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‘Un final réjouissant’, ainsi est intitulé le dernier concert de la saison 2021-2022 de l’Orchestre de la Suisse Romande. Sous la direction de Jonathan Nott, l’artiste en résidence en a été le violoniste Frank Peter Zimmermann qui, en trois soirées, nous a présenté des pages aussi rares que la Première Rhapsodie de  Béla Bartók   la Suite Concertante de Bohuslav Martinů  et le Concerto en ré mineur de Robert Schumann. 

Mais c’est par un ouvrage célèbre, le Concerto en ré majeur op.77 de Johannes Brahms que s’est achevé ce cycle le mercredi 9 juin. Confronté à un tissu orchestral d’une épaisseur consternante qui souscrit à la grosse artillerie en laissant les vents ignorer toute indication de nuance, le soliste tire son épingle du jeu en imposant progressivement un grain pathétique qui retient ses élans pour modeler un cantabile suave imprégné de poésie intimiste. Une technique à toute épreuve lui permet de négocier les traits échevelés de la première cadenza, de nourrir d’un lyrisme généreux l’Andante médian et d’imprégner le Final d’une impétuosité alla zingara qui deviendra effervescente dans la coda. Le public ne s’y trompe pas en faisant fête au violoniste qui, en bon prince souriant, enchaîne deux pages lentes de Bach en faisant chanter les doubles cordes.

Trompette et piano à l’honneur d’un programme de concertos modernes

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour piano, trompette et orchestre à cordes en ut mineur Op. 35. Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Concerto pour trompette et orchestre en si bémol majeur Op. 94. André Jolivet (1905-1974) : Concertino pour trompette, orchestre à cordes et piano. Selina Ott, trompette. Maria Radutu, piano. Dirk Kaftan, Orchestre symphonique de la Radio de Vienne. Novembre 2020. Livret en anglais et allemand. TT 60’44. Orfeo C220011

Les huit grandes Suites de Haendel : la performance de Francesco Corti

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Suites en la majeur, fa majeur, ré mineur, mi mineur, mi majeur, fa dièse mineur, sol mineur, fa mineur HWV 426-433. Ouvertures de Il Pastor Fido, Teseo, Radamisto, Rodelinda HWV 8, 9, 12, 19. William Babell (c1689-1723) : Prelude ; The Overture from Rinaldo ; Lascia ch’io pianga from Rinaldo [Suits of the Most celebrated Lessons - First set en fa majeur]. Francesco Corti, clavecin. Livret en anglais, français, italien. Février 2021. TT 69’26 + 77’14. Arcana A499

Premiers concerts du 36e Festival Piano à Riom

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La 36e édition du Festival Piano à Riom s’est ouverte le 1er juin sous la direction artistique de la pianiste franco-hongroise Suzana Bartal. Dédié au piano et à la musique de chambre, le festival élargit cette année son champ et propose des concerts de musique baroque, du jazz et du lyrique, avant de revenir au piano « pur » avec le récital de clôture par Philippe Cassard le 22 juin.

A la tête de cette manifestation depuis 3 ans, Suzana Bartal a dû jongler, dans ses précédentes éditions, avec les restrictions dues à la pandémie ; la dernière édition s’est déroulée avec les jauges réduites, entre deux fermetures des lieux de culture. Ainsi, le 1er juin dernier, à la présentation du premier concert à la Salle Dumoulin, elle s’exclame : « C’est la première fois que je vois le public sans masque ! », remarque accueillie par de grands applaudissements joyeux.

