De belles découvertes avec Jean-Paul Gasparian

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Sergueï Rachmaninov (1873-1943) :  Concerto pour piano n°2 en Ut Mineur, Op.18 ; Arno Babadjanian (1921-1983) : Ballade Héroïque.  Jean-Paul Gasparian, piano ; Orchestre symphonique de Berne, direction : Stefan Blunier. 2022. 55’11’’. Livret en français et anglais. Claves Records. 50-3004

Suite de l’exploration du Chansonnier de Louvain par l’Ensemble Sollazzo

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Leuven Chansonnier, volume 2. Johannes Ockeghem (c1410-1497) : Les desloyaux ont la saison ; Ma maitresse ; Quant ce vendra [ou Antoine Busnoys (c1430-1492)]. Barbingant (fl c1445-1460) : Esperant que mon bien viendra. Robert Morton (c1430-1479) : Le souvenir de vous me tue. Firmin Caron (fl c1460-1475) : Helas que pourra. Walter Frye ( ?-c1475) : Ave Regina. Anonymes : Ou beau chastel ; Ce que ma bouche ; Donnez l’aumosne ; Par malle bouche ; Helas mon cueur tu m’occiras. Sollazzo Ensemble. Andrew Hallock, contre-ténor. Jonatan Alvarado, Lior Leibovici, ténor. Lukas Henning, Jan Van Outryve, luth. Adrien Reboisson, chalémie, douçaine. Patrick Denecker, chalémie. Rémi Lécorché, sacqueboute. Filipa Meneses, Anna Danilevskaia, vihuela de arco. Août 2020 & février 2021. Livret en anglais, français, néerlandais ; paroles en langue originale, traduction en anglais et néerlandais. TT 53’42. Passacaille 1109

A Genève, une Jenůfa à demi réussie  

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Depuis mars 2001, lorsque les représentations avaient été dirigées par Jiří Kout , la Jenůfa de Leoš Janáček n’avait pas reparu à l’affiche du Grand-Théâtre de Genève. Vingt-et-un ans plus tard, une nouvelle production en est confiée à la Berlinoise Tatjana Gürbaca qui vient de mettre en scène La Petite Renarde rusée à Brême et Katja Kabanova à la Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf. A Genève, elle joue la carte de la simplicité en demandant au scénographe Henrik Ahr un décor unique pour les trois actes consistant en une structure de bois vernissée qui, observée de loin, donne l’impression d’être la maisonnette isolée de tout voisinage où les passions s’exacerbent. Un gigantesque escalier montant jusqu’aux cintres occupe le plateau. Mais le large espace qui sépare chaque marche oblige toute personne qui veut l’escalader à s’y jucher avec un stoïque courage.

En ce monde clos où chacun vaque à ses obligations sans se préoccuper de sa tenue dont la costumière Silke Willrett mêle communément les couleurs ternes, l’omniprésence de la vieille Buryja, personnage d’habitude sacrifié, révèle d’emblée qu’elle est la propriétaire du moulin et que c’est elle qui tient les cordons de la bourse. Si elle n’a aucun égard ni pour Kostelnicka, sa belle-fille, ni aucune tendresse pour Jenůfa, issue d’un premier mariage de l’un de ses fils mort à la guerre, elle n’a d’yeux que pour ses petits-fils, Laca Klemen et Steva Buryja, son préféré. Jenůfa a fauté avec lui et tente de cacher le fait qu’elle est enceinte. Et la mise en scène insiste sur cette culpabilité d’où découle implacablement l’enchaînement sordide des faits, la lâcheté de Steva, incapable d’assumer sa paternité et préférant épouser Karolka, la fille du maire, l’acceptation de Laca de s’unir à une Jenůfa dont il a mutilé le visage, l’horrible geste de la Kostelnicka qui a noyé le nouveau-né. Faut-il en arriver au dernier acte pour voir rutiler, sous les lumières de Stefan Bolliger, les costumes de fête que revêtent tant le futur marié que les habitants de ce village de Moravie, tandis que la future épouse et sa belle-mère conservent le noir, pressentiment du sinistre dénouement. Et la pauvre Jenůfa

bercera le cadavre dénudé de son enfant extirpé de l’étang glacé, tout en pardonnant à Kostelnicka qui, confrontée à une situation inextricable, a cru bien faire. 

