Influence et modernité selon les cordes sensibles d’Ilya Gringolts

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Ciaccona. Oeuvres de Heinz Holliger (1939-), Roberto Gerhard (1896-1970), Brice Pauset (1965-), Johan Sebastian Bach (1685-1750) . Ilya Gringolts, violon. 85’15 – 2021 – Livret en : anglais, allemand et français. Bis Records. BIS-2525 SACD.

Dédié à l’influence, celle qui à la fois alimente et désarme l’incessant et vain combat entre coutume et modernité, celle qui devrait effacer des mémoires les sons, les images et les gestes pour consacrer la pureté de la rupture entre classicisme et contemporanéité, celle qui depuis toujours est louée par les défenseurs de la tradition et huée par les partisans de l’évolution, pongistes passionnés rivalisant d’escarmouches plus ou moins mouchetées, dédié à l’influence donc, le disque d’Ilya Gringolts en explore une facette (La plus évidente ? La plus prégnante ? Sans doute. Mais aussi celle de son choix.), sur l’écriture de trois compositeurs appartenant à trois générations (presque) actuelles, issus de trois pays d’Europe (celle de l’atlas géographique, qui comprend la Suisse) -voire quatre, puisque l’Espagnol Roberto Gerhard, choisit, face au franquisme qui ignore son œuvre, la nationalité britannique.

C’est dans sa période la plus féconde (fin des années 1950, début des années 1960) que Gerhard écrit cette Chaconne, plus viennoise que catalane, adoptant le prescrit dodécaphonique, mêlé d’une liberté d’ordonnancement des notes dans leur groupe : la série détermine la mélodie, tout autant que les transpositions sous-jacentes dans chacun des douze mouvements.

Les Drei kleine Szenen de Heinz Holliger déroulent trois atmosphères nettement scindées : Ciacconina (sa chaconne en référence à sa petite-fille Annina) débute la pièce par une jeu d’approche et de fuite entre violon et voix, Geisterklopfen concatène sons et bruits (l’esprit est frappeur) dans un hommage au Marchand de sable, la nouvelle fantastique d’E.T.A. Hoffmann où il est question d’angoisse, d’amour et d’automate -de folie et de créature aussi-, alors que Musette funèbre, un oxymore dont la poésie évoque celle d’un Marcel Carné ou d’un André Breton, se concentre sur un délicat monologue intérieur, doux et grave comme le son du duduk -ce hautbois arménien, de perse cylindrique.

Pour le parcours en slalom (Kontrapartita / Partita) de la deuxième moitié du disque, écrit à la demande du violoniste français David Grimal en 2008, Brice Pauset, bluffé par la puissance métaphorique des Partita du maître, compose sept mouvements pour lesquels il a chaque fois en tête un mouvement particulier de Bach : ceux du premier s’entrelacent ainsi à ceux du second, étrange collection d’hiatus et de liaisons, où la continuité le dispute à la discontinuité. Dans cette prouesse aux relents acrobatiques, il s’agit moins de saisir le parallélisme des œuvres (même si les citations sont présentes) que d’en sentir les atmosphères communes et les ponts jetés entre les siècles, en particulier par l’utilisation d’un instrument manufacturé en Allemagne au début du XIXe. C’est pour le violoniste russe l’occasion d’attester de l’expressivité sans compromis de son jeu -qu’il revendique avec fierté, et à raison.

Son : 8 – Livret : 7 – Répertoire : 8 – Interprétation : 9

Bernard Vincken

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