Le fascinant Polifemo de Giovanni Battista Bononcini

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Giovanni Battista Bononcini (1670-1747) : Polifemo. Joao Fernandes (Polifemo), Bruno De Sà (Acis), Roberta Invernizzi (Galatée), Helena Rasker (Glaucus), Roberta Mameli (Scylla), Liliya Gaysina (Circé), Maria Ladurner (Vénus) ; Ensemble 1700, direction Dorothee Oberlinger. 2019. Notice en anglais et en allemand. Textes du livret en italien avec traduction anglaise et allemande. 96.00. Un coffret de deux CD Deutsche Harmonia Mundi DHM 19439743802.

Un hommage à l’amitié Liszt-Smetana par le pianiste tchèque Miroslav Sekera

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Franz Liszt (1811-1886) : Etude transcendante n° 12 « Chasse-neige » ; Mort d’Isolde de Wagner ; Paraphrase de concert sur Rigoletto de Verdi ; Lacrimosa du Requiem de Mozart. Bedřich Smetana (1824-1884) : Sketches op. 5 : Paysage amical ; Etude de concert op. 17 « Au bord de la mer » ; Bagatelles et Impromptus ; Macbeth et les sorcières. Miroslav Sekera, piano. 2019. Livret en anglais, en allemand, en français et en tchèque. 58.14. Supraphon SU 4280-2.

Prokofiev miraculeux par l’Orchestre Philharmonique de Radio France et Martha Argerich

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Le 4 décembre, nous étions quelques chanceux à pouvoir assister, à la Philharmonie de Paris, à un concert exceptionnel à huis clos entièrement dédié à Prokofiev, par l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung. Dans la première partie, Martha Argerich était au piano pour interpréter le 3e Concerto.

En entrant par une porte du premier balcon de face, on voit d’abord la scène en plongeon, éclairée par plusieurs rayons bleus et blancs. Et c’est dans un deuxième temps qu’on se rend compte que le parterre de la salle a été entièrement débarrassé des sièges et monté au même niveau que la scène, pour installer des matériels d’enregistrement et de transmission en direct (en replay sur Arte Concert et Philharmonie Live). Une partie de l’orchestre et le piano occupent également le bord de cet immense espace plat. Ce n’est pas tous les jours que cette salle complètement modulable est dans cette configuration.

Reynaldo Hahn : L’île du rêve et les amours exotiques de Pierre Loti

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Reynaldo Hahn (1874-1947) : L’île du rêve, idylle polynésienne en trois actes. Hélène Guilmette (Mahénu), Cyrille Dubois (Georges de Kerven, dit Loti), Anaïk Morel (Oréna), Artavazd Sargsyan (Tsen-Lee, 1er officier), Ludivine Gombert (Téria, Faïmana), Thomas Dolié (Taïrapa, Henri, 2e officier), Chœur du Concert spirituel, Münchner Rundfunkorchester, direction Hervé Niquet. 2020. Livret en français et en anglais. Texte complet de l’opéra avec traduction anglaise. 60.39. Un livre/CD Palazzetto Bru Zane BZ 1042.

Foudroyant récital de violon baroque : un singulier visage de la beauté. Et une surprise à la fin !

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LA BELLEZZA. Nicola Matteis jr (1650-1714), Romanus Weichlein (1652-1706), Biagio Marini (1594-1663), Johann Heinrich Schmelzer (c1623-1680), Andrea Falconieri (c1585-1656), Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704), Antonio Bertali (1605-1669), Johann Paul Westhoff (1656-1705), Dietrich Buxtehude (1637-1707), Marco Uccellini (1603-1680), Paolo Cima (c1575-1622) + un invité. Lina Tur Bonet, violon, viole d’amour ; Musica Alchemica. Livret en allemand, anglais, espagnol. Septembre 2019. TT 68’17 (sic, en apparence, mais voir l’article). Pan Classics PC 10408