Cracovie à l’aube de la Renaissance : expert panorama avec La Morra

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Mirabilia Musica. Mikołaj Radomski (fl c1425) : Gloria ; Sancta Maria succure ; Magnifica ; Balatum. Johannes Ciconia (c1370-1412) : Credo. Jacobus de Clibano (fl 1430-1450) : Sanctus Gustati necis pocula. Petrus Wilhelmi de Grudencz (1392-ap1452) : Presulis eminenciam. Antonio Zacara da Teramo (c1350-1413) : Gloria. Buxheimer Orgelbuch (c1460) : Virginem mire pulchritudinis. Anonymes. Corina Marti, clavicymbalum, organetto, flûte à bec. Michał Gondko, luth. La Morra. Doron Schleifer, Daniel Mentes, Ivo Haun De Oliveira, Matthieu Romanens, voix. Corinne Raymond-Jarczyk, vièle. Décembre 2020. Livret en anglais, allemand, français ; paroles en latin et traduction en anglais. TT 60’56. Ramée RAM2008

Portrait musical du Grec Petros Petridis : austérité et néoclassicisme

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Petros Petridis (1892-1977) : Requiem pour l’Empereur Constantin Paléologue ; Symphonie n° 3 en ré mineur « Parisienne » ; Concerto grosso pour vents et timbales op. 11. Sophia Kyanidou, soprano ; Theodora Baka, mezzo-soprano ; Angelo Simos, ténor ; Christoforos Stamboglis, basse ; Golden Voices of Ruse ; Sofia Metropolitan Golden Voices ; Sofia Amadeus Orchestra ; Nikolaos Mantzaros Wind Ensemble, direction Byron Fidetzis. 1989 et 2006. Notice en anglais et en grec. 129.18. Un album de deux CD Naxos 8.574354-55. 

Jonathan Bénichou face à Bach 

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Le pianiste Jonathan Bénichou, l’un des pianistes les plus stimulants de la scène musicale, propose sa lecture des Variations Goldberg à l’occasion d’un enregistrement publié par Calliope. C'est une belle occasion de parler de Bach et de ce monument du clavier dans une nouvelle version à écouter.   

Votre nouvel album propose les Variations Goldberg de Bach. Pourquoi Bach et pourquoi cette œuvre ?   

Jean-Sébastien Bach me donne  à renouveler sans cesse la recherche du travail pianistique et m’invite au questionnement existentiel de la vie quotidienne. Ce compositeur a éclairé de nombreux créateurs dans de multiples styles musicaux. Revenir sans cesse à lui est une façon de se connecter à toutes ces racines, celle de Bach les englobant toutes. Il  a en effet incarné une figure emblématique à une époque charnière de l’histoire de la musique.

 Pourquoi cette œuvre en particulier ?  

Ce monument pour clavier est une œuvre qui, pour tant de pianistes et mélomanes, tient une place unique dans le grand répertoire.  Ses proportions démesurées sont comparables à l’édification d’un temple. Par une recherche particulière du timbre, j’ai voulu m’approcher d’une facture instrumentale entre l’orgue, le clavecin  et l’orchestre. Attiré par l’inventivité toute singulière du discours narratif et contrapuntique dans lequel se déploie le développement thématique -bâti selon 32 étapes à partir de l’Aria qui revient à sa source première lors de son retour conclusif, renvoyant à l’idée du retour cyclique tel le cercle de la vie-, Bach a offert un modèle formel original aux compositeurs.