Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

Philip Glass : Satyagraha Opéra de Paris Garnier,

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Coup de Théâtre ce vendredi à l’Opéra Garnier, la standing ovation touche à sa fin, au moment où les gens commencent à quitter leur siège, in extremis, le tonnerre d’applaudissements s’amplifie brusquement et une forêt de smartphones s’élève! Un vieil homme d’une élégance infinie vient d’entrer sur le plateau, marchant lentement au bras du 1er rôle qui est venu le chercher, Philip Glass, 89 ans, salue sobrement, applaudit la troupe et ne cache pas sa vive émotion devant ce public tout aussi ému de le voir. Satyagraha, son 2ème opéra, sur un livret de Constance de Jong vient d’entrer magistralement au répertoire de l’Opéra de Paris. Même le célèbre Einstein on the Beach, premier volet de la trilogie n’avait pas eu cet honneur. 

Dans l’éventail d’approches opératiques exigeantes et variées de cette saison 25-26 dont nous ne pouvons que nous réjouir, Satyagraha n’a pas à rougir de son audace… il se trouve à l’une des extrémités du spectre esthétique, à l’autre bout duquel on peut trouver Montag aus Licht de Stockhausen, produit en Novembre 2025 à la Philharmonie. Les 2 ouvrages semblent être les deux pôles drainant deux publics irréconciliables au premier abord. Pourtant Glass et Stockhausen partagent le même but : un formalisme à toute épreuve, un goût du spectacle total, le pouvoir d’obtenir par leur seule écriture, un dépassement de soi des interprètes, et surtout une volonté obsessionnelle d’associer radicalité et exigence afin d’élever le public à un niveau d’écoute supérieur.

Car Philip Glass a beau faire partie des compositeurs d’opéras contemporains les plus joués au monde, son esthétique est une forteresse sacrée dont les mécanismes de défense sont redoutables. Sous son apparente facilité d’accès, la musique de Glass renvoie dos à dos les partisans d’une musique déconstruite, atonale, et les défenseurs d’un langage plus traditionnel.

Les premiers oscillant entre colère rageuse et mépris silencieux, les seconds préférant mettre en avant Steve Reich ou John Adams, et ainsi se délester d’une si perturbante radicalité. 

Puisqu’il va être question de non-violence, faisons preuve d’empathie, le temps d’un paragraphe, vis à vis des réfractaires à ce monde musical. 

L’ORW dévoile son ambitieuse saison 2026-2027

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Ce mercredi 15 avril 2026, Stefano Pace, directeur général de l’ORW, était entouré de Giampaolo Bisanti, directeur musical, et d’Andrea Battistoni, compositeur en résidence, pour lever le voile sur une nouvelle saison ambitieuse. Intitulée Pouvoirs et Désirs, la programmation 2026-2027 explore les forces qui gouvernent l’être humain à travers des œuvres liées par leurs ressorts dramatiques.

L’Opéra Royal de Wallonie-Liège propose dix opéras mettant en lumière les multiples visages du pouvoir et du désir. De Macbeth à Turandot, de Thaïs à Lohengrin, la saison traverse époques et styles, où ambition, séduction, jalousie et quête d’altérité se répondent. Les œuvres de Ravel — L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges — ainsi que Hubička (Le Baiser) de Smetana prolongent ces thématiques sur des registres plus intimes ou ludiques.

Cette réflexion se prolonge dans le présent avec la création mondiale de Zombie Opera et un nouveau final pour Turandot, tous deux signés par le compositeur en résidence Andrea Battistoni.

Portée par huit nouvelles productions et deux premières à Liège (Hubička et Capriccio), la saison réunit de grandes voix internationales — parmi lesquelles Luca Micheletti, Anne-Catherine Gillet, Aya Wakizono, Lionel Lhote, Nina Minasyan, Ian Koziara, Nino Machaidze, Lianna Haroutounian, Saioa Hernández et Luciano Ganci — ainsi qu’une équipe de chefs invités de premier plan, aux côtés du directeur musical Giampaolo Bisanti. Celui-ci ouvrira la saison avec Macbeth de Verdi, avant de diriger Lohengrin de Wagner en janvier, puis Roberto Devereux de Donizetti en février.

Parmi les chefs invités, Jean-Yves Ossonce, Alessandro Cadario, Pierre Dumoussaud, Michael Güttler, Robert Treviño et Daniele Squeo apportent leur expertise des répertoires et leur expérience des grandes scènes internationales.