Le Festival commence avec un trio, assuré par le violoniste Daniel Rowland, la violoncelliste Maja Bogdanovic et Suzana Bartal, dans un programme Brahms (Trio n° 2 op. 87), Schubert (Trio D. 929). Entre ces deux chefs-d’œuvre, une composition de Peteris Vasks, Castillo Interior. Cette dernière pièce, publiée en 2015 et créée par Patricia Kopatchinskaya et Sol Gabetta au Festival Schleswig-Holstein (Allemagne), est empreinte d’une grande spiritualité. Entre les deux instruments -le violon joue souvent en double corde-, la proximité du timbre et parfois des tessitures est confondante et on se perd dans la magie sonore de Vasks : on ne sait quelle note vient de quel instrument. Les deux interprètes sont fusionnels dans cette musique « mystique » d’une étonnante beauté, et de cette fusion se dégage une lancée sonore quasi céleste, malgré l’acoustique très sèche de la salle. La sécheresse ne joue malheureusement pas en faveur de deux Trios germaniques qui auraient révélé davantage leurs dramaturgies musicales dans une résonance plus riche. Malgré ces conditions, les trois musiciens ne se désemparent pas et se donnent corps et âme, chacun(e) dans son champ de virtuosité et de méditation, recueillant une adhésion générale de l’auditoire.

Marc Geujon : un superbe panorama international de la trompette concertante

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Proclamation. Ernest Bloch (1880-1959) : Proclamation pour trompette et orchestre ; Alexander Arutiunian (1920-2012) : Concerto en la bémol majeur pour trompette et orchestre ; Jacques Hétu (1938-2010) : Concerto opus 45 pour trompette et orchestre ; John Estacio (né en 1966) : Concerto pour trompette et orchestre. Marc Geujon, trompette. Orchestre symphonique de Mulhouse, Jacques Lacombe. 2020. Livret en français et en anglais. 60’33. 1 Indesens. INDE159

Jean-Marie Marchal, à propos du Grand Manège de Namur

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Le Namur Concert Hall est une avancée importante pour le milieu musical et culturel Namurois. Rencontre avec son directeur général, Jean-Marie Marchal qui revient sur les grands moments de cette aventure tout en se projetant vers l'avenir. Un entretien mené par Thimothée Grandjean et Alex Quitin, reporters de l'IMEP. 

Comment est né le projet du Grand Manège ? 

Le Grand Manège existait déjà. Nous sommes dans le quartier qui, historiquement, était le quartier militaire. Actuellement il ne reste plus que la porte d'entrée de la caserne principale, dans laquelle il y a un musée africain qui va être lui aussi restauré. À l'époque, le Grand Manège était occupé par un régiment de lanciers à cheval, d'où son nom. Ensuite c'est devenu un lieu culturel géré par le théâtre à la fin du siècle dernier. Essentiellement pour du théâtre expérimental et pour des musiques dites “émergentes”, comme le rock alternatif. Mais à un certain moment, les pompiers ont décidé que la sécurité n'était plus suffisante dans le bâtiment, qui a donc été fermé. Le bâtiment appartenant à la ville, la question s’est posée de savoir ce qu'on allait en faire. 

Par ailleurs, il y avait deux vieux problèmes ici à Namur. Tout d’abord celui du CAV&MA, qui produit le Chœur de Chambre de Namur, l’orchestre baroque Millenium, etc, qui n'avait pas de salle de référence que ce soit pour répéter ou enregistrer. Nous devions aller dans les églises mais les églises, en hiver, ce n’est pas ce qui il y a de mieux. 

D'autre part, il y avait aussi le problème de l'académie de musique de Namur, le Conservatoire Balthasar Florence, qui était dans des bâtiments provisoires depuis très longtemps et qui était en demande d'avoir enfin son bâtiment. Des discussions ont eu lieu en 2012, 2013 et début 2014 et la ville s'est finalement décidée à restaurer complètement le Grand Manège, à reconstruire du nouveau et à réunir le CAV&MA ainsi que le Conservatoire dans une seule “mini-cité” de la musique. Le dossier fut mûr en 2015. Les travaux ont commencé en 2018 et se sont terminés en 2021 avec une inauguration le 3 septembre 2021. Voilà toute l'histoire. En ce qui concerne le fonctionnement de la nouvelle infrastructure, la Ville intervient également, ainsi que la FWB - ministère de la culture, de manière insuffisante malheureusement que pour pérenniser notre projet à long terme mais suffisante toutefois pour nous lancer dans l’aventure. Je forme le voeux que les négociations qui se profilent à propos du renouvellement du contrat-programme qui lie notre association aux pouvoirs publics nous permettront de stabiliser l’infrastructure en lui donnant les moyens de se développer à long terme et ainsi de donner sa pleine mesure au bénéfice tant des artistes de notre communauté que du public.

