’17’’. CPO. 555 303-2
Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Die Geschöpfe des Prometheus, Op.43 (Ballet complet). Cappella Aquileia, direction : Markus Bosch. 2020. Livret en allemand et anglais. 62’17’’. CPO. 555 303-2
Ce jeudi 4 janvier a lieu le premier concert de l’année pour les Siècles et François-Xavier Roth au Théâtre Municipal Raymond Devos à Tourcoing. Ce concert célèbre les 20 ans de la création de cet orchestre connu et reconnu internationalement. Quel autre lieu pour ce premier concert que Tourcoing puisque, pour rappel, les Siècles sont en résidence à l’Atelier Lyrique de Tourcoing.
Au programme de cet événement, une balade dans le romantisme tardif français : Prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy, Namouna suite N°1 d’Edouard Lalo, Bacchus et Ariane suite N°2 d’Albert Roussel, Scènes alsaciennes de Jules Massenet, l’Apprenti sorcier de Paul Dukas et La Valse de Maurice Ravel.
La première partie commence avec une des pages les plus connues de Claude Debussy : Prélude à l’après-midi d’un faune. Le célébrissime solo de flûte interprété par la flûtiste Marion Ralincourt est d’une lumineuse délicatesse. La suite l’est tout autant, l’harmonie est d’une justesse enchanteresse, tout comme les cordes sont unies dans l'interprétation de cette oeuvre. Les Siècles nous font vivre un moment suspendu dans le temps tel un rêve éveillé alliant douceur et tranquillité.
La Suite N°1 tirée du ballet Namouna est la deuxième pièce de cette soirée. Composé par un Edouard Lalo ayant des problèmes de santé, il est aidé par Gounod et le ballet est créé en 1882 à l’Opéra de Paris. Cette Suite est composée de cinq mouvements. Le premier mouvement, Prélude, d’une certaine sobriété, voit un solo intense interprété par les violoncellistes. Un crescendo bien construit amène un tutti magistral avant qu’une mélodie ne soit exposée par les cuivres avec une certaine brillance. Le deuxième mouvement, Sérénade, est un allegro enjoué et d’une certaine manière espiègle. Il y a du mouvement mais l’ensemble reste très clair et défini. Notons le beau jeu d’accents donnant du relief à cette partie de la suite. Le troisième mouvement, Thème varié, débute avec gravité avant de s’illuminer doucement pour laisser place à une mélodie chantante aux cordes, tantôt rejointe par la flûte. Un grand tutti majestueux fait son apparition un peu plus tard et clôture ce Thème varié. Le quatrième mouvement, Parade de foire, débute de manière surprenante avec l’harmonie. Celle-ci se fait remarquer par la précision de ses interventions. Un nouveau solo de flûte est accompagné par des pizzicati dirigé avec brio par François-Xavier Roth. Le dernier mouvement, Fête foraine, est un presto où contrastes, énergie et engagement sont au rendez-vous. La conclusion est triomphale.
Affetti Canori. Giovanni Battista Bassani (c1650-1716) : Cantate e ariette per soprano e basso continuo Op. 6. Anna Piroli, soprano. Luigi Accardo, clavecin, orgue positif. Nicola Brovelli, violoncelle. Elisa La Marca, théorbe, guitare baroque. Juillet 2020. Livret en italien et anglais (paroles en italien, traduction en anglais). TT 56’01. Dynamic CDS7918
Identity. César Franck (1822-1890) : Prélude, Fugue et Variations, Op.18 CFF 308 ; Tōru Takemitsu (1930-1996) : Romance, Rain Tree Sketch II ; Maurice Ravel (1875-1937) : Jeux d’eau, M.30 ; Valses nobles et sentimentales, M.61 ; Claude Debussy (1875-1918) : Six épigraphes antiques, L.139 ; L’isle Joyeuse L.109 ; Bonus : Benjamin Godard (1849-1895) : Mazurka n°2, Op.54. Kenji Miura, piano. 2021. Livret en anglais, français et allemand. 68’14’’. Warner Classics. 0190296 154584.