Les Prix Caecilia 2025 : l’excellence discographique à l’honneur

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L’Union de la Presse Musicale Belge (UPMB) a dévoilé le palmarès des Prix Caecilia 2025, une édition qui confirme une fois de plus la vitalité et la diversité de la scène discographique actuelle. Fondés en 1974, ces prix visent à récompenser les meilleurs enregistrements mis en vente sur le marché belge, en mettant l’accent sur les nouveaux talents, les répertoires rares et les projets audacieux. La cérémonie de remise des prix s'est tenue dans le cadre prestigieux du Théâtre Royal de la Monnaie, sous l'accueil de son intendante Christina Scheppelmann.

La Jeune Musicienne de l’Année : Gwendoline Blondeel

Le titre de Jeune Musicienne de l’Année 2025 a été décerné à la soprano belge Gwendoline Blondeel. Formée à l’IMEP de Namur et passée par l’Académie de la Monnaie, elle s'est imposée comme une interprète incontournable, particulièrement dans les répertoires des XVIIe et XVIIIe siècles. Son talent éclate également dans son album Amor Eterno (Harmonia Mundi), récompensé par un Prix Caecilia, où elle explore avec une voix "ronde, brillante et ductile" des mélodies allant de Josquin Desprez à Marin Marais.

Le Palmarès des Prix Caecilia 2025

Le jury, composé de critiques de renom, a sélectionné dix enregistrements d'exception. Voici les lauréats de cette année, avec un lien vers la critique pour les albums chroniqués dans nos colonnes :

  • Collectif – Amor Eterno (Harmonia Mundi) avec Gwendoline Blondeel, Quito Gato, Mathilde Vialle. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • John Dowland / Henry Purcell – Songs of Passion (Erato) avec Lea Desandre, Thomas Dunford, Jupiter. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • Henry Purcell – Dido & Aeneas (Erato) avec Joyce DiDonato, Michael Spyres, Il Pomo d’Oro.
  • Johann Sebastian Bach – Keyboard Concertos (Harmonia Mundi) avec Beatrice Rana, Amsterdam Sinfonietta. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • George Frideric Handel / Giovanni Paolo Colonna – Dixit Dominus / Missa Concertata (Ricercar) avec Cappella Mediterranea, Leonardo García-Alarcón. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • Jean-Marie Leclair – Complete Violin Concertos (NoMadMusic) avec Stéphanie-Marie Degand, La Diane Française. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • John Field – Complete Nocturnes (Deutsche Grammophon) avec Alice Sara Ott.
  • Sergei Rachmaninov – Visiting Rachmaninoff (Harmonia Mundi) avec Alexander Melnikov, Julia Lezhneva.
  • Franz Schubert – 4 Hands (Erato) avec Bertrand Chamayou, Leif Ove Andsnes.
  • György Ligeti – Concertos (Harmonia Mundi) avec Isabelle Faust, Jean-Frédéric Neuburger, Les Siècles.

Les lauréats des prix ICMA Lifetime et Discovery Award : une collaboration exemplaire

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Dimache dernier, Can Saraç, lauréat du prix ICMA Discovery Award 2025, a partagé la scène avec l'Orchestre de chambre danois, sous la direction du maestro Adam Fischer, récipiendaire du prix ICMA Lifetime Achievement Award. Cette rencontre, rapportée par Frauke Adrians, membre du conseil d'administration des ICMA, a mis en lumière la synergie remarquable entre un jeune talent prometteur et une figure emblématique de la direction d'orchestre.

Une coïncidence riche de sens

Le concert, qui s'est déroulé le 12 avril, a présenté un programme ambitieux : la Musique pour cordes, percussions et célesta et le Concerto pour piano n° 3 de Béla Bartók, ainsi que la Cinquième Symphonie de Beethoven. John Frandsen, directeur général du Danmarks Underholdningsorkester, a souligné la coïncidence inattendue de ce programme avec les élections parlementaires hongroises, ajoutant une dimension symbolique à la performance de Fischer, chef hongrois reconnu pour son engagement.

Can Saraç : une étoile montante

À seulement 17 ans, Can Saraç, pianiste turc né en 2007, a fait ses débuts danois avec une assurance et une maturité impressionnantes. Sa maîtrise du Concerto pour piano n° 3 de Bartók a été saluée pour sa clarté, sa détermination et son absence de sentimentalité excessive. Il a su dialoguer avec les bois dans l'Adagio et a captivé le public par son interprétation des rythmes jazzy de l'Allegro vivace. Cette performance a démontré non seulement son talent exceptionnel, mais aussi sa capacité à s'intégrer parfaitement à l'orchestre, trouvant en Adam Fischer et l'Orchestre de chambre danois des partenaires de premier ordre.