On a beaucoup travaillé pendant trois ans avec les acousticiens pour s'assurer du meilleur résultat possible de ce qui était quand même le cœur du projet. Tous les musiciens qui se sont produits dans notre salle s’accordent à dire que l’acoustique est remarquable. De plus, elle est réglable. C'est-à-dire que sans public, on a une résonance naturelle qui peut aller de une seconde deux à deux secondes sept. Une seconde deux, c’est quasiment un théâtre et deux secondes sept, c’est une église. On peut donc y faire absolument toutes les musiques. On a d’ailleurs tout testé : récital de piano, musique de chambre, musique symphonique, musique ancienne y compris musique médiévale avec trois chanteurs et un luth,… et on entend très bien de partout dans la salle. Pour nous, c'est une réussite et on en est très satisfaits.

Nous avons tout de même quelques handicaps, comme le fait par exemple qu'on ne puisse avoir ni fosse d'orchestre, ni loge, ni rangements de matériel au -1 car un ruisseau passe en dessous du bâtiment. Il nous manque aussi un complément dans une deuxième phase de travaux. Le but de celle-ci est notamment de construire une agora à l'extérieur. Nous ajouterons aussi un pylône pour projeter les images sur la façade blanche. Il y aura également un grand local de rangement. Donc le projet du Grand Manège n’est pas encore terminé. Malgré cela, c'est quand même déjà très concret et un peu miraculeux. En effet, tous nos partenaires nous ont dit que voir arriver cette salle en plein milieu de la pandémie du Covid 19 était quelque chose d’incroyable.

Traverso & pianoforte autour de J.S. et C.P.E. Bach : trois nouvelles parutions

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Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates en trio en ré mineur Wq 145, en do majeur Wq 149, en si mineur Wq 143. Sonate pour flûte et clavier en ré majeur Wq 83. Sonate pour flûte en la mineur Wq 132. Fantaisie en fa dièse mineur pour clavier Wq 67. François Lazarevitch, flûte. Justin Taylor, pianoforte. Livret en français, anglais, allemand. Juillet 2020. TT 79’43. Alpha 768

Sonatas, Fantasias, Improvisation. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Sonates pour flûte et basse continue en mi mineur BWV 1034, en mi majeur BWV 1035. Sonates pour flûte et clavecin obligé en si mineur BWV 1030. Anthony Romaniuk & Toshiyuki Shibata : Fantasia on a Sarabande [d'après Partita en la mineur BWV 1013] ; Fantasia on an Andante [d'après Sonate pour orgue no 4 en mi mineur BWV 528]. Anthony Romaniuk : Improvisation (Resonance Arps). Toshiyuki Shibata, traverso. Anthony Romaniuk, clavecin, pianoforte. Livret en anglais, français. Mai 2021. TT 58’20. Fuga Libera FUG 792

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partitas no 1 en si bémol majeur BWV 825, no 5 en sol majeur BWV 829. Concerto nach Italienischem Gusto (« concerto italien » en fa majeur) BWV 971. Contrapunctus VIII [Die Kunst der Fuge BWV 1080]. Duetto en mi mineur BWV 802. Toby Sermeus, pianoforte. Livret en anglais, allemand, néerlandais. Août 2020. TT 63’36. Et’cetera KTC 1723

Le Liszt aristocratique de Michel Dalberto

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Franz Liszt (1811-1886) :  Once upon a time.  "Vallée d’Obermann" (extrait des Années de Pèlerinage, Première Année, Suisse) ; Paysage, Mazeppa, Ricordanza, Chasse-neige (extraits des Études d’exécution transcendante), Sonate en si mineur. Michel Dalberto (piano). 2022-Textes de présentation en français, anglais, allemand et japonais - La Dolce Volta  LDV105.