L’Académie de Choeur de La Monnaie: des portes ouvertes sur l’avenir

par a mother day gift essay

Des membres de l'Académie mêlés au choeur

Le vendredi 1er avril se déroulait la journée Portes Ouvertes de la MM Academy, l’Académie de Chœur de la Monnaie. Nous nous y sommes rendus pour en savoir un peu plus sur ce programme d’insertion professionnelle qui prépare sa deuxième saison d’activité.
Une trentaine d’étudiants désireux de passer l’audition avaient répondu à l’invitation de La Monnaie et une quinzaine de membres actuels de l’Académie participaient à la rencontre.Un bref tour d’horizon et on constate avec plaisir que les huit écoles supérieures de musique de Belgique sont représentées. On alterne donc le néerlandais et le français au cours des échanges.
Bien que notre maison d’opéra fédérale puisse se vanter d’une renommée internationale et d’engager des artistes des quatre coins du monde, elle accorde, par le biais de l’Académie, une attention particulière aux jeunes Belges. Véronique Van Hees, coordinatrice de la MM Academy, constate que lors de recrutements de choristes professionnels, peu de Belges se présentent et qu’ils manquent souvent d’expérience.
L’Académie ne prétend évidemment pas remplacer le travail des écoles supérieures, et Benoît Giaux, le responsable artistique du projet, insiste sur ce point : tout doit s’organiser en collaboration avec les écoles et avec l’accord des professeurs. L’objectif est de donner aux étudiants une vision plus proche de la réalité qui les attend à la fin de leurs études et de construire un pont entre les écoles supérieures et le monde des professionnels de l’opéra. Benoît Giaux considère la pratique du chœur d’opéra comme une expérience essentielle pour tout chanteur, même pour celui qui se destine à une carrière solo. Et il rappelle que les grands solistes d’opéra doivent eux aussi pouvoir chanter en ensemble polyphonique. D’ailleurs, statistiquement, peu d’étudiants accéderont au statut de soliste. Le métier de choriste peut être une révélation pour certains, tout comme il peut en inciter d’autres à reconsidérer leur parcours.
Inséré au sein du chœur fixe de la Monnaie le temps d’une à trois productions par saison, chaque membre de l’Académie apprend « sur le terrain » après une période de répétitions préparatoires sous la direction de Benoît Giaux. Et pour compléter la formation, la Monnaie propose des ateliers, des rencontres professionnelles et des master-classes prestigieuses, ainsi qu'un accès gratuit à tout le programme musical de la saison.
Au-delà du développement de ses qualités artistiques, l’étudiant apprend encore à gérer son corps et sa présence sur scène, à rédiger un CV, préparer une audition, trouver un agent,... Pour les néerlandophones, c’est aussi un apprentissage linguistique car on parle rarement néerlandais dans le monde de l’opéra.
Sophie Peltier-Le Dinh, chargée de production artistique, ajoute que l’expérience permet aussi la découverte des multiples métiers liés à l’opéra et dont on parle peu: du créateur de lumières au figurant en passant par le costumier, le dramaturge, l'attaché de presse, le documentaliste, le danseur,…
Et Benoît Giaux constate aussi que les solistes sont souvent tout disposés à dialoguer avec ces jeunes, ce qui donne parfois lieu à des master-classes “sauvages”. Beaucoup d’étudiants témoignent, des étoiles plein les yeux, de l'impressionnante proximité vécue avec ces chanteurs de haut niveau.
Chanter dans un chœur d’opéra permet parfois aux jeunes chanteurs disposant d’un potentiel de soliste de se faire remarquer. Un prolongement du programme existe désormais pour eux : la filière “Lauréats”. La Monnaie jouera un rôle de mentor pour les chanteurs sélectionnés, leur offrant des conseils de mise en relation, des recommandations de concours, de l’aide à la préparation... Tout cela sur un suivi de deux à trois ans, ponctué de concerts et de rôles secondaires d’opéra -cette fois-ci rémunérés. C’est un vrai tremplin en début de carrière, de quoi garder à l’œil le talent belge qui finit souvent par fuir à l’étranger.
Mais ne nous y trompons pas. Loin de vouloir enchaîner les apprentis au territoire national, la Monnaie les fait profiter de son réseau international, notamment via le partenariat avec le parcours « Jeunes Talents » de l’Opéra National des Pays-Bas et le réseau ENOA (European Network of Opera Academies).
Le mot d’ordre de l’Académie de Chœur de la Monnaie: tisser des liens et ouvrir un maximum de portes pour les chanteurs belges de demain.
Aline Giaux, reporter de l'IMEP

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