Festival de Pâques d’Aix-en-Provence : le triomphe de la générosité

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Le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence vient de clore sa treizième édition avec un concert à l’image même de sa recherche. Au programme, le Concerto n°1 de Chostakovitch enlevé avec une clarté et une verve exemplaires par Renaud Capuçon. Voilà une interprétation qui illustre superbement le côté conversationnel de cette œuvre, dans la finesse du dialogue entre le soliste et les instrumentistes de l’orchestre, un Philharmonique de Munich en grande forme sous la baguette de leur chef inspiré Lahav Shani (ceux-là même que, d’une façon incompréhensible, le Festival des Flandres avait sottement refusé d’accueillir à Gand l’an dernier). Le programme même du concert était en soi un hommage puisqu’il reprenait le choix de Mravinsky pour la création le 29 octobre 1955, donnant en complément la 4e symphonie de Brahms en sorte que l’imposante passacaille de son quatrième mouvement renvoie à cette autre passacaille qui constitue l’attaque du finale du concerto par le violon soliste. De tels choix démontrent une volonté pédagogique évidente dans la programmation d’un festival. A la fois solide et apaisé, le Philharmonique de Munich en a donné une lecture qui prend le temps de monter en puissance jusqu’au tutti implacable de sa fin. Et cerise sur le cadeau, Dominique Bluzet, codirecteur du festival avec Renaud Capuçon, annonçait une résidence de trois ans de la formidable phalange bavaroise qui reviendra donc à Aix les deux prochaines années.  

Une présence multipolaire de Renaud Capuçon

Le violoniste et chef français a cumulé les casquettes tout au long du festival. Durant le week- end d’ouverture, on le retrouvait dans le lyrique concerto de Barber avec l’orchestre de Lille et comme cheville ouvrière des concerts-mémoire du Camp des Milles. Le samedi de Pâques, il dirigeait un programme Brahms où, en compagnie de son frère Gauthier, il imposait une belle complicité au sein du duo soliste tout en lui donnant le juste répondant de la part de son Orchetre de chambre de Lausanne qu’il dirigeait de l’archet. Et, en clôture, ce fut la rencontre avec le Philharmonique de Munich, en musique de chambre avec Argerich et en symphonique lors du concert final de haut vol. D’évidence à 50 ans, Renaud Capuçon, qui vient de publier une interprétation d’une grande maturité des sonates et partitas de Bach (DG) est à un nœud crucial d’une carrière multipolaire comme soliste et chambriste, chef d’orchestre et organisateur. Et le Festival de Pâques en profite pleinement. 

Variations sur G ou la musique des mots

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Les violonistes connaissent bien l’Air sur la corde de sol, adaptation du merveilleux Air, deuxième mouvement de la Suite pour orchestre n°3 de J.S. Bach, transcrit pour être joué uniquement sur la corde de sol, la quatrième corde aux sonorités plus chaleureuses que les trois autres. On doit cet arrangement au violoniste allemand August Wilhelmj dont la carrière de virtuose à la fin du XIXe siècle fut jalonnée d’évènements majeurs (violon solo à Bayreuth pour la création de la Tétralogie de Wagner) parfois insolites (invitation — unique en la matière — à jouer devant les femmes du harem du sultan de l’Empire Ottoman). Les musiciens habitués à jongler avec les langues étrangères connaissent bien la correspondance entre les notes telles que nous les désignons dans les pays latins (et slaves) et leur appellation sous forme de lettres dans les pays anglo-saxons et germaniques, où sol devient G. 

Petite réflexion qui me ramène à l’actualité, à l’heure où la Hongrie tourne une page de son histoire. La presse audiovisuelle française s’empare de l’évènement et découvre le nouveau premier ministre, Péter Magyar. Mais qui se soucie de prononcer son nom correctement ? Tout y passe, Maguiar, Madjiar… Seule la journaliste d’Arte a pris le soin de vérifier avant d’aller à l’antenne.

