Fêtes villageoises entre ripailles et comptines 

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Igor Stravinsky (1882-1971) : Les Noces (1917, rev 1923) ; Leoš Janáček (1854-1928) : Říkadla ; Béla Bartók (1881-1945) : Trois scènes de village. Kateřina Kněžíková, soprano ;  Jana Hrochová, mezzo-soprano ;  Boris Stepanov, ténor ;  Jiří Brückler, baryton ;  Zoltán Fejérvári, Katia Skanavi, Alexandra Stychkina, Kirill Gerstein, pianos ; Amandina Percussion Group, Dakoda trio, Zemlinsky Quartet Belfiato Quintet. Prague Philharmonic Choir, Lukáš Vasilek. 2021 et 2022. Livret en anglais et en tchèque. Texte chanté traduit en anglais. 53’28’’. SU 4333-2

Libération d’Israël, dramatisée dans deux oratorios post-baroques : interprétation renversante !

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Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Das Befreyte Israel TWV 6:5. Johann Heinrich Rolle (1716-1785) : Die Befreyung Israels V I:II. Peter Van Heyghen, Il Gardellino Baroque Orchestra. Miriam Feuersinger, soprano. Elvira Bill, mezzo-soprano. Daniel Johannsen, ténor. André Morsch, Sebastian Myrus, basse. Août 2022. Livret en anglais, allemand, français ; paroles en allemand et leur traduction en anglais. TT 78’08. Passacaille PAS 1132

Quatuors et autres pages chambristes de Penderecki

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Krzysztof Penderecki (1933-2020) : Der unterbrochene Gedanke pour quatuor à cordes ; Quatuor pour clarinette et trio à cordes ; Quatuors à cordes, intégrale ; Trio à cordes. Jan Jakub Bokun ; Quatuor Meccore. 2021. Notice en allemand et en anglais. 71’ 44’’. Capriccio C5493.

Krzysztof Penderecki (1933-2020). Musique de chambre, volume III : Capriccio pour Siegfried Palm, pour violoncelle ; Pour Slava, pour violoncelle ; Danse, version pour violoncelle ; Violoncello totale, pour violoncelle ; Suite pour violoncelle seul ; Duo concertant pour violon et contrebasse, arrangement pour violoncelle par Maciej Kulakowski ; Sérénade pour trois violoncelles. 2022. Maciej Kulakowski, Marcin Maczyński et Michal Balas, violoncelles ; Maria Slawek, violon. Notice en polonais et en anglais. 56’ 25’’. Dux 1880.

Le retour de Viktoria Mullova à Monte-Carlo 

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Viktoria Mullova n'était plus venue à Monte-Carlo depuis plusieurs années. Ce retour était très attendu des mélomanes tant l'artiste se plaît à s’affranchir des frontières : après un passage par la musique baroque jouée sur cordes en boyau avec les meilleurs ensembles baroques, une incursion dans le monde du jazz et du pop, culminant par un duo de jazz avec son fils le bassiste Misha Mullov-Abbado. On la retrouve en compagnie de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dans le Concerto n°1 de Chostakovitch, une partition qui est son cheval de bataille depuis des années. 

Mullova revient au jeu de ses débuts, celui inspiré de l'école russe transmise par son mentor Leonid Kogan. La profondeur, la retenue, l'émotion et l'autorité avec lesquelles elle aborde chaque mouvement se démarquent vraiment. Chaque note est chantée, la résonance de son violon est étonnante, elle a une manière très pure de faire de la musique qui va droit au cœur. Elle commence le premier mouvement avec une ligne de chant douce et hypnotique qui ne s'arrête qu'à la dernière mesure. Le scherzo a tout le mordant nécessaire. Le son douloureux de la Passacaille, la virtuosité de la cadence et le “Burlesque” qui tourne en dérision la folie de l’agitation quotidienne, est époustouflant. Qui donc ne serait pas bluffé par l'incroyable virtuosité de Mullova ? Elle se balade dans les portées, sur des tempi supra-humains et reste imperturbable... Quel talent, quel flegme -et quel immense travail. Avec Mullova, la plus grande virtuosité est toujours au service de la plus grande musicalité. Même si l'on craint l'usage forcené des superlatifs, ne s'approche-t-on pas ici du sublime ? C'est un triomphe ! Après plusieurs rappels elle nous offre une page de Bach qui est son compositeur préféré, et qu'elle joue à merveille.

