Au festival de Menton 2022

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Le Festival de Menton a retrouvé, après deux années de pandémie, sa programmation complète sur une période de quinze jours : 9 concerts de prestige sur le Parvis, 5 concerts à 18h au Palais de l'Europe, une nuit du piano avec trois récitals, 3 concerts gratuits à l'Esplanade des Sablettes, des classes de maître de piano, 3 concerts avec le dispositif SilentSystemet et quelques concerts "off".

Les temps ont changé et il faut s'adapter. En effet, le public de fidèles mélomanes de Menton, de Paris et de l'étranger qui venaient assister chaque année à tous les concerts du festival a pratiquement disparu. Le festival compose désormais avec un public de vacanciers qui ne fréquentent pas automatiquement les salles de concerts et veulent profiter d'un beau moment musical.

La programmation est hétéroclite et chacun doit pouvoir trouver son bonheur. Le concert d'ouverture commence avec "Natalie Dessay chante Broadway". Un programme fédérateur qui remplit sans problème le Parvis.  Le programme reprend des grands tubes que tout le monde peut fredonner  : les mélodies de West Side Story de Léonard Bernstein à Michel Legrand (Yentl - Between Yesterday and tomorrow) en passant par les airs fameux chantés par Judy Garland et sa fille Liza Minnelli.  La soprano excelle désormais dans le répertoire de la comédie musicale qu’elle chante ici en famille avec la complicité de sa fille Neïma Naouri et avec un invité surprise, le papa Laurent Naouri qui a rejoint "la famille"pour chanter à trois. Un pool de musiciens accompagne ce trio : Yvan Cassar au piano, Benoît Dunoyer de Ségonzac à la contrebasse, Sylvain Gontard à la trompette et Nicolas Montazaud aux percussions. Le public est comblé et récompense ces musiciens par de longues ovations debout. 

Celibidache en concert à Stuttgart 

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Franz Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°102 en si bémol majeur  Hob I:102 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°6 “Pathétique” en si mineur, Op.74. Radio-Sinfonieorchester Stuttgart, Sergiu Celibidache. 1959. Livret en allemand et anglais. 75:29’.SWR Classic. SWR19118CD. 

Sillages avec Florian Caroubi 

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Louis Aubert (1877-1968) : Sillages ; Gabriel Dupont (1878-1914) : La Maison dans les dunes (extrait : Voiles sur l'eau), Le Soir dans les pins, Clair d’étoiles ;  ; Claude Debussy (1862-1918) : Reflets dans l’eau (Extrait des Images, Première série) ; Maurice Ravel (1875-1937) : Une Barque sur l’Océan (extrait des Miroirs)Gustave Samazeuilh (1877-1967) : Le Chant de la Mer. Florian Caroubi, piano. Livret en français et anglais. 69’12’’. Hortus 210. 

Éléments à 5x5 avec le Belfiato Quintet   

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Samuel Barber (1910-1981) : Summer Music, Op.31 ; Paul Hindemith (1895-1963) : Kleine Kammermusik, Op.24, n°2 ; Arvo Pärt (né en 1935) : Quintettino, Op.13 ; Carl Nielsen (1865-1971) : Quintette à vents, Op.43 ; Henri Tomasi (1901-1971) : Cinq danses profanes et sacrées. Belfiato Quinet. 2021. Livret en anglais, allemand, français et tchèque. 69’10’’. Supraphon. SU 4310-2. 

Concert d’ouverture de la Schubertiada de Vilabertran avec Marlis Petersen et Stephan Mattias Lademann

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L’Empordà (Ampourdan), cette région catalane que le peintre Salvador Dalí avait choisi comme lieu de vie et de création, est également le siège de plusieurs initiatives musicales d’envergure dont le retentissement international n’est pas, à mon humble avis, à la mesure de leur calibre artistique. Je veux parler de l’orchestre et du concours de direction de Cadaqués, qui a vu jaillir de noms aussi importants que Lorenzo Viotti, Vasily Petrenko ou Gianandrea Noseda. Celui-ci est encore titulaire d’un orchestre aussi merveilleux qu’improbable dans une si petite ville. Ou du Concours International de Chant Jaume Aragall, qui a trouvé son premier siège à Torroella de Montgrí, avant de repartir vers la grande ville de Sabadell et de finir en déliquescence, à la suite des différentes crises économiques et politiques. Ou du Festival de Peralada, qui attire de grands noms du monde de l’opéra et un public disons… plutôt huppé et évènementiel que véritablement musical. Et de celui de Torroella de Montgrí, né en 1981, qui présente des programmes alléchants et qui atteindra bientôt son millième concert !

