A L’Opéra

Sur les scènes d’opéra un peu partout en Europe.

Plus d'amour ni de passions en 1984

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Marie-Nicole Lemieux © Ulrica Arfvidsson

Un Ballo in maschera
Mais quel peut donc bien être le rapport entre l'opéra de Verdi (1859) et 1984, le roman dystopique d'Orwell (1949) ?  Colonnes grises et ternes, costumes numérotés, buste de Big Brother apparaissant sur le rideau, non, nous ne sommes pas au palais royal de Stockholm en 1792, mais dans le monde bureaucratique et étouffant de la société imaginée par l'écrivain britannique.

Impressions mitigées pour Macbeth au Champs Elysées

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© Vincent Pontet / TCE

Pourquoi à la sortie du Macbeth de Verdi présenté le 4 mai au Théâtre des Champs Elysées n'éprouve-t- on qu'un plaisir mitigé ? Car cette représentation offre bien des moments exaltants combattus par d'indéfinissables réserves... Est-ce la présence de dames ministres et hauts fonctionnaires de l'actuel gouvernement qui refroidit l'atmosphère ? Il en faut quand même davantage aux vaillants interprètes !

L'apogée du grand opéra

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(c) Annemie Augustijns

La Juive de Halévy
"Le croirait-on ? Le grand opéra, avec ses passions tragiques confrontées à la cruauté de l'histoire, est aujourd'hui plus actuel que jamais". Ces lignes d'un critique parisien à propos de cette nouvelle production de La Juive à Opera Vlaanderen témoignent de la reconnaissance du genre dont cet opéra de Halévy forme en quelque sorte le parangon.

Rossini triomphe au Royal Opera

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Il Turco in Italia
Rossini est à l’honneur cette saison au Royal Opera de Londres avec quatre opéras : « Il barbiere di Siviglia » , « La scala di seta », « Il Turco in Italia » et « Guillaume Tell ». Si « Guillaume Tell » qui sera à l’affiche au mois de juillet n’a plus été représenté sur la scène de Covent Garden depuis 1992, « Il Turco in Italia » en était déjà à sa troisième série depuis 2005 quand l’opéra fut représenté pour la première fois au Royal Opera.

Ravissante Flûte Enchantée à Paris

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© Elisa-Haberer/Opéra National de Paris

Quelle bonne idée d'avoir présenté à nouveau à Paris la délicieuse « Flûte enchantée » de Mozart co-produite avec le Festspielhaus de Baden-Baden dans la très belle mise en scène de Robert Carsen ! Vingt ans après sa première réalisation à Aix en Provence, l'approche du metteur en scène canadien a évolué vers une beauté toujours plus harmonieuse, une grâce plus dénudée, un enchantement de tous les sens, une fête de l'intelligence.

Un Rosenkavalier de belle tenue à Wroclaw

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Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, Wroclaw -future ville européenne de la culture en 2016- est l’une des villes les plus agréables d’Europe centrale. L’ancienne Breslau n’est pas encore envahie par les foules de touristes qui submergent ses voisines de Prague et Cracovie, et se laisse très agréablement découvrir. Outre la beauté de son site naturel et de ses monuments, la métropole silésienne des bords de l’Oder assure une offre culturelle de qualité: université, musées, théâtres, galeries d’art, et bien sûr opéra.

Une heureuse coproduction

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Zurga (Lionel LHOTE) et Leila (Anne-Catherine GILLET )

Les Pêcheurs de perles (Bizet) En juin 2012, à l'Opéra Comique, je me réjouissais déjà de revoir cette belle production à l'Opéra Royal de Wallonie. La chose est faite, et l'enchantement a eu lieu une seconde fois. Légèrement amendée, la mise en scène du Japonais Yoshi Oïda interpelle toujours autant. L'orientalisme inhérent à l'opéra de Bizet est transcendé : l'île de Ceylan, si "pittoresque" en 1863, est remplacée par la baie d'Okinawa, dont les pêcheurs vivent comme il y a 150 ans.

De remarquables "Puritani" au Regio de Turin

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Olga Peretyatko (Elvira) e Dmitry Korchak (Lord Arturo Talb) nell'atto III

En coproduction avec le Mai Musical Florentin, le Teatro Regio de Turin affiche I Puritani dans la production  du jeune metteur en scène Fabio Ceresa (décors : Tiziano Santi /costumes : Giuseppe Palella /éclairages : Marco Filibeck) ; tous quatre  épient le temps qui s’écoule entre les premier et troisième actes : trois mois pour Arturo, trois siècles pour Elvira (à ce que dit le libretto).

Deux chanteuses et un chef à la rescousse du Medea de Cherubini à Genève

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© GTG/Carole Parody

Un cadre scénique en bois clair faisant référence à l’Antiquité, deux teenagers sur planche à roulette dévalant les escaliers, un essayage de robe de mariée chez Saint-Laurent, robes de mousseline noire et complet-veston pour les courtisans, une table de cuisine avec couteau à pain servant à trucider deux innocents : ainsi peut-on résumer la production de Cristof Loy - Herbert Murauer où il ne se passe rien jusqu’au finale où l’on finit par s’agiter dans l’épouvante. Une question à ce ‘génie’ de la mise en scène qui a perpétré ici le massacre de La Donna del Lago et des Vêpres Siciliennes : avait-il oublié de commander les costumes ?