Concours Reine Elisabeth : le lyrisme évolué d’Ettore Pagano
Après des études en Italie (Stauffer Center for strings de Crémone, Conservatoire Santa Cecilia à Rome), Ettore Pagano (Italie, 23 ans) termine sa formation à l’Université des Arts de Berlin auprès de J.P.Maintz. Tout comme Lionel Martin le premier soir, Ettore Pagano impose une vision globale de « Four Odes to the Tidings of Flowers » .Parti des passages les plus tonitruants et accidentés, il dépouille peu à peu l’œuvre jusqu’à une quasi abstraction : virtuosité énergique dans ses confrontations avec l’orchestre de l’hiver, caractère obstiné de l’été traité en scherzo, sérénité tourmentée de l’automne, recherche d’une immanence dans la complainte répétitive du printemps. Clairement, il y a un concept dans cette interprétation et il est bien défendu.
On retrouve ensuite le concurrent italien dans la symphonie concertante op.125 de Prokofiev qui fit l’objet de discussions entre Prokofiev et Rostropovitch. L’influence de ce dernier sur le répertoire de son instrument est colossale et ne cesse de s’affirmer au fil du temps. Ainsi, 10 des 12 œuvres concertantes jouées lors des finales du Reine Elisabeth cette année sont-elles dues aux interventions du violoncelliste russe !
Dès l’attaque de l’andante initial s’impose un beau chant, à la fois ample et large. Il traverse tout l’allegro giusto au travers des multiples sollicitations atmosphériques qu’accumule le compositeur. Le soliste conduit sa vision de l’œuvre là où Kitamura semblait la subir. Cette maîtrise délibérée habite un finale particulièrement actif où le soliste joue le jeu des sollicitations, parfois ironiques, souvent dérangeantes du compositeur. Le patchwork fonctionne bien. Il est l’œuvre d’un musicien raffiné.
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 27 mai 2026
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