Un souvenir me revient à l’esprit. Nous sommes à la fin du siècle dernier et j’ai alors l’occasion de recueillir pour France Musique les mémoires du pianiste hongrois György Sándor, magnifique musicien émigré aux États-Unis qui a connu Bartók et s’est fait l’ambassadeur de sa musique dans le monde entier. M’entendant prononcer son prénom avec des G durs, à l’allemande (Guyorguy !), il me reprend gentiment en me demandant pourquoi je ne le prononce pas à la française, comme « Georges » (il parlait impeccablement notre langue). S’en suit un échange (hors micro) qui me permet de découvrir que le G hongrois se prononce J (ou Ge) et le y final ressemble à notre E muet. Depuis ce jour, je suis devenu plus attentif à la prononciation des noms étrangers et, comme tout bon musicien, je souffre quand la musique d’une langue est francisée à la hâte. Il en est de même du portugais (avec les J prononcés à l’espagnole) ou du tchèque : combien de décennies a attendu Dvořák avant de voir son nom correctement formulé ? Pour Václav, c’est loin d’être gagné avant que les Français découvrent que le C tchèque se prononce S.

Une semaine sur la planète classique : le briefing de la semaine.

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Nominations et Mouvements Institutionnels

La semaine a été marquée par des changements majeurs à la tête de plusieurs institutions prestigieuses. Le Festival de Salzbourg traverse une période de transition importante suite au licenciement de son intendant, Markus Hinterhäuser. Pour la première fois de l’histoire du festival, une femme, la gestionnaire culturelle allemande Karin Bergmann, a été nommée pour assurer l’intendance par intérim. Parallèlement, le Los Angeles Philharmonic a annoncé la nomination de la chef d’orchestre franco-allemande Anna Handler en tant que chef en résidence pour les trois prochaines saisons. L’Ensemble TM+ basé à Nanterre a également nommé Julien Leroy comme son nouveau Directeur Artistique et Musical, succédant à Laurent Cuniot. Enfin, le Chicago Symphony Orchestra a accueilli deux nouveaux musiciens dans ses rangs de cordes, et la BBC a annoncé la promotion 2026 de ses New Generation Artists.

Concours et Distinctions

Le monde des concours internationaux a vu l’émergence de nouveaux talents, notamment à Londres. La première édition du Classic Cello International Competition s’est achevée au Royal College of Music, consacrant la domination des jeunes violoncellistes sud-coréens. Jung A Kim a remporté le premier prix, suivi par Yi Joon Park en deuxième position. Dans le domaine de la musique de chambre, le Mandelring Quartett a été honoré par le Prix Brahms 2026, décerné par la Brahms-Gesellschaft Schleswig-Holstein, reconnaissant ainsi son excellence artistique. Par ailleurs, les finalistes du Royal Over-Seas League Annual Music Competition 2026 ont été annoncés, promettant de nouvelles révélations dans le paysage musical classique.

Les bonheurs lyriques du mélodrame : Lucrezia Borgia de Gaetano Donizetti à l’Opéra de Wallonie-Liège

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A l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, la « Lucrezia Borgia » de Donizetti, telle que la dirige Giampaolo Bisanti et la met en scène Jean-Louis Grinda, est un spectacle paradoxalement réjouissant : des ruses, des trahisons, des mensonges, des meurtres, des quiproquos, des empoisonnements suscitant un réel bonheur lyrique !

Lors d’une fête à Venise, l’abominable Lucrezia Borgia est attirée par un séduisant jeune      homme endormi. Stupéfaction. Elle le reconnaît. C’est son fils illégitime Gennaro autrefois abandonné. A son réveil, celui-ci est séduit par le charme de cette femme. Mais très vite, ses compagnons lui révèlent par quels crimes atroces cette « belle dame » s’en est prise à leurs familles. Ils crient son nom ! Le jeune homme, mû alors par la haine, va vouloir la punir. Il commence par s’en prendre à son nom gravé sur la façade de son palais : « Borgia » devenant, une lettre effacée, « Orgia » ! Désir irrésistible de vengeance chez Lucrezia… qui découvre soudain que le coupable, vite condamné a être empoisonné, est son fils. Mais elle possède un antidote au redoutable poison. Ouf ! Gennaro est sauvé. Mais un peu plus tard, à cause d’un concours de circonstances (mal)venu, le voilà de nouveau réuni avec ses amis, mais pris au piège de la criminelle… qui a décidé (c’est une manie) de les empoisonner. Ciel, mon fils est ici ! Vite l’antidote ! Mais le fils refuse et meurt… en apprenant qu’elle est sa mère ! Elle meurt aussi !

