Bang Bang, un duo énergique aux Hivernales
Créé en 2017 sous la forme d’un solo, cette pièce physiquement éprouvante pour l’interprète mais jouissive pour le public a beaucoup voyagé au Canada mais aussi en Europe et en France. Le chorégraphe et interprète Manuel Roque décide de transmettre cette partition à Nils Levazeux pour la danser en duo. Proposée aux Hivernales à Avignon jusqu’au 20 juillet, cette pièce met en scène deux corps solidaires face à l’effort.
Bang Bang explore le double sens du mot performance : à la fois comme dépassement physique et comme représentation de ce travail.
Tout commence par un squat répété dont le rebond se transmet aux pieds puis à l’ensemble du corps. Le son des pieds qui frappent le sol fait office de bande sonore. Tantôt à l'unisson, tantôt en réponse, les déclinaisons se poursuivent. Les danseurs sont d'une précision folle dans un spectacle où la moindre baisse de concentration ne leur permettrait plus de reprendre en rythme.
Pendant près de 50 minutes, les interprètes ne s'arrêtent pas. Manuel Roque, âgé d’environ 45 ans, ne semble pas touché par le temps quand la plupart des danseurs tirent leur révérence à l’aube de leur quarantaine. Les mollets sont toujours dociles, le souffle est court mais régulier.
Bang Bang met en abyme l’effort. Sur un plateau nu où l’on aperçoit les décors des autres productions du CDCN, en silence la plupart du temps et où la lumière est neutre, le public paraît plonger au cœur d’une répétition. Les danseurs vont même jusqu’à essuyer leur sueur sur leur t-shirt. Peu à peu, l’effort est accompagné d’un certain sentiment de ferveur, et lorsque la musique de Debussy résonne, les mouvements de têtes et d’épaules se font joyeux.
Cette performance physique transformée en duo délivre un message : à deux il est possible de s'entraîner et de s’aider dans les épreuves.
Crédits photographiques : Julie Artacho