Les affinités électives de Giuseppe Tartini et Antonio Vandini

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Giuseppe Tartini (1692-1770) : Sonate pour viole de gambe et basse continue en sol mineur ; Sonate pour viole de gambe et basse continue en si bémol majeur ; Sonata a quattro en ré majeur pour cordes GT 5.001 ; Concerto pour violoncelle, cordes et basse continue GT 1.A28 ; Concerto pour violoncelle, orchestre et basse continue GT 1.D34. Antonio Vandini (c. 1690-1778) : Concerto en ré majeur pour violoncelle, cordes et basse continue. Giulio Menegini (1741-1824) : Concertone Terzo en do majeur pour cordes et basse continue. Mario Brunello, violoncelle piccolo à quatre cordes, Accademia dell’Annunciata, direction Riccardo Doni. 2019. Livret en anglais, en français et en italien. 84.02. Arcana A478.

Diana Damrau face aux reines Tudor de Donizetti 

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La soprano Diana Damrau est l’une des artistes les plus considérables de notre temps. Adulée du public, star mondiale du chant, elle fait l'évènement avec un album consacré aux scènes finales des opéras Anna Bolena, Maria Stuarda et Roberto Devereux de Donizetti. L’artiste y incarne Maria Stuarda, Anna Bolena et Elisabetta, des reines plongées dans les drames de l’Histoire. 

Votre nouvel album présente des scènes tirées des opéras Anna Bolena, Maria Stuarda et Roberto Devereux de Donizetti. Qu'est-ce qui vous a poussée à enregistrer des extraits de ces trois opéras ? 

Quand on m'a proposé d'enregistrer avec le fantastique Orchestra e Coro dell' Accademia Nazionale di Santa Cecilia et le merveilleux Maestro Sir Antonio Pappano, cela signifiait que nous aurions la possibilité d'enregistrer comme dans une maison d’opéra. Enregistrer sur un seul album toutes les scènes finales des opéras de Donizetti avec comme sujet les reines Tudor était un rêve personnel. Ayant déjà chanté Maria Stuarda sur scène et préparé Anna Bolena, il n'y avait aucun doute sur ce qu'il fallait enregistrer, puisque ma préférée de ces reines est Elisabetta dans Roberto Devereux, mais je ne sais pas si je l'aborderai un jour sur scène.

Quels sont les défis musicaux et techniques à surmonter pour affronter les rôles de Maria Stuarda, Anna Bolena et Elisabetta ?

Les "reines Tudor" sont les plus belles pièces pour un "animal de scène". Vocalement et théâtralement, elles sont un immense plaisir. Vous pouvez jouer avec votre voix et vous avez fait l'expérience de ces femmes. Il s'agit d'une acrobatie vocale, mais elle doit toujours rester liée à la personnalité dramaturgique et, malgré les situations dramatiques, la voix doit être chantée avec la technique du belcanto.

Sébastien Hurtaud, violoncelliste 

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Le violoncelliste Sébastien Hurtaud narre l’Histoire au présent avec son nouvel album qui associe le célèbre Concerto d’Elgar au Chemin des dames, nouvelle œuvre pour violoncelle et orchestre du compositeur néo-zélandais Gareth Farr. Trait d’union entre les peuples et les périodes, cet enregistrement mérite une grande attention pour la vision qu’il présente de l’Histoire et de la Musique. Rencontre avec un musicien apprécié par-delà les hémisphères et qui nous raconte la vie musicale néo-zélandaise.  

Vous interprétez le concerto pour violoncelle Chemin des Dames du compositeur néo-zélandais Gareth Farr. Que représente pour vous cette nouvelle partition ?

Pour moi, cette oeuvre symbolise de nombreux aspects ! Ce concerto rend hommage aux combattants de la première Guerre Mondiale du monde entier. Il est très rare dans le répertoire du violoncelle de jouer de telles oeuvres qui honorent la mémoire des hommes et des femmes qui ont pris part à ce terrible conflit. La famille de Gareth Farr a perdu ses trois arrières-grands-oncles lors des batailles de la Somme dans le Nord de La France. Ce concerto Chemin des Dames sacralise des drames personnels qui sont devenus l'expression musicale d’une l’histoire universelle. Pour moi, avoir donné la première mondiale de ce concerto est un devoir de mémoire ! Pour autant, je me suis efforcé dans mon interprétation à ne jamais perdre de tête qu’il faut toujours espérer. Cette énergie particulière m’a permis de donner une conduite à mon jeu de la première à la dernière note du concerto. Le compositeur néo-zélandais a aussi voulu donner un double sens à ce titre, il était bien informé du rôle prépondérant des femmes pendant ce conflit qui a représenté pour leur cause une véritable émancipation. Ce concerto pour violoncelle Chemin des Dames est une nouvelle pièce majeure dans le répertoire du violoncelle concertant et je suis fier qu’il me soit dédié. 