Under der Linden. Konrad von Würzburg (c1225-1287) : Do ich mich übt der seiten Klang. Heinrich von Meissen, dit Frauenlob (c1250-1318) : Gar starc bekannt ist der Helffant ; Lucas vns melt im anderen Capitel. Albrecht Lesch (?-1393) : Zuch durch die Wolken. Bruder Wernher (1225-1250) : Ich buwe eyn Hus. Dietmar von Aist (1115-1171) : Der Winter waere mir ein Zit. Tannhäuser (fl. 1245-1265) : Avianuss der frey poet. Konrad Marner (1270- ?) : Ir schauwent an die cleyn ameyss. Der Unverzagte (1280- ?) : Der kvninc Rodolp. Robin (XIIIe s.) : Nieman tzv vro sol prysen. Walther von der Vogelweide (1170-1230) : Under der Linden. Ensemble Céladon. Clara Coutouly, soprano. Paulin Bündgen, contre-ténor. Nolwenn Le Guern, vièle, crwth. Caroline Huynh Van Xuan, organetto. Florent Marie, luth. Gwennaël Bihan, flûtes. Livret en anglais, français, allemand ; paroles en langue originale non traduite. Avril 2022. TT 75’30. Ricercar RIC 447
Le jury des International Classical Music Awards (ICMA) sont heureux d’annoncer le lancement d'un nouveau prix : le Classeek Award.
Ce nouveau prix sera décerné pour la première fois en 2023, lors de la cérémonie de remise des prix et du concert de gala des ICMA qui auront lieu au National Forum de la musique à Wroclaw, en Pologne.
Cette nouvelle catégorie a été créée en étroite collaboration avec Classeek, basée à Lausanne, en Suisse.
"Aujourd'hui, la concurrence entre les jeunes musiciens talentueux est très forte. Nous pensons que les meilleurs doivent aussi recevoir et bénéficier du meilleur soutien possible ! C'est un objectif commun au jury des ICMA et à Classeek” a déclaré Remy Franck, président du jury des ICMA. “Nous avons donc ajouté ce nouveau prix aux catégories déjà existantes. Il nous permet de promouvoir annuellement un jeune musicien exceptionnel choisi parmi les finalistes du programme "Ambassadeur de Classeek", destiné aux artistes de talent. Grâce à notre jury indépendant, composé de 19 critiques musicaux de 16 pays différents, nous espérons renforcer la reconnaissance du musicien lauréat. Nous sommes ravis d'organiser ce nouveau prix en étroite collaboration avec Classeek et de développer des synergies profitables entre les deux organisations."
Catarina Amon de Classeek déclare : "Nous sommes ravis de commencer notre collaboration avec les ICMA, avec qui nous ressentons une alliance de passion pour soutenir le plus haut niveau artistique en combinaison avec la prochaine génération d'artistes. Nous sommes fiers de présenter ce nouveau Prix Classeek lors de la saison 2023-24 et d'avoir des artistes en relation avec notre programme, nommés en association avec les International Classical Music Awards"
Pour en savoir plus sue Classeek, nous vous invitons à lire l'interview que Catarina Amon, nous avait accordée

Le 15 janvier 1948, inspirée par le modèle londonien, Sara Huysmans organisait dans notre capitale les premiers Concerts de Midi belges, aux Musées Royaux des Beaux-Arts, à l'heure du déjeuner. Un rendez-vous très prisé dans le Bruxelles d'après-guerre. 75 ans plus tard, les Concerts de Midi sont une institution dans le paysage musical bruxellois. A l’occasion de cette célébration, Guy van Waas et Dirk Vermeulen, les directeurs artistiques, ont concocté un événement festif : rendez-vous ce 15 janvier.
Les Concerts de Midi célèbrent leur 75e anniversaire avec une journée spéciale. Comment avez-vous concocté cet événement ?