Mais ce qui me semble le comble de l’improbable c’est de se retrouver, dans la petite enclave de l’abbaye de Vilabertran, à la trentième édition d’un Festival consacré presque uniquement au « lied », pour un public environnant plutôt peu connaisseur de langue allemande, alors qu’on ne peut retrouver tout le long de l’Europe qu’à peine une dizaine de manifestations consacrées exclusivement à cet art si particulier et, toujours encore hélas, si minoritaire. Alors que le fait d’accompagner une voix d’une guitare, d’un luth ou d’un instrument à clavier n’est qu’une des formes les plus simples et les plus familières de faire de la bonne musique… Mais, non contents d’avoir atteint leur troisième décennie, ces schubertiens ont créé récemment des filiales au Pays basque, à Barcelone ville ou à la côte nord-espagnole ; en plus d’un programme crucial pour la découverte des jeunes liederistes (Lied the Future). Au départ, ce fut le pari personnel d’un médecin et grand mélomane, le dr. Jordi Roch, longtemps responsable des Jeunesses Musicales catalanes, à qui le temps, la capacité d’organisation de son Association Schubert et l’envergure artistique des concerts proposés ont donné raison. Cette trentième édition lui rend un hommage particulier. Il faut dire aussi que les noms d’Alfred Brendel, Matthias Goerne ou Wolfram Rieger (qui a joué plus de quarante fois ici !) figurent parmi les membres d’honneur…

Le concert d’ouverture, dans une nuit caniculaire de pleine lune d’été, a été confié cette année au soprano allemand Marlis Petersen, dont la récente « Maréchale » du Rosenkavalier à Munich a beaucoup impressionné la critique par sa performance somptueuse au milieu des désistements de plusieurs partenaires dus au Covid et autres accidents de parcours. Sous le titre « Innenwelten » (mondes intérieurs), elle nous propose, avec le pianiste Stephan Mattias Lademann, un parcours qui visite une série d’états d’âme plutôt qu’un catalogue de compositions rangés de façon plus ou moins chronologique ou par cycles, brisant ainsi certaines habitudes. Ici l’on passe allégrement de Brahms à Max Reger, de Wolff à Hans Sommer ou de Mahler à Richard Rössler, permettant ainsi la découverte de petits chefs d’œuvre méconnus. Petersen intervient quelquefois pour exprimer verbalement les émotions qu’ont suscité ses choix de programme. Elle justifie le fait de rester autour des auteurs de fin XIXème par la richesse de leurs jeux de tension/détente harmonique qui lui permettent d’approfondir dans les tensions du corps et de l’esprit. Nuits et songes, Bewegung im Inner / Mouvement intérieur, Libération et retour aux sources, sont les quatre blocs qui intègrent le récital. « Nuits et songes » incluent des pièces au thème plutôt contemplatif, nocturne. « Les mouvements intérieurs », en version allemande comprennent des pièces dramatiques comme le « Schmied Schmerz » (douleur acérée) de Max Reger ou « Ruhe, meine Seele» (repose, mon âme) de Richard Strauss qui ont marqué les moments les plus intenses de la soirée, avec un flot bouleversant de vagues sonores. Dans leur version française, « Mouvements intérieurs », Petersen promène parmi des mélodies amoureuses de Fauré, Duparc ou Hahn avec une diction précise, élégante et un phrasé libre et créatif, pas conventionnel. Le « retour au bercail », apaise progressivement nos émotions pour finir avec les mots réconfortants du « Urlicht » mahlérien :  Der Liebe Gott wird mir en Lichten geben (le Dieu de bonté m’apportera une petite lumière…). L’insistance du public fera revenir les artistes pour nous offrir, en guise de alpha/oméga, un inoubliable « Träume » des Wesendonck lieder de Wagner.

Blue, opéra des temps contemporains 

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Jeanine Tesori (née en 1961) : Blue, opéra en deux actes. Livret de Tazewell Thompson. Kenneth Kellogg, The Father ; Briana Hunter, The Mother ; Aaron Crouch, The Son ; Gordon Hawkins, The Reverend ; Ariana Wher, Girlfriend 1/Congregant 1/Nurse ; Katerina Burton, Girlfriend 2/Congregant 2 ; Rehanna Thelwell, Girlfriend 3/Congregant 3 ; Joshua Blue, Policeman 1 / Male Congregant 1 ; Martin Luther Clark,  Policeman 2 / Male Congregant 2 ; Christian Simmons,  Policeman 3 / Male Congregant 3. The Washington National Opera Orchestra, Roderick Cox. 2021. Livret en anglais. Texte chanté en anglais. Pentatone. PTC 5186 967