Le Chemin des Dames est l’un des lieux majeurs des batailles de la Première Guerre mondiale. En quoi cet endroit est-il cher à la mémoire des Néo-Zélandais ?

Gareth Farr, qui est basé à Wellington en Nouvelle-Zélande, a pris la merveilleuse décision de voyager en France au printemps 2016 pour venir visiter les lieux emblématiques de la Première Guerre mondiale avant de composer. Il souhaitait aussi retrouver la trace de ses trois arrières-grands oncles morts lors des batailles de la Somme. Il était prévu que la première européenne du concerto se déroule au festival International de Laon, avec l’Orchestre National de Metz, en 2017. Non loin de cette ville, juste à côté de cette ligne de front connue sous le nom de Chemin des Dames (situé entre Laon et Reims), se trouve la fameuse Caverne du Dragon qui, à l’époque, servait de refuge aux armées alliés et ennemies. Même s’il n’y a pas eu de combattants néo-zélandais lors de la bataille du Chemin des Dames. Gareth Farr n’a pas voulu faire une description d’une bataille en particulier, sinon le concerto se serait appelé « Arras » ou « Le Quesnoy », mais c’est bien cette visite de la Caverne du Dragon sur le Chemin des Dames qui a été déterminante pour son travail et ensuite dans mon interprétation. Nous avons hésité à donner à sa pièce le titre de “Requiem”, plus générique, mais nous avons finalement préféré garder juste l’appellation Chemin des Dames.

Ralph Vaughan Williams (II) : les symphonies

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Seconde partie de notre dossier consacré à Ralph Vaughan Williams par Harry Halbreich  et publié en 1998 dans les éditions papiers de Crescendo Magazine.  Cette deuxième partie nous mène à travers les symphonies.

Un examen même superficiel de cette œuvre immense doit nécessairement commencer par la chaîne des neufs Symphonies (neuf lui aussi !) qui jalonnent cette longue existence durant un demi-siècle. Elles ne furent nullement conçues comme une série au départ, et le compositeur ne numérota que les deux dernières. Quatre portent des titres, les cinq autres sont désignées par une tonalité que leur langage essentiellement modal ne confirme que de manière assez lâche et fort peu contraignante.

La Première, A Sea Symphony, sur des poèmes de Walt Whitman -dont le panthéisme mystique avait déjà inspiré la première grande cantate symphonique, Toward the Unknown Region (Vers la Région inconnue) en 1907-, fut la grande entreprise de la jeunesse du compositeur, dont la gestation s'étendit de 1903 à 1909, et dont la création au Festival de Leeds le 12 octobre 1910, jour de son 38e anniversaire, le propulsa immédiatement au premier rang des successeurs d'Elgar. Avec sa durée d'une heure dix, c'est la plus vaste et la plus ambitieuse des neuf, pour soprano, baryton, chœurs et grand orchestre, une symphonie purement chorale comme on en écrivait à l'époque (Huitième de Mahler, Kullervo de Sibelius), en quatre mouvements traditionnels, mais avec un immense Finale méditatif d'une demi-heure, occupant dans l'équilibre d'ensemble une place comparable à l'Abschied dans Le Chant de la Terre mahlérien. Tout au début, l'opposition des fulgurantes fanfares des cuivres en si bémol mineur et de l'exclamation des chœurs sur le mot Sea en Ré majeur est un geste de génie. Bien que très libre dans un langage tonal, l'œuvre demeure encore largement tributaire de l'esthétique post-romantique de son temps, mais elle a fière allure.