Une chose était évidente pour nous : il fallait rejouer l'oeuvre présentée lors du premier concert, le 15 janvier 1948. Les programmes de l'époque étaient moins précis que ceux que nous recevons actuellement. On y a trouvé : Programme Beethoven, par le Quatuor Gertler et puis le nom des 4 musiciens (clarinette, cor, basson et contrebasse) qui nous mènent très évidemment vers le Septuor op. 20. Nous avons ensuite voulu rendre hommage à celui qui fut pendant de nombreuses années le directeur artistique des Concerts de Midi, l'excellent pianiste Jozef De Beenhouwer. Nous avons également voulu inviter un sextuor de mains de pianistes sur un seul piano ! Le Trio MNM se joint à la fête avec un de leurs très brillants et ludiques programmes, accessibles à tous.
Est-ce qu’il y aura d’autres évènements festifs au cours de la saison ?
Toute cette saison est une grande fête. Le public et les artistes sont très heureux de revenir aux Concerts de Midi et donc, chaque jeudi est festif !
Quel regard rétrospectif portez-vous sur cette aventure musicale et sa place dans la vie musicale bruxelloise ?
L'idée de Concerts de Midi à Bruxelles avait déjà été émise en 1940. Mais c'est le séjour à Londres du gouvernement belge pendant la Seconde Guerre mondiale qui va montrer l'importance de "lunch concerts" à Sarah Huysmans (fille de Camille Huysmans, l'éminent homme politique) qui s'est empressée de mettre en route de tels concerts à Bruxelles. En ces temps-là, les pauses de midi étaient longues et obligatoires et remplir ce temps par de la culture (Sarah Huysmans a également mis sur pied les Midis de la Poésie) avec la possibilité d'un "lunch" très bon marché a été un moteur culturel important à Bruxelles. L'accès à la culture était par ailleurs beaucoup plus restreint et ces évènements du midi ont largement contribué à la curiosité artistique de bien des gens. Le succès de ces activités a été énorme, à tel point qu'à un moment donné on a dédoublé certains concerts, la jauge des 450 personnes étant dépassée!
Le Trio Aries (Alice Van Leuven, violon ; Paul Heyman, violoncelle ; Wouter Valvekens, piano) est un jeune ensemble de musique de chambre belge des plus intéressants. Il sera en concert dans le cadre du CPE Festival, le 14 janvier prochain. Crescendo Magazine s’entretient avec la violoniste Alice Van Leuven pour évoquer le parcours et les projets de ces musiciens.
La première question est biographique. Comment vous êtes- vous rencontrés et comment avez-vous décidé de fonder cet ensemble ?
Le monde de la musique de chambre en Belgique est relativement petit. Nous sommes tous les trois passionnés de musique de chambre et partagions l’envie de fonder un ensemble, nous étions donc amenés à nous rencontrer.
Nous n’avons pas étudié ensemble, ni même dans le même pays. C’est grâce au bouche à oreille que nous avons entendu parler l’un de l’autre même si Wouter (pianiste) et moi nous connaissions auparavant. Nous avons organisé trois concerts en un week-end pour voir si ça « collait » comme on dit. Suite au succès de ces trois concerts et aux encouragements du public et de nos proches, nous avons décidé de fonder le Trio Aries. Nous avons, dans la foulée, enregistré le premier trio de Mendelssohn en live (avec vidéo) à l’Université des arts de Berlin où j’étudiais alors le violon. Le trio est né de ces expériences.
Qu’est-ce qui vous a attiré vers la musique de chambre, car c’est un domaine où on voit relativement peu de jeunes ensembles en Belgique ?
L’envie de fonder un groupe qui s’inscrirait sur le long terme et au sein duquel chacun puisse s’épanouir constitue la base de notre projet. Nous souhaitions tous les trois travailler ensemble pour atteindre une grande symbiose, à la manière des quatuors à cordes.