L’ultime veine créatrice de Bach, convoquée à la mémoire du facteur d’orgue Gérard Bancells

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Bach à Leipzig. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Ricercar à six voix [Offrande musicale BWV 1079]. Dies sind die heiligen Zehn Gebot ; Fughetta super Dies sind die heiligen Zehn Gebot ; Wir glauben all’ an einen Gott ; Vater Unser im Himmelreich [BWV 678-683, Clavierübung III]. An Wasserflüssen Babylon ; Nun komm, der Heiden Heiland ; Trio super Nun komm, der Heiden Heiland ; Jesus Christus, unser Heiland BWV 653, 659-661, 665, 666 [Autographe de Leipzig]. Vom Himmel Hoch da komm ich her BWV 701. Variations canoniques BWV 769a. Vor deinen Thron tret’ ich hiermit BWV 668. Stéphane Bois, orgue de la chapelle Sainte-Claire de l’Institut catholique de Toulouse. Livret en français, anglais. Juillet 2022. TT 78’49. Hortus 226

ICMA 2024 : les nominations

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Le jury des International Classical Music Awards ICMA publie la liste des nominations pour l'édition 2024.

Les nominations de cette année comprennent de nombreux solistes, ensembles, chefs d'orchestre et orchestres de renom, ainsi qu'un grand nombre de jeunes musiciens, dont beaucoup sont nommés pour la première fois. Au total, 375 productions audio et vidéo de 115 labels différents ont été nominées. 

Pour être nommée, une production doit être proposée par au moins deux membres du jury. Avec 23 nominations, Naxos occupe la première place. Il est suivi par Pentatone (22), Harmonia Mundi (21) et Alpha (20). Les finalistes seront connus le 11 décembre. Les noms des lauréats seront révélés le 18 janvier 2023.

La cérémonie de remise des prix et le concert de gala se dérouleront au Palau de la Musica de Valence le 12 avril 2024, avec l'Orquesta de Valencia dirigé par son directeur artistique et musical Alexander Liebreich.

Le site des ICMA : www.icma-info.com

Bohuslav Martinů, entre Paris et New-York

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Bohuslav Martinů (1890-1959) : Concerto pour violon, piano et orchestre H. 342 ; Sonate pour violon et piano n° 3 H. 303 ; Cinq Petites Pièces pour violon et piano H. 184. Josef Špaček, violon ; Miroslav Sekera, piano ; Orchestre symphonique de la Radio de Prague, direction Petr Popelka. 2020/22. Notice en anglais, en allemand, en français et en tchèque. 63.15. Supraphon SU 4330-2.

Micromégas, opéra rêvé et rêve d’opéra

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Le projet frémissait depuis un temps, de donner à Ars Musica sa sœur bisannuelle, en même temps qu’à la voix sa place dans la création contemporaine : Next Opera Days prend appui sur l’accessibilité (relative) de l’opéra de poche (la souplesse d’une distribution et d’une mise en scène parcimonieuses) pour propulser des (jeunes) compositeurs-narrateurs sur les scènes bruxelloises. L’opéra parlé (poétique et radiophonique) Consensus Partium d’Alessandro Bosetti et David Christoffel ouvre le jeu (après une table ronde sur les potentielles métamorphoses du genre et une master class de chant) et Mary de Clara Olivares (au Théâtre de La Balsamine le 17 novembre) , opéra entre littérature et art de la marionnette, le referme, deux créations entre lesquelles je m’installe, aux Brigittines, dans la Chapelle aux briques brutes aujourd’hui accolée à son aile moderne, vitrine de verre presqu’indécente dans la nuit pluvieuse mais diablement accueillante, pour l’inédit Micromégas, au premier soir des deux représentations que propose le festival -en fait, pas tout à fait, puisque la matinée est dédiée, en version courte, aux enfants, ravis du conte, jouissif autant que philosophique, de Voltaire.

Les trois voix féminines s’échelonnent sur la gauche de la scène (Karolyn Karolyi, la voix du cycle Sippal, Dobbal, Nádihegyedüvel de son compatriote György Ligeti ; Blandine Coulon, ancienne des chœurs d’enfants de la Monnaie ; Elise Gäbele, du Conservatoire Royal de Bruxelles), que délimite un dispositif visuel à deux écrans, encageant avec la douceur du translucide du premier les dix musiciens de l’Ensemble Musique Nouvelles et son chef, Jean-Paul Dessy. Les images en mouvement de Thomas Pénanguer, plasticien vidéo-graphique d’origine bordelaise, accompagnent de lueurs floues, parfois figuratives, le plus souvent évocatrices, les quatre parties musicales, jouées sans véritable interruption, et habillent l’imaginaire voltairien, prétexte, au travers du voyage interplanétaire du secrétaire de l’Académie de Saturne et du géant Micromégas, résident érudit exilé de Sirius, à une critique, argumentée et ironique, de l’ignorance nombriliste, de la guerre injuste, de la croyance intolérante -1752 ne diffère au fond pas tant de 2023.