Premier enregistrement de cantates de Georg Christoph Strattner : une révélation !

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Ich will den Herrn loben allezeit.  Georg Christoph Strattner (c1644-1705) : Ich will den Herrn loben allezeit ; Ach mein Vater, ich hab gesündiget ; Getreuer Schöpfer ; Ich stelle mich bein meinem Leben ; Du Hirt Israel, höre ; Herr, der du uns hast anvertraut ; O Gott, du Ursprung aller Liebe. Miriam Feuersinger, Monika Mauch, sopranos. Alexander Schneider, alto. Daniel Schreiber, ténor. Markus Flaig, basse. Les Escapades. Cosimo Stawiarski, Christoph Riedo, violons. Simon Linné, théorbe. Evelyn Laib, orgue. Sabine Kreutzberger, Franziska Finckh, Barbara Pfeifer, violes de gambe. Adina Scheyhing, viole de gambe et violone. Septembre 2020. Livret en allemand, anglais ; texte des chants en allemand non traduit. TT 60’17. Christophorus CHR 77454

Un enfant adultérin conçu avec la demoiselle qui servait la famille, et voilà notre homme condamné en 1692 pour délit de fornication et banni de la ville de Francfort/Main où il avait été nommé Directeur de la Musique dix ans auparavant. Une lucrative situation qui couronnait un brillant début de carrière. Né d’un père organiste, son éducation musicale fut parrainée par son cousin Samuel Capricornus qui l’emmèna à Presbourg où le jeune Georg Christoph se familiarisa avec les œuvres de Michael Praetorius, Heinrich Schütz, Claudio Monteverdi, Giovanni Rovetta... Choriste à quatorze ans (sa voix d’alto fut vantée à Stuttgart), il en a à peine vingt quand il est engagé comme Kapellmeister auprès du Margave Friedrich VI de Bade-Durlach. Ces seize années aguerrirent le compositeur, hélas un incendie en 1689 engloutit nombre de ses partitions. Après le scandale qui l’évinça de Francfort, on le retrouve en 1694 à Weimar où il devint Particulier Kammermusikus und Vice-Capellmeister.

Sa production se tourna essentiellement vers les hymnes et la musique sacrée. Peu d’œuvres nous en sont connues, sa discographie reste quasi déserte. Sauf erreur, cet album est le premier entièrement consacré à Strattner. Cosimo Stawiarski, directeur de l’ensemble Les Escapades, est l’éditeur des sept concerts spirituels que propose ce CD en « world first recording ». Avec la même équipe chez le même label (Christophorus, 2018), Miriam Feuersinger avait toutefois déjà enregistré Herr, wie lange willst du mein so gar vergessen, autour de cantates contemporaines de Johann Rosenmüller (c1619-1684). 

Un style fluide, italianisant, aux harmonies recherchées, garantit à ces pages une place de choix parmi le répertoire religieux de l’aire sud-germanique. Sorte de lumineux trait d’union entre l’esthétique de Schütz et Johann Sebastian Bach que Strattner connut vraisemblablement en ses dernières années. La session d’enregistrement à Karlsruhe succédait à des concerts qui ont certainement contribué à l’aisance de cette captation : une interprétation fine, sensible, transparente, où les cinq chanteurs sont admirablement soutenus par un inspirant accompagnement de cordes (violons et violes) et un subtil continuo (Simon Linné au théorbe, Evelyn Laib au positif). Une stimulante révélation, qui plaide pour une suite !

Son : 9 – Livret : 9 – Répertoire : 9 – Interprétation : 9,5

Christophe Steyne

 

 

 

 

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