Ce qui nous a attiré tous les trois vers la musique de chambre, c’est bien sûr avant tout la richesse du répertoire. Le trio à clavier offre de multiples possibilités aux compositeurs. Le mariage des instruments à cordes avec le piano permet justement de palier les « manquements » éventuels de ces instruments pris à part. Les cordes, de tessitures graves et aiguës, permettent les longues phrases lyriques tandis que le piano apporte bien souvent la richesse harmonique et une dimension presque orchestrale à l’ensemble. Et les rôles sont bien évidemment aussi inversés : les cordes accompagnent un piano concertant ou forment une texture sonore commune à la manière d’un quatuor à cordes réduit.
Pour moi comme pour mes collègues, le choix de la musique de chambre s’est imposé comme une évidence. Dans le monde d’aujourd’hui, il faut se montrer flexible et continuellement s’adapter aux circonstances. Les musiciens n’y échappent pas ! La musique de chambre est une très bonne école pour développer ces qualités. En ces quelques années d’existence, je pense que nous avons tous le trois appris énormément dans d’innombrables domaines : les aptitudes purement musicales bien sûr (qui restent en constante évolution) mais également le développement personnel, le travail d’équipe, la communication etc. La musique de chambre est une véritable école de vie. A noter également qu’aucun de nous ne fait que ça, le métier étant malheureusement très peu lucratif… Nous sommes tous les trois professeurs et nous nous produisons également en tant que solistes ou avec d’autres ensembles.
La musique de chambre est pour moi la manière la plus intense de ressentir la musique. C’est très personnel, j’imagine que d’autres personnes seront peut-être plus touchées par l’orchestre ou par des solistes. Pour moi, l’échange d’idées musicales en petit groupe a toujours été le plus chargé émotionnellement.
On commence ce parcours à Bruxelles, avec le CPE Festival qui ouvre l’année civile avec deux beaux concerts : le 14 janvier, le jeune trio belge Aries (Alice Van Leuven - violin / Paul Heyman - violoncelle / Wouter Valvekens - piano) dans Scriabine et Tchaïkovski ; le 29 janvier, l’excellent Philippe Graffin au violon sera en compagnie de Katsura Mizumoto au luthéal pour un concert qui sortira des sentiers battus (Ernst von Dohnányi, George Enesco, Claude Debussy, Maurice Ravel)
A La Monnaie, outre une nouvelle production d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski sous la direction d’Alain Altinoglu et dans une mise en scène de Laurent Pelly (du 29/01 au 14/02), on note un concert symphonique avec des oeuvres de Glinka, Tchaïkovski et Prokofiev sous la direction du directeur musical (8/01). Au Flagey, si le mois de janvier sera très jazz avec le Brussels Jazz Festival, il ne faut pas rater le concert 100% Bach que donneront Philippe Herreweghe et son Collegium Vocal (25/01).
Le 15 janvier 2023, les Concerts de Midi célébreront leur 75e anniversaire avec une grande fête avec trois concerts au MIM et aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Pour terminer ce parcours bruxellois, notons à Bozar la première venue du prodige des podiums Klaus Mäkelä et de son Orchestre royal du Concertgebouw pour rien moins que la Symphonie alpestre de Richard Strauss (13 janvier).
A Liège, place au belcanto avec La Sonnambula de Bellini à l’Opéra royal : Giampaolo Bisanti en fosse et Jaco van Dormael à la mise en scène (du 20 au 28 janvier). A Namur, Leonardo García Alarcón célèbrera Vivaldi (19 janvier) alors que Reinoud Van Mechelen mettra à l’honneur Céphale et Procris d’Élisabeth Jacquet de La Guerre (21 janvier).