Tel était le mélodrame de Victor Hugo, tel est l’opéra de Gaetano Donizetti. Il donne une plus-value à la « terrible histoire » grâce à sa musique, grâce aux sortilèges de son « beau chant », de son « bel canto ».

Charles Dutoit et Clara-Jumi Kang à l’Auditorium Rainier III

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Le public monégasque se presse à l’Auditorium Rainier III pour retrouver l’éternel jeune homme du pupitre, Charles Dutoit. À 90 ans, il demeure droit comme un roc, dirigeant avec une énergie intacte et une autorité naturelle. C’est lui qui a souhaité inviter la violoniste Clara-Jumi Kang pour interpréter la Symphonie espagnole d’Édouard Lalo, œuvre qu’ils ont déjà partagée à de nombreuses reprises.

Issue d’une famille de musiciens, Clara-Jumi Kang débute le violon à l’âge de trois ans. Elle se forme auprès de Zakhar Bron, avant de poursuivre ses études à la Juilliard School avec Dorothy DeLay, puis à Munich auprès de Christoph Poppen. Lauréate du premier prix au Concours international de violon d'Indianapolis 2010, elle est aujourd’hui reconnue pour sa musicalité raffinée et la profondeur de son expression.

Elle joue sur le Stradivarius « Thunis » de 1702, ayant appartenu à la veuve d'Eugène Ysaÿe, instrument prêté par Kia Motors, dont elle est ambassadrice mondiale. Dès les premières mesures avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, la violoniste s’empare de l’œuvre avec une intensité immédiate : chaque note est habitée, chaque phrase porte un sens. L’intonation irréprochable, l’élégance du phrasé et la richesse du timbre se déploient à travers une palette de couleurs et de vibratos d’une rare subtilité. Passion, amour, douleur : tout affleure avec évidence, sans jamais forcer le trait.

Composée en 1874 pour Pablo de Sarasate, la Symphonie espagnole en cinq mouvements mêle idiomes ibériques et virtuosité éclatante. Ni véritable concerto ni symphonie, elle s’inscrit dans une forme hybride proche de la sinfonia concertante, où le dialogue entre soliste et orchestre devient essentiel. L’Intermezzo, trop souvent omis, est ici heureusement conservé, offrant à la soliste un espace d’expression narrative particulièrement inspiré.

Le  Lille Piano(s) Festival 2026

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Le Lille Piano(s) Festival revient pour sa 23e édition les 12, 13 et 14 juin 2026, proposant une quarantaine de projets musicaux dans une dizaine de lieux de la métropole lilloise.

Organisé par l'Orchestre National de Lille, ce festival maintient son ADN d'ouverture, allant bien au-delà du répertoire classique du piano pour explorer le jazz, les musiques du monde, l'électronique et les formes traditionnelles.

Quelques moments forts de la programmation :

  • Les exploits pianistiques : Vadym Kholodenko, lauréat du Concours Van Cliburn, relèvera le défi d’interpréter l'intégrale de la transcription par Liszt de la Symphonie fantastique de Berlioz pour piano seul.
  • Hommage à l'ONL et à l'orgue : L'édition 2026 résonne avec le 50e anniversaire de l'Orchestre National de Lille, mettant en lumière Thierry Escaich, compositeur en résidence historique. Dans ce cadre, Vincent Dubois, organiste titulaire de Notre-Dame de Paris, donnera un programme intitulé Éternelle Notre-Dame à la Cathédrale Notre-Dame de la Treille (Vendredi 12 juin à 19h30).
  • Musiques et images : La Salle Descamps de la CCI se transformera en salle de cinéma pour des ciné-concerts, notamment le trio jazz Temps calme accompagnant Trafic de Jacques Tati, et le marimba d'Illya Amar pour La Foule.
  • Concert de clôture : Le festival se terminera avec l'une des partitions les plus mythiques du répertoire, le Concerto n°3 de Rachmaninov, interprété par Marie-Ange Nguci, avec Jean-Claude Casadesus, chef fondateur de l'ONL, à la direction (Dimanche 14 juin à 19h30).
  • Le festival propose également des concerts gratuits aux Archives Départementales du Nord et à la Gare Saint-Sauveur, ainsi que de nombreux projets pour le jeune public.

On note aussi des proogrammes attrayants avec Roger Muraro ou Guillaume Coppola.

Le site du festival : https://www.lillepianosfestival.fr/2026/