A Lille, l’Orchestre national de Lille propose deux belles affiches sous la direction d’Alexandre Bloch : une soirée Britten, Nante et Bartók avec Pierre-Laurent Aimard en soliste (11 janvier à Lille) et un concert 100 % Poulenc avec La Voix humaine chantée Véronique Gens ( 25 janvier à Lille et 27 janvier à la Philharmonie de Paris). A Tourcoing, Les Siècles fêtent leurs 20 ans (5 Janvier) et Mozart sera à la fête : sur le ton tragico-comique, entre la farce et la satire, l’opéra baroque et le Space Opera, Le Monde selon Mozart nous fait découvrir dans ce Jeu Lyrique – Singspiel — qu’il aurait pu composer, un Mozart facétieux, joueur, insolent et terriblement moderne, qui nous administre un vaccin aussi efficace qu’essentiel : sa musique (20 et 22 janvier).
A Clermont-Ferrand, l’Orchestre national d’Auvergne mettra la musique française à l’honneur : Debussy, Ravel, Saint-Saëns, Fauré sous la direction de Thomas Zehetmair avec la harpiste Valeria Kafelnikov. Ce concert proposera la nouvelle édition révisée Ravel Edition de l’Introduction et Allegro pour harpe et orchestre de chambre ainsi que la première en France de l’édition révisée de Ma Mère l’Oye en version ballet.
Pour la période des fêtes de fin d’année, le Ballet National de l’Opéra de Paris donne seize représentations du Lac des Cygnes en reprenant la production que Rudolf Noureyev avait conçue en 1984 pour cette compagnie en sollicitant le concours d’Ezio Frigerio pour les décors, de Franca Squarciapino pour les costumes et de Vinicio Cheli pour les lumières.
Se basant sur la chorégraphie originale de Marius Petipa et de son assistant, Lev Ivanov, présentée au Théâtre Marinsky de Saint-Pétersbourg en janvier 1895, il en élabora sa propre conception dans le but de revaloriser la danse masculine en développant le rôle du Prince Siegfried et celui, fort ambigu, du Précepteur Wolfgang qui prendra par la suite les traits du sorcier Rothbart. Face à ce double personnage, Odette est la princesse métamorphosée en cygne blanc qui deviendra, au troisième acte, Odile, le maléfique cygne noir.
Dès l’Introduction prise à tempo extrêmement lent par Vello Pähn à la tête de l’Orchestre de l’Opéra National de Paris, la trame est développée selon le champ de vision du Prince qui se réfugie dans la mélancolie et l’introspection. Mais, d’emblée, sa vision tourne au cauchemar lorsqu’il voit s’élever dans les airs une jeune femme enveloppée dans ses longs voiles blancs, emportée par un homme/rapace terrifiant. Tout au long du premier acte, il s’isole dans un monde clos que les jeunes courtisans tentent d’approcher sans pouvoir y parvenir, tant le Précepteur campé magistralement par Jack Gastowtt fait continuellement obstruction. Et Siegfried, dansé par Marc Moreau, ébauche dans sa Variation nombre de figures caractéristiques telles que la pirouette, tandis que le Corps de ballet, en tenues rose violacé, se fait valoir dans la célèbre Valse aux formules diversifiées exigeant de chacun une virtuosité aguerrie, ce que l’on dira aussi de la Danse des couples confiée à seize danseurs, impressionnants par leur technique policée et leur parfaite cohésion d’ensemble. Dans le Pas de trois requérant la participation d’Hannah O’Neill et de Roxane Stojanov, le jeune Andrea Sarri éblouit par l’aisance de ses sauts. Alors que l’atmosphère s’obscurcit, Wolfgang tend insidieusement une arbalète au Prince qui, sur l’enchaînement de deux tableaux musicaux, parvient au lac de l’acte II en développant de sinueuses arabesques. Apparaît Odette, le cygne blanc incarné par Héloïse Bourdon, traduisant sa panique par son regard désespéré et ses gestes convulsifs qui finiront par trouver une assise rassérénée dans le Pas de deux, adagio où elle prend le temps de détailler chaque mouvement. Continuellement, Rothbart le sorcier déploie ses ailes gigantesques pour apeurer les compagnes d’infortune de leur reine qui tentent de la protéger sans pouvoir empêcher la séparation d’avec